Diplomatie des droits de l’Homme : Un critère objectif d’évaluation des politiques étrangères

Diplomatie des droits de l’Homme : Un critère objectif d’évaluation des politiques étrangères

A l’approche du 70ème anniversaire de la Déclaration universelle des droits de l’Homme, adoptée le 10 décembre 1948 par l’Assemblée générale de l’Organisation des Nations Unies dans sa résolution 217 A (III), les Etats et les institutions multilatérales sont davantage désagrégés, bien que la toile numérique, l’économie mondiale et la pandémie de Covid-19 semblent plutôt rapprocher les uns des autres. Toutefois, nombreuses Organisations non gouvernementales et associations en matière de protection des droits de l’Homme sont soudoyées et parfois même incontinentes corrompues, en vue d’être sournoisement instrumentalisées, particulièrement, dans des batailles informationnelles, à même de porter atteinte et préjudice, iniquement et mensongèrement, à la réputation de certains pays.

Droits de l’Homme, comme imposante armure diplomatique

Toute politique étrangère est, par essence, multisectorielle, portant, entre autres, sur l’interdiction de l’utilisation d’armes de destruction massive, la promotion de la diversité culturelle, la conservation des bancs de poissons océaniques et dans une large mesure sur le respect des Droits de l’Homme.. Contrairement aux autres politiques publiques, la politique étrangère se définit, prioritairement, sur le plan géographique et non pas uniquement par rapport à une fonction, une question déterminée ou une cible. D’autant plus que celle-ci n’est pas nécessairement conduite par le département des affaires étrangères mais par toute autre autorité publique qui se verrait déployer une action hors des frontières du pays. Aussi est-il important de retenir que chaque Etat adopte sa propre approche concernant l’intégration des Droits de l’Homme dans sa politique étrangère. Au Maroc, le discours royal du 20 août 2021 a bien mis en exergue l’histoire séculaire du pays, en soulignant que le Royaume est «un Etat fort, respectant ses engagements en matière de sécurité et de défense des droits de l’Homme».

Ainsi et grâce à la vertueuse conduite de Sa Majesté le Roi Mohammed VI que Dieu l’Assiste, le Maroc s’est doté d’un Conseil national des droits de l’Homme, indépendant et pluraliste, conformément aux normes internationales, aux meilleures pratiques, aux dispositions de l’article 161 de la Constitution et, singulièrement, aux principes de Paris régissant les institutions nationales similaires. Une Instance nationale qui remplit un rôle important au niveau de la scène diplomatique universelle, à travers ses nombreuses participations et son indéfectible adhésion à différents forums et enceintes, à caractères régionaux et internationaux, tels que des structures spécialisées de l’ONU (Haut-commissariat des Nations Unies pour les réfugiés, Conseil des droits de l’Homme, Fonds des Nations Unies pour la Population, etc.), l’Union africaine, l’Union européenne, l’Euro-Med droits, le Dialogue euro-arabe des droits de l’Homme, le Dialogue arabo-ibéro-américain des institutions nationales des droits de l’Homme, le Réseau des institutions nationales africaines des droits de l’Homme, l’Institut arabe des droits de l’Homme, mais aussi grâce à la conclusion de multiples protocoles d’entente avec plusieurs pays amis.

Il en est aussi que le Maroc, terre d’accueil de toutes les religions et nationalités, n’a pas manqué d’inviter les migrants présents sur son sol, y compris ceux sans papiers, à s’inscrire auprès des arrondissements dont relèvent leurs lieux de résidence pour se rendre, incessamment, aux centres de vaccination. De nobles initiatives qui démontrent que le Maroc remplit, convenablement, son devoir humanitaire. S’ajoute à cela le rapport sur le Nouveau modèle de développement a, bel et bien, évoqué que « la solidarité, l’égalité des chances, la justice sociale, les libertés, la durabilité, la participation et la corrélation entre droits et devoirs représentent des fondements du modèle».

Désinformation : L’ennemi avéré des droits de l’Homme

Selon les éminents juristes publicistes Jean Roche et André Pouille, les droits de l’Homme constituent «l’ensemble des droits qui conditionnent à la fois la liberté de l’Homme, sa dignité et l’épanouissement de sa personnalité». Cette définition semble être, délicatement, appréhendable, en l’absence d’une culture y afférente ou encore à défaut et dans une moindre mesure, d’une solide connaissance du droit international spécifique aux droits de l’Homme. Surtout que certaines personnes se limitent dans un simple décodage de slogans politiques ou idéologiques, n’apportant guère de solutions claires et rationalistes aux maux réels de la société, allant même parfois se perdre dans différentes nuances, les empêchant de procéder à une qualification juste des violations des droits humains. Ce genre de dérapages injustifiés et déraisonnables est souvent dû aux réseaux sociaux qui diffusent, fréquemment, des fake news, induisant les gens en erreur, allant même les inciter à des comportements raciaux, haineux et violents. Sauf que les forces de l’ordre sont parfois contraintes d’user de la légitime défense pour désamorcer des rassemblements de personnes ou des marches infondées qui risqueraient d’instaurer le trouble et la zizanie au sein de la population.

Ces actions sur le terrain, de nature préventive et parfois répressive, conformément aux principes des droits de la personne, visent, essentiellement, à faire respecter la loi et à assurer ou rétablir la continuité des différentes activités d’une collectivité locale, telles que la vie sociale, le commerce et les services. Toutefois, le maintien de l’ordre doit garantir, notamment, le droit de la sûreté de la personne (article 3 de la Déclaration universelle des droits de l’Homme) ou encore celui de la liberté d’opinion ou d’expression (article 19 de la Déclaration susvisée).

Comment construire une véritable diplomatie des droits humains ?

Tout gouvernement engagé devrait être prompt à draper la politique étrangère de son pays dans l’éthique universelle pour mieux promouvoir et garantir les intérêts suprêmes de sa Nation, à travers la promotion des Droits de la personne à l’échelle internationale, allant de pair avec l’émancipation démocratique. De manière générale, les Etats devraient être, de plus en plus, conscients que la paix mondiale passe désormais par une diplomatie des droits de l’Homme et que ces droits ne devraient nullement être interprétés en fonction des religions, des cultures et des géographies. Pour atteindre un tel objectif, la promotion d’une véritable culture en matière des Droits de l’Homme, à travers, notamment, l’intégration de cette composante dans les systèmes éducatifs scolaires et universitaires, demeure une condition sine qua non.

(*) Docteur en droit/ Expert en Intelligence économique Analyste en Stratégie internationale

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