Archives

Hafid Hamri, l’amoureux du surf et du bodyboarding

© D.R

«Si je dois être quelque part c’est dans l’eau », confie Hafid Hamri, ce jeune surfeur de 32 ans, né le 27 novembre 1976 à Mohammédia et actuellement directeur technique du club de surf «Mohammédia surfing association». Il est également et ce depuis 2001, juge fédéral aux compétitions de bodyboard et moniteur de surf. L’amour de la glisse sur les vagues est tellement fort que Hafid décide un jour d’abandonner ses études (niveau Bac) et consacrer toute une vie à la planche. 
Hafid Hamri détient un brevet fédéral premier degrés de moniteur de surf et un brevet international de plongée sous-marine de la Fédération française de sport de sous-marine, niveau un et deux en 2007, et une attestation de juge aux compétitions de bodyboard délivrée par la Fédération européenne en 2003.
Comment l’idée de créer une association de surf à Mohammédia avait-elle germée dans l’esprit de ce mordu de l’océan et dans celui de toute une bande d’amis, unis par l’amour des vagues? «On était une bande de jeunes, Kamal, Chouaïb, Mohamed, Karim en plus de son père Haj Laâlej et moi  qui raffolons du monde du surf. Issus pour la plupart de familles modestes, nous n’avions pas les moyens de nous procurer des planches ou des combinaisons de surf. C’est alors que nous avions décidé de créer une association afin d’avoir un peu de moyens qui devaient nous permettre de promouvoir la discipline du surf et élargir le champ de l’apprentissage afin qu’il puisse bénéficier à une grande majorité d’enfants issus de milieux défavorisé. On donne actuellement des cours gratuits aux enfants des orphelinats et des bidonvilles. Nous avons en effet réussi à former un jeune champion du Maroc en surf, Ahmouch Walid, sponsorisé actuellement par le Fédération royale du surf. Aujourd’hui nous sommes plus de 200 adhérents à l’association», confie Hafid Hamri. Grâce à la création de cette fédération l’association a réussi à se procurer une dizaine de planches et 15 combinaisons. Et l’aventure de la glisse sur les vagues naquit  alors en 2001. Comment s’explique cet amour pour le surf ? 
Les passionnés du surf diront que l’immense plaisir de la glisse est plus fort que tous les âges. «Quand on n’a que son corps comme moyen de surfer sur une vague, c’est le début de l’aventure amoureuse qui vous lie à jamais aux vagues. C’est un pacte de non-retour. Surfer est une manière d’être en communion avec la nature, mais surtout avec son corps. C’est un sport qui vous apprend à vous surpasser, à pouvoir affronter les difficultés, à compter sur soi et plus sur les autres», affirme Hafid que rien ne semble calmer sa fougue que l’étreinte d’une vague ou le spectacle de la houle.
Mais au-delà de cette passion, c’est aussi une philosophie de l’existence qui se dessine, un contact ludique avec les éléments, et ce sport 100% écologique est tout sauf agressif.
Enfant, Hafid était surnommé « Z’llaïki » «l’amoureux de la glissade». Et des souvenirs de l’enfance remontent à l’enfant blôtit dans les bras de l’océan. «J’allais souvent à la plage sans prévenir mes parents. Et il fallait que je me lave les yeux en rentrant chez-moi afin que mes vieux ne s’aperçoivent pas que j’étais à la mer. Je devais avoir douze ans. Je voyais des jeunes surfer et je rêvais de faire comme eux», se rappelle Hafid qui décida de travailler à l’âge de douze ans dans des ateliers de menuiserie afin de pouvoir s’acheter une planche de surf. Son premier rêve se réalisa alors, lorsqu’il réussit à amasser la somme de 600 DH qui allait lui permettre de s’acheter sa première planche. C’est lors de ses premiers et fréquents « flirt » avec les vagues que Hafid compris que son être ne pourrait exister sans ce contact direct avec l’eau. «J’ai alors décidé d’abandonner mes études, de me consacrer à ma passion et d’en faire un véritable métier d’avenir», confie Hafid qui considère que le surf est un sport qui développe et nourrit les valeurs de solidarité, de partage et de respect de soi, de l’autre et de l’environnement. Grâce à cette grande passion pour le surf et le bodyboard, Hafid à réussi à se forger une forte personnalité. Il a également peaufiné ses connaissances au niveau de plusieurs langues, notamment l’anglais et l’espagnol. «Le surf vous enrichit grâce aux multiples rencontres et contacts avec les différentes cultures. J’ai réussi à exercer un métier qui me passionne et surtout à former avec l’aide de mes amis, de grands champions. Je rêve de voir tous les Marocains surfer», déclare Hafid Hamri.
Le bodysurf est en train d’envahir les plages et le sport progresse beaucoup depuis quelques années. L’engouement pour la mer entraîne de plus en plus de monde dans les vagues. Les compétitions montrent l’émergence de nouveaux talents qui repoussent les limites. Le portrait du jeune surfeur et moniteur Hafid offre aux jeunes d’aujourd’hui le spectacle  d’une promenade longeant les plages, lorsque le bruit des vagues électrise l’air ambiant et que des hommes ou des femmes, avides, se jettent à l’eau et rament vers les vagues.

Lire votre journal

EDITO

Couverture

Nos suppléments spéciaux