Sidi Ahmed-Ou-Moussa, un défenseur de la paix

Sidi Ahmed-Ou-Moussa, un défenseur de la paix

Il est Ahmed-Ou-Moussa Abou Al-Abbas Ahmed-Ou-Moussa Al Jazouli Al Semlali. Il est né vers 1460 chez les Ida Ousemlal dans l’Anti Atlas. Il a poursuivi ses études à Marrakech. Et il était le disciple de grands maîtres. En quête du savoir, il a même voyagé, selon des connaisseurs, jusqu’en Orient. Depuis son retour dans le Souss, en 1521, il est resté un des Saints les plus connus chez les habitants de la région qui le connaissent surtout par la troupe d’acrobates de Sidi Ahmed-Ou-Moussa. Si on se réfère au livre « «Le Maroc saharien des origines à 1670» de Jacques-Meunié, nous trouverons que Sidi Ahmed-Ou-Moussa était connu par sa simplicité. L’intuition et la mystique illuminaient son chemin plus qu’au raisonnement. À ce sujet, les historiens affirment qu’un jour Sidi Ahmed prêchait à son cercle d’auditeurs, sa langue l’ayant trahi lui fit faire une faute grammaticale. Entendant cela, l’un des présents, adel à Taroudant, se dit en lui-même: «Quel cheikh nous aurions là s’il savait seulement un peu de
grammaire !». A peine eut-il cette pensée que le cheikh se tourna vers lui, répéta le Hadite sans faute et dit avec simplicité : «Voilà que j’ai mis l’accusatif sans savoir la grammaire !». Et il ajouta : «La langue qui vocalise les mots, elle périra ! Dieu veuille qu’elle soit sauvée au jour du rassemblement ! À celui qui n’aura pas de pitié, à quoi servira la grammaire ? Et quel tort un langage barbare ( toute langue différente de l’arabe ) pourra-t-il faire à un homme pieux ? ». Ces paroles et cette priorité donnée à l’esprit de piété nous éclairent sur le fait qu’il ne fonda ni confrérie ni zaouïa. En réponse à une question concenrnat le fait qu’il ne veut pas ni de disciple ni une zaouïa, Sidi Ahmed répondait posant un doigt sur sa tempe : «Celui qui regardera là entrera au Paradis» (= Contentez-vous de suivre mon exemple). Ou encore : «Nul n’accomplit son affaire en ce monde et nul n’y atteint son désir. Quel malheur d’être esclave de ce bas-monde et de l’argent !». Sidi Ahmed-Ou-Moussa était un homme d’une grande renommée. Il avait, en effet, une influence religieuse aussi immense qui lui donnait une autorité presque absolue. On dit aussi qu’il recevait des visiteurs de l’Orient. Dès l’avènement du Sultan Moulay Abdallah en 1557, des relations personnelles s’étaient établies entre lui et Sidi Ahmed. En effet, le Sultan avait souhaité avoir un chef spirituel et chargea un émissaire de trouver le meilleur des cheikhs du Maroc. Celui-ci, après de longues recherches, revint au palais et dit du Saint de Tazeroualt qu’il était l’homme le plus illustre, le plus humble et le plus pieux qu’il avait rencontré et que c’était lui qu’il fallait. Le Sultan se mit alors en route pour le rencontrer et lui demander d’être son intercesseur auprès de Dieu et de lui faire obtenir la possession de son royaume sans luttes ni combats et d’affermir sa puissance car il ne se sentait pas en sûreté. Sidi Ahmed fit alors une invocation en sa faveur: «O Arabes ! O Berbères! O plaines et montagnes ! Obéissez au Sultan Abdallah et n’ayez pas de querelle avec lui !». Ayant obtenu cette protection, le Sultan resta trois jours puis repartit vers Marrakech. Quelques temps après, Sidi Ahmed-Ou-Moussa se rendit à Marrakech en visite pieuse aux Saints de la ville où il eut droit à un bain de foule du peuple qui voulait le voir et recevoir sa baraka.
À cette époque, Sidi Ahmed-Ou-Mousa était vénéré aussi bien par les Arabes que les Berbères. Le mausolée de Sidi Ahmed-Ou-Moussa, bâti après sa mort en 1563, et la mosquée se trouvent, de nos jours, à quelques kilomètres à l’Est d’Iligh.

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