Chroniques

2,2 millions de Gazaouis meurent de faim

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En six mois, ils sont des centaines d’enfants et de bébés qui n’ont pas tenu face au manque de nourriture, même le strict minimum pour survivre.

On a faim à Gaza. Les réalités décrites «peinent» le monde mais n’empêchent guère l’accueil du printemps.
La situation est telle qu’on l’évite, on se protège, on ne veut pas en parler : la responsabilité humaine est mise à l’épreuve. La situation à Gaza a atteint un tel stade de dévastation à tous les niveaux que tous les observateurs ont tiré la sonnette d’alarme sur la faim qui s’est installée dans la région après presque cinq mois de l’invasion des territoires palestiniens par l’armée israélienne. Selon les derniers chiffres des Nations Unies, 2,2 millions de personnes sont menacées de famine dans le territoire occupé par Israël. Une famine qui frappe de plein fouet le Nord de Gaza où les destructions, les frappes quotidiennes et les combats  empêchent l’acheminement de l’aide humanitaire, dont ne profite qu’une minorité étant donné le siège de plus en plus serré de Tsahal, qui tire sur les civils et leur barre les voies d’accès aux vivres.

Une famine «est quasiment inévitable, si rien ne change», avait affirmé, le 1er mars 2024, le porte-parole du Bureau de coordination des affaires humanitaires de l’ONU (Ocha), Jens Laerke. Des propos qui viennent mettre en exergue le décès de 10 enfants, morts de faim et de soif. Ces décès sont les signes précurseurs «qui sont extrêmement préoccupants, car la sécurité alimentaire avant ce conflit à Gaza n’était pas si mauvaise», a souligné le porte-parole d’Ocha.

En effet, en six mois, ils sont des centaines d’enfants et de bébés qui n’ont pas tenu face au manque de nourriture, même le strict minimum pour survivre. «Les gens avaient de la nourriture, ils étaient capables de produire leur propre nourriture» et «la production de denrées alimentaires à Gaza même est presque impossible», ajoute-t-il. Et de poursuivre qu’avant la guerre -menée par Israël contre le Hamas à Gaza depuis le 7 octobre- «la pêche était une source importante de nutrition, de revenus, de pouvoir mettre à manger sur la table mais cela a complètement cessé». Face à une situation aussi extrême, l’ONU parle de milliers d’enfants en bas âge qui risquent de perdre la vie s’ils ne sont pas secourus et pris en charge sans délai.

De son côté, le porte-parole de l’OMS, Christian Lindmeier, a indiqué que selon les statistiques officielles établies par les autorités du Hamas qui contrôlent la bande de Gaza, une dizaine d’enfants ont été enregistrés officiellement comme étant décédés des suites de la malnutrition. Des chiffres qui sont loin de la réalité du terrain où plusieurs ONG ont souligné des centaines de cas très graves de bébés sans lait, sans eau et sans soins.  «Les fondements mêmes de la subsistance quotidienne des gens sont détruits», révèle le responsable onusien qui s’appuie notamment sur la mort de plus de 150 personnes lors de la distribution des aides humanitaires. Cela montre à quel point les populations sont désespérées face à l’armée israélienne et au blocus en vigueur à Gaza.
Mais Israël est-elle seule responsable?

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