Chroniques

Hors-jeu : Tuberculose fédérale

Les membres de la fédération royale marocaine de football (FRMF) sont incontestablement des hommes très courageux. Avec leurs convictions inébranlables et leurs principes immuables, ils n’ont jamais changé de cap, même dans la déroute. La troupe est bien disciplinée même si le Général, trop occupé par ses importantes fonctions officielles, n’est pas en mesure de tout contrôler. C’est pour cela que de temps en temps, certains membres fédéraux s’oublient et marchent en ordre dispersé avant d’être rapidement rappelés à l’ordre tout court. Mais la discipline ne suffit pas pour que la fédération soit gérée d’une manière rationnelle afin qu’elle puisse atteindre les objectifs qu’elle s’est tracés.
Un projet sportif de cette envergure nécessite en premier lieu des hommes compétents qui ne confondent pas l’intérêt personnel avec l’intérêt général. Or il est de notoriété publique que la plupart des fédéraux sont soit des intrus dans le domaine, soit des pistonnés qui ne possèdent aucune compétence en la matière, ou encore des arrivistes qui briguent une quelconque promotion politique. À ceux-ci il faut ajouter les indéterminables du football national qui haïssent la retraite et s’accrochent aux commandes depuis des décennies, mais qui restent en total déphasage avec l’évolution du temps. Il va sans dire que ce cocktail contre-nature génère irrémédiablement un conflit de générations qui dégénère en magouilles et en coups bas pour combattre la motivation juvénile et l’intelligence aiguë. Faut-il encore s’étonner que toutes les décisions de la fédération butent comme un cautère sur une jambe de bois ? Mais il en faut plus pour ébranler la FRMF, dont les dirigeants restent imperturbables face aux faillites successives de leur gestion désastreuse. Même le scandale de l’entraîneur Cuelho avec son salaire astronomique et ses résultats catastrophiques n’a pas poussé ses recruteurs à démissionner.
Normal que l’entraîneur portugais n’ait pas eu le moindre brin de dignité pour avouer son échec et démissionner comme tout professionnel qui se respecte. Qui s’assemble se ressemble, c’est la loi de la métaphysique, de la physique, de la politique, de la critique et surtout du cirque. Un cirque qui se transforme en drame quand on sait qu’un sélectionné appelé récemment en équipe nationale s’est avéré tuberculeux. L’histoire ne dira pas si l’équipe où évolue ce joueur tuberculeux n’a pas été contaminée.
Pourtant, la tuberculose est une épédimie qui ne pardonne pas, surtout avec une proximité comme celle des joueurs dans les vestiaires, dans les concentrations et sur la pelouse. Pis encore, le président du club risque d’y passer, et s’il est membre fédéral, de transmettre le virus à la fédération. Pouvez-vous imaginer un bureau fédéral tuberculeux ?

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