Chroniques

Hors-jeu : Campagne électorale

Comme par hasard, Phillip Troussier a eu une petite pensée pour nous depuis le Japon. C’est un geste fort sympathique d’un entraîneur qui aime beaucoup le Maroc et qui veut bien y retourner. On ne peut interdire à quelqu’un d’aimer notre pays, bien au contraire, sauf que cette fois-ci Troussier a été poussé à exprimer sa grande passion pour le football marocain. Et du coup, il a affiché sa disponibilité à entraîner l’équipe nationale d’autant plus qu’il compte beaucoup d’amis au sein de la fédération et de la presse. Cela ressemble à une campagne électorale, avant le délai légal, diligentée à partir de chez nous. Autrement, comment expliquer que l’entraîneur français, qui prépare une équipe qui va héberger le Mondial dans trois mois, soit aussi friand pour faire une déclaration d’amour à l’équipe nationale.
Mieux encore, Troussier, n’a même pas eu le moindre égard envers son collègue Humberto Cuelho qui, sauf erreur ou omission, reste l’entraîneur de l’équipe du Maroc. Assurément Troussier n’y est pas allé avec le dos de la cuillère pour suivre aveuglement ses conseillers en communication. De piètres conseillers, qui croient avoir donné un sérieux coup de main à leur ami pour le proclamer comme entraîneur potentiel de la sélection nationale. Ça sent le roussi quand on sait que le coach du Japon s’est manifesté quelques jours seulement avant la réunion du bureau fédéral prévue pour demain. On ne décide pas à la place de la fédération à moins que les avocats de Troussier n’aient d’intérêts particuliers à défendre. Or tout le monde sait que bien d’entraîneurs étrangers, avant lui, ont mené notre football vers des échecs assourdissants tout en vidant terriblement les caisses de la fédération. Il faut se rendre à l’évidence.
Depuis l’indépendance l’équipe nationale n’a remporté qu’une seule coupe d’Afrique sur un coup de patte de Baba. Hormis cela, tous les entraîneurs étrangers qui se sont succédés à la tête de la sélection nationale ont été les artisans d’une disqualification précoce à la CAN et au Mondial. Si c’est uniquement pour cela que nos responsables entretiennent le culte de l’entraîneur étranger, c’est que leurs ambitions sont vraiment limitées. On sait toutefois que les entraîneurs marocains ont assez de capacités et du sang national dans les veines pour viser plus haut. Et comme on n’a rien à perdre, on ne comprend pas pourquoi les techniciens nationaux sont si honteusement sous-estimés.

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