Automobile : Voici pourquoi le Maroc restera un hub pour le secteur

Automobile : Voici pourquoi le Maroc restera un hub pour le secteur

Malgré l’impact Covid-19

Les performances réalisées par la filière automobile au Maroc et son écosystème font du pays un partenaire incontournable en Afrique pour les industriels du secteur. Cette «success story» ne fait que commencer. Au cours de ces deux dernières décennies, le Maroc a franchi un nouveau pas en développant des plateformes de production plus compétitifs. «Le Maroc disposera toujours d’une main-d’œuvre qualifiée, s’appuyant, dans la filière automobile, sur des compétences techniques et technologiques de pointe. Son positionnement géographique sera toujours celui d’être la plaque tournante d’un accès à un double marché, celui à destination de l’Europe et celui à destination de l’Afrique», relève une récente analyse de Policy Center for the New South intitulée «L’automobile, une filière marocaine stratégique, leader du secteur en Afrique» ajoutant que ce dernier marché, à fort potentiel, est aussi une chance pour le Maroc, comme l’a été le choix du low cost et de Tanger fait par Renault. Réalisée par Henri-Louis Vedie, Senior fellow auprès du think tank marocain, cette réflexion fait un rappel de l’évolution de cette industrie au Maroc durant les dernières années, la stratégie de développement de la filière dans le pays ainsi que les atouts dont il dispose pour affronter l’après-Covid-19.

Un pari gagnant

Pour l’auteur de cette étude, l’industrie automobile est désormais le secteur référent des nouveaux métiers mondiaux du pays, étant celui qui crée le plus d’emplois, dont le taux de couverture des échanges extérieurs atteint plus de 70% en 2018, avec des IDE qui se diversifient et dont la valeur ajoutée locale s’accroît de façon quasi exponentielle depuis 2011. Il s’avère en effet qu’à elle seule la filière a créé 27% des emplois générés dans le secteur industrie entre 2014 et 2018. «Ce sont des emplois qualifiés ou hautement qualifiés. On constatera enfin que les emplois créés par les écosystèmes de la filière automobile sont les plus nombreux, 85.000 des 163.000», argumente l’expert. Au niveau du taux de couverture des échanges extérieurs (entre 2007 et 2018), on notera un changement dans la structure des exportations et ses incidences sur ce pourcentage : 16% en 2011 et 72% en 2018. «Jusqu’en 2011, les exportations automobiles étaient à hauteur de 75%, reposant sur la production de câblages automobiles.

Avec l’implantation de Renault Melloussa, la part des assemblages et constructions automobiles va augmenter de façon significative, passant de 12% en 2011 à 47 % en 2018», peut-on lire dans ce document. Cette évolution constatée dans la structure des exportations permet d’atteindre en 2018 un taux de couverture des échanges de biens automobiles de toutes natures (72%). «Cette très forte augmentation s’explique par un taux de couverture d’environ 100% pour les biens de construction -ce pourcentage n’était que de 16% en 2011- que va réduire le poids des importations en carrosserie et en accessoires automobiles, dont les taux de couverture respectifs sont de 8% et 26% en 2018. Par contre, le fléchissement observé en 2016 est la conséquence d’une augmentation importante de véhicules importés de 31%, les exportations ne progressant alors que de 21%», indique la même source imputant les bons résultats observés au succès de Renault Nissan Melloussa. L’auteur de cette analyse prévoit que la venue de PSA à Kenitra devrait les améliorer encore arrivant à 100% en 2023.

Evolution de la valeur ajoutée locale dans les exportations automobiles marocaines sur la période 2000-2014

Exportations et parts de marché

La filière de l’automobile est la première en termes d’exportations tous secteurs confondus, relève ladite étude. Son auteur souligne que, «entre 2005 et 2013, les exportations de la filière automobile ont plus que quadruplé, passant de 7,3 milliards de DH à 31,6 milliards en 2013, soit une augmentation annuelle moyenne de 20%. Durant la période 2014-2018, l’implantation de Renault-Nissan et le développement des écosystèmes qui l’accompagnent vont doper les exportations, les faisant passer de 42,7 milliards DH en 2014 à 72,3 milliards en 2018, soit une progression annuelle moyenne remarquable, compte tenu du niveau atteint en 2014 de 14%». Et de poursuivre : «Si les activités de câblage représentaient 75% de ces exportations en 2011, suivies de celle de la construction des véhicules à 12% en 2011, les statistiques de 2018 montrent un rééquilibrage au profit, cette fois, de la construction, avec 47%, suivie du câblage à 41%. Avec l’arrivée de PSA, ce double mouvement ne peut que s’amplifier, confortant cette filière au premier rang des activités exportatrices du Royaume, et ce à partir désormais de voitures construites sur le territoire marocain».

Production automobile : Entre 700.000 et 1.000.000 d’unités à l’horizon 2025-2030

Il est prévu que la production automobile au Maroc à l’horizon 2025-2030 soit entre 700.000 et 1.000.000 unités. «Cette fourchette, très large, s’explique par l’absence de visibilité actuelle concernant les projets chinois autour de la voiture électrique du constructeur BYD Auto Industry sur le site de Tanger», explique cette analyse. Par ailleurs, la mise en service d’une usine Peugeot à Kenitra, en juin 2019, a contribué à augmenter la capacité de production du pays de 100.000 véhicules en 2020 et de 100.000 véhicules supplémentaires, horizon 2023.

On notera également le renforcement de l’usine Somaca de 70.000 unités et les 340.000 unités de Renault-Nissan à Melloussa. Ces projections devraient être atteintes en 2023, portant la production à 700.000 unités par rang de voitures de tourisme, au premier rang du continent africain, devant l’Afrique du Sud, relève la même source.

Au lendemain du Forum Chine-Afrique de Marrakech, le constructeur chinois BYD/Build Your Dream/Auto Industry exprime sa volonté d’implanter quatre usines destinées à produire des voitures électriques sur le site de la future Cité Mohammed VI -Tanger Tech. Elles permettront de créer 2.500 emplois directs, avec pour objectif de produire 250.000/300.000 véhicules par an. Ce projet une fois réalisé porterait la capacité de production automobile à 300.000 unités de plus plaçant la capacité totale du Maroc à un million de véhicules de tourisme par an, confortant la place de leader du Royaume en Afrique.

Des exportations à 80% destinées aux marchés européens

En termes de marchés cibles, il ressort que 80% des exportations de la filière sont adressées à des pays de l’Union européenne. Ainsi la France arrive en première place avec 31% des parts de ce marché. En deuxième place on retrouve l’Espagne avec 11%, suivie de l’Allemagne (9%), de l’Italie (9%), et de la Turquie (8%). En bas du classement, il y a la Belgique, la Pologne, la République Tchèque, l’Egypte et la Roumanie (5% et moins).

Pourcentage de la valeur ajoutée locale chez les pays réputés pour leur plateforme

 

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