Chroniques

J’ai quitté ma femme: Peut-elle me poursuivre en justice?

© D.R

Question :
Je suis marié cela fait 12 ans aujourd'hui, et j'ai trois enfants.
Ces derniers temps, on ne s'entend plus moi et ma femme, elle me fait des choses relevant de la sorcellerie, elle a menacé de me tuer et ce devant mes enfants, et franchement je n'en peux plus, et pourtant je l'aime et je n'ai pas envie de divorcer.

Ce que j'ai pu faire, j'ai quitté le domicile conjugal mais je continue à lui verser chaque mois un montant qui suffirait pour subvenir aux besoins des enfants. Ma question est de savoir si cette dame peut aujourd'hui me poursuivre pour abandon de famille.

Réponse :
En principe, quand une femme et un homme sont mariés, ils le sont pour toujours sauf impossibilité de continuer ensemble le reste de la vie pour une raison ou une autre, auquel cas ils peuvent se séparer le cas échéant pour discorde. Étant mariés, les conjoints sont censés vivre sous un même toit, sauf exception, par exemple voyages ou déplacements réguliers de l'un d'eux. Quant à votre cas, cher Monsieur, vous avez quitté le domicile conjugal par crainte que votre femme vous porte atteinte soit par les actes et manœuvres de sorcellerie auxquels elle fait recours, soit par menace d'user de la force ou des armes pour mettre un terme à votre vie, d'où un sentiment d'insécurité et partant votre droit légitime de quitter l'endroit où vous vous sentez en insécurité. Ni l'Islam ni le droit ne permettront cette situation encore moins vous obligeront à rester là où vous risquez votre vie.

D'ailleurs, la menace dont vous êtes victime est punissable par l'article 427 du code pénal par l'emprisonnement de six mois à deux ans et d'une amende de 200 à 250 dirhams, mais il va falloir, comme je l'ai demandé, prouver par des témoignages par exemple la véracité et le caractère sérieux de ces menaces. Ainsi, à défaut de preuves, notamment des faits que vous avez avancés dans votre question, les actes de sorcellerie, et les menaces de mort que vous avez reçues, on peut effectivement vous considérer comme ayant quitté le foyer conjugal sans raison, et vous exposer in fine au délit d'abandon de famille. Cependant pour tomber sous le coup de l'article 479 du code pénal qui prévoit le délit d'abandon de famille et qui le punit par l'emprisonnement d'un mois à un an et d'une amende de 200 à 2.000 dirhams, ou l'une de ces deux peines seulement, il faut deux conditions:

Que vous abandonniez sans motif grave, pendant plus de deux mois, la résidence familiale, et, donc à titre cumulatif, vous vous soustrayez à tout ou partie des obligations d'ordre moral et matériel résultant de la puissance paternelle, de la tutelle, ou de la garde.
Certes, dans votre comportement, il n'y a que la première condition mais la deuxième, si vous avez des preuves de versements mensuels et qui soient suffisants pour subvenir aux besoins de votre famille, et que vous vous retrouviez autant que faire se peut ensemble avec vos enfants, vous échappez à la deuxième condition et partant l'infraction ou le délit d'abandon de famille n'est pas constitué à votre égard.

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