Front commun
Aucune voix dissonante ne s’est fait entendre : tous les Marocains ont salué la qualité et la haute tenue de cette CAN organisée par notre pays, sans doute la plus belle d’un continent qui hélas trop souvent se complaît dans la médiocrité..
Beaucoup a été dit, écrit, publié sur la CAN, c’est pourquoi je voudrais m’atteler plutôt aux aspects moins évoqués.
J’aimerais vous donner la température de ce qui traverse l’esprit de la jeunesse, du (re)sentiment vécu par la population en général et de ce qui paradoxalement sort de positif de l’épreuve vécue le dimanche 18 janvier, car c’est bien d’une épreuve douloureuse qu’il s’agit.
D’abord je pense que l’on peut parler d’une prise de conscience qui, exprimée à chaud, peut évidemment entraîner des excès.
Une prise de conscience douloureuse accompagnée d’un profond sentiment de trahison, l’incompréhension est d’autant plus grande qu’elle est venue de ceux qui nous étaient les plus proches, du moins le croyait-on, les Sénégalais.
Tout, nous avons tout entendu depuis le début de la CAN, injures, dénigrement, vulgarités… mais sincèrement venant essentiellement des Algériens nous en étions plutôt amenés à en rire… Nous avons tellement l’habitude de leur harcèlement… petit à petit nous avons vu s’y ajouter l’arrogance des Egyptiens, le suivisme des Tunisiens… Nous étions cependant loin de nous imaginer qu’un complot se tramait, dont le cheval de Troie allait être Pape Thiaw, coach du Sénégal. C’est par lui que l’iceberg allait émerger – l’homme du scandale – Dieu merci le Titanic c’est lui en vérité et non pas nous tel que prévu dans son plan… N’oublions pas d’autre part que son adjoint est Algérien et que le dinar transformé en devises a dû franchir quelques frontières pour atterrir dans les bonnes poches…
Et dire que c’est nous que l’on traitait de corrupteurs et de voleurs…
Ah quand les masques tombent…
Ceci dit nous avions aussi largement sous-estimé le rôle néfaste des réseaux sociaux et leur capacité à pourrir une compétition sportive qui devrait pourtant être synonyme de fair-play et de fraternité.
Ne serait-il pas temps également de revoir notre communication -pas spécifiquement celle de la CAN – mais notre communication en général ou avouons-le-nous sommes particulièrement mauvais.
Cette sordide introduction terminée je voudrais tourner ce volet et m’attarder sur ce qui me semble nettement plus valorisant. D’abord cette impression très forte que rarement nous nous sommes sentis aussi proches les uns des autres, aussi indispensables les uns aux autres, après cet épisode sordide nous nous retrouvons plus unis que jamais!
Lisez les réseaux sociaux et vous verrez à quel point nous nous serrons les coudes et faisons front commun face à ceux dont le rêve ultime est de nous nuire.
Par ailleurs aucune voix dissonante ne s’est fait entendre : tous les Marocains ont salué la qualité et la haute tenue de cette CAN organisée par notre pays, sans doute la plus belle d’un continent qui hélas trop souvent se complaît dans la médiocrité. Tous nous nous retrouvons à faire bloc derrière notre Équipe nationale, derrière notre coach Walid Regragui, derrière notre jeune joueur si talentueux Brahim Diaz. L’épreuve, notre honneur que l’on a cherché à salir nous ont soudés.
Le Marocain déteste la hogra. Notre marocanité, notre identité qui est notre ciment et dont nous ne nous rendons pas toujours assez compte nous relie inexorablement et s’exprime ici avec une force incroyable, nous sommes UN.
La colère atténuée aujourd’hui (mais pas oubliée), nous nous rendons aussi compte qu’il nous faut garder précieusement nos valeurs. Certes, elles sont vues par nos ennemis comme une faiblesse, mais elles sont en fait notre rempart et nous ont permis de réagir à cette situation avec une dignité incroyable.
Bien sûr la blessure est là et il en restera une cicatrice… mais nous avons tant de choses à faire, tant d’enjeux auxquels répondre… que nous saurons être derrière notre Roi pour éviter le piège de l’amalgame et poursuivre la nécessaire vision politique menée par notre pays en Afrique.
J’ai aussi remarqué à quel point la France, l’Europe (je parle notamment des peuples) se sont rangés derrière nous et ont salué la performance que représente notre organisation de la CAN,
Dans tous les domaines les défis sont nombreux, alors «relançons la machine», nous sommes forts de notre résilience, de notre Histoire, de notre Unité… Notre Nation, notre Roi ont besoin de Marocain(e)s mobilisés pour le meilleur.
C’est pourquoi je voudrais saluer le comportement de notre jeunesse. Exemplaire!
Dans les tribunes, dans la rue envers les étrangers venus assister à la CAN, avec les autres équipes… cette jeunesse que beaucoup ont découverte patriote, enthousiaste, mobilisée, citoyenne. Disons le tout simplement nos jeunes ont été l’un des éléments clés et majeurs de la réussite de la CAN, tant dans les gradins où ils ont été le 12ème homme des matchs, que dans leur rôle ô combien difficile de «Volontaires» -bravo à eux- Admirables!!!
Bravo et merci également à nos jeunes MRE, très présents dans les tribunes et très actifs sur les réseaux sociaux.
Je voudrais citer en exemple ici le mouvement de supporters «RossoVerde» et son jeune Capo Oussama Marhoum, je les ai côtoyés de près : quelle foi, quelle énergie, quel courage, eux qui de la 1ère minute de chaque rencontre jusqu’au coup de filet final ont été aux côtés de nos joueurs. Puisse cette expérience nous permettre de voir les Ultras sous un autre jour, le journal L’Equipe les a d’ailleurs cités en exemple dans l’un de ses articles ! L’un d’entre eux n’est autre que le jeune Saad Moussalik qui s’était battu comme un lion en Tanzanie pour défendre notre drapeau.
Alors oui, avec ces jeunes graines, avec ces Marocains en herbe, soyons tranquilles, les ennemis de notre Nation trouveront toujours en face d’eux des Lions !
Notre Équipe l’a démontré, qu’importe une Coupe volée quand nous avons gagné l’honneur !









