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La diplomatie royale, une diplomatie de résultats

La diplomatie royale, une diplomatie de résultats

Sa Majesté le Roi Mohammed VI, que Dieu Le préserve, a surpris le monde par sa diplomatie, agile, pacifique, intelligente, équilibrée, humaine et prospective qui, bien qu’étant ouverte, reste ferme.

Talentueux comme il sait l’être, particulièrement pour le bien du Maroc et de l’Afrique, mais aussi pour l’univers et l’humanité, à travers la promotion de la paix et de la sécurité internationales, l’Auguste Souverain a réintégré, en temps propice, le pays à l’Union africaine, lui pourvoyant un nouveau dynamisme inégalé, a renforcé son partenariat avec ses alliés stratégiques (Etats-Unis d’Amérique, Angleterre, Israël, Espagne, France, Allemagne, Russie, Chine, pays du Golfe, etc.), pour conclure des accords, sans précédent, sur les plans économique, sanitaire, environnemental, sécuritaire et militaire, a convaincu les USA ou encore le voisin ibérique pour une reconnaissance de la souveraineté du Maroc sur son Sahara, a secoué et recadré, dans le bon sens et dans la logique la plus élémentaire, l’Union européenne et ses membres influents, a officialisé ses relations avec l’Etat hébreux, tout en continuant à assurer son rôle de premier plan de Président du Comité Al-Qods, pour la recherche d’une solution juste et globale à la cause palestinienne, a développé, intensément, son leadership dans son continent, a réussi à porter, à/et dans la raison, la plupart des pays membres de l’ONU, à l’effet, pour certains, de reconnaître, explicitement, la marocanité du Sahara, pour d’autres de s’aligner à sa proposition d’autonomie, autant de victoires, marquées, également, par l’ouverture d’une série de représentations consulaires dans les provinces du Sud.

C’est un indiscutable exploit diplomatique et le constat est là : toutes les Nations applaudissent un Royaume du Maroc qui ne cesse de marquer des points, à travers sa marche accélérée de développement, aux niveaux national, régional, africain et international, en sus d’une presse internationale qui témoigne, solennellement, de cette apogée de la politique étrangère chérifienne, conviant le monde entier à emprunter ce sillon de la sagesse, en matière de gestion des conflits.
C’est ainsi que le quotidien américain «The Washington Times» écrit dans ses colonnes que «Le monde devrait s’inspirer de la diplomatie marocaine en matière de gestion des différends» ou encore El Confidencial et Mondafrique, deux journaux numériques espagnol et français, qui font ressortir, à leurs tours, des titres d’articles révélateurs, à savoir : «L’Espagne est de retour sur la bonne voie : le Maroc célèbre sa victoire diplomatique historique» et «Maroc-Espagne : le coup diplomatique de Mohammed VI».
La diplomatie royale s’ajuste dans un monde en pleine évolution et adopte une approche multilatérale pour défendre les intérêts suprêmes du pays sur des thèmes régionaux, africains et internationaux.

Les cartes onusiennes et étatiques en faveur de la marocanité du sahara
Hier, 20 avril 2022, a été tenue, à huis clos, dans les enceintes de l’ONU, une séance matinale de son Conseil de sécurité, ce qui a permis à Staffan de Mistura, envoyé personnel du secrétaire général, et à Alexander Ivanko, représentant spécial pour le Sahara et chef de la Minurso, d’exposer leurs conclusions, établies sur la base d’entretiens et d’une tournée dans la région (Rabat, camps de Tindouf, Nouakchott et Alger), sur la question de la marocanité du Sahara. Même si l’ordre du jour n’envisageait pas le vote d’une quelconque résolution, cela aurait, du moins, permis d’éclairer l’opinion internationale sur le contexte actuel de ce faux différend et d’établir une feuille de route de travail actualisée, à la lumière du contexte réel de cette crise, des observations de terrain relevées par la mission onusienne et des récents développements, caractérisés, singulièrement, par les faits suivants :
– le secrétaire d’Etat américain, Antony Blinken, qui réitère le soutien des Etats-Unis au plan marocain d’autonomie.
– le président du gouvernement espagnol, Pedro Sanchez, qui souligne que pour l’Espagne, l’initiative marocaine d’autonomie est la base la plus sérieuse pour résoudre le différend autour du Sahara.
– l’éclatement du mouvement séparatiste fantôme (Polisario), suite à des conflits tribaux ou encore à une masse de leurs prétendus ressortissants, installés à l’étranger, qui se joignent à la nouvelle position espagnole.
– une flagrante non-conformité de l’Algérie, suite à son refus catégorique de s’aligner aux dispositions de la résolution 2602 (2021) du Conseil de sécurité qui appelle «les parties à poursuivre leur engagement dans le processus des tables rondes, dans un esprit de réalisme et de compromis, pour parvenir à une solution politique réaliste, pragmatique, durable et basée sur le compromis».
– la violation avérée par le Polisario qui n’a pas respecté le cessez-le-feu, instauré depuis 1991 et qui avait tenté d’envahir le poste-frontière d’El Guerguerat en novembre 2020. Une transgression qui avait été, sévèrement, contestée par António Guterres, secrétaire général de l’ONU, soutenu par une intervention marocaine, de légitime défense, pour remettre, ipso facto, de l’ordre, reprendre le contrôle dudit poste, rétablir et sécuriser le trafic routier et commercial dans cette zone.
Ainsi et au regard de toutes ces considérations, la Minurso dispose, actuellement, de toutes les données, de suffisamment de preuves matérielles et tangibles, mais aussi de sérieux témoignages étatiques et onusiens, pour motiver, en toute légalité et dans l’éthique absolue, le sort loyal, juste et définitif, à réserver à la question de la marocanité du Sahara.
L’énigme qui se pose aujourd’hui : qu’attend encore l’ONU pour rendre son verdict et prendre, ainsi, toutes ses responsabilités pour trancher, définitivement, une affaire qui traîne depuis près d’un demi-siècle ?
Pire encore : laisser, librement, un groupuscule criminel agir, sans le dénoncer ni le condamner, peut être considéré, en droit international, comme un acte de complicité, voire un crime contre l’humanité, étant précisé que cette pseudo RASD est en train d’empoisonner les régions de l’Afrique de l’Ouest et du Nord, de commettre d’importants détournements de fonds, d’encourager l’immigration clandestine, de procéder à un trafic de drogues, mais aussi d’enfreindre les droits de l’Homme, en exerçant les pires formes d’esclavage : séquestration de mineurs, de jeunes filles et de femmes, enrôlement d’enfants soldats ou encore emprisonnement de personnes dans des conditions déplorables. Il devient donc impératif pour l’ONU et la Minurso, au nom de la justice et du droit international, de statuer, irrémédiablement, sur ce dossier, car toutes les cartes plaident en faveur de la proposition marocaine du plan d’autonomie du Sahara.

La refonte de l’organisation du ministère des affaires étrangères s’impose
L’urgence est là et le ministère des affaires étrangères, de la coopération africaine et des Marocains résidant à l’étranger (MAECAMRE) doit, impérativement, s’ériger en une structure, adaptée, au vrai sens du terme, à un XXIe siècle moderne et intégré, avec une pleine concentration sur les dossiers souverains (marocanité du Sahara, promotion d’une paix durable entre religions monothéistes, questions environnementales, développement technologique, numérique, industriel et scientifique, etc.) et les secteurs d’activités clefs, un renforcement de la responsabilisation, un renouvellement des ressources humaines mais aussi, une harmonisation avec les priorités et les sphères d’intervention gouvernementales.
Dans ce sillage, les recommandations suivantes gagneraient, respectueusement, à être retenues, en vue de permettre à notre pays de maintenir son rayonnement diplomatique, tel que noblement esquissé par l’Auguste Souverain :
– La mise en place d’une Direction de stratégie et de prospective ou d’une Direction d’intelligence diplomatique (1), devient nécessaire, pour permettre de consolider les idées stratégiques émanant des différentes structures internes du ministère et de ses représentations étrangères (ambassades et consulats), mais aussi de coordonner, optimalement, avec les différentes administrations publiques et autres départements ministériels sur des questions, à connotations économiques, environnementales, humanitaires, techniques, scientifiques et sécuritaires. L’intérêt consisterait, entre autres, à disposer d’une seule base de données nationale spécifique aux différents dossiers à caractère stratégique, voire de devenir un véritable think thank de réflexion en matière de diplomatie royale, incorporé dans une tenue prospective et futuriste.
Dans la même lignée, la conception d’une Direction du dialogue interreligieux s’avère capitale et dont la mission consisterait de veiller à l’instauration d’un cadre de paix mondiale, entre les trois religions du Livre.
– Le changement de statut de l’Académie marocaine des études diplomatiques pour être érigée en établissement d’enseignement supérieur public, indépendant et autonome, dédié à la formation en diplomatie, à dénommer l’Ecole supérieure Roi Mohammed VI de diplomatie, dont la mission principale serait de préparer la prochaine génération de leaders et d’acteurs africains.
Par ailleurs, le MAECAMRE ne devrait plus se limiter, uniquement, à ses ressources immatérielles internes, mais plutôt de veiller, dans un esprit d’intelligence collective, à s’alimenter en citoyens, patriotes, issus de divers horizons (organismes publics et privés), hautement qualifiés et experts dans différentes disciplines, tout en veillant à instaurer, parallèlement, un référentiel de compétences et une grille d’évaluation du rendement de ses cadres.

(1) https://aujourdhui.ma/chroniques/lintelligence-diplomatique-une-nouvelle-approche-strategique.

Par Yassir Lahrach (*)

Docteur en droit/Expert en intelligence économique
Analyste en stratégie internationale/Auteur du concept d’intelligence diplomatique

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