Chroniques

Hors-jeu : Savoir s’arrêter

Le sport en général et le football en particulier doit se caractériser d’abord par le fair-play, sur la pelouse comme à l’extérieur du terrain. De nombreux talents se sont trouvés jetés à la rue, dans une retraite très prématurée à cause justement de leur indiscipline. D’un autre côté, notre football ne peut intégrer le professionnalisme sans ressources humaines qualifiées, dirigeants, responsables, joueurs et public. Le haut niveau ne peut être imposé qu’en étant accompagné d’une bonne dose de discipline. L’époque de l’amateurisme avait connu de grands talents qui ont fait preuve d’une humilité remarquable tout au long de leur carrière ô combien longue et riche. De nos jours, c’est un gage de fierté que de citer de grands noms du ballon rond national tels que Ahmed Faras, Abdejmajid Dolmy, Mohamed Timmouni, Aziz Bouderbala ou encore Fakhr-eddine Rajhi. Ces grands joueurs ont gagné l’estime et le respect des Marocains grâce, en plus de leur talent indiscutable, à leur comportement exemplaire. Un joueur discipliné est le meilleur ambassadeur sportif de son pays, soit quand il intègre le professionnalisme ou tout simplement lorsque les rencontres d’ordre continental sont retransmises à la télévision. Al’issue de la demi-finale de la coupe du trône qui vient d’avoir lieu entre les deux frères ennemis, le Raja et le WAC, certains joueurs se sont révélés bien en deçà du minimum d’une bonne conduite. En plus, cette rencontre était d’un goût exceptionnel puisqu’elle se déroulait devant plus de soixante mille spectateurs et dans une ambiance euphorique autour de laquelle le public a fait preuve d’un grand fair-play, car il a compris que la conjoncture était particulière. Les membres de la commission d’inspection de la FIFA assistaient également au match-derby. Outre la gifle de Moussa Souleyman sur la joue d’un joueur wydadi, la séance des penaltys était marquée par des gestes indignes de la part des joueurs de la trempe de Nour-eddine Kacimi du Raja et de Abdelhak Ait Elârif du WAC à l’encontre du public. Le vétéran Ahmed Bahja qui défend les couleurs du MAS de Fès cette saison est en train de saper son image de fin technicien avec qui le spectacle de grand football était toujours garanti. Au crépuscule de sa carrière, il devient très nerveux et se fait expulser gratuitement s’attirant ainsi de plus en plus de désapprobation. Or Bahja s’est taillé une place dans l’histoire du football national et, pendant longtemps, il a été très apprécié par le public marocain. Pour quelles raisons ne rate-t-il aucune occasion aujourd’hui de s’attirer l’antipathie de ce même public ? Personne ne sait au juste. C’est dommage pour un joueur comme Bahja. Son long apport au football national, et sa merveilleuse prestation lors du Mondial 1994 aux USA ne doivent pas être ensevelis sous un cumul de comportements indisciplinés. Encore une fois, s’il s’avère que la bonne conduite est le meilleur atout du sportif en général. Le sport ne peut exister sans cette notion de fair-play.

Articles similaires

Chroniques

Mieux mentir, pour mieux vivre ?!

Pourquoi nous pousser à communiquer le faux, à troquer le vrai pour...

Chroniques

Un peuple c’est une âme !

L’âme marocaine est belle par essence, faite de fraternité, d’hospitalité, d’ouverture sur...

Chroniques

Élections européennes : Le printemps de l’extrême droite ?

Il est vrai que cette vague de l’extrême droite ne touche pas...

Chroniques

La médiocratie en marche

L’instinct vil suffit à remplir sa fonction première et unique, du reste...

EDITO

Couverture

Nos supplément spéciaux

Articles les plus lus