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Souvenirs de « Al-Tahrir » (23)

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Certains résistants se verront également accuser de port illégal d’armes. Al-Raï al-Am ne tardera pas à donner la réplique, expliquant qu’il s’agissait simplement de quelques résistants qui avaient gardé leur arme personnelle en souvenir des jours de l’action patriotique.
Ces arrestations susciteront dans les milieux nationaux de vives réactions. L’une des plus notoires sera la démission de feu Cheikh al-Islam, Mohamed Belaarbi Alaoui, membre du Conseil de la Couronne, démission advenue le 29 février, jour même de la dissolution de l’Armée de Libération. Dans une déclaration publiée par al-Raï al-Am le 10 mars, Cheikh al-Islam dénoncera le complot fomenté contre les résistants, et appellera à la liquidation des intérêts coloniaux.
Quant aux charges retenues contre les résistants, elles étaient au nombre de quatre : “atteinte à la sécurité de l’Etat; fomentation de complot visant à attenter à la vie du Prince héritier ; possession illégale d’armes ; enfin, constitution d’une association de malfaiteurs”.
Des charges rappelant étrangement celles retenues, moins de six semaines plus tôt, contre Baçri et Youssoufi. D’ailleurs, l’opinion publique n’allait pas tarder à s’apercevoir que ce second procès n’était, à l’instar du premier, qu’une machination, d’autant que les accusations étaient portées contre des résistants connus pour leur patriotisme, et jouissant de confiance et de considération auprès du Roi Mohammed V.
C’étaient les mêmes -et Baçri en était- qui avaient, quelques années auparavant, déclaré au Souverain qu’ils avaient confiance en lui et en lui seul, et que leur loyauté lui était acquise.
La presse française dénoncera ce procès et mettra à nu l’iniquité des charges retenues contre les résistants. C’est dans ce cadre que le quotidien français “Libération” publiera, le 21 mars 1960, un article que al-Raï al-Am reproduira, et où l’on pouvait lire que “les douzes personnes contre lesquelles ces charges avaient été retenues étaient toutes des personnalités connues au Maroc pour avoir appartenu à la résistance. Arrêtées entre le 14 et le 26 février, elles sont toujours retenues par la police”. Le quotidien ajoute que les hérauts de la réaction avaient, paraît-il, recouru à ce stratagème destiné à convaincre le Roi de l’existance d’un complot visant à attenter à la vie de son fils.
Les observateurs, continue le journal, sont unanimes à déclarer qu’il s’agit là d’une machination montée -maladroitement d’ailleurs- de toutes pièces, le but étant, ajoutent-ils, de mettre assez rapidement fin au mandat du gouvernement Ibrahim, qui serait ainsi amené à se retirer, malgré les résultats étonnants qu’il a pu obtenir en faisant face à d’énormes difficultés. Ce retrait, conclut le quotidien français, pourrait se faire soit sur une démission du gouvernement, comme le préconise le Premier ministre adjoint et ministre de l’Economie, M. Bouabid, soit sur une révocation décidée par le Roi lui-même, solution qui définirait les responsabilités, et que préfèrerait le Premier ministre, Abdallâh Ibrahim.

• Par Mohammed Abed al-Jabri

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