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Vagabondage Été-2004 : Réflexion autour des encyclopédies virtuelles

© D.R

Le mot encyclopédie vient du grec « en cyclos paideaia » : le savoir en boucle. Il désigne donc un ouvrage qui contient des informations détaillées sur toutes sortes de sujets et permet de passer de l’un à l’autre de ces sujets grâce à des renvois en fin d’article. Les tentatives pour produire des ouvrages de ce genre remontent à l’Antiquité mais il revient à l’auteur allemand Paul Scarlich d’avoir pour la première fois utilisé le mot comme titre à son ouvrage publié à Basel en 1559. Le titre, Encyclopaedia ; seu, orbis, disciplinarum, tam sacrarum quam prophanum epistemon, exprime bien la volonté de désacraliser le savoir et de le rendre accessible au plus grand nombre.
Ensuite, Diderot et Alembert avec leur Encyclopédie ou dictionnaire raisonné des sciences, des arts et des métiers, publié entre 1751 et 1772, contribueront à rendre « l’exercice encyclopédique » fameux et recherché. L’apparition de l’encyclopédie sur l’Internet est donc une évolution logique plus qu’une véritable révolution. Le savoir qui était disponible en boucle sur le support-papier devient disponible en ligne sur le support informatique, et ce par le truchement des liens hypertextes qui font office de renvois. Cliquer sur la souris remplace l’opération qui consistait à feuilleter les pages de son encyclique.
Le support électronique présente de nombreux avantages pour la diffusion des connaissances : Une énorme capacité de stockage des informations à un coût très faible. Les encyclopédies électroniques sont capables d’offrir plus d’articles que leurs équivalents papier. Elles sont libérées de la contrainte qui consistait à imprimer et relier toujours plus de volumes. Un meilleur accès aux articles. Les encyclopédies électroniques comportent des moteurs de recherche rapides et précis qui permettent de répondre efficacement et de façon détaillée à la demande du « lecteur ». Une révision et une mise à jour facilitées. Traditionnellement, la nécessité d’actualiser les informations était une grosse contrainte pour les éditeurs, particulièrement dans des domaines où les faits évoluent vite (sciences, biographies…).
Désormais, il devient possible de modifier une information sans remettre en cause la structure même de l’encyclopédie et sans avoir à la réimprimer!
L’outil multimédia, le recours à l’image, l’animation graphique, la vidéo ou encore le son concourent à désacraliser le savoir en le rendant plus séduisant et facilement abordable. L’aspect mulimédia de l’encyclopédie en ligne comporte donc des vertus pédagogiques. Via le Net, l’internaute peut accéder à une immense bibliothèque, y compris à celle des universités prestigieuses et de leurs travaux, mêmes, celles qui se trouvent à l’autre bout du monde.
C’est-à-dire que l’internaute a à sa portée plus qu’un accès aux simples encyclopédies en ligne, il a accès à une quantité impressionnante d’informations. La question peut dès lors sembler ridicule : si l’on accède à autant d’informations et de travaux, il est inutile de se demander: « Savoir es-tu là ? ». Or, selon la formule consacrée, « trop d’informations tuent l’information », de même que trop de références possibles tuent la capacité de créer et de s’arrêter pour se forger sa propre pensée. En bref, accumuler n’est pas penser.
Ainsi, lorsque l’on se saisit de l’encyclopédie pour chercher des informations sur un concept précis, il n’est pas dit que ce concept fasse à lui seul l’objet de tout un article. C’est donc à nous de le chercher transversalement dans tous les articles, « plus généraux » qui pourraient y faire allusion. Il y a donc un travail de structuration de la pensée, qui est essentiel car ce n’est pas seulement les informations se référant au concept recherché qui sont essentielles à sa compréhension, mais également le moyen qui a été mis en oeuvre pour rechercher ces informations. Par exemple : pourquoi le concept ne fait pas à lui seul l’objet d’un article ? Pourquoi puis-je le retrouver transversalement dans deux articles différents qui apparemment n’ont rien en commun entre eux ?, etc.
De ce point de vue, Internet sacrifie une étape précieuse de la pensée qui est la recherche en elle-même. Il ne s’agit plus d’un travail de pensée mais de compilation de la pensée, sans structure. Les élèves ont ainsi tous accès aux mêmes encyclopédies numériques et se livrent, croulant sous une masse d’informations, le plus souvent à un travail de couper-coller, sans capacité à traduire une réflexion personnelle sur le sujet traité. Il est à remarquer que pour peu qu’ils se tournent exclusivement vers les encyclopédies françaises en ligne, qui ne sont guère nombreuses (il y en a deux dont l’une est payante…), les travaux fournis par les élèves d’une même classe risquent de se ressembler diablement.

Source Internet :
http://www.ifrance.com/salle106/encyclo/

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