Chroniques

C’est à cause du changement climatique, n’est-ce pas !

© D.R

Nous avons tendance à croire qu’une «information » est d’autant plus admissible que nous l’avons souvent rencontrée, entendue ou dite à nous-mêmes, car lorsqu’on dit aux autres, on se le dit aussi à nous-mêmes.

Il est 15h12, samedi de novembre à Rabat, le changement climatique et moi vous écrivons laborieusement cette chronique pour tenter de mieux communiquer et un peu mieux vivre, car pour ne rien vous cacher, ça n’est pas la grande forme, pas de patate, totalement patraques, pas du tout du tout dans notre assiette, mal lunés c’est le cas de le dire, et pour tout vous dire nous sommes vasouillards !
Nous avons mis des heures à réunir nos esprits, nos corps, nos énergies, nos idées, nos propos et surtout notre honnêteté conjointe pour vous fournir cette chronique qui est une espèce d’aveu et de mea culpa envers nous et entre nous et dans laquelle nous avons l’espoir que vous vous y reconnaissiez…

C’est aussi et un peu un procès de nous deux, le changement climatique et moi… et de vous, oui de nous tous… Soyez patients et avancez avec moi vers notre instance car vous verrez elle nous concerne presque tous…

Il s’agit ici de définir le ou les coupables !

Cet état de «ça n’est pas la pleine forme» que nous vivons à cette belle saison d’automne, belle de ses couleurs, de ses quatre saisons dans une journée, ces aurores et ces fraîcheurs… et durant cette moins belle saison, toujours l’automne, et c’est là que le changement de saison intervient, ce souffre-douleur «made in Morocco», un élu national au et par le ministère du manque d’énergie et des atchoums. J’en parle avec un léger humour pour récupérer quelque peu mon humeur et la sienne… fine diplomate que j’essaie d’être avec lui pour qu’il nous rende un peu la vie plus facile. Tout est à cause de lui, on est tous d’accord !

Il est l’argument, le prétexte, la cause de toutes les conséquences actuelles, au bout de toutes les langues, prêt à se faire entendre… « C’est à cause du changement climatique », nous justifions-nous, nous consolons-nous…! Et en guise de réponse, on acquiesce docilement puisque nous subissons le même traitement saisonnier…et ainsi va-t-il et la conscience s’en va tranquille…
Alors qui est coupable, lui ou nous ?!

Lui humidifie et nous on cherche à déshumidifier, lui sèche et nous on hydrate, lui inonde et nous on assèche…
Attendez, attendez, ne serait-il pas aussi responsable de la déshumanisation de la planète, de sa sécheresse de cœur et de douleur…Toutes ces horreurs seraient le fruit pourri de son œuvre ?!

Mon sarcasme est sans doute aussi une perturbation liée à la météo et à son instabilité actuelle.
Le grand méchant loup, du passage à la saison, un passage on ne peut plus long. Mi-saison, mi pas de saison ! C’est déboussolant non ! Changement climatique, s’il vous plaît un peu de clarté dans les airs et les cieux, allez-y franco, qu’on y voie plus clair, et qu’on s’y habille plus juste et merci d’avance.

Je vous avoue que, vous écrire, chers lectrices et lecteurs, a fait disparaître mon été vaseux du départ pour un écarquillement des yeux et des neurones revigorées et l’apparition soudaine d’une petite voix interne, la voix de l’aveu.

Je suis prête à vous les faire mes aveux. Aveux de professionnelle et aussi d’humaine diagnostiquée allergique à certaines choses liées m’a-t-on dit à ce changement de climat et de ce fait fabulatrice professionnelle pour se faciliter l’existence quand c’est moins facile!
Mesdames et messieurs, tout d’abord il ne dure pas toute l’année ce vilain perturbateur de temps, il est saisonnier n’est-ce pas ! Et d’autre part il n’a point les pouvoirs de créer tous nos maux. Nous en disposons de ces pouvoirs. Ces faiblesses plutôt qu’il faudrait affronter et regarder bien en face et les laisser communiquer pour vivre. Là viendra un véritable soulagement, une légèreté, une liberté, une force capable de stabiliser tous les changements de saisons et de hors saisons.

Cette utilisation répétée de ce pretexte est ce qu’on appelle en psychologie l’effet de réitération ou l’effet de vérité illusoire. C’est de cela qu’il s’agit précisément ici.

Nous avons tendance à croire qu’une «information » est d’autant plus admissible que nous l’avons souvent rencontrée, entendue ou dite à nous-mêmes, car lorsqu’on dit aux autres, on se le dit aussi à nous-mêmes. Une fausseté répétée mille fois devient une vérité, ou du moins une possibilité, dans l’esprit de celui qui la reçoit. Dans ces cas, mieux vaut nous communiquer à nous-mêmes des vérités et des positivités pour mieux vivre et profiter de ce doux changement climatique «made in Morocco» pas si coupable que ça !

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