Hub africain de l’automobile : Le Maroc garde un «tour d’avance»

Hub africain de l’automobile : Le Maroc garde un «tour d’avance»

Le Maroc dispose des atouts nécessaires pour hisser l’industrie automobile en Afrique. Avec son savoir-faire acquis durant ces dernières années, le pays figure en tête du peloton en termes de performances de production.

Un positionnement stratégique

«Beaucoup d’Etats africains considèrent, aujourd’hui, s’appuyant sur le modèle marocain, que le développement d’une filière automobile sur leur territoire peut jouer un rôle majeur dans le développement de leur industrialisation. En 2020, les grands noms de la construction automobile commencent à s’installer, ou à se réinstaller en Afrique subsaharienne, confirmant le potentiel de développement de la filière automobile africaine», atteste une récente étude intitulée «L’automobile :
Une filière marocaine stratégique en leader du secteur en Afrique», réalisée en novembre dernier par Henri-Louis Verdi avec le think tank marocain Policy Center for the New South. Elle relève que l’après-Covid-19 ne changera rien au succès de l’industrie automobile au Maroc. «Le Maroc disposera toujours d’une main-d’œuvre qualifiée, s’appuyant, dans la filière automobile, sur des compétences techniques et technologiques de pointe. Son positionnement géographique sera toujours celui d’être la plaque tournante d’un accès à un double marché, celui à destination de l’Europe et celui à destination de l’Afrique», cite-t-on.

Un savoir-faire à transmettre aux pays africains frères

Ces connaissances, le Maroc compte les partager via divers partenariats signés avec ses pays africains frères, notamment dans le cadre de divers programmes de coopération à travers le renforcement des capacités et en matière de formation professionnelle. A l’exemple des échanges entre le Maroc, la Corée et l’Afrique qui renforcent l’enseignement des métiers de l’automobile au sein l’Institut de formation aux métiers de l’industrie automobile à Casablanca (IFMIAC).

Une success story qui se poursuit

Sur le plan industriel, le Maroc est le deuxième producteur de véhicules à moteurs en 2019 (après l’Afrique du Sud) et premier producteur de voitures touristiques en Afrique. Si on s’en tient aux unités produites, ou à produire sur le territoire horizon 2030, le pays se situe au premier rang, suivi de l’Afrique du Sud et de l’Egypte. «La mise en service d’une usine Peugeot à Kenitra, en juin 2019, a contribué à augmenter la capacité de production du pays de 100.000 véhicules en 2020 et de 100.000 véhicules supplémentaires, horizon 2023. A cela, il faut rappeler le renforcement de l’usine Somaca de 70.000 unités et les 340.000 unités de Renault-Nissan à Melloussa.

Comme nous l’avons montré, ces prévisions devraient être atteintes en 2023, portant la production à 700.000 unités par rang de voitures de tourisme, au premier rang du continent africain, devant l’Afrique du Sud», indique la même étude. Cette force industrielle du Maroc dans le secteur automobile attire également la Chine qui au lendemain du Forum Chine-Afrique de Marrakech a annoncé à travers le constructeur chinois BYD/Build Your Dream/Auto Industry, sa volonté d’implanter quatre usines destinées à produire des voitures électriques sur le site de la future Cité Mohammed VI -Tanger Tech, une ville en construction et en cours de réalisation par le chinois Haite. «Elles permettront de créer 2.500 emplois directs, avec pour objectif de produire 250.000/300.000 véhicules par an. Ce projet est soutenu par le milliardaire américain Warren Buffet qui commercialise, depuis 2008, un véhicule hybride et, depuis 2009, une voiture entièrement électrique baptisée E6», argumente la même source précisant que ce projet permettrait de produire 300.000 unités de plus, portant la capacité totale du Maroc à un million de véhicules de tourisme par an et confortant la place de leader du Royaume en Afrique.

Notons que la filière automobile est celle qui y créé le plus d’emplois industriels, avec un taux de couverture de ses échanges extérieurs de plus de 70%. C’est, aussi une filière tournée à 90% vers l’exportation, dont 80% à destination de l’Europe, avec une valeur ajoutée locale en constante augmentation.

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