Ces caricatures qui blessent…

Ces caricatures qui blessent…

Hélas ce que chaque femme et homme épris de paix et de fraternité redoutaient s’est produit à Nice : une attaque au couteau dans la cathédrale faisant 3 morts et plusieurs blessés.


L’engrenage est inexorable.
Il faut encore et toujours le rappeler : RIEN ne saurait justifier ni légitimer le terrorisme, la barbarie, et hélas l’étau se referme sur nous tous, collectivement.
La France est un grand pays, les Français sont un grand peuple : qu’apportent donc ces caricatures ?
Une liberté d’expression ?
Le droit au blasphème ?
La France a-t-elle besoin de cela pour montrer sa distance vis-à-vis des religions ? La laïcité serait-elle en danger sans ces caricatures ?
Il me semble au contraire qu’en s’entêtant dans cette voie c’est la démocratie qui est menacée : quel besoin y a-t-il de projeter aujourd’hui ces caricatures sur les murs, quel besoin y aurait-il de les montrer à tous les enfants dans toutes les écoles ?
Ne sombrons-nous pas là dans la puérilité, l’immaturité, le non-sens…
La liberté d’expression n’est-elle pas faite pour construire ? En quoi heurter, humilier serait un signe de liberté d’expression ?
En fait ces caricatures sont celles de la discorde !
Discorde en France tout d’abord et discorde dans le monde, est-ce cela l’ambition de la France ?
Bien sûr nous devrions opposer à ces caricatures notre indifférence, le Prophète (sur Lui la paix et le salut) a subi bien pire de son vivant.
Mais faire preuve d’indifférence demande du recul, du temps, de la réflexion, or la sensibilité des musulmans est «chauffée à blanc» par trop de racisme, trop de stigmatisation, trop d’apprentis sorciers tel Eric Zemmour qui ont antenne ouverte sur ces propagateurs de haine que sont les chaînes d’info en continu.
Et puis n’est-il pas évident que ces caricatures sont du pain bénit pour les terroristes de tout bord, pour l’extrême droite, pour les semeurs de haine, pour ceux qui y trouvent une arme idéale pour bouffer le cerveau des plus jeunes, des plus fragiles…
Pour préserver des vies face au virus la France choisit de priver de beaucoup de libertés ses citoyens – et cela est légitime-, pour préserver des vies ne pourrait-elle se priver de quelques caricatures ?
Puisque ces caricatures entraînent meurtrissures, humiliations, incompréhensions qui touchent les musulmans dans leur intime identité : puisque ces caricatures atteignent tout particulièrement les jeunes en touchant au Sacré, le Prophète de l’Islam (sur Lui la prière et le salut) qu’ils chérissent, puisque des crimes, des attentats sont perpétrés, faussement au nom de la religion musulmane et qui font de tous les musulmans des «suspects» potentiels aux yeux de certains, serait-ce trop demander que de les stopper ?
Ô je sais on me répondra que «céder sur les caricatures» serait céder aux terroristes, je n’épouse pas cette théorie : c’est au contraire en s’entêtant que vous leur cédez, vous leur cédez en leur offrant le (faux) prétexte dont ils avaient besoin pour tuer !
Et quand bien même certains penseraient que ce serait «reculer», le recul n’est-il pas sagesse lorsque cela est stratégique, lorsque cela préserve des vies et assèche le terreau des assassins ?
Il y a eu publication, qu’apporte donc une RE-publication ?
Les musulmans chérissent tous les prophètes : Sidna Aïssa, Sidna Moussa, Sidna Ibrahim, et leur vouent un profond respect, ils sont source de spiritualité, sans doute ceux qui ont réalisé ces caricatures, les athées, ne peuvent-ils imaginer le divin, mais ils peuvent au moins le respecter…
Un piège nous est tendu, sommes-nous assez inconscients pour tomber dedans les pieds joints ?
Au contraire il faut l’éviter ce piège, c’est possible en tissant des ponts, des passerelles entre nous, et puisque les caricatures sont un obstacle, cessons donc de les dresser en bannières !
Ces caricatures sont aujourd’hui des armes de division, le choix est-il si difficile à faire, le risque est réel qu’elles deviennent elles aussi obscurantistes…

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