Malika ALAMI – Aujourd'hui le Maroc https://aujourdhui.ma Les articles du journal et toute l'actualité en continu Tue, 24 Jul 2018 10:33:15 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.5.3 Mise à niveau urbaine d’Agadir : Le quartier Talborjt à la recherche d’un nouveau souffle https://aujourdhui.ma/economie/mise-a-niveau-urbaine-dagadir-le-quartier-talborjt-a-la-recherche-dun-nouveau-souffle https://aujourdhui.ma/economie/mise-a-niveau-urbaine-dagadir-le-quartier-talborjt-a-la-recherche-dun-nouveau-souffle#respond Tue, 24 Jul 2018 11:00:04 +0000 https://aujourdhui.ma/?p=293462

La vision au cœur de ce travail est la création d’une zone commerciale ouverte avec une organisation des activités, un modèle de gestion qui s’apparente à ce qui existe déjà dans nos médinas. La transformation des principales artères du quartier Talborjt se poursuit. Le chantier de réhabilitation de la zone est au stade de sa ...]]>

La vision au cœur de ce travail est la création d’une zone commerciale ouverte avec une organisation des activités, un modèle de gestion qui s’apparente à ce qui existe déjà dans nos médinas.

La transformation des principales artères du quartier Talborjt se poursuit. Le chantier de réhabilitation de la zone est au stade de sa deuxième tranche et il n’est pas loin d’être achevé, assure Hind Marhfour, architecte, en charge de la conception du projet et du suivi des ouvrages.

Pour rappel, ce chantier vise le réaménagement urbain des principales artères de la zone pour un coût global de 70 millions DH dont 54 millions DH pour la deuxième tranche. Celle-ci couvre le réaménagement de toute l’avenue Président Kennedy et l’avenue du 29 Février, les abords du jardin Olhao et une partie de l’intérieur de Talborjt. Le tout avec pour objectif de redonner du souffle à cette zone commerciale qui, avec l’extension d’Agadir et l’implantation de nouvelles zones commerciales, est, quelque peu, tombée dans la crise depuis près de quinze ans. A l’initial, cette démarche de redynamisation du commerce dans ce quartier avait été entreprise sur la base d’études réalisées  dans le cadre de la coopération Souss-Massa-Iles Canaries. Des fonds européens importants dans le cadre de cette collaboration avaient été mobilisés pour ces études de développement stratégique de la zone. La vision au cœur de ce travail est la création d’une zone commerciale ouverte avec une organisation des activités, un modèle de gestion qui s’apparente à ce qui existe déjà dans nos médinas. Aussi une profonde réflexion avait été menée sur les aspects  socio-économiques et urbanistiques.

Mais ce qui devait donner un véritable élan à l’activité commerciale et s’inscrire dans un plan intégral de dynamisation socio-économique visant d’autres villes de la région telles Agadir, Inezgane et Taroudant, se limite pour l’heure à une mise à niveau urbaine de la localité sans véritable impact jusqu’à présent sur l’activité commerciale. Et pour cause faute d’une véritable communication entre conseil communal et commerçants du quartier. Mais pas seulement.

Ce chantier, qui a causé du  désagrément aux habitants et aux commerçants sans oublier les usagers de ce quartier, ne pourrait être considéré comme véritablement réussi sans une remise en ordre de l’occupation de l’espace public par les terrasses des cafés. Une occupation qui laisse par endroit peu de place à la circulation des piétons. «L’embellissement de la zone et son attractivité passent aussi par une homogénéisation des terrasses et des façades», indique l’architecte du projet, Hind Marhfour. Pour l’heure, bien que ces aspects aient été définis dans un cahier des charges élaboré par l’architecte et les équipes techniques de la commune, on ne sait quelle démarche de communication a été entreprise auprès des commerçants à ce sujet. Idem pour l’affichage qui reste encore à uniformiser comme le veut la vision du projet. Des actions restent aussi à entreprendre pour la gestion du stationnement dans la zone, la détermination des activités à autoriser dans la localité sans oublier la sécurité dans le quartier.

Le tout n’aboutira sûrement pas sans communication entre toutes les parties intervenantes et celles concernées. Pour passer d’un projet de réaménagement tout court de la zone à la mise en place d’un véritable concept de zone marchande ouverte animée et active, il est aussi indispensable que des collectivités telles que la commune urbaine et la Chambre de commerce accompagnent les acteurs économiques de la zone. Il est en effet question d’engagement de la part de tous, institutionnels comme acteurs économiques, pour assurer la vitalité de ce projet. De même, à former tous ensemble un plan d’action pour la gestion et l’animation du quartier. Le tout ne se fera pas sans la mise en place du modèle de gouvernance retenu. Pour cela, il est nécessaire d’agir en synergie. Elus locaux, administrations publiques, association professionnelle de commerçants et Chambre de commerce sont tous concernés. Qui prendra ce chantier à bras le corps après l’achèvement des travaux? Tout n’est en fait qu’une question de gouvernance, de gestion et d’organisation des commerçants. Reste plus qu’à les aider à y arriver. Il y va de la compétitivité et la rentabilité du commerce local.

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Greniers collectifs : Le Souss-Massa soigne son patrimoine culturel https://aujourdhui.ma/economie/greniers-collectifs-le-souss-massa-soigne-son-patrimoine-culturel https://aujourdhui.ma/economie/greniers-collectifs-le-souss-massa-soigne-son-patrimoine-culturel#respond Sun, 15 Jul 2018 13:44:40 +0000 https://aujourdhui.ma/?p=292801

Suite à la réalisation de plusieurs études, dont la première remonte à 2005, la reprise et la réfection des parties endommagées ont été réalisées dans les règles de l’art, eu égard au caractère vernaculaire de l’architecture de l’édifice. Dans l’arrière-pays les greniers collectifs se comptent par centaines. Ces vestiges du passé, dont les premiers remontent ...]]>

Suite à la réalisation de plusieurs études, dont la première remonte à 2005, la reprise et la réfection des parties endommagées ont été réalisées dans les règles de l’art, eu égard au caractère vernaculaire de l’architecture de l’édifice.

Dans l’arrière-pays les greniers collectifs se comptent par centaines. Ces vestiges du passé, dont les premiers remontent au XVIIe siècle environ, sont un phénomène marquant de l’anti-Atlas et une véritable niche touristique à exploiter. Plus encore, ce pourrait être de véritables leviers de développement économique intégré, d’où l’intérêt de sauvegarder ce patrimoine et de le réhabiliter. Au départ de la ville d’Agadir, plusieurs igoudars, pluriel d’agadir qui veut dire grenier en berbère, sont aisément accessibles après moins d’une heure de trajet en voiture sur des routes parfaitement bétonnées.

C’est à une quarantaine de kilomètres sur la route d’Ait Baha que se dresse l’agadir du village d’Immchguiguen. Une belle forteresse aux formes majestueuses et à la couleur ocre, qui vient de retrouver son lustre d’antan. Et ce, grâce à la collaboration de plusieurs partenaires qui ont travaillé dans une démarche participative pour sa restauration et sa valorisation, dans le cadre de la stratégie culturelle du Conseil régional du Souss-Massa. Vendredi dernier, c’était l’occasion de voir de visu le fruit de cette synergie. Une délégation d’institutionnels, avec à sa tête le wali de la région du Souss-Massa Ahmed Hajji, accompagné de Brahim Hafidi, président du conseil régional du Souss-Massa, ainsi que de Jamal Khallouq, gouverneur de la province de Chtouka Ait Baha, a fait le déplacement pour visiter l’agadir restauré.

Si les travaux de restauration ont nécessité huit mois, la réalisation de ce projet est un processus de plusieurs années. «Il a fallu beaucoup de patience et de passion pour faire aboutir ce dossier», lance Said Dor, parlementaire de la province de Chtouka Ait Baha. Tout a commencé en 2004 par l’intérêt porté par les femmes architectes du Sud (ASAS, association solidaire des architectes du Sud) à la restauration des Igoudars de l’arrière-pays qui en ont fait une de leurs priorités. Pour le suivi et la conception du projet, c’est l’architecte Samira Saoudi qui a pris en charge le chantier bénévolement. Une véritable volonté politique a permis par ailleurs l’aboutissement du dossier. Le projet a bénéficié du lobbying du parlementaire Saïd Dor, le soutien du Conseil régional du Souss-Massa et l’accompagnement de la délégation régionale de la culture et des élus de la commune rurale Aït M’zal, sans oublier l’Agence de développement des zones oasiennes et de l’arganier (Andzoa).

La dynamique enclenchée sur les lieux a encouragé la mise en activité du foyer féminin implanté sur le site. Un centre longtemps fermé qui aujourd’hui réunit de nombreuses bénéficiaires à travers plusieurs ateliers.

La restauration du monument est achevée. Ces travaux ont nécessité un investissement de 1,3 million DH entièrement financé par le Conseil régional du Souss-Massa.

Suite à la réalisation de plusieurs études, dont la première remonte à 2005, la reprise et la réfection des parties endommagées ont été réalisées dans les règles de l’art, eu égard au caractère vernaculaire de l’architecture de l’édifice. C’est à une entreprise de la région de Khénifra réunissant des maalems maîtrisant les techniques de la maçonnerie en pierre qu’a été confiée la réalisation des travaux. «Les Igoudars sont un patrimoine exceptionnel. La rénovation de cet héritage d’une valeur inestimable doit donc se faire conformément aux savoir-faire ancestraux», souligne Samira Saoudi. Toutes les parties nécessitant des travaux de restauration ont ainsi été reprises à l’identique, de manière à préserver l’image et l’identité du grenier collectif.

Après ces travaux de rénovation suivront maintenant la construction et l’aménagement des espaces attenant à l’agadir. C’est une deuxième tranche de ce dossier qui nécessitera une enveloppe de 3 millions DH financée par l’Andzoa.  Il s’agit, entre autres, d’aménager une zone d’accueil touristique, une muraille de protection et un parking pour les autocars touristiques. Au programme également la mise en place d’espaces verts à travers la plantation d’arganiers et d’oliviers. «Il est question à travers cet investissement de promouvoir le développement intégré de la localité, dynamiser son activité économique et touristique et appuyer l’échange culturel intrarégional et extrarégional», indique Latifa Yaakoubi, directrice de l’arganier à l’Andzoa.

La dynamique enclenchée sur les lieux a encouragé la mise en activité du foyer féminin implanté sur le site. Un centre longtemps fermé qui aujourd’hui réunit de nombreuses bénéficiaires à travers plusieurs ateliers. Les adhérentes de cet établissement pourraient par la suite être impliquées dans la gestion de l’agadir. Reste aujourd’hui à réfléchir à la formule idoine de gestion. A noter que l’opération de restauration de l’agadir d’Immchguiguen s’inscrit dans le cadre d’une vision de préservation et de mise en valeur du patrimoine culturel et de la diversification de l’offre touristique dans l’arrière-pays. Une stratégie initiée par le Conseil régional du Souss-Massa. La démarche a permis déjà en 2014 la restauration de trois greniers collectifs dans la province de Chtouka Ait Baha. Il s’agit des greniers d’Ikonka, et ceux d’Ouidoulhan et d’Imhilline. Des opérations financées par le Conseil régional et suivies par la délégation régionale de la culture.

La restauration du grenier d’Immchguiguen se distingue aujourd’hui par une démarche participative qui a associé élus locaux, institutionnels et société civile. Elle se caractérise également par une mise en valeur des savoir-faire ancestraux de bâtir pour une reprise à l’identique de l’héritage culturel du passé. Reste aujourd’hui à tirer profit de cette expérience avant de poursuivre la réhabilitation d’autres vestiges du patrimoine culturel de la région. A ce sujet, Brahim Hafidi, a exhorté l’ensemble des parties prenantes à ce processus à se réunir dans le cadre d’une journée d’étude pour le partage d’expériences.

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Conférence de Montréal du Forum économique des Amériques : Les universités confrontées aux incertitudes de la mondialisation https://aujourdhui.ma/economie/conference-de-montreal-du-forum-economique-des-ameriques-les-universites-confrontees-aux-incertitudes-de-la-mondialisation https://aujourdhui.ma/economie/conference-de-montreal-du-forum-economique-des-ameriques-les-universites-confrontees-aux-incertitudes-de-la-mondialisation#respond Wed, 27 Jun 2018 13:00:17 +0000 https://aujourdhui.ma/?p=291590

Dans un environnement mondial qui évolue à toute vitesse, difficile pour ces établissements encore largement traditionnels dans leur mode d’enseignement, d’anticiper sur le long terme, surtout que beaucoup d’observateurs montrent du doigt l’absence de véritables structures de recherche. Retour du protectionnisme, remise en cause d’accords de libre échange… l’économie mondiale fait face à une période ...]]>

Dans un environnement mondial qui évolue à toute vitesse, difficile pour ces établissements encore largement traditionnels dans leur mode d’enseignement, d’anticiper sur le long terme, surtout que beaucoup d’observateurs montrent du doigt l’absence de véritables structures de recherche.

Retour du protectionnisme, remise en cause d’accords de libre échange… l’économie mondiale fait face à une période de grandes incertitudes. A ce contexte mondial perturbé, les établissements d’enseignement supérieur n’échappent pas. Ils sont même doublement confrontés aux incertitudes de la mondialisation, diront les participants à un panel organisé par l’Agence universitaire de la francophonie (AUF). C’était tout dernièrement, lors  de la conférence de Montréal de l’édition 2018 du Forum économique des Amériques.

Les universités sont, de fait, véritablement touchées à plusieurs niveaux par les incertitudes de la mondialisation. D’une part, à travers la transformation de leur écosystème, d’autre part, par la perte partielle du monopole de transmission du savoir sous l’effet de la digitalisation et le développement d’activités de production du savoir.

En effet, l’enseignement supérieur et la recherche sont fortement bousculés depuis des années par plusieurs phénomènes. La demande croissante pour l’enseignement supérieur, particulièrement explosive dans les pays du Sud, ainsi que la nécessité de faire évoluer le niveau de qualification dans les entreprises en sont quelques-uns. Il y a aussi l’émergence d’un marché international de l’enseignement et de la recherche qui n’existait pas il y a 30 ans et au sens duquel l’excellence académique ne sera plus le seul critère de classement des universités, ont souligné les intervenants à la rencontre. La qualité de la gouvernance, l’accès à l’emploi, la contribution aux grands enjeux sociétaux sont désormais autant d’éléments sur lesquels les universités sont aujourd’hui évaluées.

Dans un environnement mondial qui évolue à toute vitesse, difficile pour ces établissements encore largement traditionnels dans leur mode d’enseignement d’anticiper sur le long terme, surtout que beaucoup d’observateurs montrent du doigt l’absence de véritables structures de recherche.

Comment valoriser au mieux le potentiel scientifique des universités dans ce contexte particulier d’incertitudes mondiales et éviter son effritement ? Pas aisé d’assumer pleinement ces nouveaux défis que sont la qualité de l’enseignement, l’employabilité et le rôle sociétal. Monica Jiman, dirigeante de Pentalog Software Factory, entreprise implantée en Europe de l’Est, met en exergue la nécessité du renforcement de l’enseignement des nouvelles technologies. «Plus de 50% des emplois aujourd’hui nécessitent des compétences technologiques. L’utilisation de la technologie accélère la croissance et l’innovation entraîne des avantages durables», soutient-elle. L’intervenante souligne aussi que l’enseignement est désormais un processus continu car dans les dix prochaines années 60 à 70% des métiers actuels pourraient disparaître.

D’où l’intérêt d’adopter les méthodologies d’enseignement et les programmes aux nouvelles exigences du marché du travail. Un marché dans lequel les employeurs n’arrivent pas à trouver les compétences nécessaires au développement de leur entreprise, alors qu’à travers le monde plus de 71 millions de jeunes sont au chômage. D’où l’importance de multiplier de nouveaux programmes et des formations plus courtes et modulaires. A cet effet, «il est indispensable de renforcer la collaboration entre universités et entreprises pour un meilleur produit employable», indique Pierre-Marie Boisson, PDG de Solidarité (Sogesol) à Haïti.

De son côté, Anne Gaboury, PDG de développement international Desjardins, met l’accent sur la qualité d’agilité dont  doivent désormais disposer les universités. Si le sentiment d’urgence est variable d’un pays à un autre, il est indispensable que les diplômés, quel que soit leur lieu, jouissent de compétences transversales dont visiblement la liste ne cesse de s’allonger. D’où la nécessité pour les établissements d’innover pour mieux équiper leurs étudiants.

Même si l’environnement universitaire se mondialise, il semble également nécessaire de penser local.

Les établissements universitaires sont aussi le reflet de la société dans laquelle ils sont implantés respectivement et doivent donc répondre à des besoins locaux du marché.

Dans ce contexte on pourrait reprendre la célèbre phrase du sociologue français Jacques Ellul, «Penser globalement mais agir localement». En matière de formation, il apparaît aussi indispensable de penser global mais de rester connecté avec l’environnement de proximité pour contribuer aux enjeux des sociétés dans lesquelles les universités évoluent.

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Conférence de Montréal du Forum économique des Amériques : Le Québec veut attirer les talents https://aujourdhui.ma/monde/conference-de-montreal-du-forum-economique-des-ameriques-le-quebec-veut-attirer-les-talents https://aujourdhui.ma/monde/conference-de-montreal-du-forum-economique-des-ameriques-le-quebec-veut-attirer-les-talents#respond Thu, 21 Jun 2018 20:19:40 +0000 https://aujourdhui.ma/?p=291232

Aujourd’hui le ministère de tutelle reconnait à l’immigration le rôle de pilier fondamental dans le développement économique du Québec et veut en être le moteur. En effet, le département en question annonce une série de mesures accompagnées d’un budget global de 200 millions de dollars canadiens pour l’intégration économique des immigrants. Dans un environnement international ...]]>

Aujourd’hui le ministère de tutelle reconnait à l’immigration le rôle de pilier fondamental dans le développement économique du Québec et veut en être le moteur. En effet, le département en question annonce une série de mesures accompagnées d’un budget global de 200 millions de dollars canadiens pour l’intégration économique des immigrants.

Dans un environnement international marqué par une mobilité croissante de la main-d’œuvre, la concurrence pour attirer et retenir les talents est de plus en plus forte à travers le monde. Comment se démarquer? Comment les acteurs publics et privés doivent-ils agir pour faire face à la concurrence ? Quels changements apporter aux politiques migratoires pour assurer l’attraction et la rétention de la main-d’œuvre immigrante ? Autant de questions qui étaient au cœur du débat la semaine dernière lors d’un panel de la conférence de Montréal de l’édition 2018 du Forum économique des Amériques. C’était l’occasion pour le ministre de l’Immigration, de la diversité et de l’inclusion, au Québec, David Heurtel, de rappeler à l’assistance l’offre importante d’emplois au Québec de 1,3 million de postes sur les dix prochaines années.
Un grand besoin donc en ressources humaines dans une situation actuelle dite de quasi plein emploi et un taux de chômage global qui avoisine les 2%. Une conjoncture pas vue au Québec depuis plus de 40 ans, soutient le ministre. Et ce paradoxalement aux difficultés d’intégration professionnelle des immigrants avec des taux de chômage très forts dans certaines communautés.

A ce sujet et faisant allusion à la pénurie de main-d’œuvre qui marque beaucoup de régions du Québec, Danièle Henkel, PDG du Groupe éponyme, souligne : «Ou les immigrants ne sont pas aux bonnes places ou il faut aller les chercher à la descente de l’avion». La manne de l’immigration est en effet une des solutions envisagées pour répondre à la demande des entreprises en ressources humaines. De l’avis du ministre cela devrait couvrir 20% des besoins en main-d’œuvre dans les dix prochaines années.
Pour ce faire, le département ministériel de l’immigration adopte une série de mesures et changements dans sa façon de faire. Sa vocation économique est principalement mise en avant. Une approche nouvelle depuis octobre dernier qui se démarque par rapport à la démarche sociale qui présidait au département de l’immigration québécois depuis 1968. Aujourd’hui le ministère reconnait à l’immigration le rôle de pilier fondamental dans le développement économique du Québec et veut en être le moteur. «Nous avons décidé de revoir de fond en comble notre stratégie d’encadrement de l’immigration», indique David Heurtel.
En effet, le département en question annonce une série de mesures accompagnées d’un budget global de 200 millions de dollars canadiens pour l’intégration économique des immigrants.

Dans ce cadre, le ministère de l’immigration dit travailler en synergie avec les entreprises et les groupes communautaires. Dans ce contexte, des programmes précis de recrutement ont été élaborés dans lesquels des dizaines de millions de dollars canadiens sont investis, précise le ministre. L’intervenant a de même indiqué que des hubs d’intégration ont été créés. Autre nouveauté qui devrait rentrer en vigueur cet été, c’est le système de déclaration d’intérêt. Ce dispositif, qui devrait réduire de 3 ans à moins d’un an les délais de traitement des demandes de résidence permanente en vertu du programme régulier des travailleurs qualifiés, permettra de constituer une banque de candidatures. Un bassin dans lequel la province pourra piocher en fonction de ses besoins. Il est question ainsi de favoriser le maillage entre entreprises et les compétences issues de l’immigration. Pour l’heure, malgré le flux d’immigrants, l’offre d’emplois est loin d’être en adéquation avec la demande dans ce cercle, ce qui favorise peu la rétention des compétences issues de ce milieu. Comment rapprocher les attentes des entreprises et celles des compétences issues de l’immigration? Il reste à ce niveau, au-delà du changement des lois, d’endiguer les préjugés et évaluer le candidat issu de l’immigration uniquement à travers ses compétences, souligne Danièle Henkel. «La différence devrait nous rassembler et non pas nous séparer», ajoute-t-elle.

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Intégration des immigrants : Les Africains du Canada tentent de se regrouper https://aujourdhui.ma/monde/integration-des-immigrants-les-africains-du-canada-tentent-de-se-regrouper https://aujourdhui.ma/monde/integration-des-immigrants-les-africains-du-canada-tentent-de-se-regrouper#respond Tue, 12 Jun 2018 16:00:40 +0000 https://aujourdhui.ma/?p=290642

Les Africains du Canada, quel que soit leur pays d’origine, ont beaucoup en commun en termes de préoccupations dans le pays d’accueil. Ils vivent tous les mêmes difficultés d’intégration. Alors que dans les milieux politiques, le projet de test des valeurs  de la Coalition Avenir Québec focalise encore le débat et maintient la polémique, l’heure ...]]>

Les Africains du Canada, quel que soit leur pays d’origine, ont beaucoup en commun en termes de préoccupations dans le pays d’accueil. Ils vivent tous les mêmes difficultés d’intégration.

Alors que dans les milieux politiques, le projet de test des valeurs  de la Coalition Avenir Québec focalise encore le débat et maintient la polémique, l’heure est au regroupement et à la mobilisation dans les communautés immigrantes. C’est du moins ce que tentent de faire les Africains du Canada à travers la Fédération des Africains du Canada (FAC). Créée il y a trois ans, l’ONG mise sur le potentiel de la communauté africaine au Canada qui réunit plus de 250.000 membres. Mais encore faut-il rassembler tout ce monde, car contrairement à d’autres communautés, celle des Africains est marquée par un phénomène d’atomisation à travers le Canada.

Les Africains du Canada, quel que soit leur pays d’origine, ont néanmoins beaucoup en commun en termes de préoccupations dans le pays d’accueil. Ils vivent tous les mêmes difficultés d’intégration. Le sujet était justement au cœur d’une rencontre de la FAC il y a quelques jours en plein cœur de Montréal au Centre Afrika. C’était l’occasion de débattre encore une fois de la problématique de l’intégration professionnelle à laquelle n’échappe aucun immigrant. Ils ont ainsi rappelé la sous-représentation des minorités visibles dans le secteur public du Québec et souligné l’intérêt de  l’instauration de quotas à l’embauche pour endiguer le problème. Ceci de façon à ce que la proportion des minorités visibles dans la fonction publique soit représentative de la population.

Les participants ont également mis en exergue la faiblesse de l’indice de diversité en politique dans le pays d’accueil. Très rares en effet les Africains qui tentent l’expérience en la matière. A cela plusieurs raisons. De l’avis d’un participant à la rencontre, les immigrants confrontés aux difficultés d’intégration économique ont peu de temps pour la politique. Mais c’est bien connu, qui ne fait pas de politique la subit. Ceux qui tentent l’expérience, en adhérant à un parti local avec pour beaucoup d’entre eux l’espoir de trouver à travers ce canal une meilleure intégration, voire des opportunités de carrière, ont peu de chances d’être investis par leur formation politique. «Preuve en est la faiblesse de l’indice de la diversité africaine dans les partis», soutient un intervenant chiffres à l’appui.

«Au niveau du Québec le nombre d’élus d’origine africaine varie entre 0 à 2 d’un parti à un autre», poursuit le participant à la rencontre. Il reste dans ce contexte difficile de parler d’une  voix  forte  pour  la  défense  des  droits  des Canadiens  et  résidents  canadiens  d’origine  africaine. Pour se positionner en interlocuteur de poids et défendre les intérêts de la communauté africaine dans le cadre des grands enjeux, il est certainement important de travailler auparavant sur la représentativité au sein de la FAC et multiplier les antennes à travers le Canada. Un travail de terrain et de communication permettra assurément une meilleure synergie au sein de cette communauté.

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Emploi : Le Québec peine encore à intégrer ses immigrants https://aujourdhui.ma/emploi/emploi-le-quebec-peine-encore-a-integrer-ses-immigrants https://aujourdhui.ma/emploi/emploi-le-quebec-peine-encore-a-integrer-ses-immigrants#respond Sat, 26 May 2018 18:40:21 +0000 https://aujourdhui.ma/?p=289517

C’est à Montréal que l’écart entre le taux de chômage de la population dite «native» et immigrante est le plus élevé. Et ce n’est pas parce que les immigrants qui y habitent sont moins scolarisés que l’ensemble de la population «37% des Marocains sont tentés par le travail au Canada», c’est ce que révèle la ...]]>

C’est à Montréal que l’écart entre le taux de chômage de la population dite «native» et immigrante est le plus élevé. Et ce n’est pas parce que les immigrants qui y habitent sont moins scolarisés que l’ensemble de la population

«37% des Marocains sont tentés par le travail au Canada», c’est ce que révèle la dernière enquête de RecKrute.com, sur «la migration des talents marocains». Quand on connaît les réalités du marché de l’emploi et le taux de chômage dans les communautés immigrantes au Canada, on ne peut que dire que les prétendants marocains à l’immigration ne sont visiblement pas ou peu au fait des problèmes d’intégration économique que vivent les Marocains du Canada. Montréal où préfèrent s’installer plus de 90% des immigrants marocains est notamment marquée par ce phénomène. Le taux de chômage des immigrants détenant un diplôme étranger est estimé à près de 12,5%, alors qu’il est de près de 7% pour ceux titulaires d’un diplôme canadien. Le taux de chômage des nouveaux arrivants serait même de 27% et bien qu’ils débarquent dans le pays d’accueil bardés de diplômes. C’est de fait dans la métropole que l’écart entre le taux de chômage de la population dite «native» et immigrante est le plus élevé. Et ce n’est pas parce que les immigrants qui habitent à Montréal sont moins scolarisés que l’ensemble de la population, bien au contraire. Le taux de diplômation universitaire des immigrants montréalais était, en 2015, de 33 %, contre 24% pour ceux qui sont nés au pays, a révélé une étude de l’Institut du Québec.

De plus, quand ils décrochent un emploi, près de 63% d’entre eux sont surqualifiés pour le poste qu’ils occupent. Un taux similaire recensé à Vancouver et bien plus supérieur à Toronto. Les causes de cette situation de mal-emploi des immigrés sont plurielles, de l’avis d’experts. Eternel problème de reconnaissance des compétences, discrimination à l’embauche sans oublier le manque de réseautage et d’absence de références locales, les freins à l’intégration des immigrants sont très nombreux. Ceux qui tentent un retour aux études se retrouvent confrontés par la suite au manque d’expérience canadienne. Il reste alors l’option de ne pas avoir peur de commencer au bas de l’échelle.

Paradoxalement à cette situation, le principal bassin de travailleurs potentiels -les personnes âgées de 25 à 54 ans- a baissé de 10 % à Montréal depuis 2006. Les régions sont aussi en grand besoin de main-d’œuvre. Dans ce sens, la pénurie dans ces localités force notamment le Québec à revoir ses priorités. Au même moment, des entreprises en région font des campagnes de séduction pour attirer les immigrants, car entre les travailleurs qui prennent leurs retraites et ceux qui sont débauchés, beaucoup d’usines n’arrivent pas à faire face à leur carnet de commandes dans les délais. Une situation qui porte atteinte à la croissance de nombreuses entreprises. Mais difficile de drainer de la main-d’œuvre en région.

Comment mettre en adéquation demande et offre d’emploi ? Après l’attentat commis au Centre culturel islamique de Québec, il y a plus d’une année, le gouvernement québécois avait annoncé qu’il prioriserait l’étude d’un projet de loi pour faciliter l’intégration des immigrants et qu’ils puissent profiter des mêmes occasions en matière d’emplois que l’ensemble de la population. A ce sujet, l’Institut du Québec émet plusieurs recommandations à ce sujet. Il s’agit de l’interdiction aux employeurs de réclamer d’un immigrant qu’il ait une expérience de travail canadienne sans raison spécifique. L’Institut en question réclame également, entre autres, que les ordres professionnels soient tenus d’offrir aux immigrants des formations d’appoint de courte durée, en collaboration avec des établissements postsecondaires, dans un délai de moins d’un an après la réception d’une demande.

Mais arrivera-t-on à changer la donne ? Il y aura 1,3 million d’emplois à combler au Québec d’ici les prochaines années et l’immigration va nécessairement faire partie de la solution. Mais encore faut-il que les immigrants aient les moyens de véritablement s’intégrer dans leur communauté d’accueil et pour cela il faut que les entreprises canadiennes fassent plus d’efforts pour assurer leur intégration professionnelle et sociale. Cela passe par une élimination de toutes les barrières à la pleine participation des Canadiens de toutes origines au marché de l’emploi. Cela ne se fera pas ainsi sans une valorisation des différences, sans compter qu’il faut endiguer les préjugés. A cela des mesures concrètes sont encore attendues par tous.

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Montréal : Le Centre culturel Dar Al Maghrib lance son premier salon du livre https://aujourdhui.ma/culture/livre/montreal-le-centre-culturel-dar-al-maghrib-lance-son-premier-salon-du-livre https://aujourdhui.ma/culture/livre/montreal-le-centre-culturel-dar-al-maghrib-lance-son-premier-salon-du-livre#respond Thu, 26 Apr 2018 11:21:32 +0000 https://aujourdhui.ma/?p=287363

La littérature marocaine continue à faire l’actualité au Québec. Après une participation très active au Salon international du livre de Québec, le Centre culturel marocain Dar Al Maghrib à Montréal initie sa première édition salon du livre. Sous le slogan, ‘’La culture plurielle au service du vivre ensemble’’, la manifestation qui a démarré le 17 ...]]>

La littérature marocaine continue à faire l’actualité au Québec. Après une participation très active au Salon international du livre de Québec, le Centre culturel marocain Dar Al Maghrib à Montréal initie sa première édition salon du livre.

Sous le slogan, ‘’La culture plurielle au service du vivre ensemble’’, la manifestation qui a démarré le 17 avril se clôture ce 28 avril 2018. Organisé en partenariat avec le Ministère de la Culture et de la Communication du Maroc, l’Union Professionnelle des Éditeurs du Maroc et l’organisme québécois E-Passerelle, ce salon se veut une occasion annuelle pour promouvoir au Canada la littérature marocaine. Il s’agit aussi de rendre hommage à la création littéraire des Marocains vivant au Canada. Ce sont ainsi 1000 titres d’auteurs marocains vivant au Maroc et au Canada qui sont exposés au public. L’évènement est également marqué par la présence d’écrivains et chercheurs invités du Maroc. Il s’agit de Driss Jaydane, Fatiha Morchid, Moha Ennaji, Soumaya Naâmane-Guessous, Abdelhak Azzouzi et Moujahid Houssein, et Abdelkader Retnani. Au rendez-vous également, des écrivains marocains du Canada. Parmi eux, Rachida Azdouz, Kamel Benkirane, Yvette Shmitt Benhayoun et bien d’autres auteurs de talent.

Depuis son coup d’envoi, ce salon abrite chaque jour des tables rondes et des conférences autour de questions de culture et de vivre ensemble. C’est ainsi que la richesse et la diversité de la culture immatérielle du Maroc dans sa composante amazighe était au cœur d’une conférence au Centre culturel Dar Al Maghrib. Le secrétaire général de l’Institut Royal de la culture amazighe (IRCAM), El Houssain El Moujahid, a souligné à cette occasion, l’influence de la culture amazighe sur les différentes formes d’expression culturelles et artistiques marocaines. Au sujet de l’art musical, les chants et la chorégraphie des danses collectives, notamment, il a indiqué qu’une grande variété de mélodies, de sonorités, de rythmes, de chorégraphies et de chants amazighs constituent le socle du patrimoine immatériel vivant. L’intervenant a également souligné ‘’la nécessité de revoir les politiques culturelles pour une meilleure revalorisation de l’ensemble de la culture matérielle et immatérielle marocaine’’.

Cette première édition du salon du livre du Centre culturel marocain Dar Al Maghrib a été aussi l’occasion de présenter des ouvrages nouvellement parus. C’est dans ce contexte que l’ouvrage collectif « Ce qui nous somme », un plaidoyer solennel d’une trentaine d’intellectuels marocains pour l’arrêt des amalgames sur l’Islam, a été présenté. Paru aux Editions « La Croisée des chemins », ce livre, présenté par son éditeur Abdelkader Retnani, également président de l’Union professionnelle des éditeurs du Maroc, et Driss Jaydane, écrivain et essayiste marocain et l’un de ses co-auteurs, réunit les réflexions d’une trentaine d’auteurs sur le phénomène du terrorisme, suite aux attentats du 7 janvier et à la manifestation du 11 janvier 2015 à Paris. A travers ce cri du cœur, les co-auteurs de l’ouvrage unissent leur voix pour plaider l’arrêt de toute forme d’extrémisme, de fanatisme et tout amalgame envers la religion musulmane, a indiqué Abdelkader Retnani.

Contre l’obscurantisme, l’amalgame et la montée de la xénophobie, la culture est un excellent antidote. C’est justement un autre thème qui a été débattu lors de ce Salon avec la participation d’une pléiade d’intervenants. Les participants ont mis en exergue le rôle fondamental de la culture en tant que vecteur de diffusion des valeurs de tolérance et de dialogue. Ils ont également souligné l’intérêt de mieux encadrer culturellement les nouvelles générations pour le respect des principes fondamentaux de l’Humanité et les pousser à la réflexion en leur évitant tout endoctrinement. D’où l’intérêt de veiller à de bonnes politiques d’éducation pour prévenir l’obscurantisme et la xénophobie. C’est aussi à travers le dialogue interculturel que ces phénomènes pourraient être endigués, ont souligné les conférenciers.

C’est par un gala en hommage à la créativité littéraire des marocains du Canada, que se clôturera ce samedi 28 avril cette première édition du Salon du livre du Centre culturel marocain Dar Al Maghrib à Montréal. Sous le thème «Les compétences littéraires marocaines au Canada; Moteur du développement, de compréhension et de promotion des valeurs de tolérance et de dialogue», cette soirée sera un moment fort du Salon, lors de laquelle hommage sera rendu à une vingtaine de femmes et hommes de lettres maroco-canadiens.

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Agadir : 160 millions DH pour transformer Souk Al Had https://aujourdhui.ma/economie/agadir-160-millions-dh-pour-transformer-souk-al-had https://aujourdhui.ma/economie/agadir-160-millions-dh-pour-transformer-souk-al-had#comments Sun, 22 Apr 2018 13:55:15 +0000 https://aujourdhui.ma/?p=286849

Le Souk constitue le poumon économique de toute une région avec une portée nationale et internationale. Cependant avec l’évolution de son activité, ses extensions et malgré ses nombreux réaménagements, il continue à poser de sérieux problèmes de sécurité, de salubrité et d’organisation. Plus de 50.000 visiteurs par jour, le grand souk d’Agadir, connu communément sous ...]]>

Le Souk constitue le poumon économique de toute une région avec une portée nationale et internationale. Cependant avec l’évolution de son activité, ses extensions et malgré ses nombreux réaménagements, il continue à poser de sérieux problèmes de sécurité, de salubrité et d’organisation.

Plus de 50.000 visiteurs par jour, le grand souk d’Agadir, connu communément sous l’appellation «Souk Al Had», est le passage obligé de tous les habitants de la région Souss-Massa comme de tous ses visiteurs en raison de son offre commerciale. Avec ses 11 hectares de superficie, c’est même le plus grand souk du Royaume et d’Afrique, avec une renommée qui dépasse nos frontières. Il  constitue, en effet, le poumon économique de toute une région avec une portée nationale et internationale. Cependant avec l’évolution de son activité, ses extensions et malgré ses nombreux réaménagements, il continue à poser de sérieux problèmes de sécurité, de salubrité et d’organisation. C’est ce qui justifie aujourd’hui un nouveau projet de réaménagement et de réhabilitation du complexe. L’intérêt économique, social et culturel sans oublier l’aspect historique expliquent également la réalisation de ce chantier. «Il s’agit de restructurer ce lieu de convergence humaine, de contribuer à l’attractivité quotidienne de la ville et de développer un pôle urbain de référence avec une meilleure accessibilité et un environnement culturel et paysager de qualité», est-il précisé dans un document de présentation du projet.

C’est, en fait, une opération d’envergure qui bénéficie de la synergie de plusieurs partenaires pour son exécution. Le coût global du projet est de 160 millions DH, dont 20 millions DH financés par le ministère de l’aménagement du territoire national, de l’urbanisme, de l’habitat et de la politique de la ville et 40 millions DH par le Conseil régional Souss-Massa. Dans ce budget global les contributions de la commune d’Agadir et la société Al Omrane Souss-Massa s’élèveront respectivement à 60 millions DH et 40 millions DH. Au-delà de cet investissement, ce chantier bénéficie d’une implication toute particulière à toutes les étapes et d’un suivi au continu de Ahmed Hajji, le wali de la région Souss-Massa. L’ensemble de ces partenaires exprime à travers cet investissement son intérêt pour l’efficience de cet édifice public dont le premier bénéficiaire est le citoyen de la ville. 

Confié pour sa conception et son suivi aux architectes Samira Saoudi et Ali Irizi, ce dossier a tout d’abord fait l’objet d’un profond diagnostic et état des lieux pour identifier les dysfonctionnements. La démarche a permis de mettre en exergue la situation géographique stratégique de l’infrastructure dans la ville et plus globalement dans la région ainsi que l’importance de son caractère socio-économique et culturel dans son environnement. C’est ainsi qu’ont été identifiés les grands axes de ce projet de réaménagement du complexe.

Les travaux au programme visent à remettre à niveau les infrastructures de base. Il s’agit aussi de restructurer et réorganiser les espaces commerciaux ainsi que reconstruire la mosquée implantée dans le site. Le tout se fait sur la base d’une charte architecturale dédiée au projet à travers laquelle sera mis en valeur le patrimoine architectural du Sud avec l’utilisation des matériaux de la région et les techniques d’aménagements locales.

Ce projet s’inscrit aussi dans une démarche de développement durable. Il est question, en effet à ce niveau de mettre en place une gestion environnementale des déchets générés par le souk à travers le tri, la collecte et le recyclage. En outre, il est prévu d’implanter des panneaux photovoltaïques de manière à assurer l’autonomie énergétique du complexe et permettre une économie d’échelle en matière de consommation énergétique. A ce sujet, ce sont 32.000 m² de terrasses qui seront utilisés pour le système photovoltaïque.   

Dans ce chantier de taille, le cœur de la mise à niveau reste cependant la modernisation de la zone alimentation du souk. Sur la base d’une étude réalisée par le cabinet Mazars pour le compte de la Fédération interprofessionnelle du secteur avicole et en concertation avec l’ONSSA Agadir (Office national de sécurité sanitaire des produits alimentaires), le choix a été porté sur la mise en place d’un modèle d’unité d’abattage de proximité de volaille pour le consommateur. Un concept novateur et une alternative intéressante pour les commerçants de volailles en circuits-courts dans le respect d’hygiène sanitaire. Ce modèle d’unité d’abattage est composé de cinq espaces allant de la réception à l’emballage et la livraison, en passant par la saignée, la plumaison, le nettoyage et le séchage, sans oublier le stockage des volailles vivantes.

Les unités de restauration de poissons et la zone boucherie et oliveries feront aussi l’objet d’une mise à niveau et d’une réorganisation. Pour l’espace de restauration de poissons, le concept retenu est le food-court composé d’unités en open space équipées de comptoirs vitres réfrigérés. «Le principe retenu est celui d’une halle populaire qui sera une belle vitrine pour la gastronomie marocaine», explique l’architecte Samira Saoudi.

Pour l’heure, les travaux qui ont démarré en octobre dernier avancent bien. Les premiers ouvrages ont concerné les volets sécurité-incendie, sanitaires et la première partie des travaux relatifs aux portails, aujourd’hui réalisés respectivement à 45%. Actuellement, au programme, le lancement entre autres des gros œuvres de la deuxième tranche. Il est question de la réalisation des faux plafonds traditionnels pour les ruelles. Il s’agit aussi de la réhabilitation de la muraille qui avec ses 1.025 mètres de long et ses six mètres de haut s’élève comme une enceinte de médina et constitue un véritable hommage à nos murailles historiques.

L’ensemble des travaux devrait être finalisé dans deux ans avec des retombées certaines en termes de préservation de ce patrimoine architectural qui a une valeur symbolique dans la mémoire de tous les citoyens d’Agadir. La mise à niveau de toutes les composantes du complexe commercial devrait aussi donner un véritable élan à l’activité économique des lieux avec un fort impact sur la création d’emplois. Pour le moment, le grand souk d’Agadir compte 3.000 points de vente et génère 10.000 emplois. Il ne faut pas oublier enfin son rôle de vitrine et d’attraction touristique dans la destination. Avec le projet de mise à niveau, c’est un nouveau cœur de vie qui sera développé dans la station balnéaire offrant un lieu d’animation pour le visiteur comme pour le citoyen d’Agadir. 

L’histoire d’une évolution 

Souk Al Had a depuis toujours fait partie du paysage de la ville d’Agadir dans différents emplacements. Le premier souk de la cité remonte à bien avant 1920 et était implanté dans le quartier Founti. De 1927 à 1945, un marché baptisé souk Bougam se tenait le dimanche et le mercredi en front de mer. Mais on raconte que le véritable lieu d’approvisionnement des habitants de la région était le souk Ksima à Inezgane. En 1947, c’est dans le vieux quartier Talborjt de l’ancien Agadir que se tenait le souk. Il faut attendre 1974 pour le voir s’implanter dans le quartier industriel derrière les abattoirs de la ville. A l’époque c’était un souk hebdomadaire qui ne se déroulait que les fins de semaine en plein air avec pour seuls abris des tentes artisanales. Son aménagement en dur au fil des ans s’inscrit dans le cadre de la reconstruction d’Agadir. Le nouveau visage de Souk Al Had et de son environnement permettront de réconcilier le citoyen d’Agadir avec son patrimoine culturel perdu lors du tremblement de terre de 1960. Une fois mis à niveau, souk Al Had sera assurément une belle contribution à l’urbanisme de la ville que tout habitant d’Agadir pourra s’approprier avec fierté. 

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L’édition 2018 se clôturera le 15 avril : Le Maroc en force au Salon international du livre de Québec https://aujourdhui.ma/culture/livre/ledition-2018-se-cloturera-le-15-avril-le-maroc-en-force-au-salon-international-du-livre-de-quebec https://aujourdhui.ma/culture/livre/ledition-2018-se-cloturera-le-15-avril-le-maroc-en-force-au-salon-international-du-livre-de-quebec#respond Wed, 11 Apr 2018 20:50:34 +0000 https://aujourdhui.ma/?p=286134

Ce sont 2.000 titres avec un nombre total de plus de 3.500 exemplaires, édités par diverses sources, dont 9 maisons d’édition, qui seront exposés lors de cette manifestation culturelle d’envergure. La production littéraire marocaine sera dès ce mercredi 11 avril sous le feu des projecteurs au Salon international du livre de Québec (SILQ). Le Maroc ...]]>

Ce sont 2.000 titres avec un nombre total de plus de 3.500 exemplaires, édités par diverses sources, dont 9 maisons d’édition, qui seront exposés lors de cette manifestation culturelle d’envergure.

La production littéraire marocaine sera dès ce mercredi 11 avril sous le feu des projecteurs au Salon international du livre de Québec (SILQ). Le Maroc est l’invité d’honneur de cette édition 2018 qui se clôturera le 15 avril. La participation à l’événement est menée par le ministère marocain de la culture en partenariat avec le Centre culturel marocain Dar Al Maghrib au Canada et le Conseil de la communauté marocaine à l’étranger. «La présence du Maroc, en tant qu’invité d’honneur, au Salon international du livre de Québec, concrétise le dialogue, autant long que fertile, entre la culture marocaine – avec ses différentes composantes et générations– et la géographie culturelle canadienne diversifiée», souligne dans un communiqué Mohamed Laaraj, ministre de la culture et de la communication. 

Ce sont 2.000 titres avec un nombre total de plus de 3.500 exemplaires, édités par diverses sources, dont 9 maisons d’édition, qui seront exposés lors de cette manifestation culturelle d’envergure. Au rendez-vous un grand nombre d’auteurs marocains. Parmi eux, figurent Abdellah Boussouf, Asma Lamrabet, Fatiha Morchid, Kamal Benkirane, Mahi Binebine, Maria Guessous, Moha Ennaji, Mohammed Nedali, Mustapha Fahmi, Rachid Khaless, Rachida Azoud, Soumaya Naamane-Guessous et Yolande Cohen. Côté maisons d’édition marocaines, seront parmi les représentées à cette rencontre: «Afrique Orient», «Attaouhidi», «Bouregreg», «Chaaraoui», «En toutes lettres», «La Croisée des Chemins», «Les Frères Slaiki» et «Marsam» ainsi que «Tarik Editions». 

Ce sera l’occasion d’un échange intellectuel entre les deux cultures marocaine et canadienne et une opportunité pour présenter au public canadien une image intégrale de la culture marocaine dans sa pluralité et sa diversité. Et ce lors de tables rondes, des rencontres directes, ou des lectures créatives, des performances poétiques musicales et des présentations des dernières publications des auteurs, est-il indiqué. 

Pour l’écrivain Kamal Benkirane, la participation du Maroc à cette grand-messe du livre au Québec est une consécration en Amérique du Nord pour la littérature marocaine et permettra de créer un pont entre les deux mondes littéraires du Maroc et du Canada. L’auteur qui ne cesse à travers son organisme «E-Passerelle» de promouvoir les littératures francophones au Québec où il vit, présentera justement lors de cette nouvelle édition du SILQ son nouvel ouvrage «Les souliers mauves et autres nouvelles». Pour sa part, Rachida Azdouz, psychologue et vice-doyenne de la Faculté d’éducation permanente de l’Université de Montréal, présentera son livre «Le vivre-ensemble n’est pas un rince-bouche» publié tout juste au mois de mars dernier aux éditions Edito Gallimard. «Les Sépharades du Québec» de Yolande Cohen, professeure titulaire au département d’histoire de l’Université du Québec à Montréal est l’autre ouvrage paru en août 2017 et édité par Del Busso Editeur, qui sera présenté dans l’espace de la diversité de ce Salon. De fait, le Centre culturel marocain Dar Al Maghrib a mobilisé pour ce Salon une vingtaine d’écrivains, poètes et auteurs issus de la communauté marocaine du Canada de confessions juive et musulmane.

Au programme également, dans le cadre d’un spécial «Auteurs marocains» du SILQ, l’émission de télévision «Arts et lettres» (1) , recevra la sociologue Soumaya Naamane Guessous pour aborder notamment le nouveau code de la famille au Maroc et autres réformes en perspective.

L’ambiance dans l’espace de la diversité du Salon sera aussi festive et colorée. Le Centre culturel marocain Dar Al Maghrib a programmé dès le coup d’envoi de la manifestation une exposition d’artisanat marocain et une exposition collective d’art plastique présentée par des artistes marocains résidant au Québec, le tout au son de la musique Gnawa.

Au Québec, cette participation haute en couleur du Maroc à cette édition 2018 du SILQ fait la fierté de la communauté marocaine au Canada. La diaspora marocaine compte ainsi marquer sa présence à cet événement culturel. «Notre présence s’inscrit dans le cadre de la construction de ponts entre les cultures marocaine et québécoise. Il s’agit aussi d’exprimer à travers notre participation notre patriotisme et notre grand intérêt pour notre culture», précise Selma Regragui, directrice et fondatrice de l’entreprise de communication 2C Com.

A noter que le Salon international du livre de Québec est l’un des plus anciens de la province. Sa première édition remonte à 1971. Il draine chaque année, depuis 2007, plus de 60.000 visiteurs, 750 auteurs et 900 éditeurs.

(1) La diffusion de l’émission est prévue le jeudi 12 avril à 15h30 heure canadienne sur les ondes de Ici Télévision, diffusée partout au Québec et au Canada.

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Soumaya Naâmane Guessous : «La femme marocaine n’arrive pas encore à occuper véritablement l’espace public» https://aujourdhui.ma/societe/soumaya-naamane-guessous-la-femme-marocaine-narrive-pas-encore-a-occuper-veritablement-lespace-public https://aujourdhui.ma/societe/soumaya-naamane-guessous-la-femme-marocaine-narrive-pas-encore-a-occuper-veritablement-lespace-public#respond Sat, 31 Mar 2018 19:50:23 +0000 https://aujourdhui.ma/?p=285266

Entretien Soumaya Naâmane Guessous, sociologue ALM : De quel message êtes vous porteuse vis-à-vis de votre auditoire canadien lors de votre séjour ici à Montréal? Soumaya Naâmane Guessous : Aujourd’hui dans le contexte actuel perturbé, il se dit beaucoup de choses sur l’Islam. Aussi quand je suis dans un pays occidental, j’aime bien remettre les ...]]>

Entretien Soumaya Naâmane Guessous, sociologue

De passage à Montréal ces derniers jours, Professeur Soumaya Naâmane Guessous a accordé un entretien à Aujourd’hui Le Maroc en marge d’une conférence qu’elle a animée dans la métropole au Centre culturel Dar Al Maghrib. Apports de la religion musulmane au niveau des droits de la femme, relation homme-femme au Maroc, la sociologue explique l’évolution de la société marocaine et souligne les paliers encore à franchir en ce qui concerne l’égalité entre les hommes et les femmes dans le Royaume.

ALM : De quel message êtes vous porteuse vis-à-vis de votre auditoire canadien lors de votre séjour ici à Montréal?

Soumaya Naâmane Guessous : Aujourd’hui dans le contexte actuel perturbé, il se dit beaucoup de choses sur l’Islam. Aussi quand je suis dans un pays occidental, j’aime bien remettre les choses en ordre et fournir aux non-musulmans des explications de manière à leur permettre de mieux décoder correctement l’Islam et leur éviter des confusions. Je tente pour cela d’exposer les apports de la religion musulmane au niveau des droits de la femme et de la relation homme-femme, par rapport au judaïsme et au christianisme. Pour moi, il est important lors de ces rencontres avec un auditoire à l’étranger de dissiper certaines méconnaissances et méprises. La démarche permet aussi d’éclairer les membres de la communauté marocaine sur l’évolution de la société marocaine en termes de démocratie, de droits des femmes, de l’enfant ainsi que les acquis en termes de protection. Il s’agit ainsi de donner une image de notre société la plus proche possible de la réalité. C’est enfin une occasion pour moi de susciter le débat et de connaître les problèmes et les préoccupations de notre communauté marocaine à l’étranger.

Une des préoccupations de la communauté marocaine ici au Canada est notamment le phénomène grandissant de l’éclatement de la cellule familiale. Quel est votre avis sur cette situation ?

Le problème est qu’au Maroc nous sublimons les pays occidentaux et beaucoup de Marocains pensent que tout ce qui leur manque au Maroc, ils le trouveront dans le pays d’immigration. Les gens ne s’informent pas réellement. Par ailleurs les personnes ne disent pas la vérité sur le vécu à l’étranger quand elles reviennent au Maroc lors de leurs vacances. Les gens parlent beaucoup plus de leurs réussites et peu de leurs échecs, plus des satisfactions que de leurs insatisfactions. Aussi, le Marocain qui envisage l’immigration au Canada n’est pas au courant de ce qui l’attend et pense qu’une fois ici il va vivre dans le bonheur. La déception est donc grande une fois sur place. Le climat rude, le déphasage par rapport au nouvel environnement culturel, les difficultés d’intégration économique qui touchent même les diplômés, sont autant de facteurs qui bouleversent leur vie et pour lesquels ils ne sont pas préparés ni accompagnés. Beaucoup d’immigrants, malgré la déception et le rêve brisé, restent tout de même dans le pays d’accueil pour la scolarité des enfants. Mais quand le couple n’est pas assez soudé ou quand la décision d’immigrer n’a pas été prise de façon bien raisonnée, la situation peut retentir sur la relation du couple et la cellule familiale ne résiste pas. Il y a aussi le cas des familles dans lesquelles après des années dans le pays d’accueil, l’homme veut repartir mais la femme ne peut laisser ses enfants qui finissent par être ancrés dans la culture locale. Et c’est là qu’intervient la séparation du couple. C’est une des explications à ce phénomène d’éclatement des cellules familiales.

Il y a peut-être aussi le fait que les immigrants vivent dans un nouvel environnement où les relations entre les hommes et les femmes sont différentes. Quel regard portez-vous justement sur l’évolution de la femme canadienne par rapport à celle de la femme marocaine ?

Au Canada les femmes ont décroché beaucoup de droits. Elles ont le respect de l’homme, de leur environnement. Elles sont autonomes. Ce qui est très important, c’est qu’elles peuvent se mouvoir dans l’espace public en toute liberté, alors que la femme marocaine n’arrive pas encore à occuper véritablement l’espace public. Au Canada, les lois ont avancé très rapidement et le système éducatif est pour beaucoup dans cette situation. Il aide à ce que les femmes soient respectées et protège leur dignité, chose qui nous manque dans notre pays. Il y a aussi le fait qu’au Canada les mouvements féministes sont très influents, très dynamiques alors que dans les années 60 les femmes canadiennes n’avaient pas le statut qu’elles ont aujourd’hui et vivaient ce que nous vivons dans notre pays. L’évolution sociale canadienne s’est donc faite en quatre à cinq décennies. Mais il ne faut pas oublier qu’il n’y a pas la pesanteur du discours pseudo-religieux. Ils se sont débarrassés des pressions du christianisme à partir des années 60. La laïcité a ainsi contribué à la situation actuelle d’égalité entre les hommes et les femmes. Au Maroc quand vous parlez de laïcité, beaucoup de gens pensent que c’est Al Kufr (ndlr: l’incroyance) alors qu’il n’est question que de séparation entre la société civile et la société religieuse. 

La question de l’héritage par Ta’sib est au cœur de l’actualité au Maroc. Dans quelle mesure, selon vous, la femme marocaine peut réussir à faire abroger cette règle successorale selon laquelle une femme ne peut hériter seule sans qu’un mâle ne rentre dans l’héritage ?

En se mobilisant et en communiquant car une grande partie de la population ne comprend pas pourquoi on revendique une réforme au niveau des règles successorales. Il y a donc une résistance même du côté des femmes. Encore une fois dès que vous remettez en question les dispositions relatives à l’héritage, on vous dit «c’est el kufr. C’est dans le Coran il ne faut rien changer». Or le Coran a apporté une protection à la femme en lui accordant une moitié de part alors que le judaïsme exclut la femme de l’héritage et le christianisme n’a pas donné de détails à ce sujet. C’était donc une grande avancée dans un contexte où la femme n’héritait pas. Mais le profil des femmes a connu une telle métamorphose que l’héritage doit être réadapté. Beaucoup de situations tels que l’iftar durant le Ramadan ou encore la contribution des femmes dans les dépenses du foyer ont été contextualisés. Mais dès qu’il est question d’héritage, le Coran est mis en avant alors que les textes coraniques laissent une grande liberté et une latitude pour l’ijtihad (ndlr: effort de réflexion). Maintenant, il faut commencer par expliquer à la population les méfaits néfastes de cette non-contextualisation. Cela ne sera pas facile de faire changer les choses face aux ultraconservateurs. Mais s’il y a une véritable synergie au sein de la société civile, je pense que l’on arrivera au moins à remettre en question le Ta’sib. Ce serait une grande avancée.   

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