Baisse du chômage, création d’emplois, lutte contre la corruption, baisse du taux d’analphabétisme. Tels sont les thèmes de prédilection des partis politiques. Lors de la présentation de leurs programmes électoraux, les cinq partis politiques, USFP, PPS, MP, l’Istiqlal et le PJD ont surtout mis l’accent sur les domaines économiques et sociaux. Rien ou presque sur la culture. Dans les textes des programmes électoraux, il est beaucoup plus question de chiffres et de pourcentages. Des paragraphes entiers détaillent la vision économique et sociale. La culture, elle, n’est visible que sur quelques lignes. Pour Moulay Ismaïl Alaoui, secrétaire général du Parti du progrès et du socialisme (PPS), «la culture n’a pas été exclue du programme politique, au contraire elle garde une place primordiale».
Sur les 27 pages publiées sur le programme électoral du parti, un paragraphe de seulement 16 lignes résume la vision culturelle du PPS. Intitulé «Engager le pays dans un processus de développement culturel durable», le paragraphe en question cite la valorisation du patrimoine et de la civilisation marocaine enracinées dans l’africanité, l’amazighité et l’arabité. Le PPS dit également vouloir encourager la création artistique et littéraire en densifiant le tissu des lieux d’accès à la culture à travers la multiplication des salles de théâtre, des ateliers d’exposition, des conservatoires, des bibliothèques et des cinémas.
Le parti de l’Istiqlal (PI) dirigé par Abbas El Fassi fait partie de ceux qui ont déja présenté leur programme politique. Ce parti propose des actions concernant l’organisation d’une convergence entre l’action sociale, étatique, locale et associative autour de la vision de l’INDH. Le parti inclut également un plan d’action pour les personnes âgées.
Ce programme préconise également la poursuite de la réforme du système de retraite pour la valorisation des pensions. Dans cette synthèse du programme politique du PI, aucune référence à la culture. Contacté par ALM, Abbas El Fassi rectifie le tir. «Bien sûr que nous accordons une grande importance à la culture, nous comptons d’ailleurs créer 1250 maisons de la culture», a t-il confié à ALM.
Du côté du Mouvement populaire (MP), même tonalité. De prime abord, aucun détail précis sur l’action en faveur de la culture. Les secteurs de l’emploi, la santé, l’enseignement et l’agriculture sont quant à eux mis en valeur.
Le parti veut créer un million 500.000 emplois à l’horizon 2012, réduire le taux de chômage, réduire la pression fiscale. Côté enseignement, le parti compte améliorer le taux de réussite du baccalauréat à 70% à l’horizon 2012 et revoir à la baisse le taux d’abandon scolaire. La santé n’est pas en reste chez les leaders du MP. On parle de réduction du taux de mortalité infantile de 44 pour mille, du taux de mortalité maternelle et de généralisation du carnet de santé. Dans le volet de la culture, seule la question de l’identité amazighe est évoquée. Mahjoubi Aherdane, président du MP, dit qu’il est nécessaire d’évoquer la question de l’amazighité puisque cela fait partie intégrante de l’identité des Marocains.
«La culture est très importante, sans nos traditions, on ne peut pas évoluer, on souhaite rétablir la dignité de la langue amazighe», explique M. Aherdane. Inutile d’en demander plus puisque le leader du mouvement Haraki souligne que les détails sur l’action culturelle du MP seront dévoilés dans les jours à venir.
L’USFP fait partie des premiers partis à avoir dévoilé leur programme politique. Lors d’une rencontre du conseil national de l’entreprise, l’un des membres du bureau politique avait cité six axes dans le programme politique de ce parti. Il y est question de doubler le PIB par habitant à l’horizon 2010, créer deux millions de postes d’emploi dans 5 ans et réduire de moitié le nombre de pauvres en 10 ans.
La culture est quant à elle perçue avec moins de pragmatisme. Tout le monde se rappelle le festival de la Rose organisé par l’USFP en mars dernier à Casablanca. Des groupes de musique urbaine de la scène alternative dont Hoba Hoba Spirit s’étaient produits sur scène. Quelques mois auparavant, lors du congrès annuel de ce parti à Rabat, le rappeur devenu célèbre grâce à son opus «Mgharba Tal Mout» a été appelé pour animer un concert de musique. Donner l’occasion aux jeunes talents de s’exprimer semble être aujourd’hui la vision de l’USFP.
Enfin, le Parti de la justice et du développement, dirigé par Saad Eddine El Othmani, emboîte le pas aux partis cités. Ce parti prévoit la création de pas moins de 300.000 emplois par an. Soit 1,5 million de postes en 5 ans. Le PJD table également sur une croissance moyenne de 7%. Contacté par ALM, Lahcen Daoudi, membre du bureau politique de ce parti islamiste, souligne que le Maroc ne doit pas négliger son histoire culturelle. «Nous voulons nous inscrire dans le programme culturel avec une ouverture sur le monde». Et d’ajouter «Nous avons une culture vivante, nous devons développer notre identité. Ainsi tout ce qui est contre notre civilisation et notre culture, on le rejette et tout ce qui est susceptible d’enrichir notre identité, on l’accepte».
Sur la question des festivals, Lahcen Daoudi affirme que le PJD n’a jamais été contre l’organisation de ces évènements culturels. «Les festivals font partie de la réalité marocaine, ils ont toujours existé», a-t-il certifié. Il n’en reste pas moins que «Attajdid», le journal officieux du PJD, s’est beaucoup acharné contre cette forme moderne de la fête, invoquant des prétextes peu convaincants pour justifier ses attaques contre ce genre de manifestations.










