Chroniques

Dans un nombre croissant de villes, dans les conseils municipaux, dans les conseils régionaux, dans la France profonde, un nombre remarquable de jeunes originaires du Maghreb et tout particulièrement du Maroc se faisaient élire à des postes de respons

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Les Franco–Marocains seraient-ils en train d’émerger, là où on les attendait peu, c’est-à-dire en politique ? Bien sûr il y avait eu une Rachida Dati, mise dans la lumière, mais qui, en fait, cachait des mouvements bien plus profonds. En effet dans un nombre croissant de villes, dans les conseils municipaux, dans les conseils régionaux, dans la France profonde, un nombre remarquable de jeunes originaires du Maghreb et tout particulièrement du Maroc se faisaient élire à des postes de responsabilités. Le plus souvent d’ailleurs dans les rangs du Parti socialiste ou chez les Verts. Peu d’observateurs prêtaient attention à ce phénomène qui, en fait, attendait une occasion pour «éclater». Ce moment semble être venu…Les voix des électeurs français d’origine maghrébine représenteraient selon les estimations entre 6 à 10% du total des votes, ces voix auraient donc considérablement influencé le résultat des élections présidentielles en France. Bien sûr ce vote, s’il s’est majoritairement porté sur François Hollande, a des causes identifiables : le côté équilibré, juste et digne du discours du nouveau président vis-à-vis de la population d’origine étrangère y est pour beaucoup, alors que les propos d’une partie de la droite –s’alignant sur les thèses du FN –  avaient quant à eux un effet repoussoir. C’est d’ailleurs Henri Guaino, conseiller de N. Sarkozy, qui annonçait, avec justesse, que «la défaite morale précède toujours la défaite politique»… Mais un autre élément a contribué à actionner ce vote, et il s’agit justement de ce maillage d’élus locaux, au plus près de la population, d’origine maghrébine, où les Franco-Marocains représentent le plus grand nombre. Il est clair que dorénavant il faudra compter avec eux dans toutes les prochaines échéances électorales en France et que les différents partis, les candidats devront l’intégrer dans leur discours et surtout dans leurs actes: en particulier afin de voir des jeunes issus de la diversité siéger à l’Assemblée nationale. Cela aura-t-il une incidence sur les relations entre la France et le Maroc et sur la politique du pays d’origine lui-même, le Maroc ? Il faut en tout cas se pencher sérieusement sur la question et «anticiper». L’émergence en France, de ces élus d’une nouvelle génération et originaires du Royaume est bien sûr un atout, mais cela doit aussi être une véritable source d’émulation pour la jeunesse marocaine. Puissent nos partis politiques faire preuve d’intelligence visionnaire et comprendre que lors des prochaines élections communales, il serait bien venu de proposer des jeunes de –35 ans à des places éligibles, ces jeunes élus seraient ainsi les «vis-à-vis» naturels des jeunes Franco-Marocains élus dans l’Hexagone. Sauront-ils anticiper et contribuer à ce «maillage» d’élus –jeunes, ouverts, liés entre eux- des 2 côtés de la Méditerranée ? Souhaitons le car il s’agit là d’une formidable occasion d’ajouter aux relations économiques, diplomatiques, humaines, culturelles… qui lient le Maroc à la France, des liens «consanguins» qui auraient également pour bienfait collatéral, le renouvellement et le rajeunissement de notre classe politique.