Chroniques – Aujourd'hui le Maroc https://aujourdhui.ma Les articles du journal et toute l'actualité en continu Mon, 10 May 2021 12:41:05 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.5.4 Des idées novatrices pour «le Maroc d’après» https://aujourdhui.ma/chroniques/des-idees-novatrices-pour-le-maroc-dapres https://aujourdhui.ma/chroniques/des-idees-novatrices-pour-le-maroc-dapres#respond Mon, 10 May 2021 12:41:05 +0000 https://aujourdhui.ma/?p=376059

Cette pandémie finira bien un jour -le plus tôt sera le mieux- la vaccination aidant, nous sortirons de cette période qui aura profondément changé nos vies, avec son lot de souffrances, de deuils, de doutes et d’insistantes remises en question. Si nous ne tirons pas les indispensables leçons de ces sombres 15 mois alors nous ...]]>

Cette pandémie finira bien un jour -le plus tôt sera le mieux- la vaccination aidant, nous sortirons de cette période qui aura profondément changé nos vies, avec son lot de souffrances, de deuils, de doutes et d’insistantes remises en question.
Si nous ne tirons pas les indispensables leçons de ces sombres 15 mois alors nous passerons d’une crise sanitaire à une profonde crise sociale.
Il faut préparer «l’après confinement», dans tous les domaines.
SM le Roi a pris les devants en lançant l’une des plus grandes réformes qui soient : celle de la couverture sociale, qui nous fera effectuer un formidable bond en avant dans le mieux-vivre et la protection de nos concitoyens…
Dans cette chronique je voudrais quant à moi m’arrêter sur un domaine capital pour notre pays et cette période nous en a montré toute l’ importance: le tourisme.
Ayant effectué un séjour à Essaouira la semaine dernière pour des actions associatives, j’ai pu mesurer à quel point le tourisme international est non seulement vital pour notre économie mais à quel point il l’est aussi pour notre culture, notre ouverture, notre rayonnement et pourquoi ne pas le dire : notre façon de vivre.
Essaouira qui a beaucoup d’atouts dans ce domaine -elle a initié une nouvelle forme de tourisme il y a bien longtemps, basée sur l’authenticité, l’Histoire, la culture, le patrimoine- a évidemment elle aussi souffert de la fermeture des frontières, il nous faudra donc suivre avec beaucoup d’intérêt la manière dont elle rebondira et saura renouveler encore et toujours sa façon d’attirer à elle les touristes.
A l’instar de toutes les villes dont le tourisme est un élément stratégique Essaouira, Marrakech, Fès, Agadir…/… c’est toute une population qui s’est soudainement retrouvée en situation de précarité : bien sûr nos concitoyens travaillant dans le secteur de l’hôtellerie et la restauration en premier lieu -nombreux sans doute sont d’ailleurs les établissement qui ne ré-ouvriront pas, mais il faut également s’attarder sur tous les métiers, tous les petits boulots, tous les travailleurs journaliers… qui tournent autour du tourisme et ont pris la crise en pleine face: artisans, taxis, porteurs, guides, bazaristes, petits vendeurs ambulants de souvenirs, gardiens de parkings, etc, etc, la chaîne est innombrable.
Croire que le tourisme redeviendra «comme avant» me semble utopique et peut-être – si l’on sait en tirer une expérience positive- que cela nous donnera l’occasion de rénover notre modèle d’attraction des amateurs de notre pays.
L’ONMT est en train de lancer une campagne, je voudrais quant à moi élaborer ici quelques propositions qui me sont revenues du terrain, précisément des discussions que j’ai eues avec les jeunes directement liées au tourisme et qui cherchent des idées innovantes :

1) Utiliser intelligemment les réseaux sociaux :

– «Le Maroc en caméra embarquée» :
Invitation est donnée via les réseaux sociaux aux internautes de différents pays, pour un voyage en caméra embarquée à travers le Maroc comme on ne l’a jamais vu. De jeunes et talentueux vidéastes nous feraient alors parcourir les villes et les campagnes sous un jour nouveau : au moment du coucher du soleil, de chez l’habitant, en musique, en commentant leurs vidéos dans différentes langues, etc
– Lancer un concours- photos sur le Web : «Maroc insolite» .
Les 3 photos les plus originales, surprenantes, inattendues de la ville seraient primées : un séjour dans un hôtel, un dîner dans un grand restaurant, un voyage gratuit…
– Initier un «sondage en ligne : «» :
que souhaitez vous trouver en priorité au Maroc pour y passer vos vacances ?
(En soumettant par exemple au choix une dizaine de propositions.)

2) Activités novatrices

– «Maroc on the beach» :
proposer à des restaurants des villes maritimes d’organiser des déjeuners ou des dîners sur la plage (tables à bonne distance les unes des autres installées sous les paillottes + lanternes le soir).
Chaque restaurant proposant des plats spécifiques et utilisant l’immense palette de l’art culinaire marocain, à des niveaux de prix différents afin de capter toutes les catégories d’estivants.
– Week-end cinéma sur les murailles : projection de films grand public sur les murailles de nos villes.
– Terrasses en fête : animation des terrasses des restaurants et des cafés par les jeunes artistes de rue.
– Cafés à thèmes : littéraires, musicaux, inter-générations…
– Mode in Morocco : organisation de défilés sur les places de nos villes, où stylistes, couturier(e)s présenteront leurs modèles, en offrant la possibilité d’acheter les modèles sur place, lors de ces défilés.
Ce ne sont là que quelques unes des idées et propositions qui m’ont été faites par ces jeunes, je les ai trouvées particulièrement judicieuses : ministère du tourisme, agences, Offices du tourisme, conseils, hôteliers, compagnies aériennes, restaurateurs…pourquoi ne pas vous saisir de ces idées innovantes, attrayantes, ambitieuses ?
A votre disposition pour vous mettre en contact avec ces jeunes qui peuvent ouvrir de nouvelles et bénéfiques perspectives à ce secteur crucial pour notre pays.

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Chefchaouen en hospitalisation d’office (HO) https://aujourdhui.ma/chroniques/chefchaouen-en-hospitalisation-doffice-ho https://aujourdhui.ma/chroniques/chefchaouen-en-hospitalisation-doffice-ho#respond Sat, 08 May 2021 12:00:09 +0000 https://aujourdhui.ma/?p=375886

«La société domestique, tout comme la société religieuse, est un puissant préservatif contre le suicide. Cette préservation est même d’autant plus complète que la famille est plus dense, c’est-à-dire comprend un plus grand nombre d’éléments (…) La cause productrice du phénomène échappe nécessairement à qui n’observe que des individus ; car elle est en dehors ...]]>

«La société domestique, tout comme la société religieuse, est un puissant préservatif contre le suicide. Cette préservation est même d’autant plus complète que la famille est plus dense, c’est-à-dire comprend un plus grand nombre d’éléments (…) La cause productrice du phénomène échappe nécessairement à qui n’observe que des individus ; car elle est en dehors des individus. Pour la découvrir, il faut s’élever au-dessus des suicides particuliers et apercevoir ce qui fait leur unité»

Emile Durkheim

Le suicide. Nous y sommes. Un mot qui claque le trépas d’une ville marocaine souvent coqueluche des magazines de mode. Que se passe-t-il ? Pourquoi la ville de Chefchaouen sonne-t-elle son glas ?
Le suicide a souvent été sujet de discorde entre sociologues et psychiatres. Pourtant aujourd’hui les deux se rejoignent.
Durkheim n’a jamais été plus contemporain et signe la question du suicide : pathologie sociale ou individuelle ? Quel trait d’union?
Une ville qui s’insurge contre un phénomène qui prend de l’ampleur. Les articles fusent entre l’implication du cannabis dans les décompensations psychiatriques, et l’issue fatale du passage à l’acte; et une campagne virtuelle contre le suicide démarre à Chefchaouen.
La peur de la mort impliquerait-elle d’aller à ses devants ?
La question du libre arbitre se pose mais la consonance philosophique séduit certes, sauf que mon propos sera biologique ou plutôt bio-psycho-social. Pragmatique.
La substance reine consommée par les autochtones ou recherchée par les touristes ne peut être mise de côté quand on voit la courbe ascendante des passages à l’acte suicidaire. Par ailleurs, quatorze mois de Covid et de difficultés respiratoires économiques et sociales n’arrangent guère les choses. Ajoutez un grain de fragilité génétique, des facteurs de prédisposition, une histoire et un environnement sans réels éléments de protection avec un nuage de fumée amotivationnelle et hallucinogène et embarquez-vous dans la persécution, la paranoïa, les affects dépressifs, l’absence d’autonomie et de projet de vie.
Mais encore, à souligner encore une fois au risque de se répéter ou qui sait obtenir un impact par la technique du disque rayé, le cannabis a un lien scientifique prouvé avec la genèse de la maladie mentale comme la schizophrénie ou le trouble bipolaire.
Or, la maladie mentale est pourvoyeuse de suicide. Le lien est vite fait. Mais alors, devant le projet de loi concernant la dépénalisation du cannabis à des fins industrielles et médicales, serait-il possible pour nos représentants de penser structurer la consommation récréative qui devient «suicidaire» et protéger par des lois claires la jeunesse par un âge légal de possibilité de consommation. Car, messieurs-dames, la consommation existe, elle impacte les cerveaux de nos jeunes et fait entrer dans la maladie mentale les moins chanceux.
Comment faire pour une prise de conscience collective ? Chefchaouen vocifère sa réalité aux croisements du cannabis, du mal-être social et de la décompensation psychiatrique. Mais qui l’écoute? Certains pays ont déjà mis en place un plan santé mentale avec la crise Covid qui en bon élément de fragilité économique et sociale connote la faille psychiatrique et ses conséquences. Mais alors, bien qu’ayant excellemment géré la crise, pense-t-on à notre santé mentale ? Et surtout, sommes-nous sensibilisés à prévenir les maux psychologiques et psychiatriques car avec une population anxieuse, obsessionnelle, phobique, insomniaque ou dépressive pour les mieux nantis la relance sera difficile. Autant donner une monture à un cul-de jatte.
Encore mieux, avec consommation de drogues, de smartphones et de réseaux asociaux, la persécution, le retrait social, la paranoïa, l’agressivité, et la violence sous ses différentes formes fusent et nous rappellent à notre condition d’humain. Les limites. Les limites et le cadre. Le cadre est la sécurité. La sécurité est la levée de l’angoisse. Or, la sécurité n’est pas la morale admise en politique autruchienne de mise. La sécurité correspond aux règles de vie commune dans un environnement sécure.
Les règles impliquent la mesure. Or, la démesure est le tempo de la modernité.
Nous sommes tous des culs-de-jatte chevauchant des chimères. Une fois la chimère évaporée, on n ‘est meilleurs qu’à mourir. Des Gisors masqués de plus en plus jeunes blasés de tout.
A quoi bon vivre quand on a tout ? Tout sans bouger d’un iota. Une bonne connexion et une bonne déconnexion. L’absurde connexion virtuelle couplée à la déconnexion du cannabis. Le constat est vite fait. Un enfant symptôme du système familial symboliquement malade.
Aujourd’hui c’est Chefchaouen ! Et demain?
L’unicité étant claire. Du moins à Chefchaouen.Un joint de plus s’il vous plaît !

(1) HO : hospitalisation d’office-terme d’utilisation administrative psychiatrique quand une hospitalisation en unité psychiatrique est de mise pour mettre à l’abri un patient constituant un danger pour lui-même ou pour les autres.

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Quand musulmans, juifs et chrétiens se retrouvent https://aujourdhui.ma/chroniques/quand-musulmans-juifs-et-chretiens-se-retrouvent https://aujourdhui.ma/chroniques/quand-musulmans-juifs-et-chretiens-se-retrouvent#respond Mon, 03 May 2021 14:00:42 +0000 https://aujourdhui.ma/?p=375503

Ce jeudi 29 avril était un jour de retrouvailles, Marocains Pluriels et le SOC Simon Pinto organisaient la 9ème édition du Ftour Pluriel ! S’étaient jointes à eux deux nouveaux partenaires : les associations Essaouira Mogador et 2Pays-1 Coeur pour cette édition virtuelle -pandémie oblige. Le succès de ce Ftour Pluriel Live montre à quel ...]]>

Ce jeudi 29 avril était un jour de retrouvailles, Marocains Pluriels et le SOC Simon Pinto organisaient la 9ème édition du Ftour Pluriel ! S’étaient jointes à eux deux nouveaux partenaires : les associations Essaouira Mogador et 2Pays-1 Coeur pour cette édition virtuelle -pandémie oblige.

Le succès de ce Ftour Pluriel Live montre à quel point tout le monde a besoin de se retrouver, de communiquer, d’échanger : le lendemain matin l’événement comptait 9000 vues, plus de 40 partagés, 210 messages et 3300 likes sur les réseaux sociaux… et les chiffres depuis n’ont cessé d’augmenter. Émotion, messages forts, moments festifs, interventions porteuses d’espoir étaient les ingrédients de cette recette de repas de rupture du jeûne. Le mot d’ouverture de M. André Azoulay – Conseiller de SM le Roi- fixait le cap dès le début, le rôle tenu par le Maroc, la démarche audacieuse de SM Mohammed VI, la mission phare de Bayt Dakira, lieu unique inauguré par le Souverain à Essaouira et l’exemple emblématique de cette initiative du Ftour Pluriel – qui a fait des émules dans de nombreux autres pays – sont ainsi autant de signes de la valeur d’exemple de notre Nation.

Les diplomates, amis du Maroc qui s’étaient joints à l’initiative, allaient également dans ce sens : Madame Hélène Le Gal, ambassadrice de France, Monsieur Takashi Shinozuka, ambassadeur du Japon et Monsieur Lawrence M. Randolph, Consul général des USA, se basant sur leur propre vécu au Maroc étaient au diapason et l’ on ressentait dans leurs interventions à quel point une réelle proximité régnait entre «eux et nous». L’instant spiritualité de la soirée a d‘ailleurs montré quant à elle que les 3 religions qui vivent en harmonie sur notre sol sont ainsi que l’a décrit le jeune président de Mogajeunes, Otmane Mazzine, en fait une seule autoroute à 3 voies qui mènent vers le même but.

Cette phrase restera comme la signature de cette 9ème édition du Ftour Pluriel. Tant Monseigneur le Cardinal Cristobal Lopez – Archevêque de Rabatque Moulay Abdallah Cherif Ouazzani -Islamologue d’une grande ouverture d’esprit- que le Rabbin Sebag – le très populaire Rabbin de la synagogue Névé Shalom, ont su trouver des mots quasi identiques pour nous rappeler ce qu’était la foi, ce qu’était la spiritualité et l’importance d’en préserver l’essence afin d’en faire les voies de la paix et de la fraternité. Les paroles et les chants de ceux qui étaient appelés les «porteurs du vivre ensemble» au cours de la soirée ont apporté de leur côté l’aspect festif, convivial, joyeux du Ftour Pluriel : les Batteurs pour la Paix de Khalid Bazi, Hicham Dinar Souiri, Lala Tamar, Marie Yannick Iro, l’Orchestre andalou de Ashdod, Maxime Karouchi et Coco Diam’s et une vidéo accompagnée d’un message de Raymonde Al Bidaouia ont su faire oublier la pandémie, les craintes du lendemain, la pesanteur des gestes de sécurité sanitaire… pour retrouver l’entrain, la joie de vivre, l’envie de chanter et de danser qui caractérisent les Marocain(e)s où qu’ils vivent.

Après le mot de Pierre Sibony -président du SOC Simon Pinto- partenaire de toujours du Ftour Pluriel- 3 jeunes responsables associatifs, débordant d’énergie et d’optimisme, ont apporté la touche finale à la soirée : celle de l’avenir ! Tariq Ottmani, Otmane Mazzine et Samy Benlahcen se sont posés comme les héritiers de cette spécificité marocaine, y ajoutant celle du renouveau et de l’innovation.

Oui, décidément le Maroc est une école, un phare, le message de cette soirée est déjà parti à la conquête de nouvelles terres…

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Tout ça pour ça ! https://aujourdhui.ma/chroniques/tout-ca-pour-ca https://aujourdhui.ma/chroniques/tout-ca-pour-ca#respond Sat, 01 May 2021 12:00:30 +0000 https://aujourdhui.ma/?p=375344

Qu’est-ce que la civilisation ? Presque tous les penseurs ont apporté leur définition de la civilisation, sans jamais en définir les contours déchiquetés, la prenant dans sa finalité et dans son immobilité, comme une tranche de temps, sur le long parcours de l’humanité, depuis au moins 7000 ans. Alors que définir la civilisation exige du ...]]>

Qu’est-ce que la civilisation ? Presque tous les penseurs ont apporté leur définition de la civilisation, sans jamais en définir les contours déchiquetés, la prenant dans sa finalité et dans son immobilité, comme une tranche de temps, sur le long parcours de l’humanité, depuis au moins 7000 ans.

Alors que définir la civilisation exige du penseur de la saisir dans son essence, dans ses origines et dans ses projections futures, comme un continuum qui dure dans le temps, avec de nombreuses ramifications et d’obscures sinuosités exigeant de l’analyste de ne pas morceler toute cette durée en étapes sur le cheminement d’un destin, mais de faire une lecture qui prend en compte la linéarité des faits qui marquent cette civilisation, les points de rupture qui font passer la civilisation d’une période définie à une autre, en s’appuyant sur les héritages passés comme socle mobile et surtout les lignes de démarcation de cette même civilisation dans ses interactions avec l’époque historique, les voisins et les autres cultures.

Civilisation, c’est le cumul du savoir et des connaissances qui garantit à l’homme de se dépasser, de prospérer et de s’élever vers son idéal, qui est l’incarnation dans la réalité de sa meilleure version, celle qui célèbre les grandes valeurs humaines telles que l’honneur, la sagesse, la créativité, le génie humain, la justice sociale et le respect de la liberté, qui constitue l’ossature sur laquelle tout progrès véritable peut se construire. Civilisation, c’est l’édification d’une culture qui préserve la société du chaos. «La civilisation n’est qu’une mince pellicule au-dessus d’un chaos brûlant», écrit Friedrich Nietzsche.

Autrement dit que ce que nous nommons civilisation est si fragile que le chaos qu’elle voile risque à tout moment de ressurgir, avec plus de violence et de barbarie. C’est dans ce sens qu’il faut comprendre que les civilisations qui ont duré dans le temps l’ont réussi tant qu’ils étaient conscients de la fragilité de l’édifice qu’ils ont construit. Une fois, ils se reposent sur les lauriers de la certitude, le chaos reprend forme et ladite civilisation s’effondre et tombe dans l’oubli jusqu’à l’évènement d’une autre, qui peut suivre le même schéma, dans une succession d’apogée et de décadence. Friedrich Nietzsche propose une lecture au scalpel de la civilisation, dans Humain, trop humain : «Fonte de la civilisation. -La civilisation est née comme une cloche, à l’intérieur d’un moule de matière plus grossière, plus commune : fausseté, violence, extension illimitée de tous les individus, de tous les peuples, formaient ce moule.

Est-il temps de l’ôter aujourd’hui? La coulée s’est-elle figée, les bons instincts utiles, les habitudes de la conscience noble sont-ils devenus si assurés et si généraux qu’on n’ait plus besoin d’aucun emprunt à la métaphysique et aux erreurs des religions, d’aucune dureté ni violence comme des plus puissants liens entre homme et homme, peuple et peuple? -Pour répondre à cette question, aucun signe de tête d’un dieu ne peut nous servir : c’est notre propre discernement qui doit en décider. Le gouvernement de la terre en somme doit être pris en main par l’homme lui-même, c’est son «omniscience» qui doit veiller d’un œil pénétrant sur la destinée ultérieure de la civilisation».

Prétendre au stade de civilisé requiert donc pour l’homme de rejeter la violence comme mode de cohabitation au sein de la société, de refuser la fausseté comme monnaie d’échange entre les uns et les autres, limiter la propagation des individus interchangeables pour ouvrir grands les champs du possible à une haute exigence de l’individu qui se dépasse dans la continuité, avec l’ancrage solide d’une conscience de l’acte noble comme fondement de cette même société. Autrement, cet homme, qui se laisse aller à consommer sans produire du beau et du bon, dans un constant questionnement de ses instincts les plus primaires, ne peut excéder ce désir somme toute basique de chercher son confort, comme ultime volonté. «Il est temps que l’homme se fixe un but. Il est temps que l’homme plante le germe de son espérance suprême», ajoute l’auteur de La généalogie de la morale. Cet espoir ultime est d’incarner son idéal à chaque instant en vivant de telle sorte qu’il voudrait que chaque seconde de cette existence revienne encore et encore, avec à chaque retour un défi supplémentaire qui met l’homme face à ses limites constamment récusées dans l’action qui élève, dans la réflexion qui jaillit des hauteurs.

Dans cette attitude, l’homme tourne le dos à tout ce qui avilit, à tout ce qui rapetisse, à tout ce qui est grégaire. Il cherche le difficile et le met au défi. Il abhorre la facilité qui nivelle par le bas : «Veux-tu avoir la vie facile? Reste toujours près du troupeau, et oublie-toi en lui», ajoute le philosophe allemand dans Ainsi parlait Zarathoustra. Aucune civilisation ne peut prendre corps dans une culture de la facilité, de la paresse intellectuelle, de la morbidité cognitive qui accepte l’ordre établi pourvu qu’il soit garant d’une existence portée par des instincts basiques, tels que le manger, le boire, le forniquer et le sommeil, le tout en cycle répétitif jusqu’à la faillite de cette société bâtie sur du sable friable, vite emporté par le vent fort de la fatalité historique, qui ne croit qu’à la puissance comme volonté et au dépassement de soi comme valeur suprême.

Dans son traité du Libre Arbitre, Charles Fourier précise l’impossibilité du choix et repositionne la civilisation en instance de représentation: «Nous avons à démontrer que le Libre Arbitre, dans l’état civilisé, est illusoire, passif et subordonné aux impulsions de l’intrigue et du préjugé, enfin dangereux pour les masses comme pour les individus, parce qu’il n’est communément qu’une suggestion plus ou moins trompeuse», dans ce sens que ce libre arbitre, s’il ne parvient pas à s’affranchir de sa passivité et de l’illusion, il ne pourra contribuer qu’à fragiliser l’édifice culturel qui en est l’assise. Le préjugé culturel est ici sommé de disparaître pour laisser la place à une idée plus grande que la contingence civilisationnelle de façade : la faculté de ne faire naître que ce qui excède les limites humaines qu’elles soient d’ordre religieux, dogmatique, idéologique ou économique.

Car, dans toute civilisation, c’est l’ordre économique qui sert de soubassement au politique et non l’inverse. Cela rejoint ce qu’avance ici Alexis Carrel dans «L’homme, cet inconnu» : «La stupidité et la tristesse de la civilisation présente sont dues, au moins en partie, à la suppression des formes élémentaires de la jouissance esthétique dans la vie quotidienne». Autrement dit, le plaisir de créer le beau et le puissant qui esthétisent la vision de l’homme par rapport au monde dans lequel il évolue, demeure, en définitive, le moteur unique pour éviter à l’homme toute forme de servitude. Celui-ci étant, bien entendu, débarrassé de l’impératif de l’usine, de la caserne, de la prison, du bureau et du compte bancaire comme finalité de grandeur. Ses valeurs sont autres. Elles s’incarnent dans un mode de vie au plus de près de soi-même, en communion avec l’environnement qui reste le seul territoire hospitalier et viable pour un homme qui fait vœu de ne jamais céder aux sirènes des cités, avec leur tas de ferraille et de béton, mais qui veut vivre à l’air libre, dans les étendues infinies de cette nature qu’il doit réapprendre à aimer comme alliée, comme terrain de liberté.

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La culture hors mes murs https://aujourdhui.ma/chroniques/la-culture-hors-mes-murs https://aujourdhui.ma/chroniques/la-culture-hors-mes-murs#respond Mon, 26 Apr 2021 11:01:18 +0000 https://aujourdhui.ma/?p=374865

La pandémie, le confinement, le couvre-feu, les gestes barrières…tout cela est devenu notre vie au quotidien, il faut en tirer les leçons afin que nous n’ayons pas vécu tout ça pour rien. Nous n’avons pas pu prévenir l’apparition du virus, faisons au moins l’effort de préparer le retour à la vie ! Parmi les choses ...]]>

La pandémie, le confinement, le couvre-feu, les gestes barrières…tout cela est devenu notre vie au quotidien, il faut en tirer les leçons afin que nous n’ayons pas vécu tout ça pour rien.

Nous n’avons pas pu prévenir l’apparition du virus, faisons au moins l’effort de préparer le retour à la vie !
Parmi les choses les plus importantes à retenir, il y a tout d’abord la modestie, apprenons à être humbles, à respecter la Nature qui nous héberge, à respecter les animaux qui en sont les locataires autant que nous.
Apprenons à nous aimer, à respecter nos spécificités réciproques, nos différences, apprenons à avoir un infini respect pour tous ces «petits métiers» que nous ignorions -voire que nous méprisions- et qui se sont avérés vitaux pour notre quotidien : épiciers, caissières, cantonniers, éboueurs, serveurs, livreurs…et tant d’autres. En résumé cette crise sanitaire, doublée d’une crise sociale ne doit pas être vaine, quand nous retrouverons -inchallah- une vie «normale» ne reprenons pas notre vie comme avant. Nous nous sommes aperçus que le contact avec l’autre, une embrassade, une poignée de main n’étaient pas de simples gestes, mais bien plus que cela, j’en veux pour preuve la façon dont cela nous manque : nous sommes sevrés de marques d’affection et dans une société telle que la nôtre cette chaleur humaine revêt une grande importance.

Nous devons tout autant nous ressaisir quant à notre comportement individuel et notre comportement collectif : l’incivisme, l’égoïsme, l’indiscipline, le mépris des règles de vie en commun…sont suicidaires, nous voyons combien notre santé, notre avenir, notre survie même sont imbriqués. Il ne peut plus y avoir d’un côté des «riches» aveugles à leurs concitoyens démunis, précaires, ni des « puissants» qui pensent avoir des droits inaccessibles aux modestes : le virus a montré que lui ne faisait pas de distinctions : nous nous en sortirons tous ensemble ou nous périrons tous !
Bien d’autres leçons restent à tirer de cette dure épreuve, certaines encore inconnues et d’autres que pour l’instant nous ne pouvons -ou ne voulons- pas voir !
Je voudrais dans cette chronique aborder un sujet qui me tient particulièrement à cœur : la culture !
La culture -et chaque jour renforce ce sentiment – est pour moi la clé, la clé à bien des maux, et nous pouvons le constater en cette période plus que jamais : sans elle nous sommes pauvres, sans elle nous dépérissons, sans elle nous perdons notre humanité, sans elle nous nous isolons, sans elle nous nous perdons, sans elle nous devenons des êtres de chair et d’os certes mais dont l’âme s’asphyxie.
Chance à celles et ceux qui ont la possibilité -notamment grâce aux réseaux sociaux- de continuer à s’abreuver de culture, hélas tant des nôtres n’y ont pas accès. D’ailleurs il serait juste de dire que même «en temps normal» ils sont -nous sommes- en manque de culture. Car notre politique en la matière n’est pas la bonne : il nous faut favoriser la culture de proximité, dans les quartiers, les écoles, le monde rural, il faut permettre que le vivier de jeunes talents que nous avons la chance de compter, foisonne, il faut que nos artistes puissent vivre de leur art et enfin il faut faire de nos jeunes, les acteurs, les vecteurs, les dynamos de la culture.

Regardons l’abandon dans lequel nous avons laissé nos artistes de rues, ils sont dans le dénuement total : nombre d’entre eux en sont réduits à vendre leurs instruments. Il serait d’ailleurs temps que l’un de nos phares en matière de culture : le cinéma, sorte du carcan qui l’enserre : actuellement producteurs et productrices, réalisatrices et réalisateurs protestent contre l’acharnement dont ils sont victimes de la part du CCM, censé les soutenir. Est-ce que ce n’est pas là un élément supplémentaire, prouvant à quel point une (r)évolution en matière de politique culturelle s’impose ?
Pour terminer je reviendrai à mon titre : la culture hors les murs, oui il est temps que la culture -et la sortie de pandémie est le moment opportun- envahisse nos rues, nos places, nos communes…que chaque espace qui s’y prête soit mis à la disposition de la culture, que tout lieu qui peut accueillir des activités culturelles, des manifestations… soit mis à contribution.

Projeter un film sur les murailles d’une ville : Marrakech, Casa, Essaouira, Rabat, El Jadida, Azemmour…Offrir une place au carrefour des rues à des musiciens, des acrobates doit devenir un réflexe…Les cours des écoles, lors des week-ends, peuvent être disponibles pour une troupe de théâtre…Les jardins publics peuvent être des espaces pour la lecture…Les terrasses peuvent être exploitées… bref…profitons de la sortie de crise pour créer, innover, pousser les murs… En une phrase : réinventons le vivre en société, notamment par la culture qui en est le ciment !

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Un Ramadan pas comme les autres https://aujourdhui.ma/chroniques/un-ramadan-pas-comme-les-autres https://aujourdhui.ma/chroniques/un-ramadan-pas-comme-les-autres#respond Sun, 25 Apr 2021 14:10:01 +0000 https://aujourdhui.ma/?p=374680

«La vie, qui a en partage la tempérance, le courage, la sagesse, ou la santé, est plus agréable que celle où se trouvent l’intempérance, la lâcheté, la folie ou la maladie»ette première semaine de Ramadan s’achève sur un bilan assez particulier quant à la responsabilité citoyenne. Plusieurs sorties cette première semaine dans plusieurs villes du ...]]>

Par Dr Imane Kendili
Psychiatre-addictologue

«La vie, qui a en partage la tempérance, le courage, la sagesse, ou la santé, est plus agréable que celle où se trouvent l’intempérance, la lâcheté, la folie ou la maladie»ette première semaine de Ramadan s’achève sur un bilan assez particulier quant à la responsabilité citoyenne. Plusieurs sorties cette première semaine dans plusieurs villes du Royaume indiquent une certaine tension sociale, dans quelques groupes extrémistes de plusieurs villes.
Ramadan est un mois sacré, un mois particulier de pénitence, de repentir, de prière, de sérénité et de spiritualité. Un mois également de partage, un mois où le jeûne nous rapproche de l’humain, du ressenti de la frustration des plus démunis. Le mois de Ramadan est un mois de paix. La paix, malgré les explications des professionnels de la santé, malgré l’hécatombe européenne, malgré le parcours exemplaire de la gestion Covid marocaine, n’aura pas duré longtemps.

Se recentrer sur soi et vivre sa spiritualité dans la frugalité sociale est fort difficile pour le Marocain. Tout y est pour un Ramadan serein. Le couvre-feu est clément et salvateur: 20 heures .Soit une heure après le ftour. Le Maroc ne manque pas pourtant. Les souks et les supermarchés croulent de denrées alimentaires. La course aux courses bat son plein. Si les restaurants sont fermés, ils vous livrent dans un confort absolu jusqu’à 20 heures. Entre sandwicheries, mignardises, glaces revisitées, sushis bigarrés et grillades ou friture de poissons, les applications et les réseaux sociaux défilent en orgies culinaires, étalées et jouissives. Les queues dans les pâtisseries sont indécentes. Prenez commande de vos burgers revisités ou plateaux libanais car vous pourriez en manquer !

Et surtout, gardez la couleur locale. Chebakiya diverses, briouates, selou aux amandes, pistaches, au caramel et pour tous les prix. Assez grotesque car pour un même selou, les prix oscilleront de 120 DH le kilo à 1200 dirhams le kilo pour un selou au chocolat valrhona. Si la Covid frustre les espaces, elle dénigre les réalités. On se rue à se remplir dans la peur de manquer ! Manquer !
La gestion du manque. La gestion de la frustration. Les difficultés de la société à gérer sa frustration de manquer de consommer. Repus, nous essayons d’être prévenants au maximum. Le maître mot est de tout avoir avant le couvre-feu.
Dans le mot «tout», il y a de quoi faire!

Sans oublier que dans un élan de solidarité ramadenesque, le panier est de mise. Si le mien peut coûter cher, je peux compter sur des bienfaiteurs pour s’occuper de paniers de 300 à 500 dirhams dans une totale discrétion ; si ce ne sont pas les photos des paniers largement diffusés sur les réseaux sociaux. Dans cet élan de compassion, vous avez également un service VIP à la carte. Tout est fait à vous aider à être généreux pendant Ramadan, et vous faire prendre de bons points pour l’au-delà. Bien en deçà de ce que vous imaginez, un simple numéro WhatsApp ,où vous envoyez votre nombre de paniers, et les numéros de carte d’identité des personnes que vous avez décidé d’aider. Puis un virement vite fait, bien fait. Tenez vous bien ! Toujours en pianotant sur votre smartphone ! Bien lové dans votre siège, un bon verre de thé à la main, devant une série spécial Ramadan. Tout est pensé et prévu pour vous. A la carte. Le don. Le panier ne nécessite plus d’énergie et encore moins d’investissement personnel. Votre confort s’achète. Et le confort des généreuses personnes qui s’occupent des paniers reste à plaindre. Que cherche-t-on à quérir?
Aider, donner, partager ne peuvent-ils pas se faire spontanément et sans autant de bruit ?
Le silence. La sérénité. La quiétude. L’équilibre ou sa quête seraient les protagonistes principaux d’un mois de piété et d’expiation.
Mais alors, Ramadan est-il encore Ramadan?
La course aux courses bouclée, c’est la déferlante d’irritabilité, d’impulsivité et de colère qui envoyait nos rues. Les klaxons fusent à l’unisson. Les voies aériennes étant fermées, nos feux rouges bondés, nous restons dans l’attente d’un miracle ramadanesque qui ferait éviter les voitures au nombre de coups de klaxons et nous permettrait qui sait ? De parvenir à destination à vol d’oiseau à coups de klaxons. La magie. La magie du mois de Ramadan. Les effluves et les miasmes ramadanesques ont laissé place à des mosquées à ciel ouvert où la prière se fait malgré le couvre-feu.
Des miasmes rapidement balayées par la sueur nauséabonde de l’ennui et le subterfuge de l’irresponsabilité.
Le couvre-feu n’a guère été mis en place pour nous empêcher de vivre la magie sereine du mois sacré, mais pour éviter l’hécatombe calme de la multiplication des cas de la Covid à l’inconscience ritualisée de nos habitudes ramadanesques, ou il y a encore deux années de cela, nous vivions les uns sur les autres.
Dur à comprendre !
Dur à assimiler !
Dur à accepter !
Mais se protéger d’une troisième vague passe par la distanciation et les mesures sanitaires de prévention. Et ce, malgré une vaccination en force.
Ces manifestations fort peu conscientes font polémique. Les rumeurs gagnent du terrain. On entend dire que la réouverture est proche. Que le café post-taraouih sera bientôt possible jusqu’à minuit pour certains , ou 1h du matin pour d’autres. Que les djellabas de première nécessité pourront parader à la recherche du péché nécessaire d’après l’Aïd à expier Ramadan prochain.
Que de difficultés devant des choses pourtant simple ? Aider son prochain ou vivre sa spiritualité n’ont jamais été aussi fastidieux.
L’Autre est nécessaire. La promiscuité et fleureter avec le danger sont plus recherchés que l’équilibre et la quiétude.
Toujours cette intolérance à la frustration et cette perte de contrôle qui nous font oublier l’origine et les valeurs du mois sacré.
La conclusion est simple. Nous sommes tous malades.

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Ftour Pluriel 9ème édition : «Retrouvailles» https://aujourdhui.ma/chroniques/ftour-pluriel-9eme-edition-retrouvailles https://aujourdhui.ma/chroniques/ftour-pluriel-9eme-edition-retrouvailles#respond Mon, 19 Apr 2021 11:45:34 +0000 https://aujourdhui.ma/?p=374220

C’est le jeudi 29 avril dès 20 heures en Live sur Zoom et Facebook que «Marocains Pluriels» organisera la 9ème édition de son Ftour Pluriel. Cette année encore -pandémie oblige- c’est virtuellement que ce rendez-vous du vivre-ensemble réunira Musulmans, Juifs et Chrétiens autour du repas de rupture du jeûne. Placée sous le signe des «Retrouvailles ...]]>

C’est le jeudi 29 avril dès 20 heures en Live sur Zoom et Facebook que «Marocains Pluriels» organisera la 9ème édition de son Ftour Pluriel.

Cette année encore -pandémie oblige- c’est virtuellement que ce rendez-vous du vivre-ensemble réunira Musulmans, Juifs et Chrétiens autour du repas de rupture du jeûne. Placée sous le signe des «Retrouvailles » cette édition verra une collaboration nouvelle se créer. En effet «Marocains Pluriels» sera associée à la légendaire Association «Essaouira-Mogador», célèbre internationalement pour ses activités célébrant le patrimoine judéo-marocain et pour ses emblématiques «Festival des Andalousies Atlantiques» et «Festival des Alizés» et à la toute nouvelle Association «2 Pays,1 Coeur» créée à l’initiative de jeunes franco-marocains, basée à Paris et visant à unir le Maroc et la France, concrètement sur le terrain, via, entre autres, la jeunesse et la culture.

Retour sur l’histoire du Ftour Pluriel et présentation : «C’est en 2013 que Marocains Pluriels a lancé l’initiative du Ftour Pluriel qui réunit – à chaque Ramadan – les «Gens du Livre», Musulmans, Juifs, Chrétiens… autour d’un repas de rupture du jeûne… L’heureux partenariat qui s’est noué ensuite avec le SOC (Stade Casablancais Simon Pinto) a donné un élan grandissant à l’initiative qui s’est démultipliée et est devenue une tradition reprise à Marrakech, Paris, Tunis, Beyrouth, Montréal…et bien d’autres villes.

Pour sa 9ème édition le Ftour Pluriel se plie aux consignes sanitaires -tout comme l’année dernière- c’est donc EN LIVE sur les réseaux sociaux que nous nous retrouverons, c’est d’ailleurs l’intitulé choisi pour cette édition : «Retrouvailles». L’épidémie nous a contraints à vivre à distance les uns des autres, à renoncer aux occasions festives qui nous permettaient tant de belles rencontres… mais la vie reviendra : les démonstrations d’amitié, de joie collective seront à nouveau possibles… En attendant ce moment il nous faut continuer à faire vivre la fraternité, multiplier les retrouvailles –fussent-elles virtuelles – les réseaux sociaux nous le permettent, saisissons cette opportunité pour maintenir le lien, vivace et prometteur.»

Pour cette 9ème édition c’est avant tout l’espoir, la joie, le partage qui seront mis en avant : C’est André Azoulay – conseiller de Sa Majesté le Roi- qui ouvrira la soirée, notre parrain n’a jamais depuis 2013 manqué une édition, cette fois-ci encore il aura les mots pour nous tracer les perspectives et mettre en avant les signes positifs qui jalonnent le chemin du Maroc et de l’humanité. Les représentants des 3 religions monothéistes seront eux-aussi au rendez-vous pour ce moment de confluence des différentes confessions, ainsi que de hauts diplomates qui ont accepté de se joindre à nous, représentants eux aussi de grandes nations, de grandes cultures et se retrouvant sur notre sol.

Et puis il y aura bien sûr la partie festive, celle où l’on retrouve les sonorités ancestrales de notre patrimoine mais aussi les sons nouveaux chantés par la nouvelle génération. Bien sûr le programme sera dévoilé dans les tout prochains jours, une petite révélation cependant : une Diva a accepté d’être parmi nous pour nous interpréter une chanson en exclusivité… Soyez au rendez-vous !

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Ramadan au temps du Coronavirus https://aujourdhui.ma/chroniques/ramadan-au-temps-du-coronavirus https://aujourdhui.ma/chroniques/ramadan-au-temps-du-coronavirus#respond Sat, 17 Apr 2021 11:30:05 +0000 https://aujourdhui.ma/?p=373996

Nous y voilà. Nous venons de vivre les premières heures d’un Ramadan pas comme les autres. En effet, les Ramadans se suivent et ne se ressemblent plus. Ils affichent depuis deux saisons un autre visage, plus terne, plus triste, plus angoissé, plus incertain. Avec cette constance: quoiqu’il arrive, les rites de ce mois sacré peuvent ...]]>

Nous y voilà. Nous venons de vivre les premières heures d’un Ramadan pas comme les autres.

En effet, les Ramadans se suivent et ne se ressemblent plus. Ils affichent depuis deux saisons un autre visage, plus terne, plus triste, plus angoissé, plus incertain. Avec cette constance: quoiqu’il arrive, les rites de ce mois sacré peuvent jouer un rôle crucial pour aider les mentalités à changer, à s’adapter à de nouvelles données, et à composer avec des impératifs d’un autre niveau : la vigilance, rester chez soi, ne fréquenter personne, ne pas céder à l’appel du conglomérat, tourner le dos aux rassemblements, prier seul, être solidaire dans la protection de soi et des autres en respectant à la lettre certaines règles élémentaires : port du masque, distance obligatoire, observation méthodique des règles d’hygiène, propreté et confinement.

Ce n’est pas l’idéal pour une société qui a ses rites, ses habitudes, ses coutumes et ses attentes durant une période à la fois de liens sociaux consolidés et de recueillement dans la sérénité. Il faut aussi dire que Ramadan a de tout temps été le mois de tous les excès : le boire, le manger, l’amusement, l’usage des drogues, surtout ce cher cannabis, qui vit aussi une drôle d’année, avec des promesses de légèreté et d’evanescence, ou de lourdeur et d’atonie. Sans oublier les soirées, les sorties en groupes, les réunions familiales, les banquets et les orgies culinaires. Le tout mâtiné d’un zest de violence, d’une bonne dose de mauvaise humeur, d’une inclinaison pour la colère, voir la rage et l’agressivité. Cela aussi fait partie des rites ramadanesques marocains. Sauf que cette année, confinement oblige, il faut prendre son mal en patience et se résoudre à une manière toute simple de voir les choses : contre mauvaise fortune, bon cœur, et coûte que coûte, car c’est là l’unique réaction à avoir face à l’inéluctable. La pandémie est bel et bien installée, avec force, menaçant des vies, avec le spectre de nouvelles variantes qui font froid dans le dos.

Tous les clignetons sont au rouge. L’heure est très grave, Ramadan ou pas. Les réanimations affichent complet et les hôpitaux croulent sous les cas dont le nombre augmente sensiblement ces derniers jours, après une accalmie, qui n’a été qu’une simple parenthèse passagère nous ayant donné espoir et répit. Quoi qu’il en soit, aujourd’hui la situation ne souffre aucune ombre : le Coronavirus reste l’ennemi véritable qu’il faut à tout prix combattre en ayant le bon geste et le bon réflexe. En dehors de toutes les précautions de rigueur qui font aujourd’hui partie de notre quotidien, Ramadan est une très bonne occasion de faire un petit bilan très salutaire : une remise en question sérieuse, une critique de ses choix et de ses modes de vie et de pensée, un élan de partage et de solidarité avec les autres, sans oublier de prendre ce mois comme une chance unique pour prendre soin de sa santé. Cela passe par une bonne alimentation, par du sport sans exagération, le tout dans la modération mère de toutes les logiques.

C’est aussi un mois pour se recueillir, pour faire le vide, pour ressourcer l’âme par la lecture, par la beauté des arts, par la culture, par le goût des belles et profondes choses que cette vie nous offre, alors que la mort est toujours suspendue sur nos têtes comme un couperet. Cela donne de la force, cela génère une belle énergie et des vibrations si positives qu’elles vous placent dans un état de félicité sereine. Cela lave le cœur de ses scories. Cela nous débarrasse d’un cumul de onze mois d’excès, d’erreurs, de faux pas et d’hésitation. Ramadan a cela de puissant, c’est qu’il porte en lui le secret de se dépasser dans les belles choses.

C’est un sacerdoce d’une grande simplicité et d’une profonde liberté. Il faut le vivre dans la fluidité, dans la douceur, dans l’acceptation du destin et de ce mal qui nous frappe de plein fouet, mais qui est aussi le déclencheur d’une nouvelle philosophie d’être à la vie et aux autres. Une conduite qui élève l’esprit dans une rencontre unique avec soi et avec le divin en nous.
Car c’est à cela qu’est destinée la spiritualité: nous faire réaliser encore et toujours que nous avons une chance miraculeuse d’être en vie, par ces temps durs.

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Les clés de la solidarité pour ouvrir les portes du Ramadan. https://aujourdhui.ma/chroniques/les-cles-de-la-solidarite-pour-ouvrir-les-portes-du-ramadan https://aujourdhui.ma/chroniques/les-cles-de-la-solidarite-pour-ouvrir-les-portes-du-ramadan#respond Mon, 12 Apr 2021 11:13:36 +0000 https://aujourdhui.ma/?p=373579

Jamais en ces temps modernes, le mois sacré de Ramadan n’aura autant été l’occasion de conjuguer au présent les mots solidarité, partage, compassion, vivre-ensemble. Une partie des nôtres – victimes collatérales du virus- vit dans l’absolue précarité : familles démunies, travailleurs journaliers, artisans de l’informel… sans même évoquer tous ceux qui ont perdu leur emploi, ...]]>

Jamais en ces temps modernes, le mois sacré de Ramadan n’aura autant été l’occasion de conjuguer au présent les mots solidarité, partage, compassion, vivre-ensemble.

Une partie des nôtres – victimes collatérales du virus- vit dans l’absolue précarité : familles démunies, travailleurs journaliers, artisans de l’informel… sans même évoquer tous ceux qui ont perdu leur emploi, sont dans une stratégie de survie.
Le mois de Ramadan est chez nous certes un moment de recueillement, de piété, une occasion de se retrouver mais il est aussi -ce serait hypocrite de le taire- un mois où a l’heure du Ftour nous sommes heureux de nous retrouver devant une table copieuse. Copieuse plus que nécessaire parfois, mais c’est une réalité, nous sommes ainsi faits.
Bien sûr nombre de nos compatriotes – y compris en temps normal- ne peuvent s’offrir que le nécessaire : harira, pain, lait, dattes…mais au moins cela est tout de même accessible, cette année après 12 mois de pandémie, ce minimum n’est même pas garanti pour beaucoup d’entre nous.

Toutes les catégories que j’ai citées plus haut se retrouvent dans une situation de totale précarité, voire de dénuement et sont ainsi dépendantes de nous, de notre attention à eux, de notre solidarité, de notre sens du partage.
Nous tous, qui portons ces valeurs et répondons habituellement à toutes ces campagnes d’entraide, connaissons aussi nos propres difficultés : nous sommes la classe moyenne et nous aussi sommes touchés de plein fouet par les dégâts collatéraux de l’épidémie.
Pourtant tous nos concitoyens souffrant d’absence totale de revenus comptent sur nous, je ne parle pas que de ceux qui sont visibles, dans nos rues, je parle de ces familles, de ces femmes seules avec leurs enfants, de ces personnes âgées…que l’on ne voit pas et qui secrètement espèrent un geste, une attention, un soutien…
Soyons ceux qui feront ce geste.
De nombreuses associations se mobilisent en ce mois de Ramadan chaque année, et les réseaux sociaux s’en font l’écho, je voudrais quant à moi vous parler de l’action menée par de jeunes bénévoles : ces jeunes que je connais si bien -présents sur le terrain au quotidien- et qui depuis le début de la pandémie sont en première ligne.
Cette année à nouveau ils lancent leur opération «Abouab Ramadan»/ «Les Portes du Ramadan» , avec pour slogan : « Pour que jeûner ne signifie pas souffrir de la faim ».
Ils expliquent la philosophie de leur action par ces lignes :

«En cette période de la Covid, nombreux sont nos compatriotes en situation de précarité, familles démunies, travailleurs de l’informel, personnes âgées, etc. qui auront beaucoup de difficultés à vivre ce mois sacré dans de bonnes conditions.
Notre opération se décline en 2 étapes :
– La collecte que nous avons lancée et pour laquelle nous faisons appel à votre solidarité. Denrées alimentaires : farine, huile, sucre, dattes, pois chiches, thé, pâtes… sont évidemment les plus recherchées…
– La distribution de nos paniers, qui débutera le samedi 17 avril, où nous déposerons nos kouffas/ paniers, aux portes des bénéficiaires que nous aurons identifiés.
Nous initions l’opération dans plusieurs villes, pour chacune d’entre elles une association de jeunes bénévoles est en charge de l’opération :
– Casa : LES 109 + Marocains Pluriels
– Marrakech : Kech Jeunesse
– Essaouira : Mogajeunes
– Sidi Kacem : Rihla
– Oujda : Taoufik : Crescendo
– Rabat : Hip-hop Family
– Mohammedia : LES 109 + Marocains Pluriels »
Voilà ! Tout est dit, quant à nous, répondons à leur appel, leurs contacts sont disponibles sur leurs pages facebook…
Aidons les à les aider !

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Un bain covidien https://aujourdhui.ma/chroniques/un-bain-covidien https://aujourdhui.ma/chroniques/un-bain-covidien#respond Sat, 10 Apr 2021 10:00:28 +0000 https://aujourdhui.ma/?p=373374

«Il y a des gens si bêtes, que si une idée apparaissait à la surface de leur cerveau, elle se suiciderait, terrifiée de solitude» Emil Michel Cioran C’est la course au hammam. L’ouverture des hammams a vu s’abattre une déferlante humaine en mal d’hygiène depuis plus d’une année. Le «frotti frotta» des bus mis à ...]]>

«Il y a des gens si bêtes, que si une idée apparaissait à la surface de leur cerveau, elle se suiciderait, terrifiée de solitude»

Emil Michel Cioran

Par Dr Imane Kendili
Psychiatre-addictologue

C’est la course au hammam. L’ouverture des hammams a vu s’abattre une déferlante humaine en mal d’hygiène depuis plus d’une année.
Le «frotti frotta» des bus mis à mal, reste le hammam pour se respirer dans la chaleur moite au nom d’un rituel d’hygiène reconduit par la Covid.
Certains disent se protéger en se rendant que dans des hammams dits individuels, sauf que l’exclusivité dure 1h et que vous passez après un client et avant un autre.
Les distorsions cognitives battent leur plein. Les pensées permissives avortent le cerveau supérieur et le préfrontal est pieds et poings liés.
La bêtise. Plus question de maturité ou de déni d’une réalité, pourtant planétaire. La bêtise humaine est le sujet du jour.
On vous protège, on vous vaccine, on ferme les frontières, on met à mal l’économie, on priorise l’humain. Et l’humain ? Il court au hammam.
Sincèrement, comment peut-on courir au hammam aussi vite après une année de crise sanitaire, certes bien gérée au Maroc, mais toujours en épée de Damoclès sur nos têtes.
Sitôt le hammam ouvert, les masques sont tombés. Protégés émotionnellement, nos ados marocains déambulent sans masques, éternuent dans leurs manches, s’époumonent dans les cafés, s’abreuvent sur les terrasses pour un apéro de plus en plus tôt dans l’après-midi. Couvre-feu oblige.
On fait des midis dix-neuf heures et on se désole de devoir faire des «after» dès 20h.
Ça circule sec. Mieux encore ! Devant la nouvelle de couvre-feu pendant ramadan, les sourcils froncent et beaucoup saluent une excellente décision ; mais qui vaut pour les autres, pas pour le «moi» narcissisé sans limites ; enfreindre est la règle. On est heureux d’une décision prophylactique et responsable ce qui ne nous empêche pas de prévoir des ftours animés adaptés. On passera la nuit les uns chez les autres pour ne pas se faire prendre dans les rues à minuit.
Les limites sont faites pour être enfreintes. Le non- limites et l’intolérance à la frustration sont devenus des outils de fonctionnement adoptés.
On court à la vie. On cueille des dernières perles de rosée polluée, la langue pendue et avide des derniers plaisirs de l’ancien monde. L’adaptation est un processus difficile. D’autant plus quand l’ordalie permet de se rapprocher du créateur, voire de le narguer. A la veille de ramadan c’est encore plus excitant. La prière est un processus spirituel personnel qui permet un cheminement intérieur et une élévation de l’âme, particulièrement pendant le mois sacré de ramadan. Donc si l’objectif est la retraite spirituelle, le rendu est à grande valeur de sublimation émotionnelle et psycho-spirituelle.
Mais si l’objectif est le besoin de frotti frotta dans les cafés, les rues marchandes et les disputes de tapis de prières dans les mosquées, certes, il y aura des difficultés.
Bien que la vaccination soit en cours, que l’immunité collective est attendue, les mesures de distanciation, le port de masques et l’hygiène sont et seront toujours de mise.
L’hygiène étant à repréciser. Je ne parle aucunement du gommage et savonnage option badigeonnage au henné ou au chocolat, selon le référentiel et bien entendu sur mesure.
Il est impressionnant de voir le nombre de restaurants et cafés qui ouvrent depuis 3 à 4 mois. Pas seulement ! Les spas et parapharmacies ! Et les salons de coiffure font faire des hammams individuels ! Le Marocain existe de sa consommation. Je consomme donc je suis. Je me remplis. Plus je téte, plus je suis rassuré. Un biberon chacun ! A servir avec la deuxième dose de vaccin ! Et si on peut visser des masques sur les visages ça serait l’idéal. Car le masque est optionnel dans nos rues, porté sur le menton ou pendu à l’oreille.
La couleur est adaptée, le tissu est premium mais le porter est une autre affaire.
Muselez-vous s’il vous plait et respectez les distances ! Votre gommage importe peu devant votre santé et la survie de certains. Les variants sont là. Dakhla est fermée. Les frontières sont fermées. Les laboratoires voient les tests reprendre à grande vitesse et les cas graves de la Covid reprennent.
Cher marocain ! S’il te plait observes le couvre-feu et portes ton masque !
«On amène les gens courageux à une action en la leur exposant plus périlleuse qu’elle ne l’est».
Nieztschex

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