Automobile

Jean-Louis Paccanari : «La XF a projeté Jaguar dans le futur»

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ALM : Pouvez-vous nous dresser un bilan chiffré de l’activité commerciale de Jaguar Maroc au terme de l’année 2008 ?
Jean-Louis Paccanari  : Jaguar Maroc continue sur sa progression, entamée il y a quatre ans, soit depuis sa création. Pour rappel, nous avions vendu 50 véhicules la première année, 80  la deuxième, 130 en 2007, puis 206 Jaguar en 2008. Cela équivaut à une croissance de près de 60%, que l’on attribue principalement à l’arrivée de la XF.

A quoi attribuez-vous le succès remarquable de la XF  ?
Avec la XF, Jaguar a réussi à créer un savant mélange entre  tradition et  modernité. Un nouveau design, des moteurs puissants et une haute technologie embarquée. L’intérieur est toujours très british, mais avec des sophistications uniques comme le sélecteur électronique de vitesses. Le tout, avec en prime, une jolie compétitivité par rapport aux modèles concurrents. Au risque de me répéter, on est sortis de la tradition pour évoluer vers la modernité avec ce modèle. La XF a, en quelque sorte, projeté Jaguar dans le futur. D’ailleurs, c’est avec la XF que Jaguar a démarré sa nouvelle garantie étendue à 5 ans ou 250.000 km.

Justement, en parlant de garantie, qu’en est-il de la fiabilité de ce modèle bardé  d’électronique  ?
A ce jour, nous n’avons eu absolument aucun problème sur la XF. C’est une voiture très fiable. Et puis, il est clair que si un constructeur comme Jaguar vous offre 5 ans de garantie, c’est qu’il s’est bien assuré sur la fiabilité de ses modèles.

A quelle échéance prévoyez-vous l’introduction de la XF diesel et qu’est-ce que vous pouvez nous en dire  ?
Partant du principe que le gasoil à 50 ppm ne sera généralisé dans toutes les stations-service qu’à partir du premier avril prochain, je pense raisonnablement que nous n’aurons pas la XF diesel avant le mois de juin. Entre-temps, le constructeur est en train d’étudier la qualité du diesel marocain. Mais la disponibilité de ce moteur devrait aboutir à l’échéance prévue. Du reste, il s’agit d’un nouveau V6 de 3.0 litres de cylindrée, disponible en deux puissances 240 ou 275 chevaux et accouplé à la même boîte de vitesses que celle des versions essence.

Qu’est-ce qui fait la différence entre la marque Jaguar et ses rivales du marché premium ?
Au-delà de tout aspect «produit», toute la politique de Jaguar Maroc s’articule autour de la relation avec sa clientèle. Cela va de l’accueil personnalisé du client et surtout de la qualité de l’après-vente. Pour cela, nous avons dès le départ mis en place un atelier ultramoderne, doté d’un matériel de pointe, supervisé par des techniciens formés chez Jaguar et offrant un espace dédié à l’accueil des clients.
Nous pensons fermement que c’est bien la qualité du service après-vente qui fidélise le plus un client, surtout dans le segment haut de gamme. Et au vu des résultats actuels, je pense que nous avons bien réussi à ce niveau. Et puis, chez Jaguar, nous ne sommes pas dans une logique de volumes (de ventes) à l’inverse de nos concurrents. La qualité à tous les niveaux passe avant toute chose.

Qu’en est-il de votre réseau de distribution, est-il appelé à s’élargir  ?
Nous étudions actuellement un redéploiement dans deux villes, principalement : Rabat et Marrakech. La première du fait de son fort potentiel commercial, puisqu’il s’agit de la deuxième ville du Royaume en termes de ventes de voitures neuves. Je pense qu’une belle représentation de Jaguar à Rabat pourrait fortement drainer la clientèle de Fès et Meknès. Quant à Marrakech, ce serait plus une belle vitrine pour exposer notre gamme. Maintenant, entre les deux, c’est bien Rabat qui est prioritaire à nos yeux. Ce sont donc les deux places sur lesquelles nous souhaitons être présents et dans un avenir proche.

Que pensez-vous de la reprise de Jaguar par le groupe indien Tata  ?
C’est une opportunité. D’abord, parce que le groupe Ford n’avait plus les moyens de gérer l’évolution de Jaguar. Ensuite, parce que Tata est un groupe industriel très puissant qui est présent dans divers secteurs d’activité et notamment dans ceux de l’automobile et des poids lourds. Et puis le Royaume-Uni et l’Inde ont un passé commun très important et des rapports économiques étroits.
Enfin, lorsqu’on voit les nouveautés présentées au dernier Salon de Detroit, dont la XFR, on ne peut que constater que Tata a bien réussi à prendre les choses en main. Donc, je pense que c’est la meilleure des choses qui pouvait nous arriver.

Quelle appréciation faites-vous du marché haut de gamme au Maroc ? Pensez-vous qu’il sera touché par la crise financière mondiale  ?
Sans mentionner tel ou tel chiffre, je dirais que le marché automobile du haut de gamme se porte bien au Maroc. C’est évidemment un marché où la clientèle est aisée. Mais c’est aussi une clientèle qui a du goût et des choix bien arrêtés, que ce soit chez Jaguar ou un autre label premium.
Quant à la crise, elle existe bien et nous y aurons droit. Ceci étant, il est difficile de faire des pronostics sur l’année en cours car beaucoup de facteurs sont à prendre en considération, dont la prochaine recolte qui devrait être bonne et l’on sait que le Maroc est un pays à vocation agricole.

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