Amitiés light. «On peut faire l’amitié sans un traité d’amitié». Cette phrase lancée aux visages des Algériens par un Nicolas Sarkozy qui se veut pragmatique, pressé d’aller droit au but, est de celles qu’on concocte avec la délicatesse des artisans et dont on pèse les mots avec la précision des orfèvres. On imagine aisément le staff des rédacteurs politiques du président, tous des talentueux crânes d’œuf à la plume acérée, tournoyer autour d’une carafe de café à la recherche de la formule miracle qui permettra à leur champion de sortir, ne serait-ce que provisoirement, la tête haute, de l’impasse algérienne. Une Algérie qui, malgré le cynisme politique de ses dirigeants, attend que la France investisse d’avantage dans les symboles qui revalorisent le passé et pansent les cicatrices. On imagine aussi les intonations de pieds noirs que le président Nicolas Sarkozy, le cou mobile et les épaules tournoyantes d’un Méditerranéen tout en mouvement, avait mis dans sa prestation pour dire son renoncement à la repentance comme condition sine qua non à la réconciliation. Intonations qui feront douter le plus sérieux des biographes de ses origines hongroises et de son éducation à Neuilly sur Seine. Et tandis que la vox populi kabyle de Paris, bistrots périphériques ultra alcoolisés, coiffeurs improvisés et taxis bavards, s’interrogeait sur les raisons qui ont poussé Nicolas Sarkozy à préférer passer la nuit sous la douce lune tunisienne, les autorités algériennes ont cru déceler chez le président français «une intention forte» d’améliorer les relations entre Paris et Alger.
Réconciliation sans sucre. Après le Darfour et pour son second raout d’obédience internationale, Nicolas Sarkozy reçoit à la Celle-Saint-Cloud les représentants des différentes factions libanaises pour tenter d’accorder leurs violons sur un calendrier politique destiné à sortir le pays du chaos qui paralyse ses institutions et la guerre civile qui menace de repartir de plus belle et de brûler le pays du cèdre.
L’ambition de Nicolas Sarkozy était d’inviter tous les dirigeants libanais de premier plan à venir à Paris négocier et signer une sorte de «Taif II». Malgré l’énergie déployée avec de nombreux allers-retours entre Beyrouth, Damas et Téhéran, Jean-Claude Cousseran, une vielle connaissance de cette région, l’envoyé spécial chargé de préparer cette rencontre ne parvient pas à convaincre les leaders des mouvements libanais à faire le déplacement à Paris. Et la France, pourtant habituée à abriter les grandes conférences internationales de donateurs pour aider économiquement le Liban, dut se contenter, pour sa première grande initiative sur le Proche-Orient d’une réunion d’adjoints, à laquelle assistent les second couteaux. Le tout englué dans une polémique sur l’opportunité et la pertinence d’inviter le Hezbollah que de nombreux pays dont les Etats-Unis et Israël considèrent comme un mouvement terroriste. Cette polémique obligea la diplomatie française à une clarification d’une rare netteté sur le sujet. L’Elysée déclare que : «Le Hezbollah est un acteur politique important au Liban. Il est l’une des composantes du dialogue national. A ce titre, il est invité aux rencontres interlibanaises de la Celle-Saint-Cloud».








