La fin du monde n’aura pas lieu

La fin du monde n’aura pas lieu

Nous sommes dans un temps de solidarité obligée, non pas des Marocains, mais des humains.

Par Dr Imane Kendili
Psychiatre-addictologue

Il semblerait que toutes les théories alarmistes à consonance psychotique des écologistes, ou encore des plus critiqués collapsologues, soient aujourd’hui un tournant de réflexion à investir.
Des prévisions de Nostradamus en arrivant à Greta Thunberg et ses grèves pour le climat à Davos, sans oublier le petit manuel de collapsologie de Servigne et Stevens, il semble évident que l’homme soit le résident inhabituel sur Terre puisque le seul à adapter son environnement à ses désirs et son confort mouvants ; au lieu de s’adapter à son écosystème. Il a ainsi puisé dans la Terre-Mère et a érigé une civilisation thermo-industrielle macrophage. Les prévisions sont claires : dans moins de 30 ans nous n’aurons plus la capacité d’énergie pour fonctionner. Les réserves prévoient 1/3 de la capacité actuelle et les énergies renouvelables sont un rêve chimérique derrière lequel on se cache afin de continuer la course technologique autodestructrice, laquelle, en fin de compte, assoit l’homme dans un libre arbitre souvent dénié philosophiquement, mais bien présent en une conduite suicidaire de toute l’humanité.
Il faut se rendre à l’évidence que l’énergie solaire requiert du soleil et qu’elle est intermittente. Il faut aussi se dire que les éoliennes sont tributaires du vent. Et surtout s’enquérir de la réalité logistique et du coût. Car, que nous le voulions ou non, la balance des bénéfices reste le pilier principal de réflexion mondiale.
Mobiliser et prévenir ont été les maîtres mots. La «transition» en tant que stratégie de transformation progressive de nos sociétés industrielles en sociétés soutenables ne semble pas fonctionner. La réalité est que cette «transition» s’est enkystée au stade de théorisation et médiatisation. L’avenir de l’humanité est en fait une conversation de salons en milieu Bobo chic, ou encore, un budget apprêté à de belles organisations écologiques pleines de bon sens, de passions et de recommandations mais aux répercussions restant très limitées.
Pourquoi ?
Pourtant si l’effondrement a lieu, même les mieux nés dans des soi-disant continents nantis, ne pourront pas déménager en des lieux interplanétaires sûrs. L’homme dans sa course d’exploitation de la Terre n’a pas une option Terre 2. Mais alors, l’effondrement concernerait une sélection naturelle. Cette sélection naturelle se ferait-elle par l’eau ? Par le feu ?
Je ne sais pas. Par contre, ce qui est scientifiquement évident est le réchauffement climatique, la fonte des calottes glacières et la déstabilisation de l’écosystème en entier. Les conséquences sont également soulignées et évidentes. L’augmentation des crises alimentaires et de l’eau. Or, la Terre est surpeuplée.
Par ailleurs, l’augmentation croissante des gaz à effet de serre contribue au réchauffement climatique.
A l’origine des causes et des conséquences citées : les activités humaines. L’exploitation des combustibles fossiles et les déforestations.
Ces éléments ne sont pas nouveaux. Ils sont d’actualité avec l’arrivée de la Covid amenant l’homme à sa réalité non immuable. La température actuelle n’a jamais été atteinte depuis 2 millions d’années selon les scientifiques et le 5ème rapport du GIEC. Aurions-nous maladroitement mal interprété les schémas griffonnés de Fulcanelli à Julien Champagne ? Aurions-nous inconsciemment refoulé l’inévitable ? Serions-nous en train de vivre le Finis Gloria Mundi remis à Canseliet ? L’homme court-il à sa perte ?
Le plus risible est que contrairement à ce que nous pourrions penser, nous ne sommes qu’une niche de l’écosystème. Et si nous étions amenés à disparaître, ce serait une niche de moins et non un monde de moins.
D’autres espèces plus résistantes ont disparu. Pourquoi l’Homme dans son narcissisme idiocratique et malgré son intelligence et sa mémoire a-t-il occulté une mémoire collective héritée pour reproduire son déclin de manière freudienne ?
Mieux encore ! Comment l’homme peut-il avoir la prétention de penser que le monde finirait avec lui ? Comment un être aussi finement intelligent serait en même temps aussi crédule et autocentré?
La Covid a pourtant souligné la fragilité de l’homme et des systèmes de santé mondiaux. Aucune technologie ni aucun PIB n’ont permis l’éradication d’un virus ni la protection de l’homme. Une deuxième vague pointe du nez et se terrer reste la solution première. Retour aux grottes. Système familial nucléaire primal.
Pourtant, à y voir de plus près, on continue à fuir la réalité. On attend un retour à une vie dite normale. On sort, on va à la plage. On s’»âme» -use. Car l’homme se pense incontournable dans l’écosystème. Et si tout reprenait sans lui ?
La fin d’un monde certes. Mais en aucun cas la fin du monde.

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