Chroniques

De toutes les couleurs : l’enfance des géants

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La période la plus sensible de la vie étant l’enfance, ceux qui ont vécu des expériences troublantes ou traumatisantes durant leur jeune âge sont ceux sur lesquels les effets sont les plus forts. De manière générale, la relation personnelle de chaque individu avec ses parents d’abord, puis ses frères et sœurs, ses amis, ses proches, ses partenaires et ses enfants, est la plus significative durant sa vie. Et pour les gens créatifs, il y a un autre facteur qui vient compliquer les choses : la relation avec leurs œuvres. Les exemples ne manquent pas. Jeune écolier, le futur artiste Van Gogh, passait chaque jour devant un cimetière où il voyait son nom «Vincent Van Gogh» gravé sur une tombe. C’était celle de son frère aîné, décédé avant la naissance de l’artiste. Il paraît que ce sentiment d’être le «double d’un fantôme» a profondément troublé l’artiste et a laissé de sérieuses séquelles psychologiques sur lui. Dali qui est né aussi après le décès d’un frère aîné du nom de Salvador Dali (leur père s’appelait Salvador Dali aussi!), n’a pas réagi de la même manière. Au lieu d’être troublé, c’était pour lui une raison de se distinguer et d’affirmer son individualité. Il avait constamment besoin d’attirer l’attention de ses parents et de leur montrer qu’il était différent du frère défunt. C’est peut-être la raison qui a fait de lui ce fou de la provocation! Plus tard, il imposait au monde entier sa forte personnalité. Léonard de Vinci avait une sorte de journal intime où il notait ses mémoires. Il y parle de son obsession  pour l’invention d’une machine capable de voler. Il explique que quand il était petit enfant, un cerf-volant, dont la queue était faite de plumes, lui était tombé dessus et que les plumes de la queue s’étaient collées sur sa bouche, frappant à plusieurs reprises ses lèvres. Les historiens pensent que cette expérience traumatisante pour un petit enfant a influencé son intérêt pour les machines volantes. D’autre part, en tant qu’enfant illégitime, Léonard de Vinci n’avait aucune chance d’aller à l’université ou devenir un notable comme son père. Il était donc libre de suivre sa propre voie et passait son temps à s’instruire. Il s’était donc habitué à apprendre par lui-même dès son jeune âge. Autodidacte, il s’est ainsi lui-même enseigné le latin, la physique et l’anatomie humaine. D’autres géants ont eu des enfances particulières. C’est le cas de Shakespeare devenu père malgré lui, dès l’adolescence et qui a, plus tard, souffert de la perte de son fils Hammet (qui lui aurait inspiré, paraît-il, Hamlet!). C’est le cas aussi de Mozart qui a eu une enfance complètement contrôlée par son père. Ce dernier lui a tout enseigné lui-même. A l’âge de six ans, Mozart parlait sept langues et jouait au violon et au piano à merveille !

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