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Renault et Nissan se sont mis d’accord sur la refonte de leur alliance

Un conseil opérationnel de l’alliance prévu le 26 janvier au Japon pour finaliser les accords

Fumée blanche : Nissan et Renault se sont mis d’accord dans la nuit de lundi à mardi pour refondre leur alliance après des mois de négociations, les annonces formelles étant désormais prévues pour fin janvier-début février.

Lors d’un conseil d’administration de Nissan lundi, les directeurs indépendants du constructeur japonais ont «donné leur feu vert», a annoncé à l’AFP mardi une source proche du dossier au Japon, parlant d’un moment «historique». Un conseil opérationnel de l’alliance est prévu le 26 janvier au Japon pour finaliser les accords et ces derniers devraient être signés «la semaine suivante», selon cette même source. Une source proche de Renault a confirmé ce calendrier mardi, avec une annonce officielle prévue entre fin janvier et début février. Le dossier Renault-Nissan était au menu des discussions lundi dernier à Paris entre le président français Emmanuel Macron et le Premier ministre japonais Fumio Kishida, alors que l’État français possède 15% du constructeur tricolore. Et un courrier du ministre français de l’économie Bruno Le Maire à ses homologues du ministère nippon de l’économie, du commerce et de l’industrie (Meti) a été déterminant pour achever de rassurer certains administrateurs indépendants de Nissan sur les intentions de Paris, selon la source au Japon.

Les négociations entre Renault et Nissan traînaient en longueur depuis des mois car elles portaient sur plusieurs volets tous reliés les uns aux autres, rendant l’opération particulièrement complexe. Le groupe français, qui a dévoilé en novembre dernier sa future architecture en cinq pôles différents, prévoit de réduire sa part au capital de Nissan à 15% contre 43,7% actuellement, selon plusieurs sources interrogées par l’AFP ces derniers mois. Pour la première fois depuis leur mariage en 1999, les deux groupes se retrouveraient ainsi sur un pied d’égalité, chacun détenant 15% du capital de l’autre et avec autant de droits de vote. Ce rééquilibrage est perçu des deux côtés comme un moyen de normaliser et de rendre plus efficaces les relations entre les deux constructeurs automobiles, qui ont connu de vives tensions par le passé, surtout après la chute spectaculaire de l’emblématique patron de l’alliance Carlos Ghosn, arrêté fin 2018 au Japon après des accusations de malversations financières et qui a fui un an plus tard au Liban.

La gestion autoritaire de M. Ghosn et l’interventionnisme de l’État français dans les affaires de Renault il y a quelques années, avec notamment son ancien projet de fusion des deux groupes, avaient été très mal digérés dans l’archipel nippon. «Aboutir à des participations croisées à 15-15%, avec des conditions équitables, serait très important et bénéfique pour la confiance entre les deux groupes» et pourrait inciter Nissan à prendre davantage d’initiatives au sein de l’alliance, a récemment déclaré à l’AFP Takeshi Miyao, consultant dans le secteur automobile chez Carnorama Japan. Les quelque 28% du capital de Nissan que Renault s’engagerait à vendre seront toutefois d’abord placés dans un trust créé à cet effet.

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