Avec un investissement d’une valeur d’un milliard d’euros : Bosch inaugure une usine de puces, en pleine pénurie mondiale

Avec un investissement d’une valeur d’un milliard d’euros : Bosch inaugure une usine de puces, en pleine pénurie mondiale

C’est une annonce qui arrive à point nommé: le premier équipementier automobile mondial, Bosch, a inauguré lundi en Allemagne une nouvelle usine de semi-conducteurs au moment où l’Europe se mobilise pour tenter de rapatrier sur le continent la production de ces précieux composants.

La fine fleur des responsables qui ont pris part lundi à la cérémonie virtuelle marquant le lancement du site de Dresde, dans l’est du pays, témoigne de l’enjeu politique et industriel représenté par ses petites pièces électroniques que le monde s’arrache.
Aux côtés de la commissaire européenne Margrethe Vestager, la chancelière Angela Merkel a souligné l’importance pour l’UE de «rattraper les concurrents en Asie et aux États-Unis» dans ce secteur technologique «clé».
«Nous devons être ambitieux, nos concurrents du monde entier ne dorment pas», a lancé la dirigeante allemande, rappelant l’objectif européen de doubler d’ici 2030 sa part de marché, en la portant à 20% de la production globale.Si la pénurie qui affecte l’approvisionnement en puces depuis plusieurs mois n’épargne aucun continent, l’Europe souffre de son manque d’autonomie, au point que les goulots d’étranglement menacent la reprise dans certains secteurs, comme l’automobile.
Bosch a d’ailleurs prévenu lundi: il n’arrive pas en «super-héros» à la rescousse des constructeurs.
Fabriquant principalement des composants pour ses propres produits, le géant allemand «peut contribuer» à réduire la pénurie mais reste lui-même «dépendant de fournisseurs», a souligné son patron Volkmar Denner.

Mais «comme dans toute situation tendue, chaque pièce produite supplémentaire aide», explique à l’AFP Jens Fabrowsky, responsable des activités semi-conducteurs à la direction de Bosch. Le groupe s’attend à «des mois encore difficiles» sur le plan de l’approvisionnement, selon son directeur, avec «une baisse de la pression au deuxième semestre». En posant, en 2018, la première pierre de l’usine de Dresde, le groupe n’avait «franchement pas prévu la crise», reconnaît M. Fabrowsky.
Cet investissement d’une valeur d’un milliard d’euros est le plus important de l’histoire de Bosch qui dispose déjà d’un autre site de fabrication à Reutlingen, dans le sud de l’Allemagne.
L’usine démarrera avec six mois d’avance, le mois prochain. L’industrie automobile recevra en septembre les premières livraisons de l’équipementier. De plus en plus petits et puissants, les semi-conducteurs permettent à des appareils de capter, traiter ou stocker des données. Ils sont indispensables et intégrés à de nombreux objets du quotidien, des voitures (freins, assistance de conduite…) aux consoles de jeux vidéo, en passant par les avions et téléphones mobiles.

Aujourd’hui, l’UE est largement dépendante d’usines en Asie, où sont basés certains des plus grands producteurs et des plus avancés, comme la Taïwan Semiconductor Manufacturing Company (TSMC), leader du marché. Dans ce domaine, une «autarcie européenne complète n’est ni judicieuse ni souhaitable», a toutefois relevé le PDG de Bosch, appelant l’Europe à se spécialiser sur certains types de puces.
Outre Bosch, l’Europe dispose avec l’allemand Infineon, le français STMicroelectronics ou le néerlandais NXP d’entreprises de pointe. L’UE a récemment annoncé sa volonté de mobiliser plusieurs milliards d’euros dans le cadre d’un plan de soutien appelé «Piiec» (projet important d’intérêt européen commun) pour soutenir les investissements privés et favoriser les collaborations en matière de microélectronique.

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