Najib Abdelhak – Aujourd'hui le Maroc https://aujourdhui.ma Les articles du journal et toute l'actualité en continu Mon, 29 Jun 2015 23:00:00 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.5.3 Une peinture de l’humain https://aujourdhui.ma/culture/une-peinture-de-lhumain-119330 https://aujourdhui.ma/culture/une-peinture-de-lhumain-119330#respond Mon, 29 Jun 2015 23:00:00 +0000 https://aujourdhui.ma/non-classe/une-peinture-de-lhumain-119330

Mimouni El Houssaine expose ses travaux en Espagne et en Allemagne.]]>

Le grand plasticien marocain Mimouni El Houssaine, expose ses derniers travaux, à Sitges près de Barcelone, en Espagne depuis 6 juin et jusqu’au 26 juillet 2015, le vernissage du 13 juin à la galerie Out of Africa a été un grand moment pour les aficionados espagnols qui ont découvert le travail d’un grand nom de la peinture marocaine.  Au même moment, Mimouni El Houssaine a accroché ses œuvres dans une exposition collective à Berlin aux mêmes dates dans le cadre de l’exposition «Schlachten/Displaced 2015», une grande fête des arts plastiques où de grands noms de la peinture européenne sont constamment exposés.

Normal pour un peintre de son rang d’être fêté dans de grand- messes de la peinture mondiale, tant son travail va au-delà des frontières et impose un regard universel sur le monde et la vie. Mimouni El Houssaine est un peintre d’une grande sensibilité humaine doublé d’un immense bosseur, qui vit presque dans son atelier, pour son art. C’est un artiste passion, on le sait, mais au-delà, c’est son sens de la couleur, ses traits, la composition de sa toile qui en font l’un des grands peintres marocains vivants. Mimouni El Houssaine construit ses tableaux comme un alchimiste qui travaille sur un métal précieux.

Il y a chez lui cette force du propos pictural qui transcende ce qui est donné à voir. Aucune contingences à la réalité, aucune anecdote qui préside à l’acte de peindre, mais un besoin de façonner le monde, de lui conférer d’autres tonalités, d’autres teintes.  Nous sommes face à un travail polysémique qui défie les signifiances standardisées dans une certaine peinture aujourd’hui à la mode où l’on assemble des formes et des couleurs sans fondement aucun.  Chez El Houssaine, il y a surtout cette foultitude de sens et de significations qui font que le trait sous la main du peintre révèle une poésie individuelle qui dit le monde, le célèbre, le questionne, le façonne et le remodèle pour lui apporter à chaque fois une lecture différente. Chez  Mimouni El Houssaine, c’est d’abord au laconisme de l’expression que nous sommes confrontés avec jubilation. Aucun besoin de remplir la toile, de la charger, de l’alourdir.

Vient ensuite ce velouté chromatique propre à El Houssaine, qui se combine avec l’entrelacs des traits et des griffures pour atteindre une sorte d’incantation presque originelle qui narre la naissance du monde, le besoin de l’art pour nous aider à vivre.  Enfin, il y a cette incontournable tension qui va de la liquéfaction du sujet à peindre à une espèce de labyrinthe qui sous-tend tout l’espace peint, dans un rapport de force d’une grande poésie. Il y a là autant de palettes comme autant de confessions, certes.  Mais à l’expression, qui peut sembler trop évidente, le peintre préfère la pudeur de l’abstrait. Toute sa puissance est dans cette volonté de révéler le sentiment derrière chaque couleur, chaque forme, chaque trait. Mimouni El Houssaine est un peintre de l’humain dans toute sa diversité et sa beauté. Il a ce lyrisme pictural propre aux grands chantres de la beauté en nous. Chaque couleur, chaque trait, chaque ombre cache derrière elle une part de nous, célébrée dans ce qu’elle a de plus miraculeux.
 

]]>
https://aujourdhui.ma/culture/une-peinture-de-lhumain-119330/feed 0
Tendre est la nuit https://aujourdhui.ma/culture/cinema/tendre-est-la-nuit-119327 https://aujourdhui.ma/culture/cinema/tendre-est-la-nuit-119327#respond Mon, 29 Jun 2015 23:00:00 +0000 https://aujourdhui.ma/non-classe/tendre-est-la-nuit-119327

«Go Go Tales» d’Abel Ferrara, avec Willem Dafoe, Bob Hoskins, Matthew Modine et Asia Argento.]]>

C’est un film tourné en 2008 et qui a mis beaucoup de temps avant de sortir en salles. Normal, avec un bonhomme comme Abel Ferrara, à qui l’on doit entre autres grands films «Bad Lieutenant» et «Nos Funérailles», il faut s’attendre à tout. Le bon et le moins bon. Reste que Abel Ferrara est un cinéaste économe, qui ne livre pas des opus en série. Loin de là.  Mais chaque film est un événement. Une leçon de cinéma. Une percée dans l’univers de l’imagerie à un moment où d’autres réalisateurs préfèrent la facilité. Avec GO GO Tales, Abel Ferrara renoue avec le monde de la nuit. Nous sommes dans  le Paradise, un cabaret branché de gogo danseuses situé dans le Sud de Manhattan.

  C’est une réelle fabrique à rêves que dirige un dénommé Ray Ruby. Un soir Ray Ruby et son bras droit, le comptable Jay, doivent affronter la colère de la propriétaire des lieux bien décidée à les expulser. Pire, les danseuses menacent de se mettre en grève. Ray tente sa chance à la loterie… Rien d’extraordinaire, en somme. Sauf que sous l’œil d’Abel Ferrara, le cabaret revêt des aspects à la fois bibliques et expiatoires. Il s’agit d’une descente en roue libre dans les méandres d’une vie parallèle, celle des noctambules. Nous sommes bien avant le 11 septembre.
C’était une autre vie. Tout fout le camp une fois le drame frappe la ville. Le sexe, le striptease, l’effeuillage de sens, l’argent, la drogue, rien n’y fait. Il faut prendre un nouveau virage. Les esprits s’échauffent, perdent leurs repères et donnent de la voix. Et là, face à  ces petits désagréments de la vie des gens de la nuit, c’est l’autre face du monde qui est révélée.  

Le souci du cinéaste Abdel Ferrara, n’est pas de singer un énième film, style vintage sur les cabarets. Mais surtout de montrer qu’en bon électron libre dans un monde régi par les grandes majors, il peut faire son film comme il l’entend, avec sa propre vision des choses. C’est justement cette métaphore d’un cinéma indépendant créatif, en panne sèche de financements qui rend cet opus à la fois atypique, captivant et surtout profond.  Oui, on peut aussi faire de grands films, avec de vrais sentiments, signant de grands acteurs comme Willem Dafoe, sans se payer la tête des gens.  D’ailleurs, ce dernier joue également l’autoportrait du cinéaste comme un clin d’œil très vicieux et inspiré. Et c’est jubilatoire.

 Réalisé par Abel Ferrara.
Avec Willem Dafoe, Bob Hoskins, Matthew Modine et Asia Argento

]]>
https://aujourdhui.ma/culture/cinema/tendre-est-la-nuit-119327/feed 0
Ghita Ettahri: «Une philosophie du bien-être avec soi et les autres» https://aujourdhui.ma/societe/ghita-ettahri-une-philosophie-du-bien-etre-avec-soi-et-les-autres-119172 https://aujourdhui.ma/societe/ghita-ettahri-une-philosophie-du-bien-etre-avec-soi-et-les-autres-119172#respond Sat, 27 Jun 2015 23:00:00 +0000 https://aujourdhui.ma/non-classe/ghita-ettahri-une-philosophie-du-bien-etre-avec-soi-et-les-autres-119172

Entretien exclusif avec la sophrologue marocaine Ghita Ettahri]]>

Ghita Ettahri est l’une des rares praticiennes sophrologues qui a fait un travail immense pour comprendre l’âme humaine et aider les autres à se reconstruire,  se recentrer sur eux-mêmes et retrouver la paix, le bien-être et le bonheur. Fraîchement distinguée à Fès, le 13 juin 2015 avec un nouveau diplôme, elle accorde à ALM cet entretien exclusif pour rapprocher les lecteurs du monde de la sophrologie.

ALM : Comment devient-on sophrologue ? Quel cursus, quelles études et formations ?
 

Ghita Ettahri : Nous ne nous retrouvons certainement pas par hasard à se renseigner sur la manière de devenir sophrologue. Cette raison n’est que le prétexte. C’est un besoin d’introspection de soi, en soi, qui guide nos pas vers cette formation. Un besoin guidé par une intuition profonde que quelque chose en nous a besoin d’être écouté, entendu pour pouvoir enfin se déployer. C’est avant toute chose un cheminement personnel. Mais n’est pas sophrologue qui veut !
Il existe une formation rigoureuse qui s’étale sur plusieurs années. Je suis personnellement certifiée en sophrologie caycédienne qui est la méthode puriste d’origine. Je suis néanmoins passée par d’autres disciplines qui, combinées les unes aux autres, font de moi la sophrologue que je suis aujourd’hui.

Mais qu’est-ce que la sophrologie?

«Sophrologie» vient du grec: Sos : Harmonie, sérénité Phren : Conscience, esprit, Logos : Etude, science. C’est donc la science de l’esprit serein, ou étude de la conscience en harmonie. La sophrologie a été créée en 1960 par Alphonso Caycedo, neuropsychiatre d’origine colombienne qui exerçait à Madrid. Intéressé par le psychisme humain, les états et les niveaux de conscience humaine, il s’est inspiré du training autogène de Schultz, l’hypnose thérapeutique, la relaxation progressive de Jacobson et la phénoménologie comme philosophie et trame de fond. Lors de ses voyages en Extrême-Orient, il découvre le yoga hindou, le zen japonais et la méditation tibétaine, qu’il adapte à la culture et à la société occidentales. C’est de toutes ces méthodes, de la rencontre entre l’Orient et l’Occident, que le docteur Caycedo fera de la sophrologie une méthode psychocorporelle permettant de maîtriser l’équilibre corps esprit en utilisant ses propres ressources personnelles.

Le bien-être en est-il le fondement ?

Tout à fait. C’est une pédagogie du bien-être, du «être bien» avec soi et avec les autres. Elle vise la conquête ou le renfort de l’équilibre entre nos émotions, nos cognitions (pensées, connaissances, croyances) et nos comportements. La sophrologie est une méthode agréable et généreuse qui apporte un bien- être tout au long de la vie quotidienne, construit une autonomie, renforce la confiance en soi, apporte une grande capacité de projet, on peut ainsi gérer au mieux le stress, l’anxiété et bien d’autres choses…

Quel rôle peut jouer le sophrologue pour aider les autres à optimiser leurs compétences ?

Se découvrir, se conquérir, se transformer pourrait, à mon sens, être le leitmotiv de cette discipline. La sophrologie va être d’une grande aide pour installer ou restaurer la confiance en soi par la réalisation de différents types d’exercices de respiration et de visualisation. Ces entraînements vont participer à l’identification des points forts et des éléments à améliorer en favorisant le changement du regard sur soi. Se réapproprier son schéma corporel, se libérer des tensions et émotions négatives…  Les pratiques ont pour pouvoir de faire découvrir ou redécouvrir ses ressources personnelles, ses capacités et ses valeurs. Elles vont aider à ancrer les expériences passées réussies pour les transposer au moment présent.

Tout est question de confiance alors ?

En parallèle avec un travail personnel, régulier, de la patience, des efforts et de la persévérance, la sophrologie va donc aider le processus d’affirmation de soi par l’activation et le renforcement de la confiance en soi. La sophrologie, dans son essence, s’adresse à l’individu tout entier. Il n’est pas comme, dans certains types de thérapies, un être à une seule facette, il est pluridimensionnel, il est corps, mental, conscience, passé, futur, énergie, sensation, sentiment…
Chacun d’entre nous dispose de tous les outils humains, en lui, pour aller bien ou mieux. La sophrologie, comme de nombreuses disciplines (yoga, psychologie positive…), est là pour nous accompagner, nous libérer, en toute autonomie et avec notre active participation.

Sur quoi se base le sophrologue pour accompagner les autres dans leur développement personnel ?

Je pense qu’avant de parler de techniques, de protocoles, d’exercices d’activation, il faut mettre en avant l’alliance sophronique entre le praticien et son patient. Il s’agira là de comprendre le besoin, l’attente de ce dernier ainsi que la limite du praticien. Puis lui rappeler qu’il est là pour apprendre à se découvrir, se conquérir, se transformer, par lui-même, dans l’autonomie. Il est primordial de rappeler que la sophrologie transmet tous les outils, les techniques, les exercices pour que le patient pratique chez soi, dans son quotidien et s’autonomise par la même. Le sophrologue va s’appuyer sur des protocoles très codifiés et parallèlement très adaptables à chaque situation. Il me paraît essentiel de rappeler que la respiration synchronique reste le moteur essentiel de la méthode. Les exercices sont très efficaces et permettent une progression rapide et remarquable.
Il existe plusieurs «degrés» comportant exercices et techniques.
Pratiquées debout et assis sur une chaise, en pleine lumière, les techniques, surtout en séance individuelle, sont nombreuses et choisies en fonction de l’apprenant, sa demande et de leur pertinence. Citons la concentration sur un stimuli interne, la projection sensorielle imaginée vers le futur, l’évocation de souvenirs agréables. Il s’agit essentiellement d’une adaptation, d’une personnalisation en protocoles courts (10 à 30 minutes), précis, avec des objectifs immédiats ou à court terme.

Quels sont les champs d’application de la sophrologie ?

Il y en a une multitude. Pour n’en citer que quelques-uns :
La relaxation où vous apprendrez à reprendre contact avec votre corps et votre mental dans un état de détente (sophroliminal) et à intégrer tous vos ressentis positifs grâce à des méthodes de respiration et de visualisation. Ainsi vous parviendrez à vous rappeler toutes vos sensations agréables dès que le besoin s’en fera sentir.
La gestion du stress : Grâce à la sophrologie, vous pouvez apprendre à réactiver vos ressources et à renforcer vos capacités positives pour faire face aux agressions extérieures et ainsi mieux gérer votre stress.

La confiance en soi : Cette sécurité intérieure est bien souvent mise à mal par les aléas de la vie personnelle et professionnelle. La sophrologie vous permet de retrouver ou de renforcer cette énergie de croire en vous et oser vous projeter dans un futur heureux.
La préparation mentale : Quel que soit l’évènement à préparer, les ressentis corporels et mentaux sont identiques. Les possibilités de la sophrologie appliquée à la préparation mentale pour le sport, les examens, les challenges professionnels (Préparation à la réussite de la compétition, de l’examen ; renforcement de la motivation, amélioration du geste, des capacités mémorielles, des capacités professionnelles, gestion de la fatigue, gestion de la douleur physique mais aussi émotionnelle)

Le sommeil : Retrouver un sommeil de qualité grâce à des exercices spécifiques. Le retour d’un bon sommeil aura des conséquences positives sur vos journées (meilleure concentration, plus de sérénité, prise de recul et positiver davantage…)
L’enfance et l’adolescence : Aider les enfants, à différents âges, à développer leur confiance en eux et leurs capacités afin qu’ils apprennent à gérer leur stress en période délicate (examen scolaire, passage à l’adolescence, séparation, intégration scolaire…).
La sophrologie leur permettra également de se détendre face à un univers souvent qui les conduit à des attitudes agressives voire démoralisantes. Ils apprendront enfin à se projeter positivement dans l’avenir. Mémoire et concentration : Trou de mémoire, manque de concentration, oubli intempestif ou récurrent, perte de moyen, sont les conséquences d’un stress, d’une fatigue, d’un manque d’entraînement ou peut-être d’une pathologie.
La sophrologie vous permettra de préserver votre mémoire et d’améliorer votre concentration grâce à: entraîner sa concentration, améliorer le souvenir, oxygéner le cerveau, se recentrer sur l’instant présent, renforcer la perception des sens…
Le poids et l’alimentation : Nous sommes bien d’accord, «la sophrologie ne fait pas maigrir» et le travail sophrologique accompagne les traitements et suivis thérapeutiques (médecins, psychologues, diététiciens, nutritionnistes…). La sophrologie vous permettra de renouer avec la réalité du corps en reconstruisant le schéma corporel, apprendre à manger en conscience, travailler les motivations et objectifs de l’action sur votre poids, intégrer la réussite de la gestion de votre poids.)

A votre avis, dans une société comme la nôtre, quels sont les maux et les difficultés sur lesquels le sophrologue peut travailler et intervenir ?

Si la pratique sophrologique, à l’échelle individuelle, fait parvenir à un équilibre intérieur, une paix, un renforcement des capacités ; conjuguez cette cohérence à l’échelle sociétale ! C’est très utopique comme vision, mais extrêmement parlant. Je crois que les rapports civiques s’en verraient améliorés, les rapports au corps plus sereins, la foi en l’autre plus puissante, la sensibilité à la nature plus importante, le jugement de l’autre plus bienveillant, la violence physique moins présente, le potentiel artistique plus déployé… En Europe, beaucoup d’associations sont en pourparlers pour introduire la sophrologie à l’école. Ce serait une avancée majeure dans la matière. Il existe d’ailleurs déjà des sophrologues attachés, dans certains hôpitaux, aux services de réanimation et de gestion de la douleur. Certaines interventions chirurgicales, les conditions d’anesthésies s’en voient optimisées.

Biographie

Ghita Ettahri est née à Casablanca, où elle  suivra un cursus classique au lycée Lyautey. Elle devient cadre supérieur dans le tourisme et s’y ennuie rapidement. Trop terre à terre! Elle décide alors d’entreprendre des études universitaires en littérature française où elle décroche un DESA. Après ce profond voyage dans l’écriture des autres naît un désir de s’aventurer dans les contrées profondes du Maroc, pour  participer à des caravanes bénévoles de soins.

Elle entreprend, alors, trois ans d’études, et devient infirmière, bénévole, polyvalente. Ghita Ettahri va saisir, à travers ce métier, l’importance du rapport au corps, à la vie, à la mort. Un rapport au corps qu’elle va découvrir ensuite  à travers la relaxologie,  puis un rapport à l’univers qu’elle développera par le biais du Reiki, auquel elle se forme consciencieusement. C’est ce goût pour l’introspection qui la mènera vers l’école française de sophrologie. Elle est, en outre, maman de deux enfants, qui sont d’après elle la meilleure école de la vie.

 

]]>
https://aujourdhui.ma/societe/ghita-ettahri-une-philosophie-du-bien-etre-avec-soi-et-les-autres-119172/feed 0
«Les séquestrés» de Fouad Souiba: Les Printemps arabes et la manipulation https://aujourdhui.ma/culture/livre/les-sequestres-de-fouad-souiba-les-printemps-arabes-et-la-manipulation-119216 https://aujourdhui.ma/culture/livre/les-sequestres-de-fouad-souiba-les-printemps-arabes-et-la-manipulation-119216#respond Tue, 23 Jun 2015 23:00:00 +0000 https://aujourdhui.ma/non-classe/les-sequestres-de-fouad-souiba-les-printemps-arabes-et-la-manipulation-119216

J’ai essayé à travers ce roman d’analyser autrement les causes de la révolution des peuples arabes qui a secoué plusieurs régions, notamment la Libye, à travers l’utilisation de l’histoire fictive d’une famille marocaine résidant en Libye.]]>

Les choses sont simples pour Fouad Souiba, «J’ai essayé à travers ce roman d’analyser autrement les causes de la révolution des peuples arabes qui a secoué plusieurs régions, notamment la Libye, à travers l’utilisation de l’histoire fictive d’une famille marocaine résidant en Libye».  Ce que le monde arabe a traversé comme révolutions et secousses plus ou moins graves a donné corps à un récit, bien documenté de la part d’un homme de médias, qui connaît la règle du jeu et sait que l’image peut être tronquée pour peu que l’on change de point de vue, d’angle de vision ou juste d’angle d’attaque.  Au-de-là de l’histoire de cette famille marocaine et de son calvaire, d’où le titre qui évoque l’emprisonnement, la privation, la confiscation, il y a cette lecture en filigrane de la manipulation par le mot et l’image. Fouad Souiba y va sans compromission de ce qu’il pense sur le pourquoi du comment d’une malédiction nommée information.

Qui, elle, s’appuie, sur des images, des traitements, des recoupements plus au moins faux ou vrais, pour raconter la vie des gens. Sauf que dans ce cheminement, on a oublié qu’on parle d’êtres humains. Que ces personnes soient comme vous et moi et tant qu’on ne pense  pas à elles de cette manière, tant qu’on oblitère la vision pour approcher la vie des autres comme des faits d’actualité, il y a toujours un risque de distanciation qui peut s’avérer dangereux. Voilà en somme le propos de Fouad Souiba dans ce roman, qui pose de façon directe la grosse désillusion des Printemps arabes.  Ici la Sequestration est double. Les familles, les révoltés, malgré eux, les bannis et tous ceux qui refusent, mais aussi vous et moi, pris en otage, par la télé, par les sites d’information, par la presse, les médias du monde, qui jouent la surenchère, déforment les réalités, arrangent les faits et les font entrer dans des cases mercantiles à fort pourcentage de gains  et de bénéfices. C’est clair, pour un homme de la télévision, un réalisateur, scénariste et producteur, doublé d’un journaliste, le regard est juste. Il a mis le doigt sur le danger que peut engendrer cette lucarne médiatique qui nous distille ce qu’elle veut, comme elle le veut.

Cette dictature de l’image qui enlève aux uns et aux autres leur «droit d’avoir leurs propres points de vue et leurs propres positions». Fouad Souiba signe donc un livre actuel, au coeur des réalités arabes d’aujourd’hui, avec un regard sans concessions sur la manipulation et le dogmatisme.


 
Editions Smein.

]]>
https://aujourdhui.ma/culture/livre/les-sequestres-de-fouad-souiba-les-printemps-arabes-et-la-manipulation-119216/feed 0
Anissa Lalahoum: Une artiste à l’âme métissée https://aujourdhui.ma/culture/anissa-lalahoum-une-artiste-a-lame-metissee-119156 https://aujourdhui.ma/culture/anissa-lalahoum-une-artiste-a-lame-metissee-119156#respond Tue, 23 Jun 2015 23:00:00 +0000 https://aujourdhui.ma/non-classe/anissa-lalahoum-une-artiste-a-lame-metissee-119156

Nouvellement venue sur la scène artistique parisienne, Anissa Lalahoum dénote par ses toiles chargées d’émotion qui mêlent son ancrage algérien à ses influences occidentales.]]>

 Un hymne à la paix, à l’amour, à la passion, à découvrir à travers la calligraphie arabe enrobée de couleurs.

Anissa Lalahoum, de son vrai nom Anissa Abbou, est née le 8 janvier 1980 à Montreuil, en région parisienne. A 5 ans, ses parents décident de retourner en Algérie, à Bouharoun, dans la région d’Alger, où elle vivra une enfance douce et heureuse…

La chaleur du Sud-ouest avec ses traditions des oliviers et l’hospitalité des gens du sud. Elle se souvient : «de l’odeur de la laine que préparait ma grand-mère, la couscous roulé par ma tante à la main et qui séchait au soleil, le bleu azur du littoral et ses ruines romaines, son port de pêche.» Des bribes de souvenirs où elle puise son inspiration aujourd’hui sur ses toiles. Pendant la décennie noire en Algérie, sa famille retourne en France, et Anissa mène une adolescence simple et sans embûches. Des études d’éco-gestion, puis une carrière dans le milieu bancaire.

Mais à côté de ça, déjà vibrait en elle ce fou désir d’exprimer une sensibilité artistique. Ses premières toiles peintes au fond d’un grenier de sa maison, et l’envie se transforme en passion… pour devenir naturellement une vocation.

Aussi loin qu’elle s’en souvienne, Anissa a toujours baigné dans un cocon où l’art résonnait ici et là. D’abord, son père qui peignait des tableaux de paysages du désert saharien. Et sa mère aussi sensible aux matières : soie, velours, taffetas… qu’elle transmet à sa fille. Anissa se confie: «j’ai toujours aimé l’art sans jamais savoir pourquoi: le toucher, les matières et sentir les éléments. Le sable sous mes pieds, le toucher d’une écorce d’arbre, la douceur d’une étoffe de soie…».

Jusqu’au jour où elle décide de chercher un tableau abstrait, une idée fixe qu’elle avait en tête, mais qu’elle ne trouvait pas en écumant les galeries et les brocantes d’art du monde. Alors elle décide de créer elle-même cette œuvre si précise dans son esprit. Et la magie opère! Son pinceau glisse sur la toile blanche, devenant de plus en plus colorée, comme habitée par l’âme d’Anissa. Tout devient tellement évident: «Traduire mes émotions, le choix des couleurs, la matière, le trait, je ne contrôlais rien. Explorer la profondeur, lui donner du relief, faire exister enfin une œuvre.» Une toile, puis une autre, et une autre… des nuits blanches à peindre frénétiquement au rythme de ses états d’âme, coups de cœur, de peine, de gueule, au gré des rencontres, d’une discussion, d’une émotion.

«À la recherche de mon tableau, je croise le livre de Khalil gibran «les 7 clefs de l’amour», un coup de foudre visuel et poétique. J’ai grandi avec la langue arabe : parlée et écrite… elle a toujours fait partie de ma vie, ainsi quand certains gribouillent ou dessinent sur une feuille moi j’écris des mots, des phrases en arabe. Puis, le jour où j’ai commencé à peindre, mes tableaux étaient purement abstraits, j’y ai apposé des mots en arabe.

Et pour moi le tableau trouvait son sens, il avait une couleur, et renfermait un message que j’étais seule à déchiffrer. Chacune de mes toiles porte un mot ou phrase en arabe, symbole de la vision à un instant précis ou référence à un souvenir ou une actualité. Ce mélange c’est moi : un mélange d’abstrait et de concret. Un peu comme l’humanité, la société, le mal et le bien, l’amour et la haine».

]]>
https://aujourdhui.ma/culture/anissa-lalahoum-une-artiste-a-lame-metissee-119156/feed 0
J’aime, je partage: Complot sur fond de sexe https://aujourdhui.ma/chroniques/jaime-je-partage-complot-sur-fond-de-sexe-119205 https://aujourdhui.ma/chroniques/jaime-je-partage-complot-sur-fond-de-sexe-119205#respond Tue, 23 Jun 2015 23:00:00 +0000 https://aujourdhui.ma/non-classe/jaime-je-partage-complot-sur-fond-de-sexe-119205

Ne me dites pas que c’est juste un hasard du calendrier cette succession de folies qui frappent le Maroc et les Marocains de tout poil...]]>

Much Loved et ses conséquences à la fois humaines, dogmatiques, religieuses, judiciaires. L’arrière-train de Jennifer Lopez et ses fatwas. Mawazine et ses fantasmes nourris de rumeurs débiles. Des scènes de vindicte publique dans les rues pour le jeûne et les libertés individuelles. Des manifestants en banderoles noires, avec de l’écriture en blanc, qui disent non aux bikinis, même portés par des touristes sur les plages marocaines… et ce n’est que la partie émergée d’un gros iceberg dont on mesurera dans les semaines et les mois à venir toute la hauteur et l’étendue. 

Si je suis le raisonnement de mon ami chauffeur de taxi, avec qui j’aurai passé une belle année en discussions vaines, riches, passionnées, oiseuses, parfois inutiles, mais elles ont toutes eu le mérite de nous faire passer du temps. Pendant le ramadan, le temps est l’ennemi à abattre, alors pour le passer, encore une discussion sur les soubassements de ce qui se trame dans d’autres sphères alors que le Marocain lambda, vous et moi, on n’y voit que du feu. Je vous le jure, les amis, c’est en substance ce que dit le taxi driver. «Vous croyez vraiment au hasard ? J’irais même jusqu’à dire que cette histoire de film x marocain est une orchestration de toutes pièces pour amuser la galerie, créer  la diversion sur des choses plus corsées qui se jouent en sourdine, derrière des voiles opaques».

Je rétorque à mon ami chauffeur que sa théorie de complot fait vieille. Il faut qu’il trouve mieux pour me convaincre. Mais juste balancer une thèse aussi bancale sans fondements, sur un jeu politicien pour duper les Marocains, encore une fois, non, je veux plus costaud et là, je peux dire Amen. «Tu ne vas tout de même pas me dire que c’est normal. On confisque les libertés des gens. On émet des lois salées pour punir les impénitents, on permet à des illuminés de lancer des fatwas, on encourage les scissions sociales entre catégories humaines, on sacrifie des décennies de combat pour la modernité et on nous sert cette ratatouille éculée sur la tolérance à la marocaine. 

Ailleurs, tout le monde a compris que le Maroc est en train de virer de bord». Là, mon ami y va fort. C’est l’effet ramadan. Il a faim. Il a soif. Il ne sait plus ce qu’il dit. Pardonnez-lui ses égarements ramadanesques. C’est humain. C’est même chimique. Pardonnez-lui, il ne sait pas ce qu’il dit. Pourtant, cette saillie mise de côté, il faut bien trouver une explication à ce que traverse ce pays depuis des mois. A un moment ou un autre de notre histoire qui se profile, il faut trancher. Quel Maroc et pour quels Marocains ? «Un Maroc islamiste avec la charia comme fondement ? Qu’on nous le dise ! Un Maroc modéré, qui respecte les différences des uns et des autres et qui vit dans la sérénité ?

Qu’on nous le dise aussi ! Un Maroc qui navigue à vue, qui joue à des jeux troubles, un Maroc multicéphale, ne sachant pas à quel saint se vouer comme d’autres ratages arabes dans le voisinage, pourquoi pas ? Mais qu’on nous le dise !» Mon ami veut savoir à tout prix à quoi s’en tenir. Il a peur. Je le sens.

J’ai beau le rassurer que le Maroc a toujours été un pays insaisissable, limite bizarre, face auquel on est toujours surpris, même  quand on croit avoir pigé quelque chose, le taximan a les jetons. Il dit que son esprit n’est pas tranquille, qu’il sent des choses venir, qu’il  prie pour que tout ceci ne soit qu’une manière comme une autre de passer le temps, gagner du temps, et que le statu quo restera le credo final dans le plus beau pays du monde ! Amen

]]>
https://aujourdhui.ma/chroniques/jaime-je-partage-complot-sur-fond-de-sexe-119205/feed 0
Sport et Ramadan: Entre risques réels et préjugés à éviter https://aujourdhui.ma/societe/sport-et-ramadan-entre-risques-reels-et-prejuges-a-eviter-119127 https://aujourdhui.ma/societe/sport-et-ramadan-entre-risques-reels-et-prejuges-a-eviter-119127#respond Sat, 20 Jun 2015 23:00:00 +0000 https://aujourdhui.ma/non-classe/sport-et-ramadan-entre-risques-reels-et-prejuges-a-eviter-119127

De nombreux Marocains trouvent que le sport durant le mois du Ramadan est bénéfique pour la santé. Certains d’entre eux ignorent les risques encourus. D’autres dépassent leurs limites et s’exposent à de véritables dangers. Eclairage.]]>

Ce sont des images devenues habituelles. Avec Ramadan, dans chaque terrain vague, chaque coin de rue, dans la journée ou juste quelques heures avant la rupture du jeûne, de nombreuses personnes sont en tenue de sport et s’adonnent à des exercices physiques. Pourtant, nous sommes en plein Ramadan, le jeûne, la faim et la soif, couplés à la fatigue, le stress du travail, ne sont pas les meilleures dispositions pour faire du sport.

On joue au football en bord de mer, dans des tournois de quartiers, on couvre des dizaines de kilomètres à courir ou alors on enfourche son vélo et on avale les kilomètres, alors que les risques de chute de tension, d’hypoglycémie, de grosses fringales sont imminents et peuvent avoir de graves répercussions sur les individus.

Pourtant, pour tous les médecins  les choses sont claires.  On ne peut pas pratiquer une activité sportive sans hydratation. Il n’y a pas de sport alors que le corps manque d’énergie. Or, durant le mois du Ramadan, toutes les personnes qui font du sport s’exposent à de sérieux problèmes de santé par ignorance, par manque d’information ou juste par insouciance croyant que le sport est bénéfique à l’organisme et qu’on peut le pratiquer sans risque. Alors que les exemples d’accidents fâcheux sont nombreux et montrent à quel point il faut être vigilant.

Pour n’importe quel coach de sport, n’importe quel sportif averti,  quand un individu n’a pas de ressources nutritives dans le corps, du fait du jeûne, quand il manque d’apport hydrique important, le corps accuse des limites sérieuses.

Cela peut entraîner des coups de chaleur, des crises cardiaques, des AVC, des pertes de conscience… Plusieurs études ont démontré dans des pays comme l’Indonésie, la Malaisie ou encore au Liban et en Arabie Saoudite que «le corps humain s’adapte à toutes les situations extrêmes, mais en cas de jeûne, un effort prolongé peut être lourd de conséquences», comme le démontre une étude réalisée à l’Université Saint-Joseph de Beyrouth, au Liban.

Au Maroc, nous manquons cruellement de ce type d’études qui peut éclairer l’opinion publique sur les dangers liés au sport durant le Ramadan. On le voit bien, des milliers de Marocains préfèrent combler le temps en allant courir en bord de mer, jouer une partie de football, ou passer deux heures en salle de gym, juste avant la rupture du jeûne.

La question que se posent tous les entraîneurs, les moniteurs de sports et les praticiens est simple : Pourquoi attendre ce moment précis, alors que le corps a puisé dans ses réserves toute la journée pour tenir durant plusieurs heures sans nourriture et sans eau?  La logique voudrait que l’on s’entraîne deux heures après avoir mangé. Le corps est solide, il est nourri, il a les nutriments et les vitamines dont il a besoin, ce qui favorise une bonne oxygénation du cœur et des muscles, ce qui donne de l’énergie et apporte plus de puissance aux muscles pour tenir face au choc de l’effort physique.

Dans une autre étude publiée en 2014, dans le Global Health Research à Londres sur le sport et la communauté musulmane, on apprend de manière limpide que «l’organisme peut très vite souffrir d’un coup de chaleur qui peut être fatal et entraîner des attaques cardiaques, voire des accidents cérébraux». Et des cas de ce type ont déjà eu lieu sur des plages ou sur les boulevards du fait d’une fatigue extrême, une sévère chute de glycémie ou alors un simple coup de chaleur qui tourne au drame.

Les causes et les raisons ne souffrent aucune ombre. On le comprend aisément, puisque sans eau et sans hydrates de carbones dans le sang, un être humain est diminué physiquement et ne peut soutenir un effort physique comme un jogging de plus d’une heure ou encore deux heures de gym: «J’ai eu des cas de ce type dans mon gym, explique Mohamed R. on vient avant L’ftour, le visage livide, fatigué, presque éteint et on veut aligner deux heures d’efforts intensifs, c’est tout simplement suicidaire».

  Pour ce moniteur qui affiche de longues années de pratique : le mieux donc est de faire du sport modérément, «sans dépasser maximum 45 minutes». C’est d’ailleurs ce que préconise l’étude londonienne. Mieux encore, il est même recommandé de faire du sport au réveil quand le corps a déjà quelques réserves, pour éviter des complications physiques. Quitte à faire une sieste après le travail en attendant l’heure de la rupture du jeûne.

Pour d’autres sportifs expérimentés, les choses sont faciles à gérer. Puisque les mauvaises expériences s’empilent. D’ailleurs, tous ceux qui ont fait du sport avant la rupture du jeûne ont remarqué un essoufflement rapide, quelques crampes, des maux de tête, voire une envie de vomir et des nausées. Les causes résident dont la gestion des ressources énergétiques qui font défaut durant la journée au Ramadan.

C’est pourquoi il est préférable de rompre le jeûne sans manger avec excès, et attendre deux heures pour aller faire deux bonnes heures de sport en toute tranquillité. Ce qui garantit d’un côté de se hydrater comme il faut et surtout de brûler les calories en trop. Ou alors, on est sage, on fait un petit jogging, du vélo d’appartement sans forcer juste histoire de bouger et de transpirer un peu en évitant tout risque inutile.

]]>
https://aujourdhui.ma/societe/sport-et-ramadan-entre-risques-reels-et-prejuges-a-eviter-119127/feed 0
Série événement du Ramadan : «Coupé de l’Arbre» d’Abdelhaï Laraki https://aujourdhui.ma/culture/cinema/serie-evenement-du-ramadan-coupe-de-larbre-dabdelhai-laraki-119125 https://aujourdhui.ma/culture/cinema/serie-evenement-du-ramadan-coupe-de-larbre-dabdelhai-laraki-119125#respond Fri, 19 Jun 2015 23:00:00 +0000 https://aujourdhui.ma/non-classe/serie-evenement-du-ramadan-coupe-de-larbre-dabdelhai-laraki-119125

Sur le ton de la comédie dramatique, empreint d’humour subtil et d’émotion, «Coupé de l’Arbre» raconte les aventures de Mehdi, du village de Tahanaout où il a grandi et d’où il est brutalement chassé par son machiavélique oncle paternel Thami et Mina sa marâtre de femme, jusqu’à la découverte de sa vraie famille à Marrakech. La série est un road-movie télévisuel divertissant et convivial à travers routes, villes, villages et souks du Royaume.]]>

C’est l’une des productions phares de ce mois de Ramadan 2015. La série Coupé de l’arbre, réalisée par Abdelhaï Laraki et produite par Carloline Locardi,  est une libre adaptation de «Sans famille» de Hector Malot, avec  plusieurs visages d’acteurs et d’actrices marocains.
La série TV «Coupé de l’Arbre» est une série de 30 épisodes de 30 minutes, un drame social conçue par A2L Production pour Soread-2M et très librement adaptée du roman populaire français «Sans famille» d’Hector Malot, une œuvre classique et universelle qui n’en finit pas de charmer les petits et les grands de tous les pays depuis 1878. Tournée en arabe dialectal marocain, «Coupé de l’Arbre» est un programme grand public, famille et enfants tous âges confondus, avec sa galerie de personnages haut en couleur, issus du Maroc rural et urbain et interprétés par les plus grands noms du cinéma et de la télévision. Le traitement original et l’histoire en prise avec la société d’aujourd’hui, sont autant d’éléments susceptibles de fidéliser la plus grande audience de la chaîne.

La série narre le parcours initiatique d’un jeune garçon, Mehdi, en quête de sa vraie famille à travers le Maroc d’aujourd’hui. Mehdi est un «coupé de l’arbre», selon l’expression populaire qui désigne celui qui n’a pas de racines. L’amour de la femme qui l’a élevé, maman Aïcha, et les amitiés qu’il nouera au cours de ses pérégrinations, avec Mahmoud le hlaykiste et joueur de luth au passé douloureux, avec Kébir le petit voleur de la médina de Marrakech ou encore avec Aïda l’héritière Idrissi, lui permettront de ne jamais perdre espoir, toujours guidé par sa bonne étoile, sa joie de vivre et à son talent.

Sur le ton de la comédie dramatique, empreint d’humour subtil et d’émotion, «Coupé de l’Arbre» raconte les aventures de Mehdi, du village de Tahanaout où il a grandi et d’où il est brutalement chassé par son machiavélique oncle paternel Thami et Mina sa marâtre de femme, jusqu’à la découverte de sa vraie famille à Marrakech. La série est un road-movie télévisuel divertissant et convivial à travers routes, villes, villages et souks du Royaume.

Au gré des vicissitudes du jeune héros, le public pourra se divertir, s’émouvoir et retrouver ses préoccupations quotidiennes et les enjeux actuels de la société marocaine : l’éducation, la justice, la corruption, les lois sur l’héritage, la discrimination féminine, le pouvoir de l’argent etc. Et ce, toujours dans la valorisation des traditions et du patrimoine linguistique et culturel local.

Côté casting, il faut savoir qu’une myriade de personnages hauts en couleur : Aicha, Thami, Mina, Platon, Mahmoud, Hadda, etc., dont la psychologie complexe se dévoile peu à peu à chaque épisode. D’abord, Mehdi – 12 ans (interprété par Yassine Sawab).
Héros de la série. Elevé par Aïcha depuis toujours comme son propre fils à Tahanaout, il est en fait l’héritier légitime d’une grande famille d’industriels, les Idrissi, dont il ignore l’existence. Bon élève, fils aimant, il a une nature artiste et ne se sépare jamais du Gunbri, cadeau de Si Mohamed, son père adoptif. Courageux, sensible et passionné, il est à la recherche perpétuelle de sa vraie famille et d’un père qu’il trouvera l’espace d’un parcours initiatique chez Mahmoud le hlaykiste.
Aïcha – 30 ans  (interprétée par Zineb Obeid)

Mère adoptive de Mehdi. Belle femme de la montagne, elle régit sa maison et son lopin de terre avec force et caractère. Féminine, maternelle, sincère et passionnée, elle a élevé Mehdi et l’aime comme son propre fils. La mort de son époux Si Mohamed causera sa perte, elle devra se soumettre à Thami et perdra la raison lorsqu’elle perdra Mehdi, mais elle relèvera la tête grâce au soutien indéfectible de son amie Hadda la jeune paysanne.

Thami – 45 ans (Saïd Bey)
De son métier herboriste, et aussi samsar à ses heures perdues, il s’occupe de tout et de chacun à Tahanaout. La mort de son frère Si Mohamed, qui laisse un fils, Mehdi, adopté mais sans existence légale, lui donne l’opportunité d’hériter des biens de son frère, de s’affirmer en pater familias tout-puissant. Il aime se détendre et faire la fête, sous l’œil courroucé de Mina, sa femme. Rusé, machiavélique, il manipule tout son monde, il est capable du pire pour accomplir ses desseins.

]]>
https://aujourdhui.ma/culture/cinema/serie-evenement-du-ramadan-coupe-de-larbre-dabdelhai-laraki-119125/feed 0
Souad Byad : «Je veux donner à la femme toute sa splendeur et sa beauté» https://aujourdhui.ma/culture/souad-byad-je-veux-donner-a-la-femme-toute-sa-splendeur-et-sa-beaute-119086 https://aujourdhui.ma/culture/souad-byad-je-veux-donner-a-la-femme-toute-sa-splendeur-et-sa-beaute-119086#respond Wed, 17 Jun 2015 23:00:00 +0000 https://aujourdhui.ma/non-classe/souad-byad-je-veux-donner-a-la-femme-toute-sa-splendeur-et-sa-beaute-119086

Interview de Souad Byad, plasticienne]]>

ALM: Vous avez été sélectionnée pour participer à la grande exposition de São Paulo, au Brésil, c’est une consécration?

Souad Byad : Dans un sens, c’est une grande reconnaissance de mon travail. En effet, j’ai eu l’honneur d’avoir été sélectionnée pour exposer au Salon de São Paulo, au Brésil.  Évidemment c’est une immense fierté de représenter le Maroc, mais ce rendez-vous a été pour moi une occasion d’être confrontée à d’autres artistes et à d’autres courants de peinture. Ce qui ne peut que développer ma vision et mon expérience dans ce domaine. Cet échange avec d’autres tendances et influences est toujours très enrichissant.

Votre peinture évolue de manière rapide, passant d’une période à une autre avec beaucoup de facilité…

Vous savez, comme tous les artistes, j’ai commencé par le figuratif. Après plusieurs expositions collectives, je me suis arrêtée un moment pour me poser certaines questions. Je me suis dit qu’il faut avoir une touche personnelle qui s’articule autour d’un thème qui vient de moi-même et qui donnerait libre cours à ma création. Et c’est finalement la femme en moi que j’essaie de dévoiler avec ses moments forts et ses moments faibles. Ce sont tout simplement mes états d’âme qui ressortent de façon discrète mais avec une gestuelle modérée et un tachisme inspirateur. C’est aussi ma façon de contribuer à cet élan de la femme qui s’amplifie ces derniers temps, autour de la liberté, de la conscience de soi et de l’indépendance tant morale que spirituelle.

Vous avez mis en place ce que l’on peut appeler une rhétorique du corps. Que signifie le corps de la femme pour vous ?

A travers cette nouvelle expérience de la rhétorique du corps, j’ai trouvé une certaine sérénité dans la mesure où j’ai réussi à élever le corps de la femme à un niveau tel qu’on arrive à oublier cette place qu’on veut lui donner et qui n’est pas la sienne. Je veux sortir des clichés et des stéréotypes pour aboutir à une approche picturale libre où la femme est vue dans toute sa splendeur humaine. Il faut donc préciser que ma préoccupation principale est beaucoup plus l’âme de la femme à travers son corps que le côté sensuel ou érotique. Mon désir profond est de donner à la femme toute la splendeur et la beauté qu’elle est censée incarner.

 
Pourquoi uniquement la femme dans vos travaux ?

C’est un choix dicté par mon regard, ma vision de la femme et de sa situation. Pour reprendre le sujet de l’art et de la femme, il ne faut pas oublier que c’est l’évolution de la société qui a permis à la femme de s’émanciper dans beaucoup de domaines, notamment celui de l’art. Mais c’est également grâce à sa volonté que la femme atteint un certain niveau de liberté qui lui permet de s’exprimer. Tout mon travail découle de cette optique. On voit donc de plus en plus de femmes faire de la peinture, mais également gérer des galeries d’art, ce qui est une révolution en soi.  Et cette révolution va à mon avis s’accentuer avec le temps et permettre à la femme d’exprimer pleinement sa passion dans tous les domaines.

Parlez-nous de votre parcours, qui est passé aussi d’une étape à une autre, puisque vous avez fait le design d’intérieur avant de vous consacrer à la peinture…

C’est simple, en ce qui concerne mon parcours, il faut signaler qu’après des études et un diplôme de l’école des beaux arts de Casablanca en 1998, mes débuts professionnels se sont orientés vers le design d’intérieur. C’est pour moi une expérience qui m’a enrichie, mais qui m’a aussi laissé un sentiment d’incomplet et d’inachevé. Ma passion pour la peinture a repris le dessus très vite. Je me suis mise au travail, ce qui m’a permis de participer à mes premières expositions collectives, suivies également par des expositions individuelles et ce aussi bien au Maroc qu’à l’étranger. J’ai exposé notamment à Montferrier à Toulouse, au salon d’automne à Paris et là, mon travail voyage à São Paulo au Brésil.

]]>
https://aujourdhui.ma/culture/souad-byad-je-veux-donner-a-la-femme-toute-sa-splendeur-et-sa-beaute-119086/feed 0
Exposition Rachid Sebti : Tant qu’il y aura des femmes https://aujourdhui.ma/culture/exposition-rachid-sebti-tant-quil-y-aura-des-femmes-119085 https://aujourdhui.ma/culture/exposition-rachid-sebti-tant-quil-y-aura-des-femmes-119085#respond Wed, 17 Jun 2015 23:00:00 +0000 https://aujourdhui.ma/non-classe/exposition-rachid-sebti-tant-quil-y-aura-des-femmes-119085

On sent derrière chaque trait un désir de partage, une volonté d’élever la femme, de la mettre sur un piédestal, de la déifier, dans un élan cosmique d’amour, teinté d’érotisme et de volupté.]]>

L’exposition est intitulée «La Femme Vénérée».  D’emblée, on sait que l’on est face à une très belle qualité de peinture, un réel sens du détail, beaucoup de maîtrise de la couleur, des formes, de la lumière.  Et surtout une formation solide à la base pour le dessin et le trait. Le reste relève du plaisir de voir toutes cette feria de couleurs, sur des corps de femmes, portées aux nues.

On sent derrière chaque trait un désir de partage, une volonté d’élever la femme, de la mettre sur un piédestal, de la déifier, dans un élan cosmique d’amour, teinté d’érotisme et de volupté. Ce qui frappe dans ce travail, présenté aujourd’hui par l’unique Amal Laraqui, la fondatrice de la galerie d’art Amadeus, qui nous offre là l’une des plus belles expositions de l’année, c’est la force du propos. Nous sommes face à une peinture gorgée de vie. Rien n’est gratuit, aucune volonté de faire dévier le regard vers autre chose que la beauté de ce qui est donné à voir et la majesté de ces corps dont la nudité est d’autant plus magnifiée, puisqu’elle est à peine suggérée. Autant pour la galeriste que pour le peintre, il y a un commun accord, pour présenter aux aficionados, un travail sérieux, une belle approche de la peinture sur fond de désir, de volupté et de célébration de l’éternel féminin.

Rien de plus normal quand on connaît l’esthétisme de Amal Laraqui, qui a toujours mis en avant des artistes de premier ordre, souvent méconnus, mais dont le talent est immense.   Pour Rachid Sebti dont la renommée n’est plus à citer, lui qui fait partie des valeurs sûres des arts plastiques en Europe, et surtout en Belgique, où il passe pour l’une des plus grandes figures de la peinture depuis plusieurs décennies, «c’est certes un sujet éternel, la femme, mais il y a dans ce travail une vision couplée à un concept pour que ce travail se lise de manière homogène, comme une histoire». De fait, quand on parcourt les cimaises de l’Amadeus Art Gallery, on passe d’un chapitre à un autre, d’un épisode pictural à un autre, dans une histoire narrative romancée autour de la femme, de son corps, de ses rêves, de ses désirs, ses aspirations, ses fantasmes et les fantasmes auxquels elle donne naissance.

L’autre point crucial à ne pas perdre de vue dans cette exposition est l’explosion des coloris. Un large spectre qui va de la nuance à l’éclatement, dans une homogénéité parfaite. Couche sur couche, la femme prend de la densité, de la présence et la couleur est là dans le drapé, dans la peau, dans l’habit léger, pour en rehausser la puissance et la beauté.  Rachid Sebti réussit avec ce travail un réel tour de force et s’impose comme l’un des plus grands plasticiens marocains du moment. Un retour gagnant au Maroc pour un artiste qui a vécu plusieurs années loin du pays et qui y revient avec une énergie gourmande de créer, s’imprégner de la lumière locale, des ambiances pour offrir une magnifique collection qui fait déjà date.

Exposition jusqu’au 30 juin 2015 à Amadeus
Art Gallery, 10 rue Mozart. Casablanca.

]]>
https://aujourdhui.ma/culture/exposition-rachid-sebti-tant-quil-y-aura-des-femmes-119085/feed 0