En cas de catastrophe, le seul mot qui vaille est « Proximité»

En cas de catastrophe, le seul mot qui vaille est « Proximité»

Qu’il s’agisse de catastrophe – naturelle ou autre – de quoi avons-nous besoin ?


De présence, de proximité, d’empathie, d’entraide…
C’est vraiment le b.a.-ba de toute fonction de responsabilité : que ce soit une population en détresse, des sinistrés, des victimes, des blessés, qu’il s’agisse d’inondations, de tremblements de terre, d’attentats, d’accidents… le premier réflexe est toujours de se tourner vers le responsable de l’Autorité, vers l’élu, vers le responsable des secours, vers le militant associatif, vers celui qui peut tendre la main !
Le besoin est alors immense de se sentir secouru, pris en compte, pris en charge, d’être réconforté voire d’être rassuré… Bref de sentir que ceux qui ont un pouvoir quelconque, une possibilité d’intervenir, de secourir, sont à nos côtés.
Sans doute plus difficile à supporter que le cataclysme lui-même, c’est le sentiment d’abandon, le constat d’être livré à soi-même, de ne pouvoir compter que sur nos propres forces qui fait le plus mal.
C’est le cas actuellement dans la catastrophe qui touche Casablanca : c’est sur ce plan de la proximité, de l’empathie que je voudrais me placer : les responsabilités de ces inondations seront vraisemblablement débattues à l’infini, entre ce qui était prévisible et ce qui ne l’était pas ; entre ce qui a été bien fait en amont, et ce qui a était totalement négligé ; entre les responsabilités des uns et des autres… personnellement -en tant qu’acteur de terrain – c’est sur un autre plan que je voudrais me situer, celui de l’accompagnement de la population – notamment lorsqu’elle est en souffrance.
Que dire ?
Sur ce plan très sincèrement, le seul constat qui s’impose est qu’hormis la sécurité civile, hormis nos pompiers -admirables- hormis des bénévoles de bonne volonté, la population a dû se débrouiller par elle-même, ne comptant que sur la solidarité du voisinage et de quelques associatifs.
Des familles ensevelies sous des décombres, des familles sans toit, des maisons effondrées, des appartements inondés, des personnes âgées isolées, des enfants effrayés… bref 48h de désolation et de crainte où les habitants de Casablanca n’ont eu pour seul soutien que la sécurité civile.
Mais qu’en est-il de ces centaines de responsables de la plus grande ville du Maroc ?
Ô bien sûr, ce ne sont pas eux qui vont fouiller dans les décombres, pomper l’eau, transporter les victimes -quoique sous d’autres contrées on voie tout le monde mettre la main à la pâte – mais au moins devions-nous pouvoir compter sur leur présence, sur leurs propos réconfortants, sur leur accompagnement physique et enfin sur des décisions de bon sens, concrètes, soulageant la détresse et l’angoisse des familles : il était possible d’organiser des distributions de repas chauds, de donner des couvertures, d’aménager des écoles pour abriter des sinistrés, de débloquer des aides d’urgence… ou alors Casablanca est-elle si pauvre que 48 heures de pluie suffisent à transformer la ville en pauvre bourgade dépourvue de moyens.
Mais encore une fois, je ne suis pas procureur mais en tant qu’acteur associatif qui sait ce que veut dire empathie je mesure à quel point la présence, le réconfort humain, le bras sur lequel s’appuyer sont primordiaux. Or de façon flagrante, de façon douloureuse, de façon irréfutable : nous en avons cruellement manqué.
Qu’est-ce donc qu’être élu si ce n’est s’engager à se dévouer pour la population, être présent lorsqu’elle a besoin de nous ?
Pour employer une comparaison hélas de circonstance, il faut voir ce qui arrive lorsqu’un navire coule : l’équipage est aux avant-postes, il entoure, accompagne, aide les passagers, le commandant de bord est à son poste : le premier !
Il y reste, au risque de sa vie… hélas à Casa ils étaient tous aux abris !

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