Des pressions sur Mohamed V, au pouvoir personnel absolu
• Exécution de quatre résistants.
• Le spectre de Cheikh al-Arab
• « Guédira, serviteur de son maître »
• Le grand complot contre l’UNFP
Les ennemis du patriotisme et de la libération, cantonnés dans les rouages de l’administration du makhzen, poursuivront leurs machinations visant à provoquer la chute du gouvernement Ibrahim. Ils n’hésiteront pas, pour accomplir leurs sombres desseins, à mentir au roi Mohamed V, usant même de méthodes remontant aux temps révolus -méthodes dont ils avaient le secret- et de stratagèmes aussi vils que méprisables. Ils étaient semblables en cela aux suppôts du colonialisme, aux profiteurs, aux rancuniers et autres paranoïaques bien connus de tous dont certains ne sont plus de ce monde, et dont d’autres attendent encore leur heure. Exerçant sur le Prince héritier de telles pressions que ce dernier se sentira comme mis dans une véritable cage (expression qu’il emploiera d’ailleurs plus tard, en s’entretenant avec des leaders de l’UNFP), ils verront enfin leurs démarches aboutir quand le roi déclarera, le 24 mai 1960, sa décision de prendre la tête du gouvernement, en chargeant le Prince héritier de l’exercice de ses fonctions gouvernementales.
Nous reprondrons ces événements plus en détail dans le volume qui suit. Nous devons cependant signaler ici les données que voici :
1- L’UNFP refusera de participer au gouvernement royal auquel prenaient part tous les partis politiques, y compris l’Istiqlal. La donne en sera ainsi clairement révélée, surtout quand Guédira deviendra officiellement l’homme fort du régime, et quand l’UNFP deviendra un ennemi officiellement visé.
2- Moins d’un an plus tard, la nouvelle tombera, à la surprise générale, du décès de feu Mohamed V, suite à une opération assez simple, dont les médecins convenaient , d’ailleurs, qu’elle n’était point nécessaire (Voir le numéro suivant).
3- Après le décès de Mohamed V, le roi Hassan II entreprit de larges consultations avec les Partis politiques à propos de la nature de l’étape que traversait le pays. La réponse de l’UNFP, donnée oralement aussi bien que par écrit, sera claire et nette.
Sans détour, le parti déclarera qu’il n’y avait, en tout et pour tout, que deux choix possibles: un pouvoir personnel ou un pouvoir démocratique. Sa Majesté optera pour le premier, en étayant son choix par des arguments que nous détaillerons dans le numéro 4 consacré à la question démocratique. L’expression «pouvoir personnel» fera désormais partie du lexique de la littérature et de la presse de notre parti.
4- Le Maroc entrera alors, de manière officielle et ouverte, dans l’ère du pouvoir personnel. Les anciens ennemis de l’UNFP deviendront officiellement ceux de la démocratie.
Ce choix se verra consacré avec la nomination de Oufkir au poste de ministre de l’Intérieur. La répression s’en trouvera élargie à de plus vastes secteurs.
5- Par ailleurs, il faut rappeler que les résistants qui -pour avoir violemment réagi à la campagne de 1960 menée sous le prétexte de “complot visant à attenter à la vie du Prince héritier”- n’avaient pu bénéficier de la grâce accordée par le roi Mohammed V, seront abandonnés à leur sort.
• Par Mohammed Abed al-Jabri









