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La saga des marques : Mitsubishi

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Comme la plupart de ses concurrents nippons, Mitsubishi ne s’est pas d’emblée investi dans l’automobile. Fondée en 1870 par un certain Yataro Iwasaki, la «Mitsubishi Motors Corporation» avait pour principale activité le transport maritime exploitant des bateaux à vapeur. Et parce qu’elle ne comptait au départ que trois bateaux, l’entreprise fut baptisée «Société de navires postaux à vapeur des Trois Diamants», soit en japonais «Mitsubishi».
Très vite, l’entreprise prospère et sa flotte navale atteint une trentaine de navires. Son patron, Iwasaki, est alors le premier armateur du pays, si bien qu’il exploite ses rentrées d’argent pour diversifier ses activités. C’est ce qui fait qu’au début du siècle dernier, trois divisions composent le conglomérat à savoir, Mitsubishi Bank, Mitsubishi Corporation et Mitsubishi Heavy Industries. Cette dernière regroupe à son tour une série de branches, dont Mitsubishi Motors Corporation. Sauf que celle-ci, basée à Kobe, ne débuta vraiment sa production qu’en 1921 et ce, à travers l’assemblage du Model A, une voiture sous-licence de Fiat.
Mais lorsque la Seconde Guerre éclate, Mitsubishi doit aider l’armée de l’empereur. Elle se retrouve alors à fabriquer des tanks. Mais la capitulation du Japon fera basculer les choses encore plus négativement, en entraînant (en 1946) le démantèlement de la marque au trois diamants, comme d’ailleurs la plupart des grosses sociétés japonaises.
Pour autant, les dirigeants de la firme ne jettent pas l’éponge, encouragés par la croissance que va connaître le Japon à l’aube des sixties. Ainsi, dès 1959, Mitsubishi est réorganisée de fond en comble et son siège est désormais transféré à Tokyo.
Le constructeur automobile va alors lancer sa première vraie voiture, la 500. Un modèle animé par un moteur bicylindre de 20 ch. Suivront ensuite, la petite deux portes Minica, la Colt, puis la grande Debonair qui offrait six places. Les années soixante sont celles des alliances et des coopérations. D’abord avec Isuzu (en 1968), puis avec Chrysler (en 1969). Il en résultera toute une gamme de véhicules, dont la Colt Galant A, dotée d’un quatre-cylindres en ligne moderne et qui ouvrit à Mitsubishi des marchés comme le Royaume-Uni et les Etats-Unis, via le réseau de Chrysler.
Le Pajero, lancé en 1979, sera lui aussi l’un des best-seller de la marque durant les années, décennie durant la gamme Mitsubishi va encore s’étoffer par l’arrivée de la nouvelle Colt et ce qui était à l’époque sa déclinaison tricorps, la Lancer. Cette dernière existera aussi en carrosserie break et largement diffusée sur le marché nord-américain.
Plus proches de nous dans le temps, les années 90 sont celles de la diversification vers de nouveaux segments, comme celui du monospace avec le Space Wagon, ou encore celui du coupé 2+2, comme l’Eclipse. Mais surtout, Mitsubishi va briller en compétition et en particulier en Rallye-raid. D’abord, avec la Lancer Evo IV, Championne du monde des rallyes en 1998, puis avec le Pajero Sport, qui s’est imposé comme le «maître du Dakar» avec 12 victoires, dont 7 consécutives. Aujourd’hui, et après être passé par trois années de pertes (dues à une mauvaise collaboration avec DaimlerChrysler), Mitsubishi a réussi à renouer avec les bénéfices. Parmi les 1,3 million de véhicules qu’elle produit chaque année, figure aussi des engins utilitaires comme le pick-up L200. Un modèle avec lequel la marque aux trois diamants est leader du segment des VUL sur plusieurs marchés comme la Thaïlande ou… le Maroc.

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