Plus de 175.000 véhicules neufs vendus en 2021

Plus de 175.000 véhicules neufs vendus en 2021

Au Maroc, les ventes automobiles n’ont pas été épargnées par les effets de cette conjoncture mondiale. Elles auraient réalisé une meilleure performance s’il n’y avait pas de manque de disponibilité des semi-conducteurs.

Bridé par la pénurie des semi-conducteurs, le secteur automobile a connu une année tumultueuse. Mais ce n’est pas tout. «L’automobile va connaître sur du long-moyen terme des impacts structuraux et structurants qui vont révolutionner le monde de la mobilité», affirme d’emblée Adil Bennani, président de l’Association des importateurs de véhicules au Maroc (AIVAM), lors de la présentation à distance du bilan 2021 du secteur qui s’est déroulée le 6 janvier.
Plusieurs facteurs participent à la mutation du secteur automobile dans le monde comme l’électrification, l’entrée en jeu de nouveaux acteurs (Apple, Google, Tesla…), la montée des prix des matières premières, sans parler du contexte géopolitique sino-américain et la course technologique qui l’accompagne. Au Maroc, les ventes automobiles n’ont pas été épargnées par les effets de cette conjoncture mondiale. Elles auraient réalisé une meilleure performance s’il n’y avait pas de manque de disponibilité des semi-conducteurs. Diagnostic.

Pas de salon de l’automobile en 2022
Le Salon de l’automobile ne se déroulera pas en 2022. La confirmation a été faite par le président de l’Aivam. Les professionnels sont toutefois réalistes pour les perspectives 2022 puisqu’ils estiment que la crise liée à ces composants essentiels à l’automobile n’est pas finie. «Nous savons très bien que le premier semestre va être difficile», souligne le président de l’Aivam. En 2022, la croissance du marché dépendra de la disponibilité des stocks et de la pandémie. Dans ce contexte, l’XEV (électrique et hybride) suscite de plus en plus l’intérêt des consommateurs marocains. Néanmoins, le déploiement du réseau de bornes dans le pays est nécessaire. «Il faut aller plus loin avec des dispositifs d’incentives plus forts pour encourager les consommateurs à franchir le pas financier de cette technologie», précise-t-il ajoutant par ailleurs que la tendance pour l’électrique s’accélère au niveau des constructeurs. «Certains ont annoncé l’arrêt du thermique en 2025 en termes de développement et en 2030 en termes de ventes», indique-t-il.
Et de poursuivre: «D’ici 2035, il n’y aura que des véhicules électriques à commercialiser et si on veut être au rendez-vous c’est aujourd’hui qu’il faut démarrer».

Un effet rattrapage limité
Globalement, il y a un retour à la dynamique normale. Par rapport à 2019, le marché de l’automobile marocain est en hausse de 5,7%, soit 175.360 véhicules neufs vendus. Ce taux est encore plus important comparé à 2020 qui a été une année où le secteur était quasiment à l’arrêt (+31,5%). La progression des ventes est stimulée par un effet rattrapage après une année 2020 difficile. Néanmoins, le rebond enregistré est limité. En comparant le manque à gagner en 2020 par rapport à une année normale d’avant la pandémie, il en ressort un écart d’environ 40.000 véhicules. «On devrait être à plus de 210.000 ventes en 2021», argumente Adil Bennani. Par ailleurs, 2018 qui a été la dernière année du Salon de l’automobile restera l’année record avec 177.359 unités écoulées.

Record des immatriculations, l’occasion cartonne
En 2021, les immatriculations sont en croissance de 7% comparé à 2019, soit 190.664 véhicules enregistrés. Ce qui constitue un nouveau record pour le marché marocain, selon l’Aivam. Une autre tendance qui a été observée durant 2021 concerne les mutations (transfert de propriété pour les véhicules d’occasion) qui sont en hausse de 16% par rapport à 2019. «On a tous observé durant cette année qu’il y avait une dynamique assez forte dans le domaine de l’occasion. Sous la pression de la pénurie dans le neuf, beaucoup de gens se sont reportés sur l’occasion», relève le président de l’Aivam. Ce qui donne une croissance entre 2021 et 2019 puisque le nombre de mutations a dépassé 660.000 véhicules. Du côté des véhicules d’occasion importés, on notera qu’ils ont été impactés par la réduction des mouvements à l’international et le non-retour en véhicules des MRE.

Les véhicules utilitaires légers performent
Par segment, 154.123 véhicules particuliers (VP) ont été écoulés réalisant une croissance de 4% comparativement à 2019. Le classement des marques dévoile une belle progression d’Opel et de Kia. Dacia garde sans surprise sa première place sur ce segment (28,6% de part de marché, PDM) suivie de Renault (13,2%) et Peugeot (13,2%).
Les ventes des véhicules utilitaires légers (VUL) dévoilent une croissance de 20% par rapport à 2019, soit 21.237 unités écoulées. «Ce qui est encourageant parce que le VUL traduit la situation de l’économie», souligne Adil Bennani. DFSK arrive en première place avec 19,2% de part de marché, suivi de Renault avec 15,5%. Par ailleurs, les marques exposées au secteur touristique sont impactées négativement.

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