Peu de gens le savent : les origines de Seat sont plus anciennes qu’on ne le croit. Plus précisément, il faut remonter à l’aube des années 20 durant lesquelles le groupe italien Fiat s’installe en Espagne où ses voitures portent le nom de Fiat-Hispania. Une collaboration à laquelle la Guerre civile espagnole mettra fin. Et ce n’est qu’au lendemain de la Seconde Guerre mondiale que la production automobile ibérique reprendra du service et ce, suite à une volonté politique de l’Etat.
Une fois de plus, c’est vers Fiat que les Espagnols se tournent pour le transfert du savoir-faire et des technologies. Et en 1950, est créée la «Sociedad Española de Automóviles de Turismo» (SEAT), suite à un accord étalé sur trente ans et selon lequel le constructeur turinois s’engageait à assembler des modèles Fiat par Seat, puis à autoriser la production en Espagne, sous licence, de certains modèles de sa gamme. C’est ainsi qu’on verra apparaître une série de répliques aux Fiat d’époque, telles que la 1400, la première voiture à porter le logo de Seat (1953) et surtout la 600, copie conforme de la Fiat du même nom. Comme son clone italien, ce petit modèle constituera le premier best-seller de Seat, alors que le pays connaît le décollage économique des années soixante. Toujours calquées des modèles de Fiat, les Seat des années 70, vont ouvrir à la marque le marché de l’exportation et c’est là qu’on verra une certaine 127 (badgée du logo Seat) produite et vendue en 50.000 exemplaires en un semestre !
Très vite, Seat devient la première entreprise industrielle espagnole et se place au huitième rang des constructeurs automobile européens. Une croissance également soutenue par l’établissement de nouvelles infrastructures à l’image du grand centre technique moderne de Martorell inauguré en 1975. A l’aube des années 80, Seat est un constructeur qui pèse sur l’échiquier européen ayant à son actif une production cumulée de 4 millions de véhicules, dont un nombre important de Ritmo. Cependant, il n’échappera pas aux conséquences du choc pétrolier, alors que son contrat avec Fiat est arrivé à terme. Dès 1982, ses ressources diminuent et ses soucis s’amplifient, tant sur le plan financier, qu’au niveau de la gamme (retard de renouvellement, technologies dépassées…).
Fiat n’étant plus en lice, c’est vers le groupe Volkswagen-Audi que les Espagnols se tournent pour passer des accords de coopération industriels et commerciaux. Outre un transfert de technologie au profit de Seat, le constructeur allemand acceptera de délocaliser une partie de sa production (Polo et Passat) dans les usines espagnoles pour, en retour, l’aider à vendre ses modèles (Seat) à l’étranger. En 1986, VW prend une participation majoritaire dans le capital de Seat (51%) et la porte à 75% la même année. Couronnée de succès commerciaux, la coopération avec Volkswagen pérennise la firme espagnole jusqu’en 1990, année où Seat sera filialisée à 100% au groupe Volkswagen. La suite on la connaît avec l’apparition des différentes générations de l’Ibiza et de la Toledo, des modèles qui ne connaissent de succès euphorique que sur le marché domestique. Après quelques périodes de rentabilité, Seat replonge dans les pertes et les déficits. Volkswagen songe à un moment donné à céder cette marque.
Mais, à coups de redressements, d’économies d’échelle et de réorientations stratégiques, Seat retourne à la rentabilité. En 2007, par exemple, ce sont quelque 170 millions d’euros qui furent dégagés comme bénéfice par Seat. Ses modèles, et en particulier la Leon, n’ont jamais été autant prisés par les acheteurs. Le 25 janvier 2008, Seat fêtait sa 16 millionième voiture produite depuis sa création. Et la saga continue…









