Ce n’est pas tout le monde qui peut se vanter, comme James Brown, d’attirer, lors de ses shows, 1 300 000 personnes en les mettant en transes. Les concerts de James Brown, même s’ils sont restés très «80», gardent encore de cette magie. Une magie qui se nomme «funk». Né en 1933 à Barnwell en Caroline du Sud, James Brown ouvre les yeux sur un champ de coton. Le jeune James aide ses parents en ramassant du coton chez les propriétaires environnants ou en cirant les chaussures dans le centre-ville. A cette même époque, il commence à se produire dans les salles de danse de la région d’Augusta. Mais, il tombe très vite dans la délinquance. A l’âge de 16 ans, il se retrouve en prison pour vol à main armée. C’est là qu’il fait la connaissance d’un autre adolescent turbulent, Bobby Byrd et décide de se lancer dans la musique. Avec la sœur de Bobby, il monte un groupe au milieu des années 50 : «The Gospel Starlighters».
Par la suite, James rejoint le groupe de Bobby, qui vient de sortir de prison et qui joue déjà avec les «Avons», groupe de rythm’n’blues. Bobby et James chantent tellement fort que le groupe se transforme en «The Famous Flame». Signés sur le label country King Records, ils enregistrent le single : «Please, please, please», puis l’album du même nom en 1956. Alors qu’ils se produisent dans le sud du pays, le morceau remporte un succès phénoménal : 1 million de disques écoulés.
C’est le début de la gloire pour James Brown et sa bande, mais ils ne parviennent pas à transformer l’essai. Leur maison de disques s’impatiente et menace de les virer quand enfin arrive «Try me» (1958) qui fait encore mieux et se place en première position des hits parades. A King Records a de nouveau le sourire. Mais James Brown veut aller plus loin, il veut conquérir l’Amérique. Il est décidé, il lui faut se produire en concert à New York. La maison de disque désapprouve. Tant pis, le chanteur finance lui-même le show qui se tient le 24 octobre 1962 à l’Apollo Theatre d’Harlem. Ce soir-là c’est un triomphe, la salle, qui affiche complet, est subjuguée devant le talent et la colossale énergie de James Brown. Il se transcende littéralement sur scène. Ce live mémorable sera immortalisé sur un disque édité chez Polygram et écoulé à plus d’1 million d’exemplaires. En 1964, consacré, James Brown lâche ses «Famous Flames», devenues trop encombrantes et entame sa carrière solo. Il publie son premier album : «Out of sight» et sa doublette de tubes «Papa’s got a brand new bag» et l’éternel «I got you (I feel good)» qui posent alors les bases d’un genre nouveau : le funk. Implacable quand il s’agit d’enflammer les pistes de danse, James Brown est aussi à l’aise dans les ballades poignantes, à l’image de «It’s a man’s, man’s world» (1965), qui vient rappeler qu’il est aussi un soulman. En 1970, il connaît l’apogée de sa carrière avec le mythique «Sex Machine» et son groove lancinant ultra dansant. Brown, désormais surnommé «Mister Dynamite», est entouré des plus grands musiciens du moment (Maceo Parker, Pee Wee Ellis, Bootsy Collins et une douzaine d’autres): les JB’s, donne les plus hallucinants concerts funk de toute l’histoire de l’humanité. Des dizaines de milliers de personnes y assistent, toutes en transe. A l’âge de 73 ans, le «patriarche de la soul» est décédé le 25 décembre 2006 . Le jour de sa mort, le révérend Jessie Jackson, ami de James Brown, a déclaré : «Il aura été dramatique jusqu’au bout, mourant le jour de Noël. Un moment presque dramatique, poétique. Il sera dans tous les journaux, dans tout le monde, aujourd’hui. Il ne voudrait pas que ce soit autrement.»









