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Hors-jeu : Des cadets à l’honneur

L’exploit, si ordinaire qu’il soit ne doit pas passer inaperçu. L’équipe nationale de cadets de basket-ball s’est qualifiée pour les phases finales de la Coupe d’Afrique. La première chose qu’il faut reconnaître, c’est que le travail de la Fédération marocaine royale de basket depuis juste quelques années commence à donner ses fruits. En tout cas le présage est de bon augure. D’ailleurs au niveau des seniors sur le plan local, ce sport a effectivement connu un grand décollage avec l’apparition de talents capables de rivaliser avec leurs homologues au niveau continental. A l’issue du tournoi qualificatif dans lequel ont pris part en plus du Maroc, l’Algérie et la Tunisie comptant pour la zone un, notre sélection de cadets a forcé le destin. En battant leurs homologues algériens en match d’ouverture par 14 points d’écart, les Marocains ont annoncé tôt les couleurs. Pour certains observateurs locaux, il ne s’agissait que d’un malencontreux coup des circonstances. Face aux Tunisiens qui furent donnés largement favoris de ce tournoi, l’équipe algérienne s’est inclinée à 25 points de différence. La Tunisie a ainsi démontré sa force et sa suprématie dans la région en matière de basket-ball. C’était sans compter avec la volonté d’une nouvelle génération de jeunes basketteurs marocains qui ont grandi en regardant des aînés à l’allure professionnelle dans les play-off. A certaines phases du match Maroc-Tunisie, les cadets tunisiens avaient réussi à creuser l’écart jusqu’à dix points. Il en fallait plus pour décourager une meute déchaînée sur son territoire. Les cadets marocains sont parvenus à remettre les pendules à l’heure et, profitant de l’ébahissement du staff tunisien, ils ont même réussi à surpasser l’équipe favorite tout en décrochant le billet de la qualification. Si c’était dans une autre discipline, comme le football ou l’athlétisme, il n’y aurait pas de quoi être étonné, mais s’agissant justement de la balle au panier, le résultat est plus que probant. Pourquoi ? D’abord parce que le basket est un secteur ravagé par la maigreur des budgets et l’absence de ressources financières dont souffrent tous les clubs marocains. S’ajoute à cela l’absence de perspectives visant à faire prospérer la discipline. Le basket est un sport qui évolue à une grande vitesse. Comment avancer sans l’organisation de stages, de concentrations de formation, d’un processus d’ouverture sur les Fédérations des pays avancés dans ce domaine comme la France par exemple ? La qualification de l’équipe nationale de cadets constitue une bonne occasion pour se tourner vers les pépinières marocaines dépourvues et délaissées et en faire émerger de nombreux talents. D’autant plus, que le basket s’est distingué par rapport aux autres sports similaires comme le handball ou le volley-ball. Des disciplines qui pataugent toujours dans la médiocrité à cause de l’inévitable problème de moyens. Or dans d’autres pays comme la Tunisie et l’Egypte, il est de notoriété que le handball et le volley-ball sont d’un niveau très respectable dans le continent. D’ailleurs le public marocain a vu que les prestations de ces deux pays lors de la Coupe du monde du handball ont été très honorables. On ne subit pas l’avenir, on le fait.

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