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Sidi Ali Nebhar, le saint protecteur des marins

© D.R

Les origines ainsi que l’époque de ce saint restent vagues. La légende ainsi que le patrimoine oral de la région avancent qu’il a vécu avant l’occupation de Melillia et qu’il a mené une résistance farouche. Ses compagnons l’ont enterré là où il préférait se replier pour défendre son territoire tel un sphinx vaillant. C’est là aussi, qu’il contemplait la grandeur divine pour accéder au rang des hommes pieux. Une personne vertueuse, exemplaire pour ses choix de vie. Il possédait aussi les qualités d’un saint illuminé au service des autres.
Sidi Ali Nebhar est devenu avec le temps le saint protecteur des marins. Son sépulcre se dresse sur une côte élevée qui donne directement sur la mer. Et avant de prendre le large pour une nuit de pêche les marins faisaient leurs ablutions à la source d’eau qui se trouve juste à côté de sa tombe et demandaient sa bénédiction. D’où l’appellation «Saint des marins» du moment que ces marins revenaient avec des prises abondantes et surtout sains et saufs.
Le tombeau  de Sidi ali est d’une architecture simple à l’instar de la majorité des saints du rif. Austère édifice aux motifs sans  ornements. Des murs  à la pierre peints à la  chaux mais d’une propreté étonnante. Des fenêtres semi circulaires à la manière de toutes les fenêtres berbères ou le bleu est maître des couleurs. Six fenêtres à arcades simplifiées avec  un portillon servant d’accès et qui  illuminent un intérieur sobre mais où l’air marin est connu pour ses vertus tonifiantes et idéales  pour apaiser la fatigue et le surmenage. Une coupole à  surfaces polygonales formant une suite d’angles égaux, orientés vers le ciel complète l’architecture d’une construction des plus modérées.
Sa source magique est aussi légendaire. On raconte que c’est un berger qui a fait sa découverte. Il n’arrivait pas à comprendre pourquoi ses moutons couraient vers la mer et buvaient  à leurs soifs. Il ne savait pas qu’il y avait une source à eau douce qui se perdait sous l’effet des marées hautes et basses. Depuis la baraka du saint a pris des proportions démesurées. Le ouali est devenu avec le temps le temple des âmes égarées. Un lieu visité par les femmes tous les jours alors que sa journée de «ziara» est le vendredi à tel point qu’il est devenu le refuge des femmes souffrantes des maux de dos, de stérilité ou à la recherche de «ould lahlale». Elles lui rendent visite par groupe mais dans l’esprit de chacune un souhait, une attente. «J’avais vingt sept ans et personne ne s’est présenté pour demander ma main. Un vrai problème pour la famille et pour moi-même. Je croyais que je ne me marierais jamais. Et puis un jour j’ai fait une offrande à Sidi ali tout en lui demandant qu’il prie Dieu pour moi. Une semaine par la suite un homme est venu frapper à notre porte. Cela fait vingt ans. Maintenant je suis une mère de famille» c’est l’histoire de Malika,  que se chuchotent  les jeunes femmes lorsqu’elles sont dans sa cour  ou sur les escaliers qui mènent à son sépulcre.
Une autre habituée du saint avance que la source de Sidi Ali guérit certaines infections cutanées. Une eau bénie qui soulage contre toutes les sortes de dermites. «Il suffit de se doucher ou de se laver à plusieurs reprises pour soigner les boutons», avance hajja Trayetmess. Le saint est aussi connu pour son emprise sur la «chehna», ces enfants qui crient sans cesse et qui ne laissent personne tranquille.   « Au bout de trois visites mon enfant s’est calmé», renchérit une maman qui remercie Dieu.