Cette souffrance silencieuse et invisible de notre jeunesse

Cette souffrance silencieuse  et invisible de notre jeunesse

Dans ma chronique de la semaine dernière j’évoquais les pistes proposées par de jeunes militants associatifs pour re-dynamiser le tourisme dès cet été.
Je voudrais cette semaine poursuivre dans cette voie et lister les idées portées par ces jeunes afin de lancer un «plan» visant à mettre le pied à l’étrier des jeunes victimes d’encore plus d’exclusion, d’encore plus de marginalisation, d’encore plus d’oisiveté durant cette dure période de confinement.
Nombre de jeunes «journaliers», nombre de jeunes de quartiers populaires, nombre d’étudiants qui tout au long de l’année trouvaient tant bien que mal des moyens honnêtes de subvenir à leurs propres besoins, ont été victimes collatérales du virus – peut-être encore plus que d’autres, car déjà en situation de précarité.
Je ne parlerai pas ici des jeunes travailleurs ayant perdu leur emploi pour cause de pandémie car ministère de l’emploi, Anapec, CGEM et autres organismes dédiés, doivent théoriquement s’être déjà attelés à la tâche, je souhaite évoquer ces jeunes dont personne ne se préoccupe, qui ne dépendent d’aucune structure (quoi que) et qui déjà en temps normal doivent compter d’abord sur eux-mêmes.

La crise qu’ils connaissent est d’autant plus profonde et douloureuse qu’elle est invisible, silencieuse et risque bien évidemment de s’exprimer d’une façon ou d’une autre lorsque confinement et couvre-feu sauteront, comme lorsque l’on retire le couvercle d’une cocotte minute sur le feu.
Sans même bien sûr parler des inévitables dégâts psychologiques, familiaux, personnels qu’auront causé ces 15 mois «hors-la-vie», sur notre jeunesse : sans moyens de subsistance, sans sport, sans culture, sans évasion possible, emprisonnés dans un confinement de quelques mètres carrés, au sein d’une famille omni-présente, où fumer une cigarette, se retrouver entre amis, vivre leurs relations amicales et amoureuses est devenu irréalisable. Il est urgent que toutes les structures capables de se pencher sur ce phénomène destructeur le prennent à bras le corps : Conseils d’élus (communaux, régionaux, du tourisme…), ministères, wilayas, préfectures, ONG, associations, fédérations sportives, centres culturels … tous doivent lancer un grand plan d’emplois / loisirs/ culture / sport/ jeunesse, pour l’été afin de (re)donner de l’oxygène, sur tous les plans, à notre jeunesse. Sincèrement ne pas s’y atteler serait irresponsable car tout comme lutter contre le virus, il s’agit ici de sauver des vies : les tentatives désespérées d’immigration clandestine, les suicides, la fuite en avant dans la drogue, les psychotropes…ont sûrement fait autant de victimes que la Covid elle-même.

Les pistes ne manquent pas, les idées non plus, les propositions novatrices, les créations de filières…se bousculent dans la tête de ces jeunes : il suffit de s’asseoir avec eux, de les écouter, de faire avec eux le tri de ce qui est réalisable, de les épauler, pour d’ici l’été mettre en place des filets de sauvetage pour les jeunes en déshérence, je n’ai pas voulu employer le mot désespoir, car l’espoir demeure vif chez eux.
L’animation des plages, l’animation des quartiers, l’aménagement d’espaces réservés aux jeunes artistes des rues, l’installation de kiosques, l’utilisation intelligente des jeunes maîtrisant les langues étrangères, la gestion des terrains de sport de proximité, des maisons de jeunes -confiée à des jeunes- les services aux personnes, la multiplication de colonies de vacances, de centres de loisirs pour ados, de chantiers de jeunesse…sont quelques unes des pistes abordées par les jeunes bénévoles du terrain lorsque l’on fait d’eux des interlocuteurs, il est plus qu’urgent de leur donner les moyens d’en être les acteurs.

Toutes les villes, toutes les régions doivent y consacrer un budget, c’est une œuvre de salubrité publique, cela a un coût certes mais restons sans rien faire et alors nous verrons le coût humain !

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