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Un officier au service du Roi (7)

© D.R

Quand je rentre définitivement au Maroc, fin avril 1960, je suis le premier officier des FAR du cadre du personnel navigant (PN), portant le grade de lieutenant, diplômé de l’école de l’air de Salon de Provence, breveté pilote bimoteur et qualifié pilote de transport par le CIET, qui avait complété avec satisfaction sa formation intégrale d’aviateur. 
Lunité administrative et éducationnelle militaire qui, à l’époque , avait, au sein des Forces armées royales , la responsabilité de la gestion de l’ensemble du personnel élève-officier et élève sous-officier de l’aviation des Forces armées royales, avait pour nom : 
« Le 1er escadron aérien des FAR» 
En avril 1960 , le 1er escadron aérien des FAR était commandé par le commandant Aumont, un officier français, pilote de transport, détaché auprès des FAR marocaines, dans le cadre de la coopération technique, en vue de les aider à structurer leur future armée de l’air. 
Dans le bureau du CDT Aumont, je me présente :
Lt. Bouziane , école de l’air –promotion le «Cong»
Le commandant Aumont se lève de derrière son bureau et vient vers moi pour me saluer :
«cela me fait énormément plaisir de vous voir rentrer au pays en aviateur confirmé».  
Je le remercie. Puis nous nous asseyons autour d’une petite table ronde en bois, montée sur quatre pieds métalliques. Nos chaises , également en bois, avaient une armature métallique : le strict minimum en matière d’ameublement !
J’ai parlé de Salon de Provence , du général Delfino, le commandant de l’école de l’air , le héros de l’escadrille Normandie- Niémen en Russie pendant la 2ème Guerre Mondiale , du capitaine Dellac, mon brigadier, du capitaine Saulnier , un autre brigadier, qui des années plus tard, commandera cette même prestigieuse école de l’air avant de devenir chef d’Etat-Major de l’armée de l’air française puis chef d’Etat-Major général .
J’ai parlé d’Avord et de son école bimoteurs. J’ai cité des noms d’officiers : le commandant Bastard , CDT la DIV, le commandant Totelier, CDT le G.I. – Aumont les connaissait .
J’ai enfin parlé de Toulouse- Francazal et de ses officiers instructeurs pilotes. J’ai cité les noms du commandant Walter, CDT le G.I., j’ai aussi cité le nom du capitaine Morin, probablement le meilleur instructeur pilote  de transport que j’ai eu de ma vie. 
Le commandant Aumont connaissait «Mori». 
Puis Aumont parla , comme s’il parlait à un officier de son rang , avec clarté et certainement beaucoup de sincérité : 
«Après votre départ pour Salon de Provence, l’automne 1956, c’est le prince Moulay Hassan, alors Prince héritier du Maroc, qui demanda à la France de l’aider à créer une unité aérienne ayant pour mission principale le recrutement et la formation des futurs jeunes aviateurs marocains .
Cette unité aérienne, que l’on dénommera : 1er escadron aérien des FAR, assurera aussi des missions de transport aérien intérieur Maroc pour le compte des FAR
J’ai alors été désigné pour assurer le commandement de cette unité et superviser sa mise en œuvre .
Le général de la Cheneliere , commandant Air Maroc, c’est-à-dire l’ensemble des formations aériennes françaises stationnées au Maroc, nous a cédé un certain nombre de bâtiments de plein pied, datant de la 2ème Guerre Mondiale, et groupés tous au nord-ouest de cette base aérienne, dénommée base de Rabat-ville.
De ces bâtiments nous avons fait des bureaux, des magasins, des salles de repos pour le personnel navigant, des locaux d’hébergement pour le personnel militaire de garde , détaché de l’armée de terre …..
Nous disposons aussi d’un immense hangar, face au parking principal , où nous gardons certains de nos avions pour les opérations de maintenance .
Chemins de roulement  et pistes de décollage et d’atterrissage sont aussi à notre disposition .


Par le Colonel Abdeslam Bouziane

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