Sidi Azzouz, le saint des hauteurs

Sidi Azzouz, le saint des hauteurs

Situé entre l’entrée de Koubat Essouk et la grande mosquée de Taza, au milieu d’un ensemble d’impasses et de ruelles étroites qui grouillent de vie et de dynamisme, le saint patron de la ville prend la place qui lui convient. Dans les alentours de ce saint aux multiples barakas c’est toute une activité commerciale qui prospère  avec ses marchands de légumes, boutiques de vêtements et du prêt-à-porter, et « kissariates » d’artisans et  marché à puces. En somme le centre névralgique de tout le Taza haut.
C’est le saint à la fontaine   qui abreuvait visiteurs et habitants des quartiers avoisinants. Sidi Azzouz ; puisque c’est de lui qu’il s’agit est toute une mystique avec ses rituels  comportementaux qui convergent vers  la dissolution de l’être dans un univers où tout est Dieu et où tout est réalisable. «Il suffit de croire et d’avoir «niya» sinon rien ne se réalise», explique une femme arc-boutée au seuil du wali. Plusieurs combattants  qui ont fait les deux guerres mondiales, celle de l’Indochine ou ont lutté contre le colonialisme en tant que résistants de l’armée de libération lui rendaient visite pour implorer sa bénédiction. Solliciter une telle protection passait impérativement par la présentation d’offrandes. La «ziara» peut même être un simple morceau de sucre. «Mais la baraka est celle de Dieu», renchérit Driss Mrani, le m’kadem du mausolée  qui s’occupe de son entretien depuis presque un demi siècle. Dans sa boutique de veilleur, il a vu défiler hommes et femmes, riches et pauvres. Le plus souvent à la recherche d’un appui spirituel ou d’un remède à leurs maux. : femmes âgées cherchant un remède magique à une douleur que la médecine moderne n’a pu apaiser ou que les moyens financiers n’ont pu couvrir, commerçants en manque de chance,  ouvriers prospectant un  travail et  jeunes filles qui rêvent d’un compagnon de vie, lui rendent visite chaque jeudi. Les filles en quête de leur deuxième moitié jouent au coup de la serrure : Il faut ouvrir la serrure du portail principal pour que le ciel leurs ouvre ses voies impénétrables et cœurs infranchissables.
Des offrandes sous forme  d’argent, coq,  mouton, taureau  ou de simples bougies étaient déposées jadis sur l’autel qui se trouvait juste derrière l’entrée principale. De nos jours la «Rbiiya» se trouvant à gauche de la porte accueille bougies et «ziaras» du moment que le mausolée a été fermé pour travaux d’aménagement suite à un regrettable incendie qui l’a ravagé. Un brasier qui l’a sensiblement affecté à la fin de 2007. C’était à cause d’un circuit électrique, avance le vendeur de pupilles qui prend place juste à côté du robinet béni, source de baraka et de vitalité. Alors que le coiffeur d’en face pense que cela est dû à une bougie oubliée par une femme la veille. Le résultat de l’incendie a failli ravagé tout le mausolée si ce n’est l’intervention des citoyens et les sapeurs pompiers. «heureusement que sa majesté le roi Mohammed VI a pris en charge la reconstruction du mausolée et de la mosquée» rapporte le m’kadem de Sidi Azzouz. Les vestiges en cendre ont été refaits de belle manière et le saint de Taza a repris une touche de vivacité spirituelle. Il a été rénové en respectant les caractéristiques architecturales de départ. Les décorations additionnelles ont donné à la coupole et à la salle de  prière une dimension plus ornementale aux couleurs apaisantes et aux formes béantes.  Ce magnifique bijou architectural est encore fermé en attendant l’occasion propice pour que le mausolée de Taza accueille ses visiteurs. On avance le jour de l’Aid pour sa réouverture. 

Articles similaires

Laissez un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *