En croissance de près de 40% à fin mars 2021 : A l’export, l’automobile reprend des couleurs

En croissance de près de 40% à fin mars 2021 : A l’export, l’automobile reprend des couleurs

Malgré la crise sanitaire qui avait ralenti la production dans le secteur, notamment durant la période du confinement, les exportations enregistrent des chiffres supérieurs à la période d’avant-Covid.

Les exportations automobiles retrouvent un rythme de croissance élevé. Une tendance confirmée récemment par les statistiques à fin mars de l’Office des changes.

Montée en puissance

Durant les trois premiers mois de l’année 2021, les exportations du secteur automobile s’établissent à 22,602 milliards DH contre 16,274 milliards une année auparavant. Ce qui représente une croissance de 38,9% (soit 6, 328 milliards), fait observer la même source confirmant ainsi la force de l’industrie marocaine de l’automobile et sa capacité de rebondir. Mieux encore et malgré la crise sanitaire liée à la pandémie du nouveau Coronavirus (Covid-19) qui avait ralenti la production dans le secteur, notamment durant la période du confinement, les exportations enregistrent des chiffres supérieurs à la période d’avant-Covid.

Par segment

A la lecture des mêmes statistiques, on notera que les segments de la «Construction», du «Câblage» et «Intérieur véhicules et sièges» ont enregistré des croissances remarquées. Les exportations du segment construction s’élèvent à 51,9% à fin mars 2021 comparé à la même période en 2020 (soit 9,18 milliards DH). Pour le segment du câblage, il est en hausse de 23,4% (soit 7,6 milliards DH) alors que le segment «Intérieur véhicules et sièges» a progressé de 24,9% (ce qui représente 2,3 milliards DH). Cet élan confirme le choix stratégique du Maroc de miser sur l’industrie automobile qui s’inscrit comme un secteur référent des nouveaux métiers mondiaux du pays, créateurs d’emplois et de richesse. Faut-il rappeler par exemple que le taux de couverture des échanges extérieurs a atteint plus de 70% en 2018, avec des IDE qui se diversifient et dont la valeur ajoutée locale augmente de manière croissante depuis le début de la décennie. «Jusqu’en 2011, les exportations automobiles étaient à hauteur de 75%, reposant sur la production de câblages automobiles.

Avec l’implantation de Renault Melloussa, la part des assemblages et constructions automobiles va augmenter de façon significative, passant de 12% en 2011 à 47% en 2018. Ce changement opéré dans la structure des exportations va permettre d’atteindre, en 2018, un taux de couverture des échanges de biens automobiles de toute nature de 72%. Cette très forte augmentation s’explique par un taux de couverture d’environ 100%, pour les biens de construction. Ce pourcentage n’était que de 16% en 2011, que va réduire le poids des importations en carrosserie et en accessoires automobiles, dont les taux de couverture respectifs sont de 8 et 26% en 2018», explique une analyse du Policy Center for the New South sur l’industrie automobile au Maroc intitulée «Automobile: Une filière stratégique leader du secteur en Afrique».

Par ailleurs, le pari gagnant du Maroc réside dans la mise en place d’écosystèmes, à savoir «Câblage automobile», «Intérieur véhicule et sièges», «Métal-emboutissage», «Batteries automobiles», «Poids lourds et carrosserie industrielle», «Moteurs et transmission», «Écosystème Renault» et «Écosystème PSA». Ces dynamiques permettent une meilleure intégration du secteur. A côté de cela, le capital humain et en particulier la formation constituent un élément déterminant pour la réussite de ce challenge. De ce fait, le Plan d’accélération industrielle consacre une place centrale à la formation afin de disposer de compétences marocaines hautement qualifiées maîtrisant les dernières innovations de l’industrie. Ces atouts font que le Maroc peut prétendre à être un hub industriel du secteur automobile sur le continent.

Ils ont choisi d’investir au Maroc en 2021…

Plusieurs entreprises développent leur production au Maroc, à l’exemple de Clayens NP Morocco qui a inauguré en 2021 l’extension de son unité industrielle à Mohammedia, spécialisée dans la production des pièces métalliques de précision destinées aux secteurs automobile, électrique et électronique. D’un investissement global de 73 millions de dirhams (MDH), cette extension, réalisée par le groupe pendant la période de crise sanitaire, permettra l’augmentation de 70% de la surface de l’usine. Ce projet devra générer un chiffre d’affaires supplémentaire de 120 MDH et 100 emplois, portant la totalité de l’effectif à 550 emplois. Cet investissement a consisté en l’installation de nouveaux équipements dotés de technologies de pointe visant à améliorer et à optimiser les procédés de fabrication, dans le cadre du processus de digitalisation de l’usine dans la perspective d’en faire «une usine 4.0». Il répond également à l’objectif de décarbonisation entamé par le groupe depuis 4 ans afin de réduire, à l’horizon 2023, son empreinte carbone par l’utilisation de l’énergie solaire. Autres entreprises, on citera Stellantis (ex-PSA) et le Centre technique des industries des équipements pour véhicules (Cetiev) qui ont lancé un nouveau site «Cetiev 2.0». S’étalant sur une superficie de 3.700 m², ce site réalise pour la première fois au Maroc des essais physiques liés aux activités de développement et de validation automobile, effectués auparavant à l’étranger (essais électriques-électroniques, mécatroniques, acoustiques et vibratoires, ainsi que des analyses de synthèse véhicules). Il est composé de laboratoires, ateliers, bureaux et d’espaces évènementiels et de formation, emploie 100 ingénieurs et dispose de plates-formes et installations techniques de haute technologie. Notons par ailleurs qu’en termes de production, le Groupe Renault Maroc a récemment dévoilé les deux nouveaux véhicules de la marque, à savoir le Nouvel Express et le Nouvel Express Van, produits à l’usine de Tanger. Pour y parvenir, l’usine Renault de Tanger a renforcé son processus de transformation de l’outil industriel et consolidé son statut d’usine 4.0. En effet, l’industrialisation de ces nouveaux modèles s’étant caractérisée par des évolutions fortes dans l’atelier tôlerie avec l’ajout de 32 robots sur les postes d’assemblage final.

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