Nicolas Rolland : «Nous avons vendu plus de 135 voitures en janvier 2021»

Nicolas Rolland : «Nous avons vendu plus de 135 voitures  en janvier 2021»

Entretien avec Nicolas Rolland, fondateur de la chaîne YouTube «Le Vendeur Automobiles»

En quelques années, le digital a transformé le comportement d’achat client. Le secteur automobile n’échappe pas à cette mutation avec l’apparition de nouvelles tendances accélérées par la Covid-19. Pour tirer leur épingle du jeu, les entreprises du secteur tendent de plus en plus à communiquer sur les réseaux et les médias sociaux. Pour en savoir plus, Nicolas Rolland nous livre son analyse.

ALM : Vous avez démarré depuis quelques années seulement votre chaîne YouTube qui réunit déjà plus de 150.000 abonnés. Pourriez-vous nous raconter un peu cette aventure et comment a évolué le projet?

Nicolas Rolland : Je viens d’un secteur totalement différent, puisque j’ai évolué en tant que directeur d’investissement dans un fonds d’investissement parisien pendant près de 10 ans, et ce n’est qu’en 2019 que j’ai décidé de vivre de ma passion de l’automobile en lançant mon propre média : la chaîne YouTube «Le Vendeur Automobiles» avec mon associé Romain Griveau. Le lancement du média, au vu de la concurrence sur YouTube, a été une aventure difficile mais notre motivation était plus forte que les obstacles rencontrés. En à peine 1 an et demi, nous sommes passés de 700 à 157.000 abonnés, avons réussi à s’octroyer une place de choix parmi les médias automobiles sur YouTube et Google, en devenant le média francophone présentant des essais automobiles le plus regardé chaque mois, plus de 2 millions de personnes regardent nos vidéos d’essais détaillés de nouveautés automobiles. De plus nous avons réussi à devenir le premier média YouTube qui vend des voitures grâce aux vidéos, les chiffres parlent d’eux-mêmes : 603 voitures vendues sur l’année 2020 avec un prix moyen de 67.500 euros TTC.
Notre ambition est de démocratiser le «social selling» dans le secteur automobile en utilisant les réseaux sociaux pour vendre. Preuve en est, nous avons en parallèle développé une activité de formation avec un institut de formation haut de gamme pour que les commerciaux dans le secteur automobile puissent eux aussi vendre grâce aux réseaux sociaux. Nous travaillons actuellement avec plusieurs constructeurs présents en France et dans le reste du monde d’ailleurs !

Qu’est-ce que les vidéos en ligne peuvent apporter de mieux à un acheteur indécis ?

En regardant nos vidéos, l’acheteur aura une vue exhaustive de tous les éléments extérieurs, intérieurs, technologiques du véhicule qui l’intéressent, avec en plus une offre en location longue durée négociée dont je parle pendant la vidéo et à laquelle il peut souscrire en cliquant sur le lien en-dessous de la vidéo. Une sorte de visite très aboutie en concession en restant confortablement assis dans son canapé.
De plus notre équipe de commerciaux étant très réactive, nous le rappelons dans les plus brefs délais après qu’il remplit le formulaire de contact.

Conscients de la tendance générale vers la digitalisation, certains constructeurs automobiles investissent dans des «Digital factories», de nouveaux concepts store ou encore des showrooms virtuels. Qu’est-ce que cela implique pour l’activité et particulièrement les points de vente?

Les constructeurs commencent à se tourner vers le digital car ils sont conscients de la force de la digitalisation pour le futur de leur activité. Mais le digital implique de maîtriser les réseaux sociaux qui ne sont plus là pour divertir mais bel et bien pour vendre.
Et c’est là la plus grande difficulté pour les constructeurs: comment vendre avec les outils les plus utilisés dans le monde en 2021 ? Un site internet, ou une simple présence sur les réseaux sociaux ne sont aujourd’hui plus suffisants pour engager leurs prospects et clients vers l’achat d’un véhicule. Ils doivent transformer ces supports digitaux en canal de vente en les animant régulièrement avec du contenu de qualité, et des personnes qui savent incarner les valeurs de leur marque.
C’est d’ailleurs ce que j’explique à mes clients (constructeurs, réseaux de concessions, distributeurs) : l’époque du «brand content» (le travail de son image de marque) est en train de s’étioler au profit du «social selling» (utiliser les supports digitaux pour vendre).

Comment voyez-vous l’évolution de la digitalisation du commerce automobile durant la période post-pandémie ?

Cette crise sanitaire est une période sans précédent dans l’histoire de l’humanité mais, dans mon secteur d’activité, elle aura été vertueuse : les gens ont compris que le digital était maintenant un réel canal de consommation, et qu’ils pouvaient faire confiance à des acteurs comme «Le Vendeur Automobiles» pour prendre leur décision d’achat d’un produit qui représente le 2e poste de dépense des foyers après l’immobilier. La digitalisation du commerce automobile est inéluctable et ne fera qu’évoluer de manière exponentielle dans les 5 prochaines années. J’en ai pour preuve nos chiffres de ventes sur le mois de janvier 2021 : nous avons vendu plus de 135 voitures à travers YouTube avec un prix moyen de 68.300 euros. J’avais aussi oublié de vous préciser que nous n’avons qu’un seul commercial chez Le Vendeur Automobiles : il s’appelle YouTube !

Quels pourraient être les enjeux du digital dans le secteur pour le Maroc dans les prochaines années?

Tout comme en France, le secteur automobile marocain se doit de prendre la même dynamique afin de répondre aux besoins des consommateurs. Je le constate sur mon audience, les Marocains sont des fins connaisseurs d’automobiles et surtout de bons acheteurs de voitures. Je serais d’ailleurs ravi de pouvoir contribuer à la digitalisation du secteur automobile marocain dès 2021!

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