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Larache : La cité blanche au ciel azuré

© D.R

Larache est un petit port de pêche au bord de l’océan Atlantique, situé à 70km au sud de Tanger, à l’embouchure du Loukos, fleuve aux nombreux méandres, délimitant des marais salants et formant un bras de mer. La ville, très ancienne, est construite sur une des rives du bras de mer. Elle vit de la pêche, de ses conserveries et d’un peu de tourisme. C’est aussi un centre administratif de cette province du Nord.
Fondée au VIIIe siècle, Larache fut occupée par les portugais durant le XVIe Siècle avant de devenir un refuge pour les corsaires. En représailles, la ville fut systématiquement bombardée. Elle fut sous domination espagnole en 1610 et reprise par le Sultan Moulay Ismaïl en 1689, puis à nouveau espagnole de 1912 (traité de Fès) à l’indépendance du pays en 1956. Loin du tumulte des grandes villes, Larache est une étape reposante et sereine. La ville possède un charme indéniable. Une architecture typique qui diffère d’un quartier à l’autre y contribue grandement.
La configuration de la ville ancienne est, en effet, de type arabe, tandis que les habitations de la ville moderne adoptent le style andalou, couleurs blanches et ciel azur. La médina est très belle avec ses ruelles descendant vers la mer. Deux forteresses dominaient le Nord et le Sud. L’ancien fort Kebibat devenu hôpital et le fort de la Cigogne face à la mer. La vieille prison espagnole est devenue aujourd’hui le musée archéologique de la ville.
Le Musée de Larache est aussi un grand monument historique : palais du Sultan Youssef Abdelhak El Mrini au IIIe siècle, utilisé par les Espagnols, lors de la colonisation, comme lieu de réception, tribunal et salle d’armes, il offre une intéressante collection sur les monnaies anciennes, les instruments de pêche, de musique, les statues, les bijoux, les flacons de parfum, les objets provenant de Lixus… Il offre, en outre, une vue imprenable sur la région de Larache.
Mais la grande attraction de Larache est son site archéologique. Au nord, à 5 kilomètres de la ville, Lixus est entourée de collines qui, elles-mêmes, sont bordées au nord et à l’est d’une forêt de chênes liège. Le site a été fouillé de façon continue de 1948 à 1969. Dans les années soixante, Lixus a été assez bien mise en valeur grâce à quelques restaurations et consolidations.
En 1989, suite au colloque international qui a réuni de nombreux savants, spécialistes, historiens et archéologues de la Méditerranée autour de l’histoire et l’archéologie de Lixus, le site a été en partie clôturé. Un énorme travail a été entrepris sur l’étude des mosaïques du site qui constituent un très riche ensemble. Outre les vestiges intéressants à découvrir telles les mosaïques dont une de soixante mètres représentant le Dieu Neptune, les ensembles monumentaux actuellement dégagés sont : une enceinte, le quartier des temples où l’acropole comprend plusieurs temples antiques, des thermes d’époque romaine, une maison d’époque islamique et une mosquée, un théâtre-amphithéâtre et des thermes, un quartier d’habitat d’époque romaine, un autre d’époque pré-romaine ainsi qu’un ensemble industriel d’usines de salaisons (l’un des plus importants de l’occident méditerranéen). La chronologie du site s’échelonne, dans l’état actuel de la recherche, de l’époque phénicienne (VIIIe s. Av. J.-C.) au XIIe siècle après J.-C. Lixus s’étend sur une superficie d’environ 75 hectares. Les zones fouillées constituent environ 20 % de la superficie totale du site.
Les monuments sont souvent conservés sur des hauteurs allant de 50 cm à 3 mètres. 80 % du site restent à explorer. La dernière grande découverte date d’Août 1999. Une équipe d’archéologues marocains ont mis à jour les restes d’une ferme romaine près de l’embouchure du Loukkos, dont la construction remonterait au 1er siècle. L’activité de la ferme aurait été liée à la culture de l’olivier ou de la vigne.La ferme aurait été détruite vers le IIIe ou IVe siècle lors d’une guerre. En effet, les archéologues ont trouvé sur les mêmes lieux des fers de lance, des javelots et des boules en pierre qui auraient servi pour les lance-pierres et catapultes. La ferme a été construite sur une nécropole datant de la période située entre les VI et le IVe siècles avant JC.
Lors d’une fouille archéologique effectuée entre le 18 juin et le 22 juillet de la même année, l’équipe découvrait une tombe construite en pierre taillée et recouverte de grandes dalles. Cette tombe comprend des accessoires funéraires, une assiette et une louche en bronze, déposées près du crâne du mort et, à ses pieds, une grande jarre en terre cuite. Certains os du squelette ont été peints en ocre rouge, indiquant que le mort appartenait à une catégorie sociale supérieure comme en témoignent la valeur des objets funéraires et les soins apportés à sa sépulture.
Larache est également un ensemble de plages prisées par les estivants. Si les jeunes plongent des rochers de la corniche en contrebas, pour se baigner, les vacanciers préfèrent aller sur l’immense plage de l’autre côté de l’estuaire.
Et si l’on peut y aller par la route (voiture, bus en été, taxis de la ville), la grande majorité préfère traverser grâce aux petites embarcations où les jeunes attendent les touristes juste à côté du port, et transportent pour 2 ou 3 Dhs de l’autre côté. Une fois sur place, l’on peut vaquer à des occupations diverses. Baignade ensoleillée, jeux de plage, belles vagues pour le body-board, surf et toutes sortes de sports nautiques en toute liberté. Larache est appelé à connaître un nouvel essor grâce à la construction, d’ici à 2010, d’une importante station balnéaire à Khémis Sahel. Une initiative à même de changer ce port tranquille en une ville à vocation touristique.

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