Chroniques

Hors-jeu : Complexe du colonisé

Les bruits se font de plus en plus persistants à propos d’une nouvelle direction technique de la sélection nationale de football. C’est le Français Philippe Troussier, ex-entraîneur du FUS de Rabat, qui hériterait du bébé. L’homme qui fut à la direction technique de la sélection nipponne lors du Mondial 2002 vient de préciser, il y a quelques jours, que devenir sélectionneur des Lions de l’Atlas ne le laisse pas indifférent !! Il y porte même un certain intérêt. Cependant, rien n’est encore décidé. M.Troussier prendra sa décision finale à la fin du mois. Cette dernière réflexion laisse entendre que les Marocains sont sur des charbons ardents pour que l’entraîneur français daigne accepter une sous-entendue offre. Généreuse de surcroît puisqu’on parle, dans le milieu footbalistique, de près de 650 mille dirhams comme salaire mensuel pour M.Troussier. Même si ce dernier ne prendrait une décision finale qu’à la fin du mois, l’offre semble très tentante pour un homme qui réside au Maroc. Le même Troussier a indiqué qu’il a reçu des propositions du Qatar et de la Libye. Deux pays frères qui croient que tout ce qu’ont réalisé les Marocains, que ce soit au football depuis 1986, en Athlétisme depuis Aouita ou encore en tennis avec les trois mousquetaires, n’est dû qu’à la présence d’entraîneurs étrangers…En revanche, le technicien français confirme l’échec de ses contacts au niveau de l’Europe, notamment avec la Croatie, la Russie ou encore avec des clubs anglais qui rêvent d’un second Arsène Wenger, l’entraîneur de l’Arsenal. Jusque-là tout est normal. Ce qui ne l’est pas du tout c’est la résonance de la valeur salariale qui sera octroyée à Philippe Troussier. Soixante cinq millions de centimes multipliés par douze, cela fait environ sept cent quatre vingt millions de centimes par an. Si c’est de l’argent public, il serait plutôt plus bénéfique pour le football national de le dépenser pour rafistoler les champs de betteraves qui servent de pelouses dans nos stades. Il y a des équipes de première division qui ne disposent plus de terrain et encore moins de vestiaires. Ils se changent en plein air et après avoir terminé leur séance d’entraînement, ils vont au hammam public. D’un autre côté, il y a lieu de se demander si Baddou Zaki ne fait pas l’affaire simplement parce qu’il est Marocain et qu’il est payé le quart du salaire proposé à Troussier. D’ailleurs on ne lui laisse même pas le temps de faire ses preuves, pas dans la pratique d’une langue étrangère qui épaterait les médias, mais sur le plan concret. Il paraît que nos responsables ont la mémoire courte. Qu’avons-nous gagné avec Umberto Cuelho débarqué en grande fanfare ? Et puis, la tactique d’un génie de la direction technique ne peut être applicable qu’avec la présence de talents. C’est-à-dire des joueurs marocains hautement motivés pour défendre leurs couleurs nationales. Ce n’est pas un salaire exorbitant, par rapport à nos moyens, qui sortirait le football national de l’impasse. Il n’y a qu’à voir le niveau des matchs du GNF I pour s’apercevoir que le problème est ailleurs. Réalisons d’abord les mêmes infrastructures que le Japon et après faisons don de quelques centaines de millions.  

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