161.504 voitures ont été vendues en 2023 réalisant une très légère hausse (+0,1%) par rapport à 2022. C’est ce que vient de dévoiler l’AIVAM lors de sa traditionnelle conférence de presse révélant les performances du marché de l’automobile au début de chaque année. Tour d’horizon des faits saillants qui ont marqué l’année automobile 2023 et des évolutions attendues pour 2024.
Le marché de l’automobile au Maroc n’est toujours pas revenu à son niveau d’avant Covid-19. En 2023, les ventes du neuf atteignent 161.504 unités, en légère progression (+0,1%) par rapport à 2022 et en baisse de 7,9% comparé à 2021. C’est ce qui ressort de la conférence de presse organisée le 8 janvier 2024 à Casablanca par l’Association des importateurs des véhicules au Maroc (AIVAM) pour la présentation des performances du marché automobile en 2023. «Le niveau qui a été réalisé en 2018 qui est de 177.357 véhicules vendus est loin d’être atteint. En gros, tout ce qui a été perdu pendant ces deux années Covid n’a pas encore été rattrapé », affirme Adil Bennani, président de l’AIVAM. Durant l’année passée le marché national a été marqué par une demande en berne sous l’effet de l’inflation. A cela s’ajoute un contexte économique qualifié de « défavorable » par l’AIVAM, en raison des crises géopolitiques, de la sécheresse, ou encore du durcissement des conditions d’accès au crédit. Ces évolutions ont impacté à la baisse le marché, notamment le segment VUL (-11%). Parallèlement, le SUV renforce sa position de premier segment et le premium se porte mieux que le généraliste confirmant une faiblesse au cœur de la demande. Par région, les grandes villes se sont mieux comportées que les autres avec seules Tanger et Kénitra qui affichent des performances meilleures que celles réalisées en 2018. Pour ce qui est de l’électrique, la part du marché des véhicules électrifiés (BEV & PHEV), et bien qu’elle soit loin des chiffres à l’international, augmente de 50% passant à 0,6% du marché, boostée par une offre qui a doublé. En termes de perspectives 2024, la croissance serait limitée du fait d’une stabilisation de l’inflation et des renouvelants retardataires dans le véhicule utilitaire (VUL) et le véhicule particulier (VP).
Une demande en berne
Plusieurs facteurs ont contribué à la baisse de la demande, selon l’AIVAM. L’inflation, le renchérissement du coût du crédit avec 3 hausses successives durant les deux dernières années, le durcissement des conditions d’accès au crédit ainsi que l’augmentation des prix des véhicules avec +15 à 20% au cours des trois dernières années à cause de la pression sur les matières premières, les normes et les marges constructeurs. Dans ce sens, l’évolution du marché marocain dévoile une hausse de 1,5% des ventes des véhicules particuliers compensant à peine la baisse des véhicules utilitaires (-11%). En effet, 145. 292 VP ont été vendus en 2023 (+1,5%) contre 143.186 en 2022. Du côté des VUL, les ventes s’élèvent à 16.212 unités en 2023 au lieu de 18.224 enregistrées en 2022.
L’occasion en excellente forme
Au niveau des immatriculations VN, une baisse de 1% a été observée par rapport à 2022 et de -5% par rapport à 2018. Pour ce qui est des mutations, elles ont connu un fléchissement de 11% par rapport à 2022 où elles avaient atteint un record absolu de 677.000 véhicules enregistrés. La demande s’est exprimée fortement sur l’occasion en raison de l’augmentation des prix sur le neuf et des disponibilités du neuf en 2021 et 2022. Concernant les immatriculations taxis, Adil Bennani a rappelé que le Maroc avait lancé un peu moins de quinze ans un programme de renouvellement des petits taxis avec des subventions de 35.000 DH et 50.000 DH et des grands taxis avec des subventions de 80.000 DH, ce qui avait boosté le marché de l’automobile indiquant que le nombre de petits taxis est de 43.000 alors que celui des Grands taxis est de 33.000. Il explique qu’actuellement on arrive à la fin d’un cycle. L’année dernière, la subvention disponible n’avait pas été totalement dépensée parce qu’il n’y avait plus de demande. « Il reste environ 20% de ce parc-là qui n’est plus éligible ou qui n’est pas éligible à cette prime parce que le ministère de l’intérieur demande des contrats en bonne et due forme d’exploitation de l’agrément pour pouvoir donner ces subventions et aujourd’hui il y a quand même 20% de ce marché qui roule avec des agréments fantômes, les propriétaires sont soit décédés, soit en conflit avec les ayants droit. Du coup, ces gens-là soit ils ne renouvellent pas, soit s’ils renouvellent ils le font sans la subvention», souligne le président de l’AIVAM affirmant que le nombre de renouvellements de taxis en 2023 atteint à peine 1.000 véhicules avec 947 petits taxis et 102 grands taxis. S’agissant des véhicules d’occasion importés, ils sont en augmentation de 10% par rapport à 2022 (-6% vs 2019) avec près de 13.000 unités dont près de 8.000 qui sont supérieures à 5 ans, environ 3.600 qui sont entre 3 et 5 ans et 1.112 inférieures à 3 ans. Du côté des immatriculations loueurs, un record a été réalisé avec 46.499 unités enregistrées, en croissance de 22% par rapport à 2022 (+11% par rapport à 2019). A ce titre, les immatriculations loueurs représentent 30% du marché de l’automobile en 2023.
Repositionnement des marques
La première place du classement Top 5 des marques en 2023 est occupée par Dacia avec 33.830 unités écoulées (-13% vs 2022) et une part de marché de 21%. La franco-roumaine est suivie de Renault qui a vendu 26.455 véhicules (en stagnation par rapport à 2022) et une part de marché de 16,4%. La marque coréenne Hyundai est troisième avec 14.978 unités vendues (+2% vs 2022) et une part de marché de 9,3%. Peugeot est quatrième avec 12.530 unités écoulées (+3% vs 2022) et une part de marché de 7,8%. La cinquième position revient à Volkswagen qui a enregistré durant l’année passée 9.233 unités réalisant une hausse de 54% par rapport à 2022 et une part de marché de 5,7%. Dans le top 10 des marques les mieux vendues en 2023, on notera également les performances de Kia et Opel qui réalisent une croissance de 6% chacune. Par segment, le trio de tête revient successivement à Dacia, Renault et Hyundai. Dans ce sens, Dacia a vendu 33.830 unités VP (-13% vs à 2022) occupant ainsi une part de marché de 23,3%. Elle est suivie de Renault qui a écoulé 22.553 VP durant 2023 (+4,7% vs à 2022) et détient une part de marché de 15,5%. La troisième place revient à Hyundai avec 13.884 VP enregistrés (+5,2% vs 2022) et ayant de ce fait une part de marché de 9,6%. Dans le classement top 10 des marques VP en 2023, Peugeot, Opel, KIA et Audi performent avec des croissances respectives de +5,2, +8,1, 8,6 et 13,7%. Pour ce segment, l’AIVAM indique que le retour à la normale progressif des approvisionnements redéfinit les positions des marques. Concernant les meilleures ventes dans le segment VUL en 2023, Renault occupe la première place du podium avec 3.902 ventes ( -19,4% vs 2022) et une part de marché de 24,1%. La deuxième place revient à DFSK avec 2.525 unités écoulées (-7,9% par rapport à 2022) et une part de marché de 15,6%. La troisième place quant à elle appartient dans ce top 3 à Ford qui a vendu 1.932 VUL (+5,9% vs 2022) et une part de marché de 11,9%. Plus globalement, on notera aussi les bonnes performances de Fiat (+40,6%) et de Volkswagen (+125,3%) dans ce segment. L’AIVAM indique par ailleurs que le VUL est directement impacté par le recul de la demande.
Lors de la conférence de presse tenue par l’AIVAM pour annoncer les performances du secteur de l’automobile en 2023, plusieurs tendances se sont confirmées au niveau des villes dont celles de la progression de Tanger qui se fait de plus en plus une place en termes de parts de marché des VUL et des VP. Casablanca qui constitue le plus grand marché du Royaume (+40%) affiche un recul de 2% en 2023. Avec une part de marché de plus de 10%, Rabat se classe deuxième dévoilant une légère progression de 1,1%. En recul de croissance avec 4,3%, Agadir est le troisième plus grand marché (8%). Alors que Marrakech (3 ème) retrouve des couleurs (+4,9%), Tanger (5ème) confirme son expansion (+15%).
L’engouement pour le SUV se confirme
Le SUV et les citadines représentent les deux segments les plus importants en termes de parts de marché VP avec une progression remarquée du SUV (+6,9% contre un recul de 3,5% des citadines). Cette évolution confirme, selon l’AIVAM, l’engouement des consommateurs pour le SUV.
Ils prennent le lead pour devenir le principal segment du marché automobile. Pour ce qui est des compactes (qui se classent comme quatrième segment du marché), elles connaissent une forte progression en termes de ventes avec une croissance de 17% expliquée notamment par la demande des loueurs.
Du côté des VUL, l’investissement est en berne chez l’utilitaire léger dû au contexte économique qui impacte tous les segments (Van, Minibus, Pick-up).
Le pick-up détient la principale part de marché avec 42,2% et une croissance en baisse de 7,8% par rapport à 2022.
Le premium représente une part de marché de 10,7% des ventes VP en 2023. Et ce n’est pas tout. Il s’avère que le secteur du luxe affiche une croissance qui dépasse le marché généraliste. De plus, l’électrification est plus concentrée par le premium. Il en ressort que 15.535 véhicules premium ont été vendus en 2023 contre plus de 13.500 en 2022. Par marque, AUDI est en première place avec 4432 voitures vendues (+13,7% par rapport à 2022) et une part de marché de 29%. Elle est suivie de BMW qui a écoulé 3.502 unités ( +23,1% vs 2022) et détient une part de marché de 23%. La troisième position revient à Mercedes-Benz qui a vendu 2.656 voitures (+11,4% par rapport à 2022) et occupe une part de marché de 17%. Le premium affiche donc globalement une bonne performance. On notera les croissances de Land Rover (+38,8%), DS (+13,5%) et MINI (+21,7%).









