La distance à parcourir était pour certains longue de plus de 1500 kilomètres (Tanger à Tarfaya : 1424 km ; Al Hoceima à Tarfaya : 1635 km ; Oujda à Tarfaya : 1643 km ; Figuig à Tarfaya: 1620 km, . . .etc).
En outre, la progression des convois devait s’effectuer à une vitesse relativement lente, conformément à un planning, fort réussi, établi par l’état-major de la Gendarmerie Royale, lequel avait, entre autres responsabilités, celles concernant l’organisation de la circulation des convois et la garantie de la sécurité routière, de façon à ne pas paralyser le trafic ordinaire des voyageurs et des marchandises dans le pays. Les commissions de ravitaillement et d’équipement devaient par conséquent évaluer, acquérir, préparer et distribuer les rations de route, chacune pour les marcheurs de sa préfecture ou province. Elles avaient également pour tâche de rassembler et d’acheminer vers Tan-Tan et Tarfaya au moins autant de couvertures que de marcheurs, ainsi que divers ustensiles, et surtout d’importantes quantités de tentes pour l’hébergement des 350.000 marcheurs.
Ces commissions devaient quant à elles rassembler les marcheurs inscrits en un seul endroit avant le départ vers le Sahara. A cet effet il leur incombait :
– De préparer les structures d’accueil et d’entretien aux chefs-lieux des provinces et des préfectures.
– D’organiser les volontaires en petites unités qui resteront regroupées durant toute la Marche. Cela permettait d’instituer la discipline et de faciliter les contacts et la communication des directives : on aura affaire à des chefs de groupes.
– De veiller sur l’état de santé des marcheurs, de n’admettre pour le départ que les volontaires aptes physiquement et pouvant supporter les difficultés inhérentes au voyage.
– De répartir les volontaires et les équipements sur les véhicules et sur les trains au départ des points de convergence. En effet, une importante partie des 350 000 marcheurs et de leurs équipements a été acheminée par train à partir des centres et villes du royaume possédant une gare ONCF et ce, jusqu’à Marrakech, ville terminale de la ligne des chemins de fer, la continuation sur le Sahara ayant été faite au moyen de cars et de camions. Toutes ces commissions confondues, qu’on peut appeler commissions de préparation et de mise en route de la Marche Verte, ont nécessité la mobilisation de plus de 5 000 agents civils, de l’Etat et des collectivités locales, non compris la participation active fournie par les corps élus. Leurs actions se sont déroulées sous l’autorité des gouverneurs et l’orientation du Ministère de l’Intérieur. Si l’importance de ces différents types de commissions variait d’une préfecture ou d’une province à une autre, suivant les quotas impartis des volontaires, l’ossature devait cependant être la même, pour conserver l’homogénéité de l’action. Au cours de l’évolution des marcheurs vers le Sud du Royaume, à partir de l’ensemble des préfectures et provinces, un encadrement spécifique devait les accompagner sur tout le trajet. Il était chargé de veiller au bon déroulement du voyage, au respect des consignes d’ordre et d’organisation ainsi qu’à l’animation: «Afin de mener cette marche à son terme, tu te dois d’obéir et d’appliquer rigoureusement les consignes de ceux qui sont chargés de ton encadrement». Pour illustrer la composition de l’encadrement d’accompagnement, mentionnons à titre d’exemple que pour ses 10.000 marcheurs, la préfecture de Rabat-Salé a délégué:
– 8 agents d’autorité (caïds).
– 20 auxiliaires d’autorité (chioukh et Mokadmine).
– 2 médecins.
-12 infirmiers.
– 62 assistantes sociales.
– 20 morchides (prédicateurs).
– 63 cadres et agents provenant de différents autres départements ministériels.
– 120 jeunes scouts.
• D’après «Les documents du Sahara»










