Chroniques

Hors-jeu : Le stade de la honte

La reconstruction dangereusement défaillante de stade Larbi Benbarek (ex-stade Phillip) est une insulte pour l’histoire, pour la mémoire de la perle noire, pour les architectes et pour les contribuables. Un délit grave qui est le fruit amer de la conjugaison de tractations financières douteuses et de jeu politique insidieux.
Résultats : plusieurs milliards de nos centimes se sont envolés sans que ce terrain ne soit à jamais opérationnel. Et pour cause les gradins de la tribune ressemblent beaucoup plus à une falaise raide qu’à des sièges confortables. Pis encore, la surface de la pelouse est réduite au minimum et les toilettes sont si étroites qu’elles ne peuvent permettre la passage d’un enfant.
Une aberration à laquelle on ajouté une autre en ouvrant les portes du stade au public. Pour cacher les multiples anomalies de ce terrain, on a poussé l’effronterie jusqu’à condamner l’étage supérieure de la tribune en attendant sa démolition. La politique de l’autruche.
Aujourd’hui on parle de plus en plus de la démolition pure et simple de tout le stade construit par la commune de sidi Belyout au temps du président Ahmed Aski. Il semblerait que le Wali de Casablanca a opté pour la solution de raser cette édifice pour préserver les fans du football d’un drame qui risque de se produire à chaque instant. Si cette décision en vient à se confirmer, on ne peut qu’y adhérer d’autant plus qu’elle obligera les pouvoirs publics à poursuivre les auteurs de cette dilapidation des deniers publics.
D’ailleurs une commission de la cour des comptes a été sur place et aurait pris connaissance de tous les tenants et aboutissants de ce scandale.
Notre confrère « Assabah » a même lié la présence de cette commission à la radiation récente de Mohmamed Bentaleb du bureau exécutif du RNI. Ce dernier n’est autre que le propriétaire de l’entreprise qui a construit le stade au temps où la commune de Sidi Belyout était dirigée par un conseil à majorité RNI. On ne prête qu’aux riches, aux amis et aux membres du parti. C’est une pratique courante chez nos élus, sauf que Mohamled Bentaleb a été sanctionné par une commission où figure Ahmed Aski.
Celui–là même qui était président de la commune au moment du passation du marché relatif à la construction du stade Phillip.
À votre avis qui endosse la plus grosse responsabilité de ce scandale ? En fermant les yeux, c’est Ahmed Aski qui devrait être mis sur la sellette.

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