Chroniques

Hors-jeu : La CAN aux cafés

La Coupe d’Afrique des nations n’est plus ce qu’elle était. De par la valeur des équipes participantes et les joueurs qui en font partie, la CAN est désormais un événement mondial qui retient l’attention de tous les observateurs. La présence d’équipes de la trempe du Sénégal, du Cameroun, de l’Egypte, du Maroc, de l’Algérie, de l’Afrique du Sud est de nature à lui procurer une dimension particulière. La particularité sera le signe de la 24ème édition. Huit cents journalistes et 110 reporters-photo étrangers seront à Tunis pour couvrir la CAN 2004. D’autant plus que Zineddine Zidane et Ronaldo seraient présents. Les deux stars mondiales sont en effet invitées par le Pnud en tant qu’ambassadeurs de l’Unicef. Plus encore. De grandes personnalités sportives seront au rendez-vous : le président de la FiFa, celui de la Confédération de l’Asie, Joe Havelange, Samaranch, le président de l’UAF, Sultane Ibn Fahd ainsi que le président du comité d’organisation de la Coupe du monde 2006, le Kaiser Franz Beckenbauer. Une ambiance qui manquera certainement au large public marocain. Les droits de retransmission télé appartiennent à «Sport Five» de Darmon. Un contrat liant cette firme à la CAF depuis 1992 est toujours en vigueur et se poursuivra jusqu’à 2008. Même la télévision du pays organisateur se contentera de la retransmission à travers le réseau terrestre. Beaucoup de pays dont les équipes sont qualifiées à la CAN 2004 n’ont pas encore trouvé d’entente pour la retransmission des matches. Pour le Maroc, il paraît que les télévisions nationales se passeront de cette retransmission, laissant aux spectateurs locaux le choix d’aller se procurer un décodeur ART ou de s’abonner à un café qui en possède. Voilà que toute la presse nationale titre en grandes manchettes que la télévision marocaine ne sera pas en mesure de retransmettre quoi que ce soit, sauf en différé. Encore faut-il que la facture soit dotée d’un demi-million de dollars. Il se peut que la position de la télévision nationale soit issue d’un bon automatisme d’intelligence. Sachant que les matches de la CAN passeraient inévitablement sur des chaînes étrangères comme Eurosports (celles qui respectent les grands événements footbalistiques en ne rechignent pas devant les coûts), les responsables auraient jugé inutile de causer des frais à leurs caisses. Sauf que ces mêmes caisses ne survivent que grâce à l’argent du contribuable. Le public comprendrait. Pour gagner des gens d’esprit à une position, il suffit parfois la présenter sous la forme d’un paradoxe monstrueux. Ce n’est pas parce que « le prix » affiché par ART est très élevé, c’est juste pour ne pas passer les matches en différé pour éviter une sorte d’humiliation aux téléspectateurs marocains. Du direct ou rien, auraient certainement pensé les concernés. Ainsi, le côté sagesse prime dans cette situation en optant pour la philosophie préconisant qu’il ne faut pas gâcher les choses présentes par le désir des absentes, mais réfléchir au fait que celles-là mêmes ont fait partie des choses souhaitables.

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