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Hommage à Samy El Maghribi

Après la célébration de la musique gnaoua et de ses figures, Essaouira se consacre aux musiques andalouses. Toujours dans un esprit d’ouverture et de valorisation du patrimoine culturel marocain, l’ancienne Mogador se prépare à accueillir, du 30 octobre au 1er novembre 2008, la cinquième édition de son Festival des Andalousies Atlantiques. Organisé conjointement par la Fondation des Trois cultures de la Méditerranée et de la Fondation d’Essaouira Mogador, cet événement sera marqué cette année par un vibrant hommage à Samy El Maghribi, figure emblématique du patrimoine musical marocain. Décédé le 9 mars 2008 cet auteur-compositeur et interprète a laissé derrière lui un énorme héritage musical où se mêlent musique andalouse, Gharnati, Melhoun, Hawzi, chants liturgiques et chaabi. Patriote de la première heure, Samy a chanté en 1955 à Saint Germain-en-Laye, «Alf hnia ouhnia»  devant feu Sa Majesté Mohammed V, célébrant son retour d’exil. Il est aussi  l’auteur du fameux «Kaftanek mahloul». Selon les organisateurs, «les Andalousies Atlantiques vont fêter cet ambassadeur de la culture marocaine avec un programme d’une grande richesse et des artistes prestigieux en provenance d’Algérie, de France, d’Espagne et du Canada». Ainsi parmi les invités que compte le festival, on note l’ensemble El Gusto regroupant musiciens musulmans et juifs d’Algérie. Cet orchestre «sera présent pour la première fois dans un pays arabe, après sa tournée mémorable à Marseille, Paris, Londres et Berlin» peut-on lire dans le communiqué. L’orchestre Abdelkrim Raiss de musique andalouse avec le maestro Mohamed Briouel, Maxime Karoutchi qui représente la relève du patrimoine judéo-marocain et Jil Jilala, le groupe ayant popularisé avec originalité le Melhoun seront aussi du rendez-vous au côté de Mohamed Ali, inégalable dans les Mouachah, genre né en Andalousie, et Abdelkrim Laamarti, un violoniste et chanteur hors pair maîtrisant les genres andalous, gharnati et hawzi algérien. Côté femme, on note Majda Yahiaoui qui chante les «qsaïd» de Melhoun sur les traces des grandes Mâllema et Yolande Amzallag, fille de Samy El Maghribi, intellectuelle mais aussi fidèle interprète du répertoire de son père. Du côté espagnol, de grandes figures feront sensation cette année à Essaouira, notamment Paco Ibanez considéré comme un gardien de la mémoire des grands poètes espagnols, Marina Herediadont dont le dernier disque est élu disque flamenco de l’année, et Pasion Vega qui conjugue flamenco, jazz et tango. En marge des concerts, sous le chapiteau de Bab El Manzah et à Dar Souiri, la programmation de cette année est riche d’expositions (peinture, photographie, sculpture), de projections et d’un forum international autour des identités multiples et des musiques métisses.

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