Chroniques – Aujourd'hui le Maroc https://aujourdhui.ma Les articles du journal et toute l'actualité en continu Fri, 27 Nov 2020 15:09:47 +0000 fr-FR hourly 1 https://wordpress.org/?v=5.5.3 Ô Vaccin ! Quand tu nous tiens https://aujourdhui.ma/societe/o-vaccin-quand-tu-nous-tiens https://aujourdhui.ma/societe/o-vaccin-quand-tu-nous-tiens#respond Fri, 27 Nov 2020 15:00:18 +0000 https://aujourdhui.ma/?p=361576

«Il ne faut pas empiéter sur l’avenir en demandant avant le temps ce qui ne peut venir qu’avec le temps. Mieux vaut manifester sa raison par tout ce que l’on tait que par ce qu’on dit. Tout pour moi, rien pour les autres, voilà la devise de l’égoïste. Tout égoïste fait de lui-même le centre ...]]>

«Il ne faut pas empiéter sur l’avenir en demandant avant le temps ce qui ne peut venir qu’avec le temps. Mieux vaut manifester sa raison par tout ce que l’on tait que par ce qu’on dit. Tout pour moi, rien pour les autres, voilà la devise de l’égoïste. Tout égoïste fait de lui-même le centre de l’univers. Le bonheur connaît son moi en autrui»
Arthur Schopenhauer

Par Dr Imane Kendili
Psychiatre-addictologue

La libération est proche. On rêve, o s’occupe, on projette, on programme. Mieux encore ! Certains sont rivés à leurs sièges à la recherche d’une destination au soleil en janvier. Qui dit mieux ?
Une libération couplée à un vaccin miraculeux qui balayerait définitivement la Covid. Vaccinés, les mesures barrières et les contraintes socialement non admises de distanciation seront levées. Les bains de foule et les frottements de bus sont attendus.
Le vécu des french kiss et embrassades de l’après-guerre !
Dites-moi pourquoi doit-on en permanence rappeler à la maturité nos concitoyens. Nous serions une population de joyeux lurons en attente de miracles. On attend tout de l’autre avec un grand A. L’Autre nous sauvera. L’Autre nous guérira. L’Autre pouvant être nos dirigeants qui font plus que le maximum au vu de la gestion toujours en amont depuis le début de la Covid citant la dernière d’un vaccin accessible à tous. Que peut-on demander de plus à l’Autre ?
Nous devons nous engager et prendre nos responsabilités. Ce n’est pas gagné d’avance ? Si nous revenons à notre lexique, la responsabilité est fuie et imputée à l’autre même quand c’est un objet inerte.
Je vous donne un exemple. Quand nous faisons tomber un verre, nous ne disons pas «j’ai fait tomber le verre» mais «le verre est tombé». Mieux encore. Je me cogne contre une porte, je cite «la porte m’a cognée»… Où je veux en venir ? Simple. Quand même pour un acte qui implique un objet, on lui octroie la responsabilité de l’acte, comment voulez-vous être en pleine conscience d’une responsabilité engagée collective ?
Un travail psycho éducationnel profond est à penser. Pas seulement pour la Covid. Pour énormément de maux de société que nous partageons avec la population mondiale car, navrée de vous l’apprendre, la mondialisation a fait de nous un citoyen du monde et non un homme rare qui miraculeusement par incantations ou effusions de plomb échapperait à ses réalités.
La prise de conscience, l’acceptation d’un changement de vie suite à la crise Covid comme toute autre crise passée dans l’histoire de la peste à la guerre.
Messieurs, dames ! Un vaccin a besoin de temps et les spécialistes à travers le monde parlent de 18 à 24 mois pour parler d’immunité collective.
Donc, une fois ma piqûre faite, je ne pourrai pas lever les mesures barrières par sécurité et responsabilité collective, car nous ne sommes pas égaux devant la Covid.
La réduction des risques a démontré à travers les mesures barrières et le confinement premier que la gestion en amont est bien plus efficace et moins coûteuse qu’un soin-guérison tributaire de la poche des citoyens et du nombre de places et respirateurs disponibles.
Soyons réalistes. Certains produits nécessaires au traitement de la Covid quand elle se complique sont en rupture en Europe et difficiles à trouver comme l’héparine-retard par exemple.

L’affaire est sérieuse et si certains ont une meilleure immunité que d’autres, rien n’est prévisible à l’avance pour un virus dont les suites thromboemboliques, respiratoires et immunitaires sont compliquées sur le long terme.
Donc le vaccin ne permettra pas le French Kiss de l’après-Guerre.
Par ailleurs, le virus est là mais parlons de charge virale. Il est important de comprendre que le risque augmente avec le temps passé dans un endroit avec une personne infectée, sans masque, à absorber. Sans oublier nos fluides corporels, la salive étant premier vecteur.

Penser la psychoéducation et la réduction des risques de contamination sur le long terme. Si les Chinois aujourd’hui ne parlent plus de la Covid, c’est aussi une question de culture et de discipline. Ils ne sont pas tactiles et se saluent tout aussi poliment mais avec distanciation.
Si les pays de Nord de l’Europe ne sont pas entendus sur cette affaire et que la vie continue au Nord, c’est également une question de discipline et de civisme.
Les mesures éducationnelles ont toujours été salutaires. La crise de choléra est passée par l’éducation à l’hygiène. Si aujourd’hui, les parasitoses sont quasiment oubliées, c’est également grâce à l’éducation et la sensibilisation à la transmission oro-fécale particulièrement.

Réveillons-nous !
Le vaccin est un cadeau, certes, décidé et mis en place rapidement. Mais l’hygiène, le lavage des mains, la distanciation, le port du masque, la nutrition avec un apport de vitamine C et de zinc ; mais pas seulement, le combat comportemental contre l’obésité et la sensibilisation au diabète en parlant des méfaits du sucre, sont à prioriser. Le tabac également à combattre. Le sport, l’activité physique sont primordiaux et sont de réels soins aujourd’hui.
La réduction des risques, la prévention et la sensibilisation sont les étendards de la Covid. Nous gagnons à nous protéger en changeant nos habitudes de vie.
La course aux recettes et méthodes naturelles est une vraie comédie. Si vous mangez de l’ail ou de l’oignon c’est une habitude à vie et pas spéciale Covid.

Il est vrai que la nutrition a un grand rôle car la santé est également dans notre assiette mais qui en parle ? Notre immunité également !
Après la carte vaccinale, va-t-on passer à la carte immunitaire ?
Non ! Ce qui peut être fait par l’Autre dont on attend tout est déjà fait. Le citoyen marocain doit faire pour lui-même et sa communauté car qu’on le veuille ou non : Ce n’est pas la Covid qui me frappe, c’est moi qui l’attrape !». Vous m’excuserez pour cette traduction littérale.

Le vaccin est une excellente nouvelle mais c’est la responsabilité et l’engagement au maintien solidaire des mesures barrières qui feront une réussite de ce vaccin et une immunité collective progressive.
Donc, programmer vos vacances aux Maldives ou en Grèce est irresponsable ! Programmez vos vacances au Sud ou au Nord du Maroc. Le Maroc a besoin de nous !

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Main de Dieu, destinée, hasard… le déclic d’une vie… https://aujourdhui.ma/chroniques/main-de-dieu-destinee-hasard-le-declic-dune-vie https://aujourdhui.ma/chroniques/main-de-dieu-destinee-hasard-le-declic-dune-vie#respond Mon, 23 Nov 2020 12:00:01 +0000 https://aujourdhui.ma/?p=361190

Beaucoup d’entre nous ont vécu cela, ce «déclic» qui change toute une vie, certains appellent cela la main de Dieu, d’autres la destinée, d’autres encore le hasard… toujours est-il qu’alors qu’ils suivaient une trajectoire de vie, qu’ils programmaient leur avenir, un événement est venu tout bouleverser, tout remettre en question et en définitive leur faire ...]]>

Beaucoup d’entre nous ont vécu cela, ce «déclic» qui change toute une vie, certains appellent cela la main de Dieu, d’autres la destinée, d’autres encore le hasard… toujours est-il qu’alors qu’ils suivaient une trajectoire de vie, qu’ils programmaient leur avenir, un événement est venu tout bouleverser, tout remettre en question et en définitive leur faire prendre une route totalement différente de celle qu’ils avaient envisagée.


Je voudrais ici essayer d’éclairer ce qui est en train de survenir à toute une génération à l’aune de ce que moi-même j’ai vécu à l’adolescence.
Je me destinais au métier d’éducateur et suivait les études qui me mèneraient à cet objectif, j’étais un étudiant studieux et j’étais focalisé sur mon but…
C’était sans compter avec le destin et les imprévus qu’il nous réserve.
C’est en fait une émission de radio qui a tout changé pour moi : chaque soir je me branchais sur Radio Soleil -une radio Beur comme l’on disait à l’époque- qui diffusait la musique que l’on aimait : Rai, chansons maghrébines, fusions, etc. C’était la grande période des Chebs (Khaled, Mami, Housni, Kader…) des Raina Rai, Bouchenak, etc.

C’est une émission spéciale consacrée à de jeunes Beurs de Lyon qui est venue bouleverser mon parcours…
En effet un soir alors que je travaillais mes cours j’ai entendu un reportage réalisé avec de jeunes Beurs du quartier des Minguettes qui expliquaient qu’afin de lutter contre le racisme, de protester contre l’inégalité des droits et de montrer leur colère suite aux «bavures policières» et autres crimes à caractère raciste qui touchaient la population maghrébine de France, ils allaient entamer une marche qui allait traverser l’Hexagone -de Marseille à Paris- afin d’attirer l’attention des Français, des médias et des autorités sur leur situation.

Je ne m’expliquerai jamais totalement pourquoi dès cet instant, j’ai décidé de mettre mes cours en suspens et de m’impliquer corps et âme dans cette marche «Contre le racisme et pour l’égalité» devenue pour l’histoire la «Marche des Beurs».
C’est toute mon existence qui en a été bouleversée puisque c’est de ce jour que date mon engagement, que je n’ai plus jamais lâché et qui fait qu’aujourd’hui je suis ce que je suis et en train de vous écrire ces lignes.
Ce qui est en train de se produire avec toute une partie de notre jeunesse en ce moment ressemble beaucoup à ce déclic.
En effet l’un des effets de la pandémie est qu’elle fait ressortir le meilleur mais aussi le pire d’entre nous : toute une jeunesse a ressenti ce fameux déclic, elle a ressenti ce que l’époque avait de grave et aurait comme répercussions sur notre avenir et a décidé d’être actrice plutôt que spectatrice de ce moment imprévisible, incroyable et quelque part irréversible.
Ces jeunes se sont impliqués, engagés, pris en main, ils se sont transcendés et ont dépassé leurs craintes, leurs hésitations pour devenir en quelque sorte la 3ème force face à la pandémie, aux côtés des soignants et des forces de l’ordre.
«De cette période émergeront les leaders de demain, celles et ceux qui ne baissent pas les bras et qui n’attendent pas que l’on fasse pour eux», résume parfaitement le jeune militant franco-marocain de l’association Maroc pour Tous, Hicham Dakiri.

«Ils ont en quelques mois reçu un apprentissage accéléré sur ce que la société leur réserve s’ils ne décident pas d’agir».
Là aussi pour eux, je suis persuadé que leur vie ne sera plus jamais la même, ils ont pris un virage qui -pour la plupart d’entre eux- ne les ramènera plus en arrière, là ils sont en train de se construire une nouvelle personnalité et en même temps ils sont en train de dessiner une nouvelle société.
C’est une transformation qui naît de leurs mains, en fait ils sont en train de faire -concrètement, sur le terrain- ce que Sa Majesté appelait de ses vœux il y a des mois : un nouveau modèle de développement.

La Commission en charge d’y réfléchir n’a plus maintenant qu’à s’en inspirer et intégrer ces jeunes en son sein : ils sont les acteurs que nous recherchions.
Croyez-moi, je vous en parle en connaissance de cause, c’est par ces déclics, sur le terrain -grâce à une poignée d’engagés- que se font les véritables changements !

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Indécence et vérité https://aujourdhui.ma/chroniques/indecence-et-verite https://aujourdhui.ma/chroniques/indecence-et-verite#respond Sat, 21 Nov 2020 09:55:27 +0000 https://aujourdhui.ma/?p=360948

«Deux ou trois médecins s’exclamèrent. Les autres semblaient hésiter. Quant au préfet, il sursauta et se retourna machinalement vers la porte, comme pour vérifier qu’elle avait bien empêché cette énormité de se répandre dans les couloirs. Richard déclara qu’à son avis, il ne fallait pas céder à l’affolement : il s’agissait d’une fièvre à complications ...]]>

«Deux ou trois médecins s’exclamèrent. Les autres semblaient hésiter. Quant au préfet, il sursauta et se retourna machinalement vers la porte, comme pour vérifier qu’elle avait bien empêché cette énormité de se répandre dans les couloirs. Richard déclara qu’à son avis, il ne fallait pas céder à l’affolement : il s’agissait d’une fièvre à complications inguinales, c’était tout ce qu’on pouvait dire, les hypothèses, en science comme dans la vie, étant toujours dangereuses. Le vieux Castel, qui mâchonnait tranquillement sa moustache jaunie, leva des yeux clairs sur Rieux. Puis il tourna un regard bienveillant vers l’assistance et fit remarquer qu’il savait très bien que c’était la peste, mais que, bien entendu, le reconnaître officiellement obligerait à prendre des mesures impitoyables. Il savait que c’était, au fond, ce qui faisait reculer ses confrères et, partant, il voulait bien admettre pour leur tranquillité que ce ne fût pas la peste».

Extrait de La Peste Albert Camus

Par Dr Imane Kendili
Psychiatre-addictologue

Nous sommes en plein dedans. Jusqu’au cou. Une deuxième vague, clament certains ! C’est d’un drôle à faire sourire nos macchabées qui s’accumulent devant des tableaux statistiques quotidiens.
Casablanca étouffe, la respiration est courte, saccadée. Le Maroc est en polypnée mais Casablanca est dyspnéique. Les queues devant les centres de radiologie laminent d’angoisse la population, sans oublier que les scanners coûtent cher messieurs, dames. Les bilans sanguins aussi. Prendre la Covid au détour et gagner du temps coûte beaucoup d’argent. Les PCR sont à 700 dirhams. Les scanners à 1.800. Qui dit mieux ? La Covid a un prix. La vie à tout prix !
Nous ne vivons pas une deuxième vague. Nous vivons une première vague. Le confinement a permis de contenir la propagation de manière avant-gardiste et réussie mais aujourd’hui nous y sommes. Quelques cas par jour et 1 ou 2 morts ont créé un élan de solidarité communautaire.

Une vraie déferlante qui arrive. L’acceptation est pourtant loin d’être au rendez-vous. Le déni est à son apogée et la Covid creuse sa fosse à purin mortelle. Les élucubrations fusent et la population en tumulte continue à s’approvisionner en masques strassés et s’adapte compliamment non pas aux circonstances dévastatrices de la Covid. Non !! On s’adapte à nos humeurs d’arlequins en tissant une nouvelle toile masquée ou hydro-alcoolisée pour continuer à user l’âme de l’humanité qui agonise.
Quand ce sont de jeunes adultes inconscients ou nos aînés incompréhensifs quant à la situation qui souffrent de déni et de clivage en se perdant dans des comportements infantiles puérils, nous pouvons encore parler de sensibilisation, d’éducation et se montrer cléments.
Le sang des Casablancais et leur chair se putréfient dans l’attente du vaccin salvateur. Heureusement le vaccin arrive.

Casablanca se décompose en lambeaux de chair dans des hôpitaux qui sont fuis pour les cliniques. De grands médecins se battent avec professionnalisme, dévouement et abnégation contre la Covid. Le serment d’Hippocrate est tenu et le conseil de l’ordre régional fait des nuits blanches. Responsable.
Les vrais soldats sont réanimateurs, internistes dignes de ce nom, pneumologues et généralistes ou urgentistes en corps à corps avec la Covid. Ils ne sont pas sur les plateaux de télévision à se vendre en médecins caméléons mercantiles de toute spécialité et d’aucune. Surfer sur la vague Covid n’est pas l’apanage de tous. Une âme malveillante salit la réputation d’un corps médical qui fait son maximum au public et au privé.
Oui, même au privé. De grands moyens sont déployés et de grands soldats y travaillent avec cœur. Les grands groupes dignes de ce nom et référencés sont bien plus efficaces que beaucoup de référents étrangers. Le Maroc est bon. Son corps médical est bon et réellement dévoué. Nous ne nous abreuvons pas tous de sucre doux des gâteaux, de suc noir de ferritine des Casablancais !

On dit en traduction littérale «qu’un poisson pourri salit toute la pêche». Nous y sommes. Malheureusement, les leaders de la Covid travaillent d’arrache-pied et n’ont pas le temps de communiquer sauf avec les familles et leurs patients qu’ils assistent et accompagnent 24h/24.
C’est vrai que la santé a un coût, comme partout dans le monde. Le Maroc reste un modèle mondial de gestion en termes d’anticipation. Casablanca est dépassée. La question à se poser est pourquoi ? Comment ? Qui ?
Je vous rappelle qu’un bilan sanguin complet a un coût de plus de 2.000 dirhams et que s’il est perturbé il faut en faire en série et surveiller pour ne pas crever !
La TDM thoracique salutaire, si elle est faite et refaite à temps, chiffre aussi !
Les Casablancais veulent garder les leurs !
Heureusement le vaccin arrive ! Heureusement que nous serons sauvés par ce vaccin qui promet une immunité collective ! Mais pas trop vite ! L’immunité collective mettra du temps et prend des mois et pour aider notre campagne nationale avant-gardiste nous devons être disciplinés, nous protéger et respecter les mesures barrières.
Je suis sidérée de voir que les médecins sont des fois si tristement et indignement représentés.
La réalité de terrain est autre. De grands médecins se battent tous les jours contre la Covid, nous avons perdu des icônes qui ont enseigné des générations dans le silence. Les vrais combattants ne sont pas sur les plateaux de télévision. Ce sont nos collègues médecins urgentistes, réanimateurs, pneumologues, internistes dignes de ce nom, etc. car la Covid essouffle.

Sans oublier les vrais soldats au front !
Les infirmiers et infirmières au chevet des malades en contact avec une charge virale montante et dignes dévoués, sans sucre !
Le front ce sont nos élus et nos représentants du conseil de l’ordre droits et présents et vrais qui appellent, soutiennent les médecins et leurs familles car beaucoup de médecins et infirmiers tombent malades.

La peste n’est plus à craindre depuis longtemps mais elle revient réincarnée, la faucheuse à ses côtés. La Covid. C’est l’hypoxie joyeuse.

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Campagne derb dial : Une affiche et un concours contre la Covid https://aujourdhui.ma/chroniques/campagne-derb-dial-une-affiche-et-un-concours-contre-la-covid https://aujourdhui.ma/chroniques/campagne-derb-dial-une-affiche-et-un-concours-contre-la-covid#respond Mon, 16 Nov 2020 11:45:06 +0000 https://aujourdhui.ma/?p=360538

Les jeunes acteurs associatifs de Morocco l’Ghedd et Marocains Pluriels cherchent sans cesse à innover afin d’associer le maximum de jeunes -concrètement- à la lutte contre le coronavirus. Distribution de masques, de flyers, collage de stickers, recherche de slogans mobilisateurs, depuis 8 mois ils n’ont de cesse de labourer le terrain afin de sensibiliser la ...]]>

Les jeunes acteurs associatifs de Morocco l’Ghedd et Marocains Pluriels cherchent sans cesse à innover afin d’associer le maximum de jeunes -concrètement- à la lutte contre le coronavirus.


Distribution de masques, de flyers, collage de stickers, recherche de slogans mobilisateurs, depuis 8 mois ils n’ont de cesse de labourer le terrain afin de sensibiliser la population.
Aujourd’hui ils lancent une nouvelle campagne qui se décline en 2 phases : une affiche pour les réseaux sociaux et un sticker pour le terrain d’un côté et de l’autre un concours vidéos !
Inventer, innover, faire appel à la création, susciter la participation sont les idées directrices de cette campagne.
Dans notre culture, dans notre population -tout particulièrement dans la jeunesse- le derb est sacré, l’hay, l’houma… cela a du sens, c’est un repère, un signe d’appartenance, c’est ce symbole que les jeunes militants associatifs ont choisi comme thème pour leur nouvelle action de sensibilisation anti-Covid.
Un superbe visuel réalisé grâce au talent de Hamid Faress -photographe- et Hamid Massafi -infographiste- est donc décliné sous forme de stickers et de flyers portant le slogan «Derb diali, je l’aime, je le protège». Dès cette semaine ils seront collés dans des endroits stratégiques : Rass Derb, épiceries, cafés, collèges, lycées, places, jardins… et les flyers quant à eux seront distribués lors de déambulations dans les quartiers.
Chacun est d’ailleurs invité à contribuer à cette campagne puisque le fichier-source du visuel à imprimer sera envoyé à toute personne qui le souhaitera ; les médias, les influenceurs, les artistes, les sportifs… toutes celles et tous ceux soucieux de participer à cet élan anti-Covid et qui souhaitent s’y associer – ne serait-ce qu’en le partageant sur les réseaux sociaux– sont effectivement les bienvenus.
Le second volet de cette opération consiste en un concours ouvert à tous, et dont l’objectif est de filmer son quartier en cette période de pandémie.

En voici le descriptif :
«Filme ton quartier au temps de Covid
Envoie-nous une vidéo ne dépassant pas 2 minutes qui nous montre ton quartier de façon drôle, ou originale pour en décrire une scène de vie au temps de Covid…
L’objectif est de nous faire découvrir ton quartier en ce moment, de nous montrer la manière dont toi-même ou les habitants de ton quartier vivent en cette période de pandémie.
Les 3 vidéos qui seront choisies par un jury composé de 3 artistes, présidé par Nordine Lakhmari, remporteront chacune un prix.
Vous avez jusqu’au 27 novembre pour faire parvenir votre vidéo sur la page Facebook de Morocco l’Ghedd.»
La lutte contre le virus est un combat long et difficile, nous n’avons pour l’instant que le respect des gestes barrières, la solidarité et le civisme pour armes.
Un vaccin est en vue, chacun(e) d’entre nous -malgré ses craintes, ses doutes- ne peut qu’espérer son efficacité. En attendant, la vigilance est de mise et si une leçon doit rester dans nos esprits lorsque ce cauchemar aura pris fin c’est bien le courage et l’inventivité de notre jeunesse, elle le prouve encore avec cette campagne «Derb diali» sur les réseaux sociaux et sur le terrain.

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Le Maroc trace la voie du vivre-ensemble… https://aujourdhui.ma/chroniques/le-maroc-trace-la-voie-du-vivre-ensemble https://aujourdhui.ma/chroniques/le-maroc-trace-la-voie-du-vivre-ensemble#respond Mon, 09 Nov 2020 12:00:09 +0000 https://aujourdhui.ma/?p=359901

Montrer des images palpables de fraternité, montrer à quel point femmes et hommes de toutes religions, de toutes origines, de toutes cultures sont faits pour vivre ensemble est la solution face à la haine, au rejet. Le Maroc du vivre-ensemble a ses nouveaux ambassadeurs, nos jeunes. Dans notre pays la coexistence entre différentes communautés religieuses ...]]>

Montrer des images palpables de fraternité, montrer à quel point femmes et hommes de toutes religions, de toutes origines, de toutes cultures sont faits pour vivre ensemble est la solution face à la haine, au rejet.

Le Maroc du vivre-ensemble a ses nouveaux ambassadeurs, nos jeunes. Dans notre pays la coexistence entre différentes communautés religieuses est inscrite dans nos gènes, et même si le contexte international, le côté obscur du Web, les tentatives haineuses et racistes ne sont pas sans effets, Dieu merci nous résistons à ces vents mauvais.
Les preuves concrètes sont là qui nous montrent que les nouvelles générations sont bel et bien les héritières de notre tradition ancestrale : tradition qui fait que compatriotes musulmans et juifs ainsi que chrétiens vivant sur notre sol vivent en bonne entente, en harmonie.

Ainsi le dimanche de Toussaint, les jeunes membres de «109» sont allés à la Cathédrale Notre-Dame de Lourdes à Casablanca présenter leurs vœux à la communauté chrétienne vivant au Maroc, en même temps que leurs condoléances suite à l’assassinat de 3 fidèles dans la Cathédrale de Nice.
Par cette démarche ils ont également voulu rappeler qu’en tant que Marocains, que musulmans, les Prophètes des 3 religions bénéficiaient de notre respect. Ils ont d’ailleurs ainsi mis leurs pas dans ceux du Souverain, en effet notre Maroc éternel il y a quelques mois recevait le Pape François à l’invitation de SM le Roi Mohammed VI.
Le fait que ces jeunes s’impliquent de cette façon montre que notre culture de vivre-ensemble et d’ouverture est bien vivace et ne se conjugue pas au passé : la jeunesse en est la belle héritière et prend le relais.

Tout être humain ne peut que s’indigner lorsqu’un crime comme celui de Nice est commis et d’ailleurs la communauté chrétienne nous avait montré son soutien lorsque des musulmans avaient été tués dans une mosquée à Christchurch en Nouvelle-Zélande.
Ce samedi, après cette cérémonie de fraternité du jour de la Toussaint, les jeunes acteurs associatifs en partenariat avec les autorités d’Anfa- ont tenu à y ajouter un volet solidarité. En effet ils ont organisé une distribution de 2.000 masques et de flacons de gel hydroalcoolique aux jeunes chrétiens de Casablanca, principalement de jeunes subsahariens.
Et afin de symboliser leur volonté commune d’entraide en cette période de Covid, c’est tous ensemble que les jeunes musulmans et les jeunes chrétiens ont planté un olivier de la fraternité.
Ce sont de telles actions, simples et concrètes qui ont le plus d’impact sur les esprits : le côté obscur du Web est un outil destructeur et c’est là que les jeunes -du monde entier- qui se radicalisent, sont embrigadés, il faut donc bien sûr contrecarrer les discours de haine sur les réseaux sociaux mais il faut aussi, et surtout, être actifs sur le terrain !
Montrer des images palpables de fraternité, montrer à quel point femmes et hommes de toutes religions, de toutes origines, de toutes cultures sont faits pour vivre ensemble est la solution face à la haine, au rejet.

Le terrorisme, la barbarie se nourrissent d’images de sang, d’images de violence, nous devons quant à nous nourrir l’amitié, la fraternité par des images de paix, d’initiatives communes, d’actions de terrain et en ce domaine très sincèrement le Maroc peut être un modèle à suivre, une locomotive.
Merci aux jeunes générations de le prouver et d’être prêtes à échanger avec les jeunes d’autres pays afin de montrer la voie.

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Le meilleur des mondes https://aujourdhui.ma/chroniques/le-meilleur-des-mondes https://aujourdhui.ma/chroniques/le-meilleur-des-mondes#respond Sat, 07 Nov 2020 13:00:14 +0000 https://aujourdhui.ma/?p=359772

Nos enfants sont dans une totale insécurité du lendemain. Au gré des résiliences, certains y resteront. L’agoraphobie et l’addiction aux écrans sont à revoir dans les classifications puisque la frontière entre normal et pathologique fait glisser l’aiguille du pathologique vers une normalité d’adaptation forcée. «Mais je n’en veux pas, du confort. Je veux Dieu, je ...]]>

Nos enfants sont dans une totale insécurité du lendemain. Au gré des résiliences, certains y resteront. L’agoraphobie et l’addiction aux écrans sont à revoir dans les classifications puisque la frontière entre normal et pathologique fait glisser l’aiguille du pathologique vers une normalité d’adaptation forcée.

«Mais je n’en veux pas, du confort. Je veux Dieu, je veux de la poésie, je veux du danger véritable, je veux de la liberté, je veux de la bonté. Je veux du péché.
— En somme, dit Mustapha Menier, vous réclamez le droit d’être malheureux.
— Eh bien, soit, dit le Sauvage d’un ton de défi, je réclame le droit d’être malheureux.
— Sans parler du droit de vieillir, de devenir laid et impotent ; du droit d’avoir la syphilis et le cancer ; du droit d’avoir trop peu à manger ; du droit d’avoir des poux ; du droit de vivre dans l’appréhension constante de ce qui pourra se produire demain ; du droit d’attraper la typhoïde ; du droit d’être torturé par des douleurs indicibles de toutes sortes».

Extrait du «Le meilleur des Mondes»  d’Aldous Huxley

Par Dr Imane Kendili
Psychiatre-addictologue

Ceci est un retour sur élucubrations multiples. Le temps est aux recommandations et bientôt aux conclusions ; et non plus au cheminement cognitif, d’ou une récapitulation réelle sur une situation qui perdure. Il semblerait que toutes les théories alarmistes à consonance psychotique des écologistes, ou encore des plus critiqués collapsologues, soient aujourd’hui un tournant de réflexion à investir.
Des prévisions de Nostradamus en arrivant à Greta Thunberg et ses grèves pour le climat à Davos, sans oublier le petit manuel de collapsologie de Servigne et Stevens, il semble évident que l’homme résident inhabituel sur Terre puisque le seul à adapter son environnement à ses désirs et son confort mouvants ; au lieu de s’adapter à son écosystème. Les prévisions sont claires dans moins de 30 ans, nous n’aurons plus la capacité d’énergie pour fonctionner. Les réserves prévoient 1/3 de la capacité actuelle et les énergies renouvelables sont un rêve chimérique derrière lequel on se cache afin de continuer la course technologique autodestructrice, laquelle, en fin de compte, assoit l’homme dans un libre arbitre souvent dénié philosophiquement, mais bien présent en une conduite suicidaire de toute l’humanité.

Armé d’une lampe diogénique, je m’acharne.
L’avenir de l’humanité est en fait une conversation de salons en milieu Bobo chic, ou encore, un budget apprêté à de belles organisations écologiques pleines de bon sens, de passions et de recommandations mais aux répercussions restant très limitées.
Pourquoi ?
Parce qu’on refuse de voir la réalité.
Le nombre de cas plafonne et nos concitoyens ont une seule peur : la fermeture des cafés et fastfoods !
Mieux encore ! On retrouve des posts sur les réseaux sociaux où mesdames et mesdemoiselles s’inquiètent de ne pas avoir l’occasion de porter leurs habits d’apparat.
La parade est terminée.

L’effondrement est bien réel et s’il a lieu, même les mieux nés dans des soi-disant continents nantis ne pourront pas déménager en des lieux interplanétaires sûrs. L’homme dans sa course d’exploitation de la Terre n’a pas une option Terre 2. Mais alors, l’effondrement concernerait une sélection naturelle. Cette sélection naturelle se ferait-elle par l’eau ? Par le feu ?
L’amygdale est une entité cérébrale bien présente chez l’homme, centre de toutes les peurs et socle de nos angoisses. Le plus drôle est cette peur bobologique inhérente à l’homme qui craint une rage de dents et sort embrasser la foule en conquérant invincible en temps de Covid.
Je ne sais. Par contre, ce qui est scientifiquement évident est le réchauffement climatique, la fonte des calottes glacières et la déstabilisation de l’écosystème en entier. Les conséquences sont également soulignées et évidentes. L’augmentation des crises alimentaires et de l’eau. Or, la Terre est surpeuplée.
Et l’augmentation croissante des gaz à effet de serre contribue au réchauffement climatique.

A l’origine des causes et des conséquences citées : les activités humaines. L’exploitation des combustibles fossiles et les déforestations.
Ces éléments ne sont pas nouveaux. Ils sont d’actualité avec l’arrivée de la Covid amenant l’homme à sa réalité non immuable. La température actuelle n’a jamais été atteinte depuis 2 millions d’années selon les scientifiques et le 5ème rapport du GIEC. Aurions-nous maladroitement mal interprété les schémas griffonnés de Fulcanelli à Julien Champagne ? Serions-nous en train de vivre le Finis Gloria Mundi remis à Canseliet ?
Le plus risible est que contrairement à ce que nous pourrions penser, nous ne sommes qu’une niche de l’écosystème. Et si nous étions amenés à disparaître, ce serait une niche de moins et non un monde de moins.

D’autres espèces plus résistantes ont disparu. Pourquoi l’Homme dans son narcissisme idiocratique et malgré son intelligence et sa mémoire a-t-il occulté une mémoire collective héritée pour reproduire son déclin de manière freudienne ?
Mieux encore ! Comment l’homme peut-il avoir la prétention de penser que le monde finirait avec lui ? Comment un être aussi finement intelligent serait en un même temps aussi crédule et autocentré ?
La Covid a pourtant souligné la fragilité de l’homme et des systèmes de santé mondiaux. Aucune technologie ni aucun PIB n’ont permis l’éradication d’un virus ni la protection de l’homme. Une deuxième vague pointe du nez et se terrer reste la solution première. Retour aux grottes. Système familial nucléaire primal.
L’ordre est sagement observé par les rats. Mais cette fois, les premiers qui quitteront le navire seront les hommes. Nous devons nous rendre à l’évidence. Nous sommes faits comme des rats.
Pourtant, à y voir de plus près, on continue à fuir la réalité. On attend un retour à une vie dite normale. On sort, on va à la plage. On s’»âme» -use. Car l’homme se pense incontournable dans l’écosystème. Et si tout reprenait sans lui ?
La fin d’un monde certes. Mais en aucun cas la fin du monde.
Depuis quand l’Homme a cessé l’invention ? Inventer relève de l’utopie. Aujourd’hui, l’innovation a tout pris. Le technologique a tué l’homme.
Le «je pense donc je suis» devient burlesque. Penser ? Quelle prétention ? Par soi-même ? Encore plus risible ? Nous pensons, vivons, sentons, voulons, désirions, aimons les mêmes choses. Huxley me manque tout d’un coup.
«On doit vivre sa vie en regardant devant soi, mais on ne la comprend qu’en regardant en arrière»
Sören Kierkegaard

Nos enfants sont dans une totale insécurité du lendemain. Au gré des résiliences, certains y resteront. L’agoraphobie et l’addiction aux écrans sont à revoir dans les classifications puisque la frontière entre normal et pathologique fait glisser l’aiguille du pathologique vers une normalité d’adaptation forcée.
De même que les relations sociales multiples en tant que signe de bonne santé. Garder sa santé aujourd’hui rime avec garder ses distances.

Nous en sommes arrivés à ce stade. Attendre un miracle. C’est l’unique porte de sortie pour cette civilisation. Évidemment, aucun miracle ne pointe à l’horizon. «Des économistes justifient rationnellement ce souci exclusif des profits à court terme en arguant qu’il peut être de meilleur aloi de récolter une ressource aujourd’hui que demain, dès lors que les profits d’aujourd’hui peuvent être investis et que les intérêts de cet investissement entre aujourd’hui et demain tendent à rendre la récolte d’aujourd’hui plus valable que celle de demain. Quitte à ce que les conséquences néfastes soient supportées par la génération à venir, qui, par définition, n’est pas encore ici pour faire droit à une prospective à long terme.» (Jared Diamond, Effondrement, page 672). Il faudra faire partie des survivants. Mad Max n’est pas loin, et là aussi le plus drôle c’est que le film se déroulait en 2021.

C’est à réfléchir différemment car si on doit survivre sans le confort autodestructif actuel, nos enfants devraient apprendre à bêcher et planter. Puis à chasser et allumer un feu.
Nous avons une date butoir pour jeter l’éponge. Rien ne va plus. Les scenarii qui se profilent ne sont pas nombreux. La nature finira par prendre le dessus et les humains auront livré un dernier combat pour s’exterminer eux-mêmes.
S’adapter et survivre passera par une sélection naturelle déjà bien entamée par la Covid.
La fuite, dans le déni et le clivage, est le mécanisme le plus visible ces derniers mois. On attend la fin du cauchemar et on se projette dans une vie post-Covid. On attend un miracle.

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Ces caricatures qui blessent… https://aujourdhui.ma/chroniques/ces-caricatures-qui-blessent https://aujourdhui.ma/chroniques/ces-caricatures-qui-blessent#respond Mon, 02 Nov 2020 12:00:17 +0000 https://aujourdhui.ma/?p=359321

Hélas ce que chaque femme et homme épris de paix et de fraternité redoutaient s’est produit à Nice : une attaque au couteau dans la cathédrale faisant 3 morts et plusieurs blessés. L’engrenage est inexorable. Il faut encore et toujours le rappeler : RIEN ne saurait justifier ni légitimer le terrorisme, la barbarie, et hélas ...]]>

Hélas ce que chaque femme et homme épris de paix et de fraternité redoutaient s’est produit à Nice : une attaque au couteau dans la cathédrale faisant 3 morts et plusieurs blessés.


L’engrenage est inexorable.
Il faut encore et toujours le rappeler : RIEN ne saurait justifier ni légitimer le terrorisme, la barbarie, et hélas l’étau se referme sur nous tous, collectivement.
La France est un grand pays, les Français sont un grand peuple : qu’apportent donc ces caricatures ?
Une liberté d’expression ?
Le droit au blasphème ?
La France a-t-elle besoin de cela pour montrer sa distance vis-à-vis des religions ? La laïcité serait-elle en danger sans ces caricatures ?
Il me semble au contraire qu’en s’entêtant dans cette voie c’est la démocratie qui est menacée : quel besoin y a-t-il de projeter aujourd’hui ces caricatures sur les murs, quel besoin y aurait-il de les montrer à tous les enfants dans toutes les écoles ?
Ne sombrons-nous pas là dans la puérilité, l’immaturité, le non-sens…
La liberté d’expression n’est-elle pas faite pour construire ? En quoi heurter, humilier serait un signe de liberté d’expression ?
En fait ces caricatures sont celles de la discorde !
Discorde en France tout d’abord et discorde dans le monde, est-ce cela l’ambition de la France ?
Bien sûr nous devrions opposer à ces caricatures notre indifférence, le Prophète (sur Lui la paix et le salut) a subi bien pire de son vivant.
Mais faire preuve d’indifférence demande du recul, du temps, de la réflexion, or la sensibilité des musulmans est «chauffée à blanc» par trop de racisme, trop de stigmatisation, trop d’apprentis sorciers tel Eric Zemmour qui ont antenne ouverte sur ces propagateurs de haine que sont les chaînes d’info en continu.
Et puis n’est-il pas évident que ces caricatures sont du pain bénit pour les terroristes de tout bord, pour l’extrême droite, pour les semeurs de haine, pour ceux qui y trouvent une arme idéale pour bouffer le cerveau des plus jeunes, des plus fragiles…
Pour préserver des vies face au virus la France choisit de priver de beaucoup de libertés ses citoyens – et cela est légitime-, pour préserver des vies ne pourrait-elle se priver de quelques caricatures ?
Puisque ces caricatures entraînent meurtrissures, humiliations, incompréhensions qui touchent les musulmans dans leur intime identité : puisque ces caricatures atteignent tout particulièrement les jeunes en touchant au Sacré, le Prophète de l’Islam (sur Lui la prière et le salut) qu’ils chérissent, puisque des crimes, des attentats sont perpétrés, faussement au nom de la religion musulmane et qui font de tous les musulmans des «suspects» potentiels aux yeux de certains, serait-ce trop demander que de les stopper ?
Ô je sais on me répondra que «céder sur les caricatures» serait céder aux terroristes, je n’épouse pas cette théorie : c’est au contraire en s’entêtant que vous leur cédez, vous leur cédez en leur offrant le (faux) prétexte dont ils avaient besoin pour tuer !
Et quand bien même certains penseraient que ce serait «reculer», le recul n’est-il pas sagesse lorsque cela est stratégique, lorsque cela préserve des vies et assèche le terreau des assassins ?
Il y a eu publication, qu’apporte donc une RE-publication ?
Les musulmans chérissent tous les prophètes : Sidna Aïssa, Sidna Moussa, Sidna Ibrahim, et leur vouent un profond respect, ils sont source de spiritualité, sans doute ceux qui ont réalisé ces caricatures, les athées, ne peuvent-ils imaginer le divin, mais ils peuvent au moins le respecter…
Un piège nous est tendu, sommes-nous assez inconscients pour tomber dedans les pieds joints ?
Au contraire il faut l’éviter ce piège, c’est possible en tissant des ponts, des passerelles entre nous, et puisque les caricatures sont un obstacle, cessons donc de les dresser en bannières !
Ces caricatures sont aujourd’hui des armes de division, le choix est-il si difficile à faire, le risque est réel qu’elles deviennent elles aussi obscurantistes…

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Mais où est donc Charlemagne ? https://aujourdhui.ma/chroniques/mais-ou-est-donc-charlemagne https://aujourdhui.ma/chroniques/mais-ou-est-donc-charlemagne#respond Fri, 30 Oct 2020 09:07:28 +0000 https://aujourdhui.ma/?p=359206

«Aujourd’hui nous recevons trois éducations différentes ou contraires: celles de nos pères, celles de nos maîtres, celle du monde. Ce qu’on nous dit dans la dernière renverse toutes les idées des premières». Charles de Montesquieu Qui a eu cette idée folle d’inventer l’école ? On aurait tendance à attribuer l’enseignement en institution scolaire ou même ...]]>

«Aujourd’hui nous recevons trois éducations différentes ou contraires: celles de nos pères, celles de nos maîtres, celle du monde. Ce qu’on nous dit dans la dernière renverse toutes les idées des premières».
Charles de Montesquieu

Par Dr Imane Kendili
Psychiatre-addictologue

Qui a eu cette idée folle d’inventer l’école ?

On aurait tendance à attribuer l’enseignement en institution scolaire ou même universitaire à Charlemagne puis à Ferry, mais la réalité est autre, car dès l’antiquité et l’Egypte ancienne l’école a existé, pour un apprentissage premier de l’écriture et de la lecture.
La consonance de groupes d’apprentissage a érigé les piliers de la connaissance à travers le partage de connaissances et l’amélioration des acquis pour une élévation. S’élever pour élever les autres. L’école pour concevoir, inventer, améliorer les connaissances partagées par le maître. La relation maître/élève est ses origines implique un transfert du savoir enseigner mais surtout la relation ; où le rôle du maître est de permettre l’élévation. Soit «amener un être vivant à son plein développement» si on revient à l’étymologie première du mot «élève». Etre «élève» relevait du privilège d’être enseigné d’un art. Quand on parle d’art, on parle également d’apprentissage de la pensée, de la réflexion, de la capitalisation du savoir… L’élève disciple devenant lui-même instrument d’apprentissage et apportant sa pierre à l’édifice de la connaissance humaine.

Mais alors si l’institution et ses maîtres se dédommagent des élèves, peut-on encore parler d’enseignement ? Alors définition simplette : le maître est garant de la sécurité émotionnelle et permet cette élévation au sein d’une communauté pensante pour une implication certaine d’un individu accompli au sein de sa société.
Nos enfants sont avides de connaissance. Nos enfants sont avides d’apprendre. Nos enfants sont avides de maître. Nos maître sont avides de maîtrise. La maîtrise passe par la sécurité émotionnelle des enseignants et des institutions. La sécurité émotionnelle de notre communauté passe par la maîtrise émotionnelle. Il est évident que regarder dans les yeux de la mère vacillante est on ne peut plus angoissant.
Seul un maître est dans l’acceptation de ses erreurs pour améliorer, sauver, construire, apprendre, avancer, mais si le maître gouvernant est dans le déni de l’erreur pourtant humaine, que faire ?
Avons-nous le temps pour une thérapie gouvernementale ? Les vagues s’échelonnent devant l’irresponsabilité civique sanitaire de disciples sans maîtres. Si le maître ne sait pas marcher, comment le disciple pourrait apprendre à marcher. Si la voie est introuvable pour le maître, comment le disciple pourrait la suivre ?
Tout parcours initiatique débute par une voie claire en vue d’un accomplissement et passe par un dialogue salvateur.

Les 30% d’analphabètes saupoudrés des 80% d’irresponsables conscients et inconscients. Car l’humain devant tout conflit désagréable inattendu n’a d’autres choix que le déni, le clivage et le refoulement spontanés ; ou l’acceptation, l’intégration et l’adaptation beaucoup plus fastidieux.
Pour la maîtrise du problème Covid, il aurait fallu un cheminement consciencieux vers une maturité d’adaptation à la réalité de la vie covidienne. Comment ? Par la sensibilisation et la prévention. Il y a longtemps avec l’école de l’absorption passive que l’élévation a été troquée pour l’éducation. Mais même l’éducation simplette préventive propagandiste a été écartée par déni d’une réalité de changement de paradigme de vie, sur Terre en tout cas.

Peut-on parler d’irresponsabilité consciente ? Et de qui ?
Nos enfants attendent le 7ème jour pour une nouvelle voie.
Quelle ironie ! Le chiffre 7. Le 7 septembre signe l’avenir de l’humanoïde. L’humain étant aujourd’hui obsolète. Trop de chair et de sang. Trop d’émotions. Trop d’attentes. Trop de trop. Donc construisons l’humanoïde de demain. Chers parents ! On vous offre : Soit option 1/ «Un enfant en classe à distance, devant un écran, désocialisé, associalisé, esseulé de sa communauté et virtualisé» avec les retombées addictives, anxieuses, dépressives et j’en passe. Soit option 2/ «Un enfant scaphandrier autiste malgré lui gardant ses distances en classe et responsable de lui-même s’il tombe malade, et vous avec !» avec les mêmes retombées psychogènes dés intégratives.

Entre la peste et le cholera, mon cœur balance.
Nos enfants peinent et nous avec. Un jour sur deux ou trois jours/huit. On ne sait plus compter. On se perd. Les objectifs sociabilisants sont loin d’être de mise et l’apprentissage sous stress n’a jamais porté ses fruits.
Nous n’avons jamais vu autant d’enfants angoissés qui se ruent en consultation. Quel futur pour nos enfants ? La question est posée. Je

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Ils ne sont forts que de nos faiblesses… https://aujourdhui.ma/chroniques/ils-ne-sont-forts-que-de-nos-faiblesses https://aujourdhui.ma/chroniques/ils-ne-sont-forts-que-de-nos-faiblesses#respond Mon, 26 Oct 2020 11:06:14 +0000 https://aujourdhui.ma/?p=358927

Il y a longtemps -qu’avec d’autres- j’alerte sur l’isolement dans lequel nous laissons notre jeunesse. L’assassin de Samuel Paty avait 18 ans, à cet âge on ne décapite pas un homme… Des paroles, des propos, des textes – notamment via les réseaux sociaux – arment les bras, «bouffent» le cerveau des jeunes. Le Web, les ...]]>

Il y a longtemps -qu’avec d’autres- j’alerte sur l’isolement dans lequel nous laissons notre jeunesse. L’assassin de Samuel Paty avait 18 ans, à cet âge on ne décapite pas un homme…
Des paroles, des propos, des textes – notamment via les réseaux sociaux – arment les bras, «bouffent» le cerveau des jeunes.

Le Web, les réseaux sociaux sont de merveilleux instruments, ils peuvent contenir tant et tant de belles choses, tant et tant de promesses pour tant et tant de progrès… hélas les esprits maléfiques ont su très vite les détourner pour de sombres desseins : embrigader, propager la haine, diffuser le venin de la violence, nous dresser les uns contre les autres…
En vérité ils ne sont forts que de nos faiblesses, nous -l’immense majorité- avons déserté non seulement le terrain mais aussi la Toile, leur offrant ainsi un boulevard.

Face à la haine, face à la violence, face au rejet de l’Autre… nous ne sommes pourtant pas démunis !
Nous avons pour nous la force du nombre !!! Nous sommes très largement majoritaires et malgré cela nous semblons être toujours en position défensive.
La seule façon de triompher de ceux qui appellent à la haine, à la division, au chaos, qui arment les bras des plus fragiles, des plus jeunes, qui font que nous avons peur les uns des autres, que la suspicion empoisonne notre quotidien… est de nous exprimer, non seulement de dénoncer mais aussi de proposer, de tracer des voies, d’occuper le terrain !

Commençons par montrer notre détermination sur les réseaux sociaux (puisqu’ils sont devenus le terreau de la violence), tout d’abord en apportant d’autres mots à ces maux : ne laissons pas dire que Samuel Paty – paix à son âme – a été assassiné par un ‘’islamiste’’, il a été tué par un ‘’terroriste’’, un ‘’criminel’’, ne tombons pas dans le piège qui voudrait nous enfermer dans l’amalgame en nous excusant ‘‘en tant que musulmans’’, nous ne sommes pas responsables de ces attentats ignobles, nous en sommes aussi les victimes, dans toutes les dimensions.
Si nous devons nous en excuser, c’est au même titre que toutes les femmes et tous les hommes épris de fraternité, si nous sommes responsables, alors nous le sommes au même titre que tout un chacun, et nous avons une responsabilité collective effectivement : celle de laisser les semeurs de haine, ceux qui embrigadent, ceux qui arment les bras pour faire de nos jeunes de la chair à canon.

L’Islam, à l’instar du catholicisme, du judaïsme traverse un moment charnière – toutes les religions connaissent cela – les détraqués, les extrémistes, les faussaires pullulent dans toutes les sphères…
Et alors que toutes les religions doivent mener au mieux vivre ensemble, ceux qui cherchent le chaos, la ‘’mainmise’’, les utilisent pour leurs propres objectifs.
Le meurtre de Samuel Paty en est la funeste démonstration une fois de plus, le piège que doit éviter le peuple de France serait de tomber dans l’amalgame, la partie n’est pas facile : les chaînes «d’info continue» mangent les cerveaux 24h sur 24, des partis politiques n’ont de cesse de désigner des boucs émissaires et de sombres individus ayant pignon sur rue tiennent précisément des propos dont je suis persuadé qu’ils arment les bras.
Les musulmans de France sont de ce fait dans une position délicate, eux qui dans leur immense majorité sont des gens épris de vivre-ensemble, se retrouvent amalgamés à des individus avec lesquels ils n’ont rien à voir.

Ils font preuve je trouve d’une grande sagesse, de beaucoup de dignité, tout comme le peuple français fait preuve de beaucoup de résilience.
La France doit prendre conscience qu’elle compte le nombre de Musulmans le plus important d’Europe : le respect, la dignité, l’égalité, en feront une chance pour elle.
De notre côté nous autres Marocains avons de nombreux atouts à faire valoir – non pas en ‘’donneurs de leçons’’ mais en ‘’frères’’, nous pouvons aider, nous pouvons contribuer à trouver des solutions, nous avons une expertise, un savoir-faire, et nous aussi nous sommes passés par là.
La partie n’est simple pour personne, mais soyons convaincus qu’elle est gagnable !
Très sincères condoléances à la famille de Samuel, très sincères condoléances au peuple de France, et très sincères condoléances en fait à nous tous, femmes et hommes de paix, horrifiés par cet acte.
Et pour ceux qui ne l’auraient toujours pas compris et/ou admis : le terrorisme n’est jamais acceptable, rien ne saurait jamais justifier la barbarie !

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J’écris ton nom… Liberté https://aujourdhui.ma/chroniques/jecris-ton-nom-liberte https://aujourdhui.ma/chroniques/jecris-ton-nom-liberte#comments Sat, 24 Oct 2020 10:00:03 +0000 https://aujourdhui.ma/?p=358712

«La liberté est un mot qui chante plus qu’il ne parle». Arthur Schopenhauer La liberté est un mot redondant, porté souvent en étendard dès la naissance de l’homme qui consacre sa vie à l’affirmer. Cette propriété volontaire se voulant raisonnable revient dans tous les discours et à tous les étages. Aujourd’hui plus que jamais. Repenser ...]]>

«La liberté est un mot qui chante plus qu’il ne parle». Arthur Schopenhauer

Par Dr Imane Kendili
Psychiatre-addictologue

La liberté est un mot redondant, porté souvent en étendard dès la naissance de l’homme qui consacre sa vie à l’affirmer. Cette propriété volontaire se voulant raisonnable revient dans tous les discours et à tous les étages. Aujourd’hui plus que jamais. Repenser la liberté à l’ère du virus semblerait donner naissance à de nouveaux sillons de pensée philosophique. Le philosophe est un oublié nécessaire à cette traversée du désert et au monde naissant. Sa voix doit porter pour créer de nouveaux territoires de pensée pour le sens de la liberté et du vivre-ensemble, dans un monde en profondes mutations. Repenser la liberté dans le coronamonde s’avère une gageure. Rien de moins improbable que de mettre des mots sur l’inconnu de ce que sera le monde après la pandémie. Chacun y va de son analyse, mais a-t-on la moindre idée de ce que l’Homme sera demain, après la peur, le risque de la mort et la méfiance qui a aujourd’hui, plus que jamais, droit de cité ? L’avant-virus prêtait discours aux libertés individuelles. Les débats découlant des libertés sexuelles, au Maroc, par exemple, ont souligné l’importance de penser les relations sexuelles hors mariage et le droit à l’appropriation du corps sans les ambivalences et les discordances psychotiques habituelles. Mais est-ce que ces débats ont réussi à définir le cadre de ladite liberté ? Là est toute la question. C’est là un exemple, une manifestation d’un débat sociétal, qui soulève l’importance d’aborder concrètement les lois qui régissent nos comportements, parfois, dans une totale hypocrisie, puisque quand l’étau se resserre, explosion et implosion sont proches. Et c’est toujours la société qui en paie le prix fort.
On revendique une liberté en tant que refus ou désir d’absence de soumission ou de contrainte. La liberté des uns débute à l’endroit où elle confirme celle des autres selon les philosophies des Lumières.
Le confinement et la lutte contre la pandémie ont restreint les libertés individuelles. L’Homme, tapi, attend une libération prochaine après les 2ème et 3ème vagues de contamination. Après également l’hécatombe humaine, vécue dans plusieurs pays se disant puissances mondiales -nous avons aujourd’hui atteint les 4 millions de personnes touchées dans le monde-, un chiffre à ne pas oublier, et qui est appelé à grossir. Ces puissances de l’ancien monde, car le nouveau monde a déjà un maître, nommé virus, ont posé les limites de cette liberté tant clamée en Occident. D’où la nécessité de repenser la liberté en un nouveau postulat de base qui n’est plus l’Homme, mais l’humanité dans ses limites face à un virus.

Oui, le virus redéfinit la liberté

Les libertés telles qu’elles ont toujours été prédéfinies semblent ne plus pouvoir être d’actualité, car la surveillance du nouveau monde ne relève plus de l’espace géographique ou de l’affirmation de son existence et de son autonomie plus ou moins rationnelle. Demain sera fait d’une surveillance sous la peau. Et la liberté en tant que précepte fera en sorte que ce même homme qui revendiquait le droit à une liberté de son corps revendiquera la surveillance de son corps par une puce pour être libre. Si demain on propose à tout le monde une puce électronique sous la peau pour une meilleure traçabilité de la santé, pour le bien communautaire, on serait étonné de voir la ruée et la cohue des habitants de la planète. Car marqué au fer rouge de la peur dans un monde qui lui échappe définitivement, l’Homme redevient esclave mais cette fois, esclave volontaire. Mais l’esclavage du futur est subtil. La suggestion et le conditionnement digitalisés ont permis une introduction douce dans la soumission. Avec cette simple puce l’Homme devient high-tech. Il devient technologique et monte dans le train du progrès.

Après l’iPhone, l’iPad, la SmarTV, l’Iqos, nous sommes en train d’assister à la naissance de l’Humain. Plus besoin de carte nationale, de permis ou de livret de famille, une simple puce permettra une identité cartographiée. Et on sera fiesr d’exhiber nos puces qui redéfinissent la liberté du nouveau monde. On portera le sceau de la liberté estampillée sous la peau. Le plus drôle, c’est qu’on se sentira en toute sécurité, avec une puce incrustée sous la peau. Une fois le message délivré avec cette sensation de protection qu’on a d’être surveillé et que certaines personnes sont quelque part, en train de surveiller notre bien-être en pensent à notre santé, on se sent invincible. Tout a été pensé pour me protéger. Tout a été pensé pour que je sois un numéro de série identifiable grâce à un code. On peut même me verrouiller et me déverrouiller. Puisque je suis devenu une liberté soumise à une puce.
Ce n’est pas là le scénario d’un film futuriste sensationnel. Loin de là. C’est une réalité. Et nous y sommes aujourd’hui. Pas besoin d’extraterrestre pour nous manipuler génétiquement. Au nom de la technologie et pour une santé optimale de tous et une protection nécessaire contre toutes les pandémies futures, l’Homme a déjà muté et changé de propriétés.

Sur mes cahiers d’écolier
Sur mon pupitre et les arbres
Sur le sable sur la neige
J’écris ton nom

Sur les pages lues
Sur toutes les pages blanches
Pierre sang papier ou cendre
J’écris ton nom ….

Sur les champs sur l’horizon
Sur les ailes des oiseaux
Et sur le moulin des ombres
J’écris ton nom

Sur chaque bouffée d’aurore
Sur la mer sur les bateaux
Sur la montagne démente
J’écris ton nom

Sur la mousse des nuages
Sur les sueurs de l’orage
Sur la pluie épaisse et fade
J’écris ton nom
….

Sur l’absence sans désir
Sur la solitude nue
Sur les marches de la mort
J’écris ton nom

Sur la santé revenue
Sur le risque disparu
Sur l’espoir sans souvenir
J’écris ton nom

Et par le pouvoir d’un mot
Je recommence ma vie
Je suis né pour te connaître
Pour te nommer
LIBERTE

Extrait poème «Liberté,j’écris
ton nom»
Paul Eluard

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