Le sport automobile dans la tourmente : Qui lui veut du mal ?

Le sport automobile dans la tourmente : Qui lui veut du mal ?

Tout le monde, ou du moins ceux qui se passionnent pour le sport automobile, ne peuvent s’empêcher de se poser des questions quant à son avenir.

Alors que tous les regards sont rivés sur la Fédération, les versions sont diverses et souvent contradictoires selon les intérêts de chacun en oubliant l’intérêt général.

C’est au dernier Grand Prix de Kénitra que toutes ces contradictions et conflits ont pris une certaine ampleur avec un boycott de certains pilotes et des accusations formulées contre l’organisation. Nous sommes allés à la rencontre des différentes parties pour mettre la lumière sur ce manège qui dure depuis la démission de l’ancien président il y a plus d’un an maintenant. Laissant son siège vacant, il a également laissé derrière lui une fédération en crise dont les membres se tiraillent aujourd’hui au sein même du bureau fédéral.

Mais la question qui se pose est pourquoi la fédération n’a pas tenu son assemblée générale pour élire un nouveau président ? C’est ce que lui reprochent certains pilotes comme Mounia Loulidi ou encore Youssef Alaoui qui va même jusqu’à dénoncer la légalité de la fédération en se basant sur un communiqué envoyé par le secrétaire général, Zakari Jamal, qui met en avant la non conformité de cette institution.

Mais si une institution est dans une situation illégale, son staff ne le serait-il pas par la même occasion? C’est ce que nous avons cherché à savoir en contactant le président délégué, Abderrahim Abdane et la trésorière de la Fédération Saïda Ibrahimi, qui au-delà de leurs versions des faits nous ont surtout fourni des documents qui parlent d’eux-mêmes. Comme cette lettre adressée par M. Abdane aux différents clubs en mars dernier pour reporter l’assemblée générale. Si certains lèvent les yeux au ciel en dénonçant un énième report, des documents en notre possession nous ont permis de tirer au clair cette situation.

Suite à la promulgation de la loi 30-09 en novembre 2010, la FRMSA était dans l’obligation de s’y conformer et d’adopter de nouveaux statuts selon les statuts-types fixés par voie réglementaire et qui doivent être notifiés à l’administration pour s’assurer de leur conformité. Or, les nouveaux statuts n’ont été adoptés qu’en novembre 2012, lors de l’assemblée générale extraordinaire tenue à Rabat.

Mais cela ne permettait toujours pas d’élire un nouveau président pour la simple et unique raison que les clubs n’étaient pas conformes aux statuts et ne pouvaient donc pas voter. D’ailleurs pour le vote, plusieurs clubs ont du mal avec l’article 15 du statut de la FRMSA qui revient sur l’attribution des voix. En effet, seuls les pratiquants et ceux qui ont eu une licence championnat sont pris en compte avec un quota selon le nombre de licenciés par club. Les officiels et dirigeants sont ainsi écartés. Ce qui n’arrange pas forcément les associations qui comptent plus d’officiels que de pilotes.

Pour essayer de rétablir la situation une commission du ministère de la jeunesse et des sports a pris en main tous les dossiers des clubs pour qu’ils puissent enfin régulariser leur situation financière avec la FRMSA ou encore administrative avec la tenue de leur propre assemblée générale. Ce n’est qu’à ce moment-là que le vote sera possible et qu’un nouveau président pourra être élu. Mais en attendant, la FRMSA, à travers son président délégué et sa trésorière, ne bloque pas la situation et essaie d’organiser des manifestations pour les pilotes. D’ailleurs une manche se déroulera bientôt en Espagne aux frais de la FRMSA qui ne demande que les droits d’engagement (600 DH).

Mais pour revenir sur le dernier événement organisé sur nos terres, en présence du ministre de l’équipement et du transport, M. Rabbah, contrairement au jeune Amine Mennane qui a pris part à la course, les pilotes ont boycotté la manifestation en dénonçant l’illégalité de cette course.

Mais d’après les documents que nous avons en notre possession, ce circuit et le club organisateur A.M.S.A de Saïda Ibrahimi étaient bien en règle. Assurance contractée, visa délivré par la FRMSA mais surtout la présidence d’honneur de Son Altesse Royale la Princesse Lalla Meryem.
Alors le sport automobile pourra-t-il s’en sortir ? Sans doute mais la réputation de sport élitiste en pâtira. En attendant de voir un nouveau président de la FRMSA prendre en main la situation, voici quelques documents et citations
des différents concernés. Que chacun puisse se faire son idée.

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