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La valse du «hajhouj» de Majid Bekkas

© D.R

Envoûtante fut la soirée du vendredi 12 septembre 2008, organisée à l’espace «Les Amis» à Salé, animée avec doigté, par le maître du «hajhouj» Majid Bekkas accompagné des frères Souissi. Anciens élèves de la Schola Cantorum de Paris, les frères Souissi s’intéressent à la fusion entre le jazz et les musiques marocaines traditionnelles. Auteurs de musiques de films, enseignants, en trio, ils poussent l’improvisation à partir de thèmes aux sources multiples et construisent une musique libre nourrie de leurs sensibilités respectives
Plus de 200 personnes, pour la plupart des mélomanes des rythmes du monde et précisément de la musique gnaoua fusion, ont veillé jusqu’à une heure du matin, à l’espace «Les Amis» à Salé, bercés par les rythmes du «hajhouj», de la guitare, du djembé, du balafon, du vibraphone, de la flûte et des castagnettes. Ont été conviés à cette soirée de la musique égalitariste, des comédiens notamment l’acteur Mohamed Bastaoui, le passionné des planches et du 7ème art Abdelkebir R’gagna, l’artiste peintre El Hayani, l’ancien et l’actuel directeurs de l’ISADAC ; Mohamed Mesâya et Issam El Yousfi, les poètes Mohamed El Ouakira, Mohamed Belemou, Mourad El Kadiri en plus d’hommes politiques à ne retenir que Hassan Tarik , membre actuel du conseil national et ancien secrétaire général de la jeunesse USFP. Dire que cette musique égalitariste, nommée communément gnaoua, réussit à unir dans un même espace et dans une ambiance familiale, artistes, dramaturges, hommes politiques, bref tous les mélomanes de la musique aux bienfaits thérapeutiques. Aux rythmes, au chant du maître de la fusion Majid Bekkas, comme l’a si bien noté Mohamed Masâya, se sont, artistiquement combinées les paroles du jeune comédien Abdelkebir R’gagna qui a notamment mis l’accent sur l’importance que requièrent les cafés littéraires au sein de la ville de Salé, en l’occurrence l’espace «Les Amis», qui réunit les citoyens autour d’une tasse de thé au parfum de la littérature, de la musique, de la culture et des arts en général. Ce sont ces lieux qui animent chez les personnes un esprit de curiosité et de demande constante du savoir.  
Le concert de musique de la soirée du vendredi 12 septembre a été inscrit sous le signe de la fusion entre jazz, blues, musiques africaines, rythmes Gnaoua.
Ce fut une belle composition musicale de cette mémoire collective de tous les peuples et les individus qui aspirent à la liberté. Une ultime issue pour dévoiler une identité perdue, un langage de chagrin et de pleurs suscité par une souffrance intérieure profonde. Et ce fut un voyage tantôt enveloppé dans le passé des hommes arrachés à leurs racines en Afrique subsaharienne où ils menaient une vie paisible et libre et tantôt tendu vers un futur où fusionnent admirablement et harmonieusement les rythmes du monde. Et telle une promesse de la naissance du fruit essentiel à l’âme, le «Mâallem» (maître) Majid Bakkas, musicien chevronné et pierre maîtresse dans l’organigramme mystérieux de la musique gnaoua fusion, à la voix ensorcelante et aux timbres envoûtants à caractère mystique, celui qui réussit à introduire
Klaus Doldinger, le maître de jazz allemand, au Maroc avec les meilleurs musiciens marocains pour son CD «Passport to Morocco», a invité lors de cette soirée le public à une atmosphère de recueillement et de communion. Rare est ce talent qui conjugue mémoire et modernité. Et comme cerise sur le gâteau, une lecture de poème en arabe, par le poète d’expression française El Ouakira en guise d’hymne à sa ville natale Marrakech. Rappelons que l’espace «Les Amis» organise prochainement deux autres soirées. La première aura lieu le vendredi 19 septembre et invitera Hassan Nejmi, écrivain, poète et journaliste militant convaincu, professeur universitaire et actuellement responsable de la direction du livre au ministère de la Culture. La seconde soirée, prévue pour le jeudi 25 septembre 2008, accueillera le comédien et acteur de mérite, le natif de Khouribga, Mohamed Bastaoui, celui que le public marocain a apprécié dans des productions telles que : «Jnan El Karma», «Adieu forain», de Daoud Oulad Syad, «Mille mois» de Faouzi Bensaïdi, «Woujaâ Trab» de Chafik Sehimi. Rendez-vous à l’éspace «Les Amis», sis lotissement Habous, hors Bab Sebta N°30-Salé.

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