La dissolution du ministère des sports a laissé perplexe plus d’un, d’autant plus que jusqu’à ce jour le gouvernement ne s’est pas prononcé sur ce sujet. Entre temps, c’est-à-dire depuis près d’un mois et demi, plusieurs choses se sont produites dans un sport qui navigue à vue. Il est tout de même curieux que des assemblées générales de fédérations se déroulent dans ce vide juridique, administratif et politique. D’autant plus que lors de l’assemblée générale de la fédération de boxe, Lahcen Dakine, un cadre du défunt ministère des sports était présent en tant que représentant de la tutelle. Il ne veut pas vieillir ce fidèle fonctionnaire du ministère comme on a vieilli, nous autres, journalistes qui l’avons trouvé en fonction à nos débuts.
Dans le pays des contrastes, il est difficile de faire admettre à nos décideurs que c’est une contradiction flagrante qu’un fonctionnaire puisse représenter un ministère dissous. Dans notre cher pays de contrastes, aussi, le gouvernement et à sa tête le Premier ministre, Driss Jettou, il n’est pas étonnant que la communication sur l’avenir du sport soit soumise à la rétention d’information. Et pourtant il s’est passé des choses importantes dans ce domaine que même les opérateurs sportifs ignorent. Qui assure à votre avis la gestion des affaires courantes en l’absence du ministère des sports ? Devinez et ne dites surtout pas que les correspondances se font automatiquement et que les parapheurs sont signés d’une manière informatisée. D’abord cela est insensé même dans le pays des contrastes qui est le nôtre, c’est pour cela que le Primature s’est chargée de ce dossier.
Le montage est simple : le Premier ministre a créé en catimini une administration des sports déléguée auprès de son département. Et devinez encore qui dirige cette instance sportive de l’ombre ? C’est le secrétaire général du défunt ministère, Abderrahmane Zidouh, qui a eu la délégation de signatures. On ne finit pas d’en savoir jusqu’à ne plus différencier entre le savoir et l’ignorance dans un domaine où tout s’entremêle dans une mêlée digne des plus grandes équipes du rugby du monde.
Les plus chanceux des opérateurs sportifs qui ont voulu adresser des correspondances à qui de droit, n’ont connu l’existence de cette administration des sports que par le truchement du hasard : l’en-tête portait les mentions du Premier ministre-Administration des sports. Personne n’a daigné avertir personne car les fonctionnaires de l’ex-ministère des sports eux-mêmes ne l’ont appris qu’à travers le passage furtif d’un document devant leurs yeux. Fichtre !Qu’est ce qu’on sait garder les secrets chez nous pour que la presse et l’opinion publique ne l’apprennent que quand ils deviennent du domaine public. Maintenant si vous demandez aux ministres du gouvernement : qu’adviendra-t-il de notre sport à court et moyen et terme ? Vous ne risquez pas d’en savoir plus que ce que vous savez aujourd’hui. Quand le flou règne, il vaut mieux s’accouder sur l’ignorance pour ne pas déranger l’intelligence humaine.









